Echantillon aléatoire, échantillon par quotas : les enseignements de l’enquête EVS 2008 en France

Version post-colloque francophone sur les sondages, mars 2010, Tanger (Maroc)[Ceci est une version originale de Pierre Bréchon, “Random Sample, Quota Sample: The Teachings of the EVS 2008 Survey in France”, Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique, 2015, 126: 67-83]

 

 

Echantillon aléatoire, échantillon par quotas : les enseignements de l’enquête EVS 2008 en France[1]

 

 

BRÉCHON, Pierre,

professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble,

chercheur à PACTE (UMR CNRS 5194), France,

président d’ARVAL, association pour la recherche sur les systèmes de valeurs.

 

 

 

Les tenants de la théorie statistique refusent très souvent catégoriquement les échantillons par quotas parce qu’ils ne permettraient pas d’accéder à une bonne représentativité. En effet, cette procédure ne désigne pas la personne à interroger en fonction d’un choix aléatoire; l’enquêteur garde une certaine liberté de choix des enquêtés. Les enquêtés ont finalement des chances très différentes d’être sélectionnés puisque, en l’absence d’un individu correspondant aux quotas recherchés dans le premier ménage où il se présente, l’enquêteur passe au ménage d’à côté. Seuls les échantillons aléatoires permettraient de véritablement connaître le tout à partir d’une estimation sur une petite parcelle de population, puisqu’ils n’autorisent pas de substitution entre individus sélectionnés selon une procédure aléatoire. On peut calculer un taux de non contact et de refus, ainsi qu’une marge d’erreur, toutes choses sécurisantes aux yeux du statisticien.

 

Le poids des statisticiens dans l’organisation des enquêtes internationales de sciences sociales à conduit à interdire (en principe) la méthode de l’échantillonnage par quotas (c’est le cas aussi bien pour la European Social Survey (ESS) que pour l’International Social Survey Programme (ISSP) ou la European Values Survey (EVS). Or, dans de nombreux pays, dont la France, la réalisation d’enquêtes par échantillon aléatoire est particulièrement difficile et onéreuse, pour des avantages de qualité des données qui ne se vérifient pas toujours dans la pratique. C’est ce qu’on essaiera de montrer à partir d’une expérimentation faite sur la partie française de l’enquête EVS de 2008[2].

 

Le dispositif d’enquête prévu

La coordination internationale de l’enquête EVS demandait en 2008 que l’échantillon soit pour chaque pays d’au moins 1500 individus, sélectionnés selon la méthode aléatoire. Un tel nombre est suffisant pour faire de la comparaison entre pays européens, mais pas pour exploiter finement les données au niveau national et pouvoir tirer des conclusions sur l’évolution de différentes sous catégories de population. Vu les coûts très importants d’une enquête aléatoire, vu aussi la tradition française antérieure d’enquêtes EVS par quotas, vu enfin notre désir de pouvoir comparer méthodologiquement les réponses entre échantillon aléatoire et par quotas, il fut décidé de couper l’échantillon en deux parties et de réaliser la moitié des entretiens sur la base d’une sélection aléatoire, alors que l’autre serait réalisée selon un processus de quotas, renforcés par rapport à ce que pratiquent le plus habituellement les instituts de sondage. L’enquête devait donc comporter 3000 individus, avec deux ensembles de 1500 réponses[3].

 

Estimant qu’un bon échantillon de sondages repose assez largement sur une forte dispersion géographique, il fut décidé de limiter le nombre d’entretiens par zone à six et donc de sélectionner aléatoirement 250 communes[4] (ou arrondissements pour Paris, Lyon et Marseille) pour chaque sous échantillon, selon une matrice par région et taille d’agglomération, au prorata de sa part dans la population française métropolitaine de 18 ans et plus,  soit 500 zones géographiques de recueil au total.

 

L’échantillon aléatoire

Il faut rappeler qu’on ne peut réaliser en France comme dans de très nombreux pays, au sens strict, de bons échantillons aléatoires d’enquêtes d’opinion pour au moins trois raisons :

  • Les listes exhaustives d’individus ou de ménages français sont très rares et ne sont pas accessibles pour la recherche publique. Seul l’INSEE peut réutiliser, pour ces propres enquêtes, les listes des bulletins individuels du recensement[5].
  • Trouver la personne sélectionnée sur la liste n’est pas évident, malgré un nombre élevé de passages au domicile ; et il est plus facile de joindre les personnes appartenant à un ménage de plusieurs membres que les personnes vivant seules et très souvent absentes de leur domicile.
  • Dans un pays démocratique, la réponse à une enquête d’opinion n’est jamais obligatoire[6]. Les personnes sélectionnées peuvent donc toujours refuser de répondre, malgré les efforts de l’enquêteur pour inciter à participer au processus. Et on sait que la situation sociale des interviewés et le thème de l’enquête peuvent introduire une acceptation différentielle de l’entretien[7].

 

Du fait de l’absence de liste exhaustive de population, la méthode la plus souvent appliquée lorsqu’on veut réaliser une enquête aléatoire (administrée au domicile) est une sorte de substitut d’échantillon aléatoire, selon la technique du random route (méthode des itinéraires). Sur la base d’un choix aléatoire de points géographiques de départ, l’enquêteur suit un cheminement imposé pour arriver à une porte de logement. Il ne choisit donc pas qui il veut dans la limite de ses quotas, il doit interviewer un individu déterminé « aléatoirement » par le hasard du cheminement. L’un des problèmes de la méthode (utilisée notamment pour réaliser les eurobaromètres) est la difficulté de décrire un cheminement adapté à la fois au milieu rural et urbain, ce qui rend aussi difficile le contrôle du travail des enquêteurs : les indications données pour le cheminement ne sont pas toujours évidentes à suivre et en refaisant le parcours, un contrôleur n’arriverait pas forcément à la même porte. De plus, les enquêteurs peuvent être tentés de pratiquer une substitution avec un voisin lorsqu’une personne, normalement désignée, refuse de répondre. Pour parer en partie à cet écueil, la méthode utilisée en France pour l’enquête European Social Survey (ESS), – méthode mise au point par l’institut ISL – consiste à envoyer un premier enquêteur sur le point géographique sélectionné, chargé de relever selon le principe de la « route aléatoire » des adresses sur des boîtes aux lettres. Quelques jours ou semaines plus tard, un autre enquêteur prend contact avec les ménages figurant sur la liste préalablement établie. C’est cette méthodologie, très coûteuse mais en principe plus rigoureuse, qui a été également retenue pour l’enquête EVS.

 

En fonction de l’expérience d’autres enquêtes (notamment ESS), il avait été prévu de constituer une liste de 3750 noms [8], soit 15 par zone géographique; mais, dans un premier temps, deux adresses étaient gardées « en réserve », soit 500 adresses de secours. Le ratio entre adresses disponibles (3750) et entretiens attendus (1500) était donc de 2,5, correspondant à un taux minimal de réussite de 40 %[9]. Mais l’objectif était de faire mieux (60 %), sans espérer atteindre l’objectif utopique de 70 % demandé par la coordination européenne[10]. Pour cela, cinq visites au domicile, à des moments différents de la journée et de la semaine, étaient prévues (au moins une le week-end et une en soirée).

 

Les enquêteurs ont alors cherché à obtenir, dans chaque ménage dont l’adresse avait été préalablement sélectionnée, la réponse d’une personne, elle-même choisie aléatoirement (selon la méthode Kish, après avoir établi à l’arrivée au domicile la liste de ses habitants permanents).

 

L’échantillon par quotas

La seconde moitié des entretiens a été obtenue selon une méthode dite par « quotas renforcés » comportant un quota croisé entre sexe et âge (18-29 ans, 30-44 ans, 45-59 ans, 60 ans et plus, soit huit catégories), la profession du chef de ménage (actuelle ou dernière exercée) en six catégories (agriculteurs, artisans, commerçants; cadres supérieurs et professions libérales; professions intermédiaires; employés; ouvriers; inactifs résiduels), le niveau de diplôme en cinq groupes (aucun; CEP, BEPC, brevet élémentaire; CAP, BEP; baccalauréat général, technologique ou professionnel; diplôme supérieur au bac). L’introduction de ce dernier critère pour établir un modèle réduit de la population alourdit nettement les contraintes de l’enquêteur mais assure une bien meilleure représentativité des échantillons, comme on pourra le vérifier par la suite.

 

La réalisation du terrain

Au fur et à mesure de l’avancement du terrain, il apparut que la réalisation de la partie aléatoire était lente[11], du fait de la difficulté à obtenir les entretiens et du nombre exigé de visites avant d’abandonner l’exploitation d’une adresse. Il fallut en fait injecter les adresses en réserve vers la mi-juillet et parfois même inclure une adresse supplémentaire pour pouvoir arriver aux 1500 entretiens attendus[12]. Le tableau 1 ci-dessous présente le bilan. 3993 adresses ont été utilisées. Un contact n’a pu être établi qu’avec 74 % des adresses, certains logements pouvant se révéler vacants et d’autres ne connaître qu’une présence très intermittente de leurs occupants. Le contact avec l’individu aléatoirement sélectionné a de fait été établi pour 49 % des ménages. Du fait du refus de certains individus choisis, le taux de succès par rapport à la liste de population représentative n’est finalement que de 37.6 %, ce qui est faible. Sur les personnes ciblées, le taux de succès est bien sûr bien meilleur (76.8 % acceptent) et peut même être considéré comme bon, par rapport à tout ce qu’on sait des attitudes croissantes de refus de réponse aux enquêtes[13]. L’essentiel du problème réside en fait dans la difficulté à établir le contact avec certains ménages et individus aléatoirement sélectionnés.

 

Tableau 1 : Taux de succès de l’échantillon aléatoire

 

Adresses exploitées

 

3993

% sur les adresses % sur les contacts avec le ménage % d’acceptation par la personne sélectionnée
Contacts établis avec le ménage  

2952

 

74

 

 

Contacts avec l’individu choisi  

1952

 

49

 

66.1

 

Entretiens réalisés 1501 37.6 50.1 76.8

 

Notons aussi que le suivi sociodémographique de la constitution de l’échantillon (tableau 2) faisait apparaître début juillet un sensible manque de jeunes de 18 à 29 ans (dû uniquement à l’échantillon aléatoire). Le déficit de jeunes était pour nous très problématique. Nous souhaitions en effet disposer d’un échantillon d’au moins 600 personnes de 18-29 ans, du fait d’engagements pris auprès d’un partenaire intéressé par les valeurs des jeunes Français. Nous avons donc décidé – après beaucoup d’hésitations –  d’inclure un échantillon complémentaire de 70 jeunes de 18-29 ans par quotas pour corriger le manque de jeunes dans la partie aléatoire de l’échantillon.

 

Comparaison des deux échantillons : aspects infrastructurels

 

Sur les caractéristiques sociodémographiques constitutives des quotas

L’échantillon final par sexe et âge (toujours tableau 2) confirme ce qu’on voyait se profiler en cours de route : l’échantillon aléatoire est trop féminin et trop âgé. L’échantillon par quotas est au contraire très proche des pourcentages recherchés.

 

Tableau 2. L’échantillon (aléatoire et par quotas) selon le sexe et d’âge (% verticaux)

Population

recherchée

18 ans et  +

Début juillet (sur 1726) Final fin août par catégorie Complé-

ment

jeunes (70)

Total

final

(3071)

Aléatoire

(838)

Quotas

(888)

Aléatoire

(1501)

Quotas (1500)
Hommes 47.9 43.9 – 4 46.3 – 1.6 45.5 – 2.4 47.1 – 0.8 48.6 46.4
Femmes 52.1 56.1 + 4 53.7 + 1.6 54.5 + 2.4 52.9 + 0.8 51.4 53.6
18-29 ans 19.3 13.9 – 5.4 19.5 + 0.2 15.8 – 3.5 19.7 +0.4 98.6 19.6
30-44 ans 26.3 27.4 + 1.1 26.9 + 0.6 26.2 – 0.1 26.3 =   1.4 25.7
45-59 ans 26.0 24.9 – 1.1 24.1 – 1.9 25.8 – 0.2 25.3 – 0.7 25.0
60 ans et + 28.4 33.8 + 5.4 29.5 + 1.1 32.1 + 3.7 28.7 + 0.3 29.7

 

Le manque de jeunes de la partie aléatoire de l’échantillon est d’abord dû à deux phénomènes structurels :

– les échantillons de ménage, pris comme base pour une représentation des individus, surreprésentent les individus vivant dans des ménages de petite taille (une ou deux personnes), dont la moyenne d’âge est plus élevée.

– les échantillons sont uniquement constitués de ménages ordinaires : tous les jeunes vivant en résidences universitaires et en foyers de jeunes travailleurs échappent largement à l’enquête car ils sont très peu présents au domicile parental, même le week-end.

De plus la mobilité des jeunes et la fréquence de leurs sorties fait qu’il est plus difficile de les contacter (ce qui est se vérifie aussi bien dans l’échantillon aléatoire que par quotas).

 

Le déficit d’hommes s’explique largement par leur plus fort taux d’activité professionnelle et leur moindre présence au domicile.

 

Considérons à présent l’échantillon obtenu du point de vue du groupe socioprofessionnel (tableau 3). Pour la partie par quotas, on se réfère au groupe professionnel, actuel ou passé, du chef de ménage, qui était déclaré par l’enquêté en début d’entretien. Pour la partie aléatoire, on considère le groupe socioprofessionnel actuel ou passé de l’individu, tel que mesuré dans la partie sociodémographique de l’échantillon. Les deux ensembles comportent quelques écarts, mais relativement limités : le manque le plus important concerne les professions indépendantes, fortement sous-représentées dans les deux sous-échantillons. Ces catégories, aux horaires professionnels très chargés, répondent plus difficilement aux enquêtes, et la forte longueur du questionnaire est probablement très rédhibitoire pour ces catégories de population. On observe aussi un excès sensible de professions intermédiaires dans l’échantillon aléatoire.

 

Tableau 3. L’échantillon final (par quotas et aléatoire) selon le groupe socioprofessionnel

  Partie par quotas Partie aléatoire
  Recherché

par institut*

Obtenu

quotas

GSP  actuel  ou  passé** Obtenu

aléatoire

Agriculteur, artisan, commerçant 12.4   7.9 – 4.5 9.1   5.7 – 3.4
Cadre supérieur, profession libérale 15.3 17.3 + 2.0 12.5 13.9 + 1.4
Profession intermédiaire 19.3 18.9 – 0.4 19.7 24.4 + 4.7
Employé 15.8 17.9 + 2.1 27.5 25.4 – 2.1
Ouvrier 29.5 29.5    0.0 22.4 24.3 + 1.9
Inactif résiduel   7.6   8.4 + 0.8   8.8   6.3 + 2.5

* profession actuelle ou passée du chef de ménage; source RGP 1999, mise à jour par l’enquête emploi 2005.

**  profession actuelle ou passée de l’individu, d’après enquête emploi 2008.

 

En termes de niveau scolaire, l’échantillon par quotas a été calé sur le niveau de diplôme le plus élevé obtenu, pour éviter une tendance à la surévaluation. Par ailleurs, la partie sociodémographique du questionnaire mesure (pour l’ensemble de l’échantillon) le plus haut niveau d’études atteint (tableau 4). Pour ces deux indicateurs, on dispose de données INSEE qui permettent de juger de la qualité de l’échantillon. La partie par quotas montre un manque de faibles diplômes et un excédent de diplômes plus élevés. C’est avec l’indicateur de niveau d’études que les écarts sont les plus forts, tout particulièrement pour l’échantillon aléatoire, avec un excédent de 7,8 points d’études universitaires par rapport à la structure recherchée. Les écarts sont beaucoup plus faibles pour l’échantillon par quotas, même si les personnes de niveau primaire y sont aussi assez sous-représentées (au profit des niveaux scolaires intermédiaires). On sent bien qu’il est, quelle que soit la méthode utilisée, difficile de faire accepter l’enquête par des personnes de faible niveau culturel et social, tout comme il est difficile de la faire accepter par les groupes professionnels les plus investis dans leur emploi et peut-être par les moins « relationnels »[14].

 

Tableau 4. L’échantillon final (par quotas et aléatoire) selon le niveau de diplôme

  Recherché* Obtenu

aléatoire

Obtenu

quotas

sur quotas

sur aléatoire

Aucun diplôme 18.0 17.0 – 1.0
Certificat études, BEPC, BE 26.2 22.0 – 4.2
CAP, BEP 23.8 24.9 + 1.1
Bac général, techno et profes. 13.7 14.3 + 0.6
Diplôme supérieur au bac 18.3 21.7 + 3.4
École primaire 25.5 17.6 19.2 – 6.3 – 7.9
Collège (6ème-3ème), CAP, BEP 34.6 33.5 39.4 + 4.8 – 1.1
Second cycle lycées 17.0 17.9 17.2 + 0.2 + 0.9
Études supérieures 22.8 30.6 23.6 + 0.8 + 7.8
Indéterminé   0.4   0.6

* Statistique INSEE sur la base du recensement 1999 de la population, avec redressement fin 2007.

 

 

Sur d’autres dimensions socioculturelles

Si l’échantillon par quotas apparaît plutôt de meilleure qualité sur les tableaux jusque là présentés, on peut objecter que c’est en fait normal puisque les quotas sont justement prévus pour permettre une bonne représentativité sur ces critères contrôlés. C’est en fait sur d’autres variables qu’il faut comparer les deux échantillons pour évaluer leur qualité respective. C’est ce que fait le tableau 4 sur un ensemble de variables socioculturelles, en retenant celles pour lesquelles les écarts sont sensibles.

 

Tableau 4. Différences socioculturelles les plus importantes selon l’échantillon aléatoire et par quotas (sans pondération)

  Obtenu

Aléatoire

Obtenu

Quotas

Ecart
Habite une commune de – de 5000 habitants 35.3 27.1   8.2
de 5000 à 50 000 habitants 18.9 20.0   1.1
de 50 000 à 500 000 habitants 24.5 25.2   0.7
+ de 500 000 habitants 21.4 27.6   6.2
Emploi 30 heures et – 47.3 41.6   5.7
Emploi moins de 30 heures   6.4   7.6   1.2
Retraité 30.0 27.9   2.1
Femme au foyer   5.9   7.7   1.8
Étudiant   3.7   5.1   1.4
Chômeur, handicapé    6.3   9.8   3.5
Plus hauts revenus du ménage (par UC) 45.5 35.4 10.1
Français d’origine 80.0 78.2   1.8
Français d’origine étrangère 17.3 17.2    0.1
Étranger   2.7   4.6   1.9
Marié 46.3 43.6   2.7
Jamais marié vivant en couple 25.5 32.2   6.7
N’a pas eu d’enfant ou un seul 43.4 44.4   1.0
Deux enfants 30.1 26.5   3.6
3 enfants et plus 26.5 29.2   2.7
Membre d’au moins une association 44.6 36.8   7.8
Catholique 44.6 41.8   2.8
Musulman   3.1   4.2   1.1
Autre religion   3.3   3.6   0.3
Sans religion 31.8 30.4   1.4
Athée convaincu 17.3 19.9   2.6

 

On observe tout d’abord un excédent de ruraux (8.2 points) et un déficit d’habitants des grandes villes (6.2 points) dans l’échantillon aléatoire. Ceci est confirmé par la région de résidence (non présentée dans le tableau 4) : la région parisienne (au sens ZEAT) ne représente que 13.3 % de l’échantillon aléatoire mais 18.9 % de l’échantillon par quotas. Si la distribution régionale a bien été respectée dans la partie par quotas, elle ne put l’être pour la partie aléatoire. La réalisation du nombre d’entretiens désiré n’a été possible qu’en compensant les manques des régions parisienne et méditerranéenne par des excédants dans le Sud Ouest, le Sud Est, le Bassin parisien Ouest et l’Ouest. Il semble en fait très difficile de réunir (dans un temps raisonnable, ici 4 mois) les entretiens prévus dans des grandes villes où les gens sont peu présents à leur domicile. Dans les zones rurales ou semi-urbaines, l’échantillonnage aléatoire a un bien meilleur rendement. Néanmoins l’échantillon aléatoire comporte un pourcentage d’actifs à plein temps sensiblement supérieur à l’échantillon par quotas (5.7 points). Les actifs sont très difficiles à joindre dans les villes. Ce qui a probablement des effets sur le niveau de revenu des ménages. C’est pour cette variable que l’écart est le plus important : 10.1 points.

 

De même qu’il est plus difficile d’obtenir des catégories à faible niveau scolaire dans l’échantillon aléatoire, il y est plus difficile de représenter la population de nationalité étrangère. Celle-ci est en fait un peu sous évaluée dans les deux parties de l’échantillon (5.7 % dans la population française, d’après l’INSEE[15]).

 

Quelques écarts apparaissent quant aux situations familiales, notamment pour les personnes jamais mariés ni pacsées mais vivant en couple : ces dernières sont plus présentes dans l’échantillon par quotas, du fait probablement de son caractère plus urbain (6.7 points d’écart).

 

Un écart sensible (7.8 points) existe pour les adhésions associatives : selon l’échantillon aléatoire, les Français sont sensiblement plus associatifs que selon l’échantillon par quotas. Par contre les écarts dans les appartenances religieuses sont faibles. On peut cependant noter que les deux échantillons représentent la minorité musulmane[16], mais en la minimisant.

 

 

 

 

Comparaison des deux échantillons : aspects superstructurels

 

Sur l’ensemble des opinions et valeurs mesurées  dans l’enquête

Si, comme on vient de le voir, quelques différences socioculturelles entre les deux échantillons sont sensibles, elles ne semblent avoir que des effets limités sur les opinions et les valeurs. Une comparaison systématique de toutes les variables de l’enquête triées selon le type d’échantillon montre que, dans l’immense majorité des cas, les différences sont très minimes. Le tableau 5 présente à nouveau les différences les plus importantes (dont le degré de significativité est, d’après les V de Cramer, toujours très faible ou inexistant). Il présente les résultats à la fois sans et avec  pondération.

 

Tableau 5. Différences d’opinions et valeurs les plus importantes selon l’échantillon aléatoire et par quotas

  Résultats bruts Résultats pondérés
  Aléatoire Quotas Aléatoire Quotas
Insatisfait de son travail (positions 1 à 4)   8.8 11.9   8.3 11.7
Couples homosexuels peuvent adopter des enfants 36.6 40.4 35.5 39.8
Confiance au parlement 51.7 46.1 47.1 45.7
Confiance au gouvernement 34.7 29.5 33.3 30.1
En démocratie, le système économique fonctionne mal 52.3 56.4 57.5 56.6
Très libéral en économie (échelle avec v194-v199) 27.6 23.3 24.3 23.6
Très matérialiste d’après échelle

(v69 v72 v137 v140 v176 v201C v202C v203 v295)

 

33.7

 

38.7

 

40.8

 

39.5

Très forte permissivité privée (v240 à v244) 23.6 27.6 23.9 25.0
Croire à l’enfer 16.9 23.3 19.1 23.2
Croit à l’efficacité des porte-bonheur (positions 6-10) 14.9 18.9 17.4 19.2

 

Les individus de l’échantillon par quotas apparaissent un peu plus critiques sur les dimensions considérées (plus insatisfaits de leur travail, moindre confiants au parlement et au gouvernement, plus critiques à l’égard du fonctionnement démocratique…), ils sont aussi plus matérialistes, plus attachés à la permissivité et aux libertés des comportements et des choix individuels, davantage croyants à l’enfer et à l’efficacité des porte-bonheur. Ces attitudes peuvent probablement assez bien s’expliquer par le caractère plus jeune et plus urbain de l’échantillon par quotas.

 

On observe aussi que l’introduction des pondérations ne modifie que très peu les réponses par quotas mais sensiblement plus les données aléatoires du fait de leur écart  plus important avec la structure de la population française.

 

Sur le degré de participation sociale et politique

Si les critiques des théoriciens de la statistique à l’égard des échantillons par quotas sont justes, si notamment cette méthodologie permet d’accepter facilement le refus de répondre d’un enquêté potentiel et de lui substituer son voisin pourvu qu’il entre dans les quotas (alors que dans un sondage aléatoire, l’enquêteur serait contraint d’insister pour obtenir la réponse de la personne sélectionnée aléatoirement), les répondants d’un échantillon recueilli par quotas devraient se révéler plus participatifs dans la vie sociale et politique, plus désireux de s’exprimer, plus compétents et sophistiqués dans les domaines sociaux et politiques[17].

 

Un premier résultat (déjà présenté au tableau 4) discrédite plutôt l’hypothèse puisque les personnes de l’échantillon aléatoire sont plus souvent membres d’une association que celles de l’échantillon par quotas (écart de 7.8 points non pondéré), pourtant censé davantage participer à la vie sociale et politique. Pour toutes les autres variables de participation et de compétence testées, les écarts sont souvent faibles (tableau 6), mais ils sont aussi le plus souvent contraires à l’hypothèse formulée.

 

Les personnes de l’échantillon aléatoire sont en brut légèrement plus sociables que celles de l’échantillon par quotas : elles font un peu plus confiance aux autres, elles se déclarent un peu plus altruistes, elles se révèlent moins craintives à l’égard de la construction européenne, aussi moins inquiètes pour leur sécurité. Par contre, elles sont un peu plus sélectives à l’égard des catégories de voisins indésirables (seule variable qui va plutôt dans le sens de l’hypothèse envisagée). Concernant le rapport à la politique, toujours en brut, l’échantillon aléatoire est plus politisé, moins abstentionniste, plus soucieux du développement de la démocratie, toutes choses qui infirment l’hypothèse d’un échantillon aléatoire moins politisé et participatif que l’échantillon par quotas[18]. Notons que la prise en compte de la pondération fait là encore beaucoup bouger le résultat du sous-échantillon aléatoire, les écarts sont souvent faibles mais inversés par rapport aux données brutes.

 

Tableau 6. La participation sociale ou politique dans l’échantillon aléatoire et par quotas

  Résultats bruts Résultats pondérés
  Aléatoire Quotas Aléatoire Quotas
Confiance spontanée aux autres 27.0 25.0 23.1 24.6
Confiance forte aux institutions 52.0 51.0 50.0 50.7
Altruisme identitaire fort 47.1 45.9 41.9 45.6
Altruisme social fort 53.7 53.3 51.1 53.0
Sélectivité à l’égard des voisins forte 52.0 48.7 50.2 49.4
Peu xénophobe 51.4 51.1 47.8 50.1
Peine de mort pas justifiée (positions 1-4) 45.2 44.7 42.0 43.7
Craintes faibles à l’égard de l’Europe 51.5 47.3 46.7 46.2
Sentiment d’insécurité faible 48.9 45.9 46.4 46.0
Politisation forte 54.1 50.7 47.2 49.5
Activisme politique fort 45.0 45.3 39.1 43.8
Abstention ou vote blanc à la prochaine élection 19.4 22.8 21.8 23.5
Voterait pour l’extrême droite (FN, MNR, MPF)   4.7   6.9   3.7   5.0
Membre d’un mouvement politique   2.8   2.5   2.7   2.4
Objectif pour le pays : liberté d’expression 45.0 43.5 41.9 42.7
Objectif : participation citoyenne accrue 41.2 40.3 38.2 39.1

 

 

Les intentions de vote en faveur de l’extrême droite méritent un commentaire particulier. On sait que toutes les enquêtes minorent cet électorat pour deux raisons : celui-ci accepte moins que les autres de répondre à des enquêtes et il cache parfois son intention de voter pour un parti souvent considéré comme néfaste. La seconde explication existe aussi bien pour la méthode aléatoire que par quotas. Par contre, selon l’hypothèse des spécialistes critiques de la méthodologie des quotas, la première devrait davantage faire sentir ses effets sur un échantillon par quotas où l’insistance de l’enquêteur à obtenir des entretiens est considérée comme plus faible. L’échantillon par quotas devrait donc avoir moins de partisans de l’extrême droite qu’un échantillon aléatoire. A nouveau, cette hypothèse est démentie. La représentation de l’extrême droite est plus biaisée dans l’échantillon aléatoire que dans celui par quotas.

 

Comparaison des deux échantillons : les sans réponse

Toujours selon la même hypothèse théorique, un échantillon par quotas, puisqu’il est réputé sélectionner des individus plus sophistiqués et participatifs, devrait aboutir à des pourcentages de non réponse plus faibles que dans un échantillon aléatoire. Nous avons, là aussi, testé l’hypothèse. Il faut d’abord souligner que les non réponse avaient commencé à baisser dans l’enquête de 1999 et qu’elles se sont effondrées en 2008. Cette tendance à la baisse se constate aussi dans d’autres enquêtes et peut avoir plusieurs explications :

  • On accepte moins de répondre aux enquêtes par sondages, mais du coup, ceux qui acceptent de le faire seraient des individus plus compétents et répondraient donc davantage à toutes les questions;
  • Les progrès du niveau scolaire entraîneraient un plus fort sentiment de compétence pour répondre à des questions d’opinion;
  • Les enquêteurs auraient gagné en professionnalisme et sauraient mieux relancer les enquêtés pour les inciter à répondre.

 

Mais du fait du caractère important de la baisse des sans réponse dans l’enquête Valeurs de 2008, on ne peut exclure a priori un effet propre à cette enquête, qui pourrait être lié au choix d’un nouvel institut de sondage pour réaliser le terrain de 2008 (institut différent de ceux ayant opéré en 1999 et 1990), institut réputé pour son sérieux[19]. On peut imaginer que les enquêteurs d’un tel institut savent davantage laisser à certains enquêtés le temps de comprendre les questions (et de les répéter lentement une fois si nécessaire) au lieu de débiter le questionnaire machinalement, de façon standardisée et trop rapide. Du coup, les enquêtés auraient un meilleur taux de réponse. Si cette explication est valide, ce qui est indémontrable[20], elle s’applique aussi bien sur l’échantillon aléatoire que par quotas.

 

La considération de l’ensemble des non réponse à l’ensemble du questionnaire montre que les non réponse à beaucoup de questions sont devenues négligeables (concernant moins de 1 % des répondants). Quand on considère les cas où la non réponse concerne au moins un tel pourcentage, on observe globalement que les différences entre les taux enregistrés pour les deux échantillons sont souvent très minimes et ne vont pas toujours dans le même sens. On peut considérer que les sans réponse sont pour les deux tiers des variables légèrement plus élevées dans l’échantillon aléatoire, alors que pour un tiers des cas c’est l’échantillon par quotas qui comporte le plus de non prise de position[21]. Le résultat est donc très incertain par rapport à l’hypothèse. Il apparaît surtout que les deux échantillons sont très proches de ce point de vue et qu’il n’y a pas de tendance systématique, même infime. Le tableau 7 présente les écarts pour les variables où la non réponse est la plus fréquente. La colonne indiquant les écarts manifeste bien leur faiblesse (seulement 4 cas avec plus d’un point).

 

 

 

 

Tableau 7. Taux de non réponse maximal. Comparaison des parties de l’échantillon

 

(% non pondérés)

Obtenu

Aléatoire

Obtenu

Quotas

Ecart
Positionnement sur l’échelle gauche droite 7.7 9.3 1.7
Voterait ou s’abstiendrait à une élection nationale organisée demain 8.3 8.4 0.1
Confiance à l’OTAN 6.4 7.1 0.7
Confiance à l’ONU 3.7 4.1 0.4
Confiance à l’Union européenne 2.2 1.8 0.4
Confiance aux associations de défense de l’environnement 1.8 2.2 0.4
Confiance aux grandes entreprises 1.7 1.6 0.1
Système politique : leader fort 2.5 2.4 0.1
Système politique : gouvernement des experts 3.5 3.4 0.1
Système politique : démocratie 2.1 1.8 0.3
En démocratie, le système économique fonctionne mal 4.4 3.7 0.7
Les démocraties ont du mal à prendre des décisions, trop de disputes 2.4 2.5 0.1
Les démocraties ne savent pas bien maintenir l’ordre 2.7 2.5 0.2
La terre approche le nombre limite d’humains qu’elle peut supporter 6.3 5.9 0.4
Le génie de l’homme permettra que la terre reste vivable 3.4 1.9 1.5
Etre femme au foyer : aussi bien que d’avoir un emploi rémunéré 3.7 3.2 0.5
La plupart des femmes veulent avant tout un foyer et des enfants 2.0 2.9 0.9
Pour s’épanouir, une femme a-t-elle besoin d’avoir des enfants ? 3.1 2.9 0.2
L’homosexualité, toujours ou jamais justifiée (échelle  en 10 positions) 2.4 1.5 0.9
Suicide, toujours ou jamais justifié (échelle en 10 positions) 2.3 1.5 0.8
Croire en Dieu (oui/non) 5.1 3.3 1.8
Croire en une vie après la mort (oui/non) 7.2 6.2 1.0
Croire à l’enfer (oui/non) 3.0 2.9 0.1
Croire au paradis (oui/non) 3.0 2.8 0.2
Croire au péché (oui/non) 1.8 1.4 0.4
Croire dans la réincarnation 4.0 4.3 0.3
A sa propre manière d’être en contact avec le divin 2.8 1.7 1.1
Les églises apportent de bonnes réponses aux besoins moraux 4.8 4.3 0.5
Les églises apportent de bonnes réponses aux besoins spirituels 4.5 3.8 0.7
Les églises apportent de bonnes réponses aux problèmes familiaux 3.8 4.3 0.7
Les églises apportent de bonnes réponses aux problèmes sociaux 3.4 3.5 0.1

 

La non réponse peut avoir en fait plusieurs raisons. Concernant le positionnement sur l’échelle gauche droite, qui était de 21 % en 1990 et 17 % en 1999, ce choix indique à la fois une incapacité à se situer sur une telle échelle (par méconnaissance de l’univers politique) et un rejet de ce cadre de référence. C’est ce qui explique que la non réponse reste assez élevée. Les sans réponse à la question sur le vote ou l’abstention si une élection nationale était organisée demain traduisent aussi probablement à la fois une  difficulté à reconnaître publiquement qu’on pourrait ne pas être un bon citoyen, une difficulté de repérage politique et une absence de sympathie partisane claire, enfin un soupçon porté sur l’ensemble de la classe politique. L’importance des non réponse pour la confiance en l’OTAN et l’ONU s’explique avant tout par une connaissance insuffisante de ces organismes. De même, l’incapacité à dire si notre terre peut ou non supporter un accroissement de population tient au caractère très technique de la question : en rigueur de termes, seuls les économistes et les démographes devraient pouvoir tenter une prudente réponse. Mais évidemment beaucoup acceptent de répondre en fonction de leurs schèmes idéologiques et c’est bien évidemment ce qui a légitimé la question. En matière religieuse, le niveau assez élevé de sans réponse pour un nombre non négligeable de questions s’explique probablement par la sécularisation : un certain nombre de personnes estiment que l’univers religieux ne les concerne pas. Mais les non réponse aux questions dichotomiques sur les croyances peuvent aussi tenir au caractère très tranché des réponses prévues (oui ou non), à une période où beaucoup ont des croyances incertaines.

 

Conclusions

La comparaison structurelle des échantillons a montré des écarts assez sensibles dans les populations sélectionnées, au moins pour certaines dimensions. L’échantillon aléatoire est un peu trop âgé, manque de travailleurs indépendants, est nettement trop rural et pas très bien réparti selon les grandes régions, comporte trop d’actifs, trop diplômé, avec trop de personnes à hauts revenus. Bien sûr, l’échantillon par quotas n’est pas structurellement parfait mais il est moins décalé par rapport à la structure de la population et pas seulement sur les variables contrôlées dans le processus d’échantillonnage.

 

Le problème redoutable expérimenté pendant la réalisation du terrain a donc bien été de réussir à limiter les problèmes de l’échantillon aléatoire, alors que la réalisation du plan d’échantillonnage par quotas s’est révélée sans surprise, et donnant un échantillon plutôt meilleur, à moindre coût. L’hypothèse selon laquelle l’échantillon par quotas ne sélectionnerait pas suffisamment les catégories de population difficiles à interroger se révèle fausse, au moins dans cette étude, menée avec des moyens importants permettant de pratiquer selon des « quotas renforcés »[22]. C’est plutôt l’inverse qui s’est produit dans notre cas : plus diplômé, l’échantillon aléatoire est plus sophistiqué et participatif, il manque – encore plus que l’échantillon par quotas – de minorités défavorisées.

 

Heureusement ces faiblesses ne semblent pas avoir d’effets importants sur les réponses dans les différents domaines de valeurs au centre de l’étude. Ce qui n’est au fond pas très étonnant puisque les relations entre valeurs et variables infrastructurelles ne sont souvent que d’intensité faible ou moyenne. La proximité globale des réponses obtenues dans les deux échantillons permet de conclure qu’il est parfaitement légitime, surtout en utilisant la pondération, qui fait souvent disparaître une partie des différences brutes, de considérer l’échantillon comme un ensemble unique, dont la qualité des données est équivalente.

 

L’introduction du mode d’échantillonnage aléatoire, pour une partie de l’enquête, ne saurait expliquer les évolutions des données de 2008 par rapport aux vagues antérieures. Ces évolutions sont bien liées au changement social à l’œuvre en France comme dans les autres pays européen. A l’inverse, le maintien d’une partie d’échantillon par quotas n’introduit pas de problème particulier quant à la comparaison avec les données des pays utilisant la méthode aléatoire.

 

La qualité d’un échantillon dépend moins du choix de la méthode aléatoire (qui serait nécessairement, par principe, toujours la meilleure) que de la solidité du dispositif prévu, qu’il s’agisse d’aléatoire ou de quotas, du nombre et du choix des critères entrant dans une procédure de quotas, de la qualité du travail d’un réseau d’enquêteurs, de l’établissement de règles strictes quant à la pratique des enquêteurs et du contrôle de ses pratiques, sans compter l’importance du contenu même du questionnaire[23].

 

Pour l’avenir, les coordinations d’enquêtes internationales gagneraient à davantage tenir compte des habitudes nationales en matière d’enquête par sondages. L’échantillon aléatoire est certainement une bonne pratique lorsqu’on peut disposer d’une très bonne liste de population. Le pis-aller du random route – pour tenir lieu de méthode aléatoire – est largement un leurre. L’échantillonnage par quotas, lorsqu’il est pratiqué sur un nombre suffisant de critères et avec des professionnels qui en maîtrisent bien les failles possibles au niveau des enquêteurs, se révèle un très bon mode d’administration, pour un coût qui reste raisonnable.

[1] Je remercie tous ceux qui ont bien voulu me faire part de leurs commentaires sur une première version de ce texte, particulièrement la direction de GFK-ISL (Bernard Mandin, Hervé Bastide, Claire Blanchard), Dominique Joye, professeur à Lausanne, spécialiste des enquêtes internationales, Nicolas Sauger, chargé de recherche FNSP, responsable de l’enquête ESS en France, Yannick Lemel (INSEE), Michel Lejeune (professeur émérite de statistique à l’UPMF, Grenoble), Frédéric Gonthier, maître de conférence de science politique, IEP Grenoble, Benoit Riandey (INED).

[2] Les résultats de cette enquête, comparés à ceux des vagues précédentes (1981, 1990, 1999), sont présentés dans Bréchon Pierre, Tchernia Jean-François (direction), La France à travers ses valeurs, Armand Colin, 2009 et dans Bréchon Pierre, Galland Olivier (direction), L’individualisation des valeurs, Armand Colin, 2010.

[3] Un appel d’offres européen a été lancé pour la sélection de l’institut de sondages, au terme duquel  le terrain de l’enquête a été confié à l’Institut de sondage Lavialle (ISL). Les entretiens ont eu lieu entre mai à août 2008.

[4] Pour les toutes petites communes, un regroupement de plusieurs communes était opéré de manière à avoir au moins 300 ménages dans la zone retenue. De ce fait, il y a eu en fait 283 communes sélectionnées dans la partie aléatoire et 288 dans la partie sur quotas. 86 départements métropolitains ont été touchés par l’enquête. Seuls 10 y ont échappé (Ariège, Aveyron, Corrèze, Corse A et B, Creuse, Hautes-Alpes, Haute-Marne, Lozère, Territoire de Belfort).

[5] La législation vient d’évoluer; normalement les enquêtes répondant à des objectifs de recherche reconnus devraient, après acceptation du dossier par différentes instances, pouvoir accéder à un échantillon de ménages tiré aléatoirement dans le fichier du dernier recensement. On peut craindre que la durée du processus d’acceptation du dossier ne rende la procédure impraticable pour des enquêtes d’opinion sur des sujets d’actualité.

[6] Si elle l’était, on pourrait douter de la sincérité de certaines réponses, extorquées contre la volonté des individus.

[7] Ce biais existe aussi, bien sûr, lorsque la sélection des individus a été faite sur une liste parfaite ! Les statisticiens ont trop tendance à l’oublier. Le sondage d’opinion ne saurait être aussi représentatif que la sélection d’un échantillon d’objets inanimés, par exemple sur une chaîne de montage ou dans un processus de production chimique.

[8] Pour chaque zone géographique sélectionnée, quatre adresses de départ sont choisies aléatoirement, correspondant à 4 ilots. A partir de cette adresse, la personne chargée d’établir la liste recueille 4 noms et adresses de ménages dans les trois premiers ilots et 3 dans le dernier.

[9] Calculé sur le nombre d’adresses sélectionnées, correspondant en principe à des logements occupés. Mais certains logements se trouvent de fait inoccupés. On peut donc calculer aussi un taux de succès non plus sur les adresses de départ mais sur les logements effectivement occupés, ou sur les ménages avec lesquels le contact a été établi, ou encore sur les individus choisis aléatoirement dans chaque ménage. Voir le tableau 1 page 6.

[10] Ce taux de 70 % n’est atteint que pour des enquêtes obligatoires. Selon Romuald Le Lan, « Enquêtes ménages : vers la fin de la baisse des taux de réponse ? », Le Courrier des statistiques n° 128, septembre-décembre 2009, p. 33-41, le taux actuel des réponses pour les enquêtes de l’INSEE auprès des ménages est de 70 à 80 %, mais calculé sur les logements occupés et non pas l’ensemble des adresses sélectionnées. Au dire de l’institut de sondage, habitué aux enquêtes aléatoires, un taux de 70 % peut aussi être atteint pour des groupes spécifiques, très concernés par le sujet de l’enquête, notamment sur des questions de santé publique. De plus, le taux de réussite est très différent selon les régions (faible en région parisienne, fort dans le Nord) et les catégories d’agglomération.

[11] Le nombre d’enquêteurs mobilisés pour l’enquête aléatoire ayant probablement été trop faible au début. Au total, 191 enquêteurs ont réalisé des entretiens, 155 pour la partie aléatoire et 143 pour la partie par quotas. Plus de la moitié des enquêteurs ont réalisé des entretiens selon les deux méthodologies. Les plus productifs, au nombre de 8, ont réalisé entre 45 et 51 entretiens (sur quatre mois). Si l’on considère les plus fortes productivités pour un jour donné, 14 enquêteurs ont réalisé 6 ou 7 entretiens un même jour, 3 en ont fait entre 8 et 10.

[12] Les mois de juillet et d’août ne sont pas très favorables à la réalisation des enquêtes, encore plus en aléatoire que par quotas.

[13] D’après une expérimentation faite sur la vague 4 de l’ESS, une relance par téléphone des individus ayant refusé une première fois permet d’améliorer le taux de retour d’environ 3.5 points. Mais le coût en est élevé.

[14] Du fait de ces différences par rapport à la structure de la population, une pondération a été introduite dans les données pour les deux échantillons sur le sexe, l’âge et le diplôme. Elle n’est pas utilisée dans les tableaux qui précèdent.

[15] Dans l’ensemble de l’échantillon EVS 2008, une fois pondéré, le taux d’étranger est de 5.2 %.

[16] Beaucoup d’enquêtes n’arrivaient pas jusque là à obtenir des entretiens avec des personnes de religion musulmane. Dans l’enquête EVS de 1999, presque tous les musulmans (1.5 % de l’échantillon global de 1821 individus) étaient dans le sur-échantillon de 206 jeunes de 18 à 29 ans. La présence plus importante des musulmans en 2008 tient à deux phénomènes : cette population, aujourd’hui plus éduquée et mieux intégrée, accepte davantage de répondre à un enquêteur. Le fait d’avoir d’un côté un échantillon aléatoire, de l’autre un échantillon par quotas comportant le niveau de diplôme, permet de mieux atteindre cette catégorie de population. La sous-représentation continue cependant. L’estimation la plus souvent citée de leur part dans la population est de 6.5 % (mais ce chiffre pourrait être exagéré), alors que pour l’ensemble des deux échantillons redressés, le taux ressort à 4.5 %.

[17] L’hypothèse a notamment été formulée et testée sur l’enquête eurobaromètre pour la Suisse : Cf. Schöbi Nicole et Joye Dominique, « A la recherche du bon échantillon : Comparaison des résultats entre méthode des quotas et aléatoire », Neuchâtel, Sidos, 2001, 21 p.

[18] L’expérimentation faite en Suisse il y a une dizaine d’année (op. cit.) aboutissait à la même conclusion. Mais les échantillons étaient seulement de 164 réponses aléatoires et de 587 par quotas, ce qui pouvait laisser planer un doute sur le résultat obtenu.

 

[19] Les non réponse ont été programmées par l’institut conformément à nos demandes et donc de la même façon que dans les enquêtes précédentes.

[20] On peut simplement regarder si la durée de l’entretien modifie les taux de sans réponse, quel que soit le sous-échantillon. Le test n’est pas concluant. Les différences des taux de non réponse aux questions du tableau 7 selon la durée des entretiens est  faible et ne vont pas dans le sens d’un effet d’une pratique plus professionnelle de l’enquêteur : les entretiens les plus longs sont aussi ceux où l’on observe le plus de non réponses! En fait le test n’est pas adapté. On ne décèle pas par ce test un éventuel effet lié à la qualité de la pratique des enquêteurs mais simplement un effet lié aux caractéristiques des répondants. Les entretiens longs sont souvent ceux de personnes âgées, n’ayant fait que des études courtes. Leur plus difficile compréhension du questionnaire se traduit par une durée plus longue d’administration. Cependant, une autre observation peut poser quelques questions. La durée moyenne des entretiens varie sensiblement selon les enquêteurs, avec une dispersion assez importante aux marges. Pour une durée moyenne de 61,3 minutes sur le total de l’échantillon, on repère 4 enquêteurs très rapides, avec une moyenne de 33,8 minutes pour le premier (qui n’a fait que 4 entretiens), 36,2 pour le second (qui en a réalisé 14), 42,7 pour le troisième (21 entretiens) et 42,9 pour le quatrième (28 entretiens). A l’autre extrême, il n’y a que deux enquêteurs très décalés, le premier met en moyenne 102,3 minutes avec 7 entretiens réalisés et le second 99 minutes avec 3 entretiens. Sur la manière de repérer les pratiques douteuses de certains enquêteurs, on pourra consulter Patrick Che et Jean-Pierre Pagès, « Absence de rigueur dans les sondages d’opinion : les leçons d’un retour d’expérience », Bulletin de Méthodologie Sociologique, January 2006, n° 89, p. 5-30.

[21] Curieusement, dans le domaine religieux et familial, c’est l’échantillon aléatoire qui comporte en général un peu plus de sans réponse, alors qu’en matière politique cette « domination » est moins nette (tableau 7).

[22] C’est aussi la pratique  adoptée pour les enquêtes électorales françaises de 2006-2007 (CEVIPOF).

[23] Un questionnaire trop long et trop compliqué, avec des questions dont le sens n’est pas complètement évident, comme on peut parfois en trouver dans certaines enquêtes internationales, risque de décourager els enquêtés les mieux intentionnés.

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La structure d’ordre dans un tableau croisé – Degré d’association

La structure d’ordre dans un tableau croisé – Degré d’association

Philippe Cibois
(Printemps, Université de Versailles – St. Quentin)

[ceci est une version français originale de : Philippe Cibois, “An Order on Cross-Tabulations and Degrees of Association”, Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique, July 2013 119: 24-43, doi:10.1177/0759106313486403, http://bms.sagepub.com/content/119/1/24.full.pdf+html

Résumé. La structure d’ordre dans un tableau croisé : degré d’association. Il est souvent affirmé qu’une structure d’ordre existe dans un tableau croisé quand les marges du tableau disposent d’une telle structure. On peut s’affranchir de ce point de vue et définir précisément une structure d’ordre du tableau lui-même. Comme l’avait déjà remarqué Louis Guttman dans le cas de la scalogram analysis, il faut souvent des déplacements alternatifs des lignes et des colonnes pour parvenir à repérer une échelle. Dans ce cas, c’est bien l’ordre du tableau structuré qui induit un ordre sur les marges et non l’inverse. Cependant Goodman et Kruskal au moment où ils présentent l’indice gamma qui permet de définir l’intensité d’une liaison dans le cas ordonné, n’utilisent que l’ordre des marges, et ils ont été suivis depuis. Il convient de revenir à l’intuition de Guttman et d’utiliser des résultats obtenus ultérieurement pour montrer qu’au moins une approximation d’une structure d’ordre est pratiquement toujours présente sur un tableau. Le tableau croisé issu de questions ordonnées n’est qu’un cas parmi d’autres et inversement un tableau disposant d’une liaison ordonnée forte induit un ordre interprétable sur les modalités des questions. En partant d’exemples réels on montrera que l’on dispose de critères pour définir un ordre sur un tableau, de méthodes formalisées pour rendre apparente la structure associée, de différents indices pour mesurer l’intensité de la liaison, de tests pour en évaluer le degré de signification.

Mots clefs :Tableau croisé, structure d’ordre, indice gamma, indice PEM

Mesurer le degré d’association entre lignes et colonnes dans un tableau croisé est une question qui a été abordée depuis plus d’un siècle. Si l’on ne retient que les méthodes encore utilisées, on trouve le coefficient de contingence de Karl Pearson (1904), le coefficient de Tschuprow (1925), le coefficient de Cramér (1946). Cette question a été traitée dans une série de quatre articles du Journal of the American Statistical Association par Goodman et Kruskal (1954, 1959, 1963, 1972) qui les ont ensuite rassemblés dans un ouvrage (1979). Par contre, l’idée que s’il existe une structure d’ordre sur les lignes et les colonnes, le tableau résultant a une structure particulière qui puisse être repérée a fait l’objet de peu de recherches : ce sera l’objet de notre première partie avant de reprendre le problème du degré d’association.

1. Structure d’ordre d’un tableau à marges ordonnées

Louis Guttman dans le 4e volume de l’American soldier (1950) pose les bases de la scalogram analysis avec laquelle il met en ordre un tableau croisant des réponses et des individus en recherchant par des déplacements alternatifs des lignes et des colonnes à parvenir à une forme homogène dont il déduit un ordre qu’il appelle une échelle. C’est bien l’ordre du tableau structuré qui induit un ordre sur les marges et non l’inverse. Cette technique sera développée ultérieurement par Bertin (1967). Avant de reprendre cette idée, nous montrerons à partir d’exemples, comment se pose le problème.
Supposons un tableau 2 x 2 AiBj dont les marges Ai et Bj possèdent une structure d’ordre définie de la façon suivante A1 > A2 et B1 > B2. Soit l’exemple suivant :

Tableau2X2 B1 B2 Total
A1 140
A2 60
Total 80 120 200

Les marges sont ordonnées mais le tableau lui-même ne possède pas nécessairement une structure d’ordre comme dans le cas suivant

Tableau2X2 B1 B2 Total
A1 56 84 140
A2 24 36 60
Total 80 120 200

En effet, pour la première case A1B1, on voit que le produit des marges divisé par le total est égal à 56, l’effectif observé. Nous sommes donc bien dans le cas d’indépendance entre lignes et colonnes, pourtant ordonnées.
Pour s’écarter de cette situation, on peut soit ajouter, soit retrancher un individu dans cette case A1B1. Si on l’ajoute, on suppose qu’il y a une attraction entre A1 et B1 et par conséquent, puisqu’on se situe dans l’univers fixe des marges, une opposition entre A1 et B2 ainsi qu’entre A2 et B1 et enfin une autre attraction entre A2 et B2. Le déplacement élémentaire est alors le suivant :

B1 B2
A1 +1 -1
A2 -1 +1

Le tableau résultant de ce déplacement est le suivant :

B1 B2 Total
A1 57 83 140
A2 23 37 60
Total 80 120 200

Ce tableau a maintenant une structure d’ordre qui est définie par la structure des signes des écarts à l’indépendance : avant d’envisager une définition de la structure d’ordre, on peut dire qu’un tableau 2 x 2 est ordonné quand une des diagonales porte des écarts positifs et l’autre des écarts négatifs.
On peut répéter le déplacement élémentaire un certain nombre de fois, mais le nombre maximum de déplacements est atteint quand la case A1B1 est égal à 80 du fait de la contrainte de marge (et la case A2B1 est égale de ce fait à zéro:

B1 B2 Total
A1 80 60 140
A2 0 60 60
Total 80 120 200

On a donc opéré 24 déplacements élémentaires qui ont correspondu à la décroissance progressive de la case A2B1 de 24 à 0.
Le déplacement élémentaire avec les signes inverses entraine un tableau qui est dans l’ordre inverse de celui de A et B.

B1 B2
A1 -1 +1
A2 +1 -1

et le maximum de la liaison en sens inverse de la liaison entre A et B est :

B1 B2 Total
A1 20 120 140
A2 60 0 60
Total 80 120 200

Dans ce cas 36 déplacements élémentaires ont été nécessaires. On a donc en tout 60 déplacements auxquels il faut ajouter la situation d’indépendance soit 61 situations possibles (ce qui correspond à la plus petite des marges + une unité). Comme une seule case définit l’ensemble de ce tableau à un seul degré de liberté, on peut donc résumer l’ensemble des cas possibles de la manière suivante en prenant A2B2 comme référence:

60 – 59 – 58 – 57 – 56 ………37 – 36 – 35 4 – 3 – 2 – 1 – 0
Max. de la liaison indépendance………..Max. de la liaison inverse

Si le tableau observé se trouve entre 37 et 60, le tableau est ordonné dans le sens de A et B ; si l’observé se trouve entre 35 et 0, le tableau est ordonné dans le sens inverse de A et B. Tous ces tableaux (sauf celui de l’indépendance) sont munis d’une structure d’ordre définie par les deux déplacements élémentaires et leurs répétitions possibles.
Comme la situation d’indépendance joue un rôle central, on peut, en soustrayant la valeur de l’indépendance à l’échelle précédente, examiner l’échelle des écarts à l’indépendance, toujours pour la case A2B2

+24 +23 +22 +21 +20 ………+1 0 -1 -32 -33 -34 -35 -36
Max. de la liaison indépendance……….. Max. de la liaison inverse

Soit par exemple le tableau des Écarts pour A2B2 = 50

B1 B2
A1 +14 -14
A2 -14 +14

et le tableau pour A2B2 = 30

B1 B2
A1 -6 +6
A2 +6 -6

Cette échelle nous fournit également un indice d’intensité de la liaison en situant un écart par rapport au maximum.
Pour le cas A2B2 = 50, l’écart est de 14 par rapport à un maximum de 24, il représente donc 14 / 24 x 100 = 58,3% du maximum, indicateur que l’on nommera de ce fait PEM Pourcentage de l’Écart Maximum (Cibois 1993).
Pour le cas A2B2 = 30 le maximum de la liaison dans le sens négatif serait de -36, l’écart est de -6 qui représente -6 / -36 x 100 = 16,7% du maximum, que l’on affecte par convention du signe négatif pour indiquer qu’il s’agit d’un écart négatif.
Comme nous l’avons montré (Cibois 1993), il est possible d’étendre la procédure de recherche d’un PEM à chacune des cases du tableau : il suffit d’isoler la case dont on cherche l’intensité de la liaison et de regrouper toutes les autres lignes dans une seule ligne et toutes les autres colonnes dans une seule colonne, ce qui nous ramène au cas du tableau 2 x 2.
En conclusion, dès qu’il n’est plus dans la situation d’indépendance, un tableau 2 x2 possède toujours une structure d’ordre identifiable par un ordre existant sur les marges. Comme dans le cas général, la situation d’indépendance tombe rarement sur un effectif observable, on peut dire que la structure d’ordre est pratiquement générale.

1.1 Un exemple réel : Londres 1911

Nous allons désormais travailler sur un tableau réel pris dans Kendal & Stuart (1961 : 558) et qui donne les résultats d’une enquête faite à Londres en 1911 (noté Londres 4×6 ).
The table (shows the distribution of 1725 school children who were classified (1) according to ther standard of clothing (Very well clad, Welle clad, Poor but passable, Very badly clad), and (2) according to their intelligence (Very able, Distinctly capable, Fairly intelligent, Slow but intelligent, Dull, Mentally deficient or slow and dull)

Londres46 VABL DCAP FINT SLBI DULL DEFI Total
VWEL 39 194 209 113 48 33 636
WELL 15 138 255 202 100 41 751
POOR 4 33 61 70 58 39 265
VBAD 1 10 10 22 13 17 73
Total 59 375 535 407 219 130 1725

Soit le tableau suivant à 3 lignes et 3 colonnes (noté Londres 3×3) obtenu en regroupant les colonnes deux à deux et les lignes 3 et 4 :

Londres33 Intel+ Intel= Intel- Total
Hab+ 233 322 81 636
Hab= 153 457 141 751
Hab- 48 163 127 338
Total 434 942 349 1725

Londres33 peut se décomposer en la somme des deux tableaux correspondant à l’indépendance et aux écarts à l’indépendance :

Indépendance Intel+ Intel= Intel- Total
Hab+ 160,0 347,3 128,7 636
Hab= 188,9 410,1 151,9 751
Hab- 85,0 184,6 68,4 338
Total 434 942 349 1725

Ecarts Intel+ Intel= Intel-
Hab+ 73,0 -25,3 -47,7
Hab= -35,9 46,9 -10,9
Hab- -37,0 -21,6 58,6

Autour de la première diagonale où les écarts sont tous positifs (marqués en gras), tous les écarts sont négatifs. Cependant la notion de diagonale doit être précisée si le nombre de lignes et de colonnes ne sont plus égaux d’une part et même dans le cas d’égalité quand la structure des marges a des effets déformants.

Inégalité du nombre de lignes et de colonne.

Formons un nouveau regroupement de Londres (Londres 2×3) où les colonnes sont regroupées comme précédemment et les lignes 2 à 4 sont regroupées. On a la décomposition suivante :

Londres23 Intel+ Intel= Intel- Total
HabitsSup 233 322 81 636
HabitsInf 201 620 268 1089
Total 434 942 349 1725

Indépendance Intel+ Intel= Intel- Total
HabitsSup 160 347,3 128,7 636
HabitsInf 274 594,7 220,3 1089
Total 434 942 349 1725
Ecarts Intel+ Intel= Intel-
HabitsSup 73 -25,3 -47,7
HabitsInf -73 25,3 47,7

On voit que sur la colonne 2, l’écart positif se trouve dans la 2e ligne.

Contraintes de marges

On fait un nouveau tableau Londres 3 x 3 (Londres33B) en conservant les mêmes regroupements de colonnes mais en rendant les lignes moins équilibrées en ce qui concerne les marges. On regroupe les lignes 1 et 2 (désormais HabA) et on laisse identique les deux lignes restantes (POOR devient HabB et VBAD devient HabC).

On a la décomposition suivante :

Londres33B Intel+ Intel= Intel- Total
HabA 386 779 222 1387
HabB 37 131 97 265
HabC 11 32 30 73
Total 434 942 349 1725

Indépendance Intel+ Intel= Intel- Total
HabA 349,0 757,4 280,6 1387
HabB 66,7 144,7 53,6 265
HabC 18,4 39,9 14,8 73
Total 434 942 349 1725

Ecarts Intel+ Intel= Intel-
HabA 37,0 21,6 -58,6
HabB -29,7 -13,7 43,4
HabC -7,4 -7,9 15,2

On voit cette fois que l’effet diagonal existe toujours mais qu’il est déformé (écarts positifs en gras). On voit ici que le fort poids de la marge HabA a tiré vers la droite et le haut la diagonale des écarts positifs.
Donc, soit pour des raisons de format, soit pour des raisons de contraintes de marges, seules les cases extrêmes de la diagonale sont toujours en écart positif (pour respecter l’ordre des marges). Pour passer d’une extrémité à l’autre, le chemin des écarts positifs peut s’écarter plus ou moins de la diagonale, les écarts positifs étant toujours contigus (latéralement) ou adjacents (en diagonale). C’est l’existence de cette « ligne de crête » où se trouvent les écarts positifs qui isole tous les écarts négatifs qui sera la définition d’un tableau muni d’une structure d’ordre.
Définition : un tableau est muni d’une structure d’ordre quand la diagonale, qui relie (par contiguïté latérale ou par adjacence diagonale) les cases extrêmes définies par l’ordre sur les lignes, correspond à des écarts positifs à l’indépendance. Les écarts négatifs se situent de part et d’autre de cette diagonale.
Décomposons finalement le tableau d’origine de Londres 1911 dont les écarts à l’indépendance sont les suivants :

Londres46 VABL DCAP FINT SLBI DULL DEFI
VWEL 17,2 55,7 11,7 -37,1 -32,7 -14,9
WELL -10,7 -25,3 22,1 24,8 4,7 -15,6
POOR -5,1 -24,6 -21,2 7,5 24,4 19,0
VBAD -1,5 -5,9 -12,6 4,8 3,7 11,5

Une « ligne de crête » relie bien les deux extrémités de la diagonale, elle est plus ou moins large. Tous les écarts positifs situés sur cette ligne sont contigus et/ou adjacents, tous les écarts négatifs se trouvent de part et d’autre de la ligne de crête.

1.2 Situation réciproque

Reprenons maintenant la problématique initiée par Guttman et posons-nous maintenant la question réciproque : si on découvre une structure d’ordre dans un tableau, quel ordre cela implique-t-il pour les lignes et les colonnes ? Prenons l’exemple du tableau suivant : il s’agit d’un tableau issu d’une enquête sur les opinions politiques et syndicales d’ouvriers français en 1970 (Adam 1970) dont on extrait un tableau portant sur la confiance dans les syndicats en fonction du syndicat choisi en cas d’élection professionnelle.
Les lignes du tableau sont ordonnées (« Pour la défense de vos intérêts, faites-vous très confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance, pas confiance du tout à l’action des syndicats ») mais les colonnes sont des réponses à la question suivante : « en cas d’élections professionnelles dans votre entreprise, est-ce que vous voteriez plutôt pour une liste présentée par FO, CFDT, des non-syndiqués, CGT, un syndicat autonome ou indépendant, CFTC, vous ne voteriez pas ? » Voici le tableau d’observation et celui des écarts à l’indépendance

Confiance dans les syndicats FO CFDT Non-Synd CGT Auto CFTC Non-Vote Total
Très confiance 14 24 12 137 11 4 6 208
Plutôt confiance 38 43 22 137 40 12 45 337
Plutôt pas confiance 15 7 19 25 25 4 34 129
Pas conf. du tout 11 13 38 18 25 3 62 170
Total 78 87 91 317 101 23 147 844

Écarts FO CFDT Non-Synd CGT Auto CFTC Non-Vote
Très confiance -5,2 2,6 -10,4 58,9 -13,9 -1,7 -30,2
Plutôt confiance 6,9 8,3 -14,3 10,4 -0,3 2,8 -13,7
Plutôt pas confiance 3,1 -6,3 5,1 -23,5 9,6 0,5 11,5
Pas conf. du tout -4,7 -4,5 19,7 -45,9 4,7 -1,6 32,4

En mettant en relief graphiquement les écarts à l’indépendance positifs on constate des proximités de profils : entre CGT et CFDT (écarts positifs pour les forts degrés de confiance) ; entre FO et CFTC (écarts positifs pour les degrés intermédiaires) et entre Autonomes, non-syndiqués et non-votants (écarts positifs pour les degrés les plus bas de confiance).
On peut réordonner le tableau de façon à retrouver la structure d’ordre définie préalablement où les écarts positifs partitionnent le tableau autour de la première diagonale, les écarts négatifs étant de part et d’autre :

Écarts CGT CFDT CFTC FO Auto Non-Synd Non-Vote
Très confiance 58,9 2,6 -1,7 -5,2 -13,9 -10,4 -30,2
Plutôt confiance 10,4 8,3 2,8 6,9 -0,3 -14,3 -13,7
Plutôt pas confiance -23,5 -6,3 0,5 3,1 9,6 5,1 11,5
Pas conf. du tout -45,9 -4,5 -1,6 -4,7 4,7 19,7 32,4

Il reste à définir ce qu’est l’ordre sur les colonnes : comme en France, les deux syndicats CGT et CFDT sont les plus revendicatifs alors que CFTC et FO ont des positions moins radicales et que les syndicats autonomes sont le plus souvent des syndicats maisons mis en œuvre pour s’opposer aux syndicats contestataires, on peut réinterpréter la question posée en fonction des réponses obtenues. L’ordre sur les syndicats manifeste le degré d’opposition à l’ordre établi (Cibois 1984 : 20-21).

1.3 Recherche d’une structure d’ordre

Le problème précédent était particulièrement simple puisqu’il existait déjà une structure d’ordre sur les lignes et qu’il suffisait donc de quelques permutations sur les colonnes pour mettre à jour la structure d’ordre sur le tableau. Pour résoudre le problème dans le cas général, nous ferons appel à la technique de l’analyse des correspondances car Benzécri (1976 : 279-280) montre que s’il existe une structure d’ordre sur les lignes et les colonnes, le premier facteur d’une analyse des correspondances manifestera cet ordre. On peut le vérifier pour le tableau précédent dont le plan du premier facteur (horizontal) et du deuxième (vertical) permet de retrouver l’ordre sur les lignes et les colonnes.

On peut calculer tous les PEM positifs du tableau et relier les points par un trait d’autant plus fort que le PEM est élevé. Voici le tableau des PEM :

PEM CGT CFDT CFTC FO Auto Non-Synd Non-Vote
Très confiance 45,3 3,9 -29,4 -27,2 -55,8 -46,5 -83,4
Plutôt confiance 5,5 15,8 20,4 14,6 -0,8 -39,5 -23,3
Plutôt pas confiance -48,4 -47,4 2,5 4,7 11,2 6,6 10,8
Pas conf. du tout -71,8 -25,8 -35,2 -30 5,8 27,1 27,6

Précisons sur cet exemple la procédure pour calculer un PEM sur une case (dit PEM local). Soit à chercher l’intensité de la liaison entre la ligne « très confiance » et le syndicat CGT. On réduit le tableau au tableau 2 x 2 suivant sur lequel on peut opérer comme précédemment. On procède de cette façon pour chacune des cases du tableau:

Tableau 2 x 2 CGT Autres colonnes Total
Très confiance 137 71 208
Autres lignes 180 456 636
Total 317 527 844

écart à l’indépendance observé = 137 – (208 x 318 / 844) = 58,9
écart à l’indépendance dans le cas du maximum = 208 – (208 x 318 / 844) = 129,9
PEM local = 58,9 / 129,9 x 100 = 45,3%

Visualisation des PEM locaux dans le plan factoriel :

La structure d’ordre du tableau suit bien le premier facteur (horizontal) de l’analyse des correspondances.
Nous disposons désormais d’une procédure pour rechercher une structure d’ordre dans tout tableau croisé : examinons maintenant la question de l’intensité de la liaison

2. L’intensité de la liaison

Nous recherchons un indicateur nous donnant le degré d’association entre l’ordre des lignes et celui des colonnes. Nous partirons du jugement de Goodman et Kruskal (1954) qui ont repris complètement le problème et proposés des indices d’association qui ne soient plus basés sur le Khi-deux car « The fact that an excellent test of independence may be based on χ2 does not at all mean that χ2, or some simple function of it, is an appropriate measure of degree of association » (1954 : 740). Ensuite nous critiquerons cet indice et proposerons une généralisation du PEM.

2.1 Le gamma de Goodman et Kruskal

Pour présenter cet indicateur, nous réutiliserons les données de Londres d’abord sous forme du tableau 2 x 2 suivant :

Londres22 IntellSup IntelInf Total
HabitsSup 850 537 1387
HabitsInf 119 219 338
Total 969 756 1725

Sur un tel tableau 2 x 2, Yule (1900) définissait un coefficient d’association en utilisant les produits croisés (850 x 219 = 186 150 et 119 x 537 = 63 903) : s’ils sont égaux, il y a indépendance et le coefficient Q d’association est égal au rapport de leur différence sur leur somme :

Q = (186 150 – 63 903) / (186 150 + 63 903) = 122 247 / 250 053 = 0,489

Goodman et Kruskal reprennent cette idée d’utiliser les produits croisés : ils appellent situation d’accord les produits croisés de la première diagonale 850 x 219 (et le symétrique 219 x 850) où, quand on passe d’une case à l’autre, le rang s’élève tant pour les lignes que pour les colonnes. Symétriquement, ils appellent situation de désaccord quand le rang s’élève pour les lignes mais baisse pour les colonnes (ou inversement). C’est le cas de la deuxième diagonale où par exemple de 119 à 537 on passe de la case Habits Inf – Intelligence Sup à la case Habits Sup – Intelligence Inf : on monte dans l’ordre de l’habillement mais on descend dans l’ordre de l’intelligence. C’est donc un cas de désaccord de rang. Formellement, Goodman et Kruskal (1954 : 749) définissent les cas (en proportion) de la manière suivante :

Πs= Pr {a1 < a2 and b1 a2 and b1 > b2}
Πd =Pr { a1 b2; or a1 > a2 and b1 < b2}
Πt = Pr { a1 = a2 or b1 = b2}.

Les cas d’égalité dans le cas présent correspondent aux paires 119-850, 119-219, etc. ainsi que les paires correspondant à l’identité 119-119 etc. : elles ne sont pas pris en compte dans le calcul de gamma.
Goodman et Kruskal définissent Gamma comme γ = (Πs – Πd) / (Πs + Πd) , ce qui dans le cas du tableau 2 x 2 correspond au Q de Yule. Mais ils généralisent : pour comprendre ce qui se passe alors, reprenons les données de Londres 2 x 3.

Londres23 Intel+ Intel= Intel- Total
HabitsSup 233 322 81 636
HabitsInf 201 620 268 1089
Total 434 942 349 1725

Si nous prenons la paire de cases en opposition sur la première diagonale, on voit que si l’on part de 127, par rapport à 386, on monte dans l’ordre des lignes et des colonnes. Mais c’est aussi le cas pour 127 à 779 et pour 163 vers 386. Visualisons ces paires concordantes et discordantes.

Calculons gamma à partir des effectifs des produits des paires concordantes et des paires discordantes, on a :

233 x 620 = 144460 201 x 322 = 64722
233 x 268 = 62444 201 x 81 = 16281
322 x 268 = 86296 620 x 81 = 50220
Paires concordantes = 293200 Paires discordantes = 131223

Gamma : C-D / C + D = 0,382

La justification de ces calculs par Goodman et Kruskal est la suivante :

Suppose that two individuals are taken independently and at random from the population. Each falls into some (Aa, Bb) cell. (…) If there is high association one expects that the order of the a’s would generally be the same as that of the b’s.

Faire les produits des paires concordantes revient à compter les paires d’individus en situation d’ordre ; faire les produits des paires discordantes revient à compter les paires d’individus qui ne sont pas en situation d’ordre. Plus la situation d’ordre par rapport au total augmente, plus l’association est importante. Plusieurs coefficients utilisent des comptages de nombre de paires : le tau de Kendall, le tau-C de Stuart, les D asymétriques de Somers. Quand les lignes et colonnes ne sont pas munies d’un ordre, ces techniques ne peuvent plus être utilisées et on constate que souvent les utilisateurs reviennent aux indicateurs dérivés du Khi-deux, malgré leur mise en accusation par Goodman et Kruskal.
La difficulté de cette procédure est que la recherche des paires concordantes et discordantes ne tient aucun compte de la structure observée du tableau et ne se basent que sur l’ordre des lignes et des colonnes, alors qu’une structure d’ordre existe peut-être. On s’affranchit de cette difficulté en mettant en ordre les lignes et colonnes en suivant le premier facteur de l’analyse des correspondances qui donne toujours un ordre que nous utiliserons pour la mise au point d’un indice d’association dérivé du PEM.

2.2 Le PEM global

Le coefficient d’association général envisagé et une mesure d’association entre lignes et colonnes qui fait l’hypothèse que :

– si une structure d’ordre est connue pour les lignes et les colonnes, celle-ci peut être constatée empiriquement et que inversement,
– si une structure d’ordre n’a pas été repérée elle existe peut-être cependant, même si cet ordre n’est pas très prononcé,
– le coefficient peut être utilisé pour déterminer l’intensité de l’association dans une case du tableau et pour le tableau entier.
– en suivant les recommandations de Goodman et Kruskal rappelées plus haut, il n’utilisera pas le khi-deux
– sa valeur sera nulle en cas d’indépendance
– il variera entre -1 et 1 pour aller de la dépendance dans un sens à la dépendance dans l’autre (le signe étant conventionnel). Des valeurs proches de ces valeurs maximums doivent correspondre à des cas qui se rencontrent empiriquement.
– les valeurs de l’indice doivent être comparables d’un tableau à un autre, même s’ils sont différents quant aux nombres de lignes ou colonnes.
– le principe du coefficient doit être simple à comprendre, même s’il est le résultat d’opérations longues qui ne peuvent être réalisée à la main que dans les cas élémentaires.

Comme la situation d’indépendance est parfaitement définie et sert toujours pour indiquer l’absence d’association, on prendra comme principe pour mesurer l’association d’examiner (dans la logique du PEM local) le rapport entre la somme des écarts positif à l’indépendance dans le cas observé à la somme des écarts positifs dans le cas ou la liaison serait à son maximum.
Reprenons le tableau ordonné par le premier facteur de l’analyse des correspondances de l’enquête sur la confiance dans les syndicats. En reprenant le tableau des écarts à l’indépendance, la somme des écarts à l’indépendance est égale à 176,26.
Il faut maintenant définir le maximum. On a un tableau ordonné dont on ne conserve que les marges : comme le tableau est ordonné, la diagonale des écarts positifs part soit de la liaison entre CGT et « très confiance », soit de la case Non-votant, « pas confiance du tout ». Le choix du point de départ est indifférent et conduit dans les deux cas au même résultat.
Partons de la case en haut à gauche. Tous les CGT qui sont 317 ne peuvent être « très confiant dans les syndicats » puis que la marge correspondante n’est que de 208 mais inversement tous les « très confiants » peuvent être mis dans la case CGT.Il restera alors 317 – 208 = 109 CGT que l’on mettra dans la case contigüe (latérale) la plus proche, « plutôt confiance ».Le tableau sera alors le suivant :

Confiance CGT CFDT CFTC FO Auto Non-Synd Non-Vote Total
Très 208 208
Plutôt 109 337
Plutôt pas 129
Pas du tout 170
Total 317 87 23 78 101 91 147 844

Tous les effectifs de la ligne 1 et de la colonne 1 sont maintenant répartis. Pour la ligne 2 il reste 337 (marge) – 109 (CGT) soit 228 « plutôt confiance ». On peut les répartir dans CFDT (87), CFTC (23) FO (78), il en reste 40 à placer qui seront mis dans « autonomes ». Toute la 2e ligne est placée et on repart en colonne, ou il reste 101 – 40 autonomes à placer que l’on mettra dans la case contigüe « plutôt pas confiance ». Tous les autonomes sont placés, mais il reste dans les « plutôt pas », 129 – 61 = 68 qui seront placés en non-syndiqués, dont les 23 restants ainsi que tous les non-votants seront mis en « pas confiance du tout ». Ce qui donne le tableau final (qui aurait pu être obtenu avec le même algorithme en partant de la case « Non-votant » – « Pas confiance du tout ». La solution est unique et on trouvera l’algorithme programmé en annexe 1.

Confiance CGT CFDT CFTC FO Auto Non-Synd Non-Vote Total
Très 208 208
Plutôt 109 87 23 78 40 337
Plutôt pas 61 68 129
Pas du tout 23 147 170
Total 317 87 23 78 101 91 147 844
La somme des écarts positifs à l’indépendance sur ce maximum est de 464,53
Le PEM global est le rapport des deux sommes : 176,26 / 464,53 x 100 = 37,9%

Sur des tableaux issus de données réelles, comme il est toujours possible de mettre en ordre les données selon le premier facteur de l’AFC, on peut dire qu’il existe toujours une structure d’ordre et qu’il est toujours possible de calculer un PEM global. Ce résultat peut sembler dangereux car dans certains cas, cet ordre peut être entièrement lié à une structure aléatoire de données qui n’ont pas véritablement d’ordre. Nous allons affronter cette situation dans le cas suivant où l’on sait a priori qu’il n’y a pas d’ordre sur les lignes et les colonnes.

2.3 Les signes des conjoints

Étudions donc un cas où la structure d’ordre est absente et soumettons-le aux procédures de recherche d’une structure d’ordre. Il s’agit d’un tableau qui avait été réalisé dans le but de montrer l’échec de l’astrologie (données présentées dans Cibois 1997). Pour une population de 68 000 couples, on construit un tableau de 12 lignes et 12 colonnes, les lignes correspondent aux signes astrologiques des hommes et les colonnes à ceux des femmes. On note à l’intersection d’une ligne et d’une colonne, le nombre de couples ayant des signes identiques.

Femmes
Ver Poi Bel Tau Gém Can Lio Vie Bal Sco Sag Cap Total
H-Verseau 536 478 518 535 532 500 451 478 478 413 430 502 5851
H-Poisson 482 592 536 541 525 506 484 463 503 475 443 482 6032
H-Bélier 555 560 596 584 525 508 543 452 525 461 451 521 6281
H-Taureau 511 508 582 607 552 523 527 462 490 448 438 460 6108
H-Gémaux 488 497 557 520 577 496 469 461 433 433 421 458 5810
H-Cancer 487 508 512 530 478 504 446 436 462 397 420 456 5636
H-Lion 456 502 522 482 478 461 466 431 455 440 402 472 5567
H-Vierge 445 463 489 500 426 464 413 457 409 381 395 434 5276
H-Balance 490 494 482 493 481 450 482 406 494 392 449 440 5553
H-Scorpion 441 437 459 483 464 433 426 382 434 392 432 401 5184
H-Sagittaire 455 445 475 436 456 423 411 395 443 377 419 435 5170
HCapricorne 498 496 445 554 456 461 443 398 469 411 398 494 5523
Total 5844 5980 6173 6265 5950 5729 5561 5221 5595 5020 5098 5555 67991

Si l’on fait l’analyse des correspondances de ce tableau, on peut être troublé par le graphique factoriel qui met en évidence des proximités entre signes qui sont soulignées ci-dessous par des ovales. En effet 10 signes sur 12 sont en proximité (la seule exception nette étant le signe du Taureau, celui du Verseau étant moins net).

Cette situation s’explique si on examine les écarts à l’indépendance : ici on n’a retenu que les écarts positifs supérieurs à 9. On constate que tous les écarts de la diagonale sont positifs, ce qui explique les rapprochements précédents.

Femmes
Ver Poi Bel Tau Gém Can Lio Vie Bal Sco Sag Cap
H-Verseau 33 20 29 24
H-Poisson 61 30
H-Bélier 15 26 29
H-Taureau 27 44 17 27
H-Gémaux 30 69 15
H-Cancer 12 11 29
H-Lion 12 17 11 29 17
H-Vierge 10 14 19 52
H-Balance 13 28 37 33
H-Scorpion 10 9 43
H-Sagittaire 11 18 31 13
HCapricorne 23 10 45 15 43

Cependant, si on examine l’ensemble des PEM individuels, on s’aperçoit que ces écarts diagonaux sont du même ordre de grandeur que les autres et d’ailleurs moins nombreux qu’eux.

Si le premier facteur (horizontal) de l’analyse des correspondances propose bien un ordre, cet ordre correspond à une quasi-absence de liaison puisque le PEM global est égal à 2,0%
Un autre indice que ce tableau est très proche de l’indépendance nous est fourni par la première valeur propre de l’analyse des correspondances qui est très faible et égale à 0,0006
Quant à l’effet diagonal, il s’explique par le fait que même les gens qui ne croient pas à l’astrologie pensent que l’astrologie affirme que les personnes de même signe s’attirent. Il s’agit donc d’un effet auto-réalisateur faible mais perceptible.
Avant d’étudier les problèmes de significativité des résultats, comparons les différents indices étudiés pour les différents exemples étudiés.

PEM 1ère VP Gamma V Cramér % Cramér Khi-deux p=
Londres23 26,6% 0,049 0,382 0,220 4,85% 83,63 0,000
Londres33 20,4% 0,066 0,368 0,198 3,90% 134,69 0,000
Londres33b 21,7% 0,050 0,415 0,158 2,51% 86,62 0,000
Londres46 23,3% 0,079 0,332 0,184 3,38% 174,82 0,000
Confiance Synd 37,9% 0,238 0,525 0,295 8,73% 221,05 0,000
Signes Conjoints 2,0% 0,0006 0,017 0,014 0,02% 139,17 0,124

– L’indice gamma n’a pu être calculé sur les deux derniers tableaux qu’en faisant l’hypothèse qu’ils possédaient une structure d’ordre obtenue par le premier facteur de l’analyse des correspondances. Dans ce cas gamma donne des résultats analogues à ceux du PEM et tout autant interprétables.

– Bien qu’il soit critiqué pour son emploi du Khi-deux, le V de Cramèr réagit comme les autres indices mais sur une autre plage ; comme les autres il est très faible quand on est proche de l’indépendance (signes du zodiaque).

– On appelle pourcentage de Cramér l’indice tel qu’il a été défini par Cramér lui-même et non tel qu’il a été interprété par les autres auteurs ensuite qui en ont pris la racine carrée. En effet Cramér dit (1946) que « φ2 / q-1 [q étant la plus petite dimension du tableau] may be used as a measure, on a standardized scale, of the degree of dependance between the variables » (p. 282). Cette proportion du maximum peut être lue en pourcentage. On constate que cet indice est très pessimiste.

– Le problème de la significativité du PEM peut être résolu d’une façon simple en considérant la significativité du Khi-deux pour le tableau. Quand le PEM est calculé sur un tableau significatif, il acquière de ce fait sa significativité. C’est le cas ici pour tous les tableaux sauf le dernier.

En ce qui concerne les plages d’utilisation du PEM, l’expérience montre que les PEM intéressants se situent entre 10% et 50%. Les liaisons plus fortes sont souvent l’indice d’une redondance entre indicateurs Quand la liaison est inférieure à 10%, elle peut être l’effet du hasard et le test du Khi-deux permet de s’en rendre compte.

3. Conclusion

Le PEM global peut donc être utilisé comme indicateur de l’intensité d’une liaison entre lignes et colonnes sur tous les tableaux croisés. S’il y a un ordre existant sur les lignes et les colonnes, il sera retrouvé par le premier facteur de l’AFC. Si ce n’est pas le cas, il faudra éventuellement remettre en cause l’ordre défini a priori ou comprendre pourquoi il y a divergence. Si l’on fait confiance à l’ordre défini préalablement, on peut alors l’utiliser pour calculer le tableau maximum. Si l’ordre déterminé par le premier facteur d’une AFC n’est pas interprétable, on est alors dans une situation liée à une structure d’écarts aléatoires et le PEM sera vraisemblablement faible et le tableau non significatif au sens du Khi-deux.
Le PEM est disponible dans les logiciels Trideux et Modalisa . Sa programmation ne pose pas de problèmes particuliers : on trouvera en annexe la programmation en R faite par Nicolas Robette

Annexe

# ================================
# Fonction R pour le calcul du PEM
# (pourcentage de l’écart maximum,
# proposé par Philippe Cibois)
# ================================
# x doit être un objet table ou matrix
# la fonction retourne les PEM locaux ($peml) et le PEM global ($pemg)

pem <- function(x) {
tota <- colSums(x)
totb <- rowSums(x)
total <- sum(x)
theo <- matrix(nrow=nrow(x),ncol=ncol(x))
for(i in 1:nrow(x)) { for(j in 1:ncol(x)) theo[i,j] <- tota[j]*totb[i]/total }
ecart <- x-theo
max <- matrix(nrow=nrow(x),ncol=ncol(x))
emax <- matrix(nrow=nrow(x),ncol=ncol(x))
pem =0) max[i,j] <- min(tota[j],totb[i])
if(ecart[i,j]<0&tota[j]<=(total-totb[i])) max[i,j] <- 0
if(ecart[i,j](total-totb[i])) max[i,j] <- tota[j]+totb[i]-total
emax[i,j] <- max[i,j] – theo[i,j]
pem[i,j] =0,ecart[i,j]/emax[i,j]*100,0-ecart[i,j]/emax[i,j]*100)
}}
dimnames(pem) <- dimnames(x)
cor <- corresp(x,nf=1)
z <- x[order(cor$rscore),order(cor$cscore)]
tota <- colSums(z)
totb <- rowSums(z)
maxc <- matrix(0,nrow=nrow(z),ncol=ncol(z))
i <- 1; j <- 1
repeat {
m <- min(tota[j],totb[i])
maxc[i,j] <- m
tota[j] <- tota[j] – m
totb[i] <- totb[i] – m
if(sum(tota)+sum(totb)==0) break
if(tota[j]==0) j <- j+1
if(totb[i]==0) i <- i+1
}
pemg <- (sum(ecart)+sum(abs(ecart)))/(sum(maxc-theo[order(cor$rscore),order(cor$cscore)])+sum(abs(maxc-theo[order(cor$rscore),order(cor$cscore)])))
rm(tota,totb,total,theo,ecart,max,emax,cor,z,m,maxc,i,j)
PEM <- list(peml=round(pem,1),pemg=round(100*pemg,1))
return(PEM)
}

Références

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Structures des groupes humains

 

 

 

Structures des groupes humains

 

par

 

Charles J-H Macdonald

Directeur de Recherche Emérite

UMR 7268 – Anthropologie bio-culturelle, Droit, Éthique & Santé (ADÉS)
Université d’Aix-Marseille-EFS-CNRS

 

 

Résumé

Cet article propose une théorie unifiée des formes de vie collective. Il en existe deux, reposant sur des principes antithétiques l’une à l’autre : la forme ou modalité anarchogrégaire qui est ancienne, pré-néoltique, et la forme sociale moderne, post-néolithique. Ces deux modalités sont caractérisées, la première par l’équivalence des sujets dans la coopération et par l’égalité, la seconde par la non équivalence des sujets dans la coopération et par la hiérarchie. Des ces principes résultent des propriétés essentielles pour les sujets, leurs relations et la structure des groupes. Leur application suppose des mécanismes particuliers à chacune, l’immanence des relations interpersonnelles pour la modalité anarchogrégaire, la transcendance pour la modalité sociale. Ces deux modalités ou formes de vie collective sont présentes ensemble dans tous les sociétés humaines actuelles et cette dualité fondamentale permet de comprendre des phénomènes idéologiques, sociaux, politiques et historiques. La démocratie est ainsi définie comme une lutte de la société contre elle-même.

 

Mots-clés

Organisation sociale, anarchie, Démocratie, Théorie socio-anthropologique, Hiérarchie, Egalité, Transcendance, Immanence

 

 

 

Introduction

 

Je présente ci-dessous, sous une forme extrêmement condensée et synthétique, les éléments d’une théorie générale des formes de vie collective[1].

La double nature du social a été largement reconnue par maints auteurs en termes de « grand partage » et en fonction d’un certain nombre de dichotomies (primitif/civilisé, traditionnel/moderne, etc.)[2]. Sans devoir remonter à Rousseau, quelques sociologues comme Ferdinand Tönnies (Gemeinshaft et Gesellshaft)[3], des philosophes comme Martin Buber (société et politique)[4], ou des ethnologues comme Pierre Clastres (sociétés contre l’Etat et sociétés avec l’Etat)[5] Victor Turner[6], ou Stanley Diamond[7], ont bien deviné la présence de principes antithétiques et compris qu’il existait deux manifestations radicalement différentes de la vie collective. Plus récemment encore des sociologues ont mis à jour deux structures, et deux seulement, caractérisant tous les groupes humains : la hiérarchie et la coopération (Karl van Meter)[8]. Ces efforts peuvent-ils aboutir à fonder une théorie de la société ? Je pense que oui, mais à deux conditions. La première est de prendre en considération certains groupes humains observés par les ethnologues, la seconde est d’adopter une perspective évolutionnaire. Ces deux conditions permettent de situer le schéma dans une problématique anthropologique large et amènent à redéfinir certains concepts. J’utiliserai ainsi, dans un sens précis et particulier, celui de régime « social » et je lui opposerai celui de régime « anarchogrégaire »[9]. J’opposerai de la même façon la réciprocité au partage[10], les liens faibles aux liens forts dans un rapport homothétique au couple égalité/hiérarchie.

 

 

Principes

 

On posera en premier lieu que toute vie collective humaine est fondée sur, et implique nécessairement, la coopération[11]. La coopération est l’activité coordonnée de sujets multiples pour obtenir un bénéfice commun (trouver de la nourriture, construire un pont, chanter en chœur, reproduire l’espèce). Si, d’autre part, les sujets individuels de la vie collective sont, comme dans le cas des Homo sapiens, des sujets autonomes (dont le comportement relève de lois internes au sujet)[12], alors le problème central de toutes les sciences sociales est celui de la compatibilité entre l’autonomie du sujet et la nécessité de la coopération.

Il est possible de rendre le sujet moins autonome, de limiter son autonomie voire même de le rendre hétéronome. C’est la condition où il se trouve dans la grande majorité des sociétés post-néolithiques. Cette situation relève de facteurs externes au sujet qui, ontologiquement, reste autonome dans son être. Il est également possible de conserver l’autonomie du sujet sans la limiter. C’est encore le cas dans de rares groupes humains qui vivent à l’état nomade ou semi-nomade[13]. La thèse la plus vraisemblable est que cette condition a été celle de Homo sapiens jusqu’au paléolithique supérieur[14].

On peut alors poser les équations suivantes :

 

A- Sujets autonomes et coopération = égalité entre les sujets (A+C=E)

B- Sujets non autonomes et coopération = hiérarchie[15] (NA+C= H)

 

En effet, ou bien les sujets sont autonomes et la coopération est volontaire, ce qui entraine une équivalence entre les sujets de la coopération ; ou bien les sujets ne sont pas autonomes, la coopération est forcée et les sujets ne sont pas équivalents dans la coopération et eu égard au résultat de la coopération.

L’équivalence ou la non équivalence des sujets a des conséquences importantes dans tous les domaines d’activité humaine, particulièrement sur les plans économique, politique et moral. Ces deux formules opposées (A et B) engendrent deux modalités différentes de vie collective. La modalité A est à la fois aléatoire, interactive et en réseaux, la modalité B est linéaire, ordonnée et en groupes disjoints. J’appelle les types de collectifs du groupe A « anarchogrégaires»[16], les types du groupe B « sociaux ». La quasi-totalité des populations humaines actuelles appartiennent au groupe B (les organisations sociales). Quelques populations humaines encore vivantes et la totalité de la population humaine jusqu’au paléolithique supérieur ou récent existent et ont existé dans la modalité A, anarchogrégaire[17].

Toute forme de vie collective humaine, récente ou ancienne, suppose la coopération. Ce qui diffère radicalement dans les deux modalités A et B c’est le degré d’autonomie du sujet. Dans la première, les individus sont et restent égaux. Il n’y a pas d’ordre dans les deux sens du mot. Il n’a pas de corporations, mais des réseaux. Enfin la répartition des biens et des ressources repose sur le principe du partage entre les membres de la communauté sans que personne ne donne à personne (il n’y a pas de dette)[18].

Dans la modalité B, « sociale », le principe hiérarchique (ordre partiel) détermine l’ensemble de l’organisation. Il permet l’émergence de corporations (par exemple sur la base de la filiation, comme le clan, ou sur la base d’un être collectif transcendant, comme le royaume ou l’Etat). Enfin il suppose la répartition des biens et des ressources sur la base de la réciprocité qui elle-même suppose la dette qui lui donne vie. La dette, en effet, est en elle-même asymétrique. Elle implique la supériorité du donneur sur le preneur et induit une hiérarchie au moins temporaire.

 

 

Liens forts et liens faibles[19]

 

Pour exister dans la modalité A (anarchogrégaire), les sujets autonomes doivent former entre eux des liens négociables. Ces négociations aboutissent à renforcer ou, au contraire, abolir les liens existant pour les remplacer par d’autres, de façon constante. Les réseaux sont sans cesse renouvelés, ils sont aléatoires et sont soumis à l’entropie[20]. Les liens sont faibles. Dans la modalité B (sociale) les liens sont forts ou pensés comme tels et dépendent d’un tiers, lui-même transcendant. Les ensembles constitués par les sujets sont indépendants de la volonté des sujets (qui ne sont plus complètement autonomes de ce fait). Ils sont fixes et résistent à l’entropie. Le modèle d’organisation tend à être linéaire et mécanique[21].

La création et le renforcement de liens faibles pour aboutir à une coopération temporaire supposent certaines conditions, dites ici « conditions de félicité »[22], justiciables de critères inhérents aux sujets autonomes, donc immanentes aux sujets concrets et à leurs conditions. La création et le maintien de liens forts supposent de leur côté deux opérations distinctes : la contrainte externe et l’adhésion interne. Celle-ci repose sur le principe de transcendance et de son extension à l’action, ici nommée « transcendantisme ». Dans la modalité B en effet les sujets restent autonomes mais subordonnent leur autonomie personnelle à un vouloir collectif[23].

 

 

L’ontologie transcendantiste et le principe corporatif

 

La modalité B suppose une ontologie particulière. Celle-ci comporte deux aspects interdépendants. Le premier pose l’existence d’entités abstraites mais réelles douées d’une supériorité ontologique et morale et d’une durée intemporelle et permanente[24]. Le second est que ces entités font partie de l’essence du sujet et le commandent de l’intérieur[25]. Le transcendantisme permet ainsi le passage de l’autonomie à l’hétéronomie en conservant l’illusion ou la croyance en l’autonomie. Cette opération est celle qui fonde le social.

Le transcendantisme se présente sous des appellations et des déguisements divers et concerne des objets abstraits ou des « personnes morales » : Patrie, Dieu, Souveraineté, Loi, Intérêt Supérieur, Bien Commun, Devoir, Obéissance, Honneur, Etat, République, Peuple, Citoyenneté…..

Par contraste, l’ontologie immanentiste de la modalité anarchogrégaire n’existe qu’entre sujets concrets et porte les noms de sympathie, d’empathie, d’amitié, de solidarité, de plaisir d’être ensemble, d’attachement, d’affection, de force collective joyeuse (common glad impulse)[26] et leurs contraires : antipathie, haine, malaise, gêne, méfiance, peur, colère, jalousie, déréliction….

Le transcendantisme est également le moyen de créer des ensembles disjoints, ou groupes sociaux. C’est le principe corporatif[27]. Une collectivité est pensée comme une entité abstraite et douée de volonté (une quasi-personne) ; elle possède une supériorité morale ; elle est permanente. « Corporations never die » [28]. Le vocabulaire juridique appelle cela, très justement, une « personne morale ». Elle a en effet les attributs du sujet humain mais un sujet divinisé en quelque sorte. La corporation repose sur le principe d’ordre partiel ; elle est donc purement hiérarchique, elle a un chef, des possessions et des limites précises (notamment géographiques). Elle peut obéir au paradigme de la segmentarité et du centralisme. Son existence est indépendante de la présence des sujets concrets (elle est transcendante de ce point de vue). Enfin elle est elle-même autonome mais les sujets concrets sont, par rapport à elle, hétéronomes et subordonnés ; ils servent à la maintenir en existence. Ils y sont contraints par la force mais y adhèrent aussi en leur for intérieur. Le patriote n’est pas seulement fusillé s’il trahit sa Patrie, il souhaite aussi mourir pour Elle. Le transcendantisme est le véritable « Ponzi scheme » de toute l’histoire humaine post-néolithique. Il consiste à faire crédit à un capital fictif[29].

 

 

Coexistence des modalités : le paradoxe de la démocratie

 

Les deux modalités de vie collective définies jusqu’ici ne sont pas seulement différentes, elles sont antithétiques, comme le sont en cosmologie la matière et l’anti-matière[30]. Mais chacune suppose l’existence de l’autre dans un même univers.

D’un point de vue évolutionnaire, l’option anarchogrégaire est la solution primitive, celle qui a formé les émotions, les réflexes, les valeurs morales de l’homme moderne. Du point de vue du temps court, historique, c’est la seconde option qui a dominé. Elle a été adoptée en raison de sa capacité à intégrer de larges populations et à s’assurer un avantage militaire sans égal. Les petites populations anarchogrégaires n’étaient pas de taille à se défendre contre des armées, sauf dans des circonstances exceptionnelles et pour des périodes de temps limitées[31].

Je postule pour ma part que l’ancienneté et la longue durée d’existence de la modalité anarchique et grégaire (au moins 9/10èmes de sa durée en tant qu’espèce, infiniment plus en tant qu’hominidé[32]) a laissé dans le comportement des humains sociaux des traces profondes[33]. Tout membres d’organisations sociales qu’ils soient, tout hiérarchisés qu’ils deviennent dès l’enfance et tout prisonniers qu’ils restent de la cage sociale, des logiques de l’endettement, des habitudes d’obéissance et des fictions transcendantistes, les êtres sociaux ont conservé ces réflexes anciens qui apparaissent si constamment, si régulièrement, si opiniâtrement au sein même de l’ordre social qu’ils dérangent. En d’autres termes les hommes ont partout une double nature en quelque sorte : grégaire et sociale. Certains sont plus grégaires, d’autres plus sociaux, certains sont plus enclins à la liberté, d’autres plus portés à l’autoritarisme, certains sont de gauche, d’autres de droite. La part grégaire et anarchique de l’humanité se manifeste au sein même des ordres sociaux, comme un ferment vivace contraire à l’ordre dans lequel il est enfermé[34].

Nous en avons un exemple sous nos yeux, évident comme la lettre cachée dans la nouvelle d’Edgar Poe. Comment expliquer que les trois mots d’ordre de l’anarchie, « liberté, égalité et fraternité » soient inscrits au fronton des monuments publics de la République alors que la société qui construit ces monuments est fondée sur la contrainte étatique, sur l’inégalité des statuts et sur la compétition ? Alors que ses institutions supposent nécessairement l’inégalité et la transcendance ? Les précédentes considérations expliquent ce fait aisément. La démocratie n’est pas une forme de gouvernement. C’est un processus dans lequel la part anarchique et libertaire tente de rompre l’armature sociale, ou d’en changer radicalement la forme. La démocratie en ce sens est une lutte de la société contre elle-même car ce sont bien les mêmes individus qui veulent sincèrement l’égalité tout en se soumettant à la hiérarchie, capables de fraternité tout en s’engageant dans la compétition, et aimant les libertés malgré le consentement aux contraintes. Le démocrate veut l’ordre qu’il y a dans le social, mais il souhaite l’harmonie qui existe dans la grégarité[35].

Bien des développements historiques, des phénomènes collectifs, des évènements politiques et sociaux, des mouvements populaires, des surgissements existentiels, des systèmes idéologiques peuvent se comprendre si l’on tient compte de ces deux sources de la morale (grégaire) et de la religion (sociale), que l’on ne peut pas trouver dans l’histoire, trop courte, mais dans un passé beaucoup plus lointain.

Cette invention qu’est la société est à bien des égards une machine infernale, productrice de guerres dévastatrices, des plus grands massacres à une échelle mondiale, des pires haines, de l’institutionnalisation de la cruauté, des totalitarismes de cauchemar. Elle est aussi une boîte miraculeuse dont l’intelligence magique des hommes fait sortir des merveilles. Y renoncer n’est pas envisageable. Mais si le meilleur de l’homme, son éthique, son altruisme, son goût de la fraternité, de la solidarité et du partage, vient de sa part grégaire, comment envisager l’avenir ? Il est possible que celui-ci se joue dans cette dialectique entre l’ordre social et l’harmonie anarchique, dont les termes opposés seront ou non conciliés, amalgamés, réduits ou dépassés.

 

 

Notes

 

1 L’ensemble de ces hypothèses a été présenté dans une série de publications (Macdonald 2008, 2009, 2011a, 2011b, 2011c, 2012, 2013) ainsi que dans deux sites sur le web : https://sites.google.com/site/charlesjhmacdonaldssite/ et http://anarchogregaire.wordpress.com/. Je donne de ces hypothèses, dans cet article, une vue synthétique et résumée, en recentrant l’argumentation sur la coopération et l’autonomie.

2 Fox 2011, Macdonald 2011a.

3 Tönnies 1955.

4 Sur le “double principe de la vie humaine” selon Buber (1992: 61 et passim) et sur le social et le politique (id: 205 sqq).

5 Clastres 1974.

6 Turner 1974

7 Diamond, 2007

8 van Meter, 2014

9 J’utilise, faute de mieux, ce terme composite. La composante anarchique (« anarcho- ») a les deux sens de 1. qui n’a pas de chef, sans hiérarchie et 2. aléatoire, non linéaire. La composante « grégaire » se réfère uniquement à la propriété de vivre en troupeau ou en groupe, par opposition aux espèces animales qui vivent à l’état solitaire. Le terme anarchogrégaire signifie donc « qui vit dans des collectifs sans principe d’ordre hiérarchique ».

10 Comme il sera précisé plus loin, le partage est une forme de distribution sans dette. Le partage s’oppose à la réciprocité, ou l’échange, dans la mesure où le schéma don–contre-don ne s’applique pas.

11 La notion de coopération a dominé les discussions conduites par les biologistes et les théoriciens de l’évolution (voir West et al. 2007, Candau 2012). Cette notion est liée à celles de succès reproductif, d’altruisme et de gène “ égoïste” et aux noms de Dawkins, Hamilton, Trivers, Wilson –entre autres– dans les théories de sociobiologie et de sociologie évolutionnaire. La coopération est un fait très largement biologique et concerne beaucoup d’espèces animales, mais la coopération humaine pose des problèmes spécifiques de rationalité. La problématique fondée sur le “dilemme du prisonnier” et sur la “tragédie des terres communales” a constitué une tentative pour résoudre le problème de la spécificité et de la rationalité de la coopération humaine (Ostrom 1990). Il est possible que les formes primitives de coopération humaine aient concerné prioritairement la protection et le soin des nouveaux-nés ainsi que des activités collectives ludiques (musique, danse).

12 L’autonomie du sujet est le principe premier qui conditionne l’égalitarisme (Boehm, 1993). La notion d’autonomie individuelle est directement liée à celle de lien faible (ci-dessous).

13 Parmi les cas typiques citons ceux, classiques, des chasseurs-cueilleurs hadza (Woodburn 1979, 1982), mbuti (Turnbull 1968), !kung (Marshall Thomas 1989), inuit (très nombreuses publications d’auteurs connus parmi lesquels les noms de Birket-Smith, Boas, Rasmussen, Damas, Guemple, Robbe, Freuchen, Malaurie sont à citer), paliyan (Gardner2006 : pp. 30 sqq.). Des essarteurs (agriculteurs) appartiennent également à cette catégorie, notamment les Buid (Gibson 1986), les Semai (Dentan 1968), les Palawan (Macdonald 1977, 2007) les Majangir (Stauder 1972). En font partie également des nomades marins comme les Bajau Laut (Sather 1997). La liste peut être considérablement allongée.

14 L’argument généralement avancé est que homo sapiens vit jusqu’au paléolithique supérieur dans la condition de chasseur, cueilleur, charognard et que les petits groupes de chasseurs-cueilleurs modernes, pédestres (à ne pas confondre avec les chasseurs équestres ou les sociétés de pêcheurs sédentaires) appartiennent tous à la même classe de sociétés dites « à bandes » fondées sur les principes de la mobilité, de la fission-fusion et de l’égalitarisme, ou comme le veut Ingold (1999) et comme je le défends moi-même, sur ceux de l’immédiateté, de l’autonomie et du partage (et en conséquence comme ne relevant pas de la définition habituelle d’une organisation sociale). Malgré les changements encourus par les chasseurs-cueilleurs du 19ème et du 20ème siècle et en dépit de la présence de grandes sociétés agraires ou industrielles et des interactions avec elles –ce qui a pu faire même douter de l’authenticité des premiers—il reste vraisemblable que les principes de l’organisation des chasseurs-cueilleurs avant le néolithique ressemblaient à leurs homologues contemporains. Dans un ouvrage remarquable, l’ethnomusicologue Victor Grauer démontre à partir d’une analyse musicologique et culturelle, ainsi qu’à partir d’une classification des haplogroupes définis sur la base de l’ADN mitochondriale, que les groupes humains qui ont passé d’Afrique en Asie il y a environ 70 000 ans étaient étroitement apparentés aux groupes de pygmées africains contemporains comme les Ju/’hoansi, !Kung, Aka , Baka et Mbuti et qu’ils relevaient d’une origine commune. Or tous ces groupes présentent les traits d’organisation mentionnés ci-dessus (Grauer, 2011).

15 Je distingue la hiérarchie qui suppose le pouvoir, de l’asymétrie simple qui repose sur l’autorité morale ou rationnelle et qui n’est pas transitive. La hiérarchie est une relation d’ordre partiel (Sade 1992). Dans un article important, Alan Page Fiske (1992) distingue quatre sortes de relations ou formes de socialité élémentaires : le partage communautaire (communal sharing, CS), la hiérarchie (authority ranking, AR), l’égalitarisme (equality matching, EM) et les valeurs du marché (market pricing, MP). La première (CS) est une relation d’équivalence (réflexive, symétrique et transitive), la deuxième ( AR) est un ordre linéaire (réflexif, transitif et antisymétrique), la troisième (EM) a les propriétés d’un groupe abélien, commutatif, avec la possibilité d’addition et de soustraction. Le dernier (MP) repose sur le principe de proportionnalité qui suppose les propriétés de division et de multiplication. L’idée que les relations humaines et les formes de vie collective peuvent être ramenées à quelques relations élémentaires formalisables en langage mathématique est certainement une idée scientifiquement intéressante. Dans la formulation que j’ai adoptée CS= partage, AR= hiérarchie, EM= réciprocité. Je n’envisage pas le 4ème terme (MP) qui définit les organisations sociales complexes fondées sur les valeurs du marché et qui définit aussi un jugement sur l’humain (en rapportant la valeur d’un individu à sa richesse pécuniaire par exemple). On voit bien que la seule relation qui suppose que tous les éléments de l’ensemble sont équivalents est celle du partage (CS), les deux autres autres sont définies comme des relations d’ordre dont tous les éléments ne sont pas équivalents. L’égalité se définit par le partage.

16 Voir note 9 ci-dessus.

17 Voir notes 13 et 14 ci-dessus. Voir aussi Boehm 2001, chapitre 9.

18 De nombreuses discussions, analyses et interprétations ont été proposées pour classer et expliquer les nombreuses formes de transaction, distribution et circulation des produits dans les sociétés humaines et animales (voir par exemple Wenzel et al., 2000 sur différentes modalités du partage).C’est à Woodburn que nous devons la réalisation que le partage est une forme de transaction conceptuellement et empiriquement distincte de la réciprocité (Woodburn 1998). Celle-ci pose, dans le modèle maussien classique (Mauss 1925), un don et un contre-don et la triple obligation de donner, de recevoir et de rendre. Elle implique, au premier chef, la dette, soit une relation asymétrique entre donneur et preneur, relation qui ouvre la voie à la subordination du preneur. Le partage quant à lui exclut la dette. Dans la pratique, le partage et la réciprocité interviennent successivement ou alternativement, avec des formes intermédiaires comme le don pur (confondu avec le partage) la redistribution, le vol toléré, ou le don forcé (Peterson 1993). La réciprocité existe partout mais le point important est que le partage fournit le modèle d’une éthique relationnelle qui est prépondérante dans les systèmes anarchogrégaires. Pour une discussion et une bibliographie plus complètes voir aussi Macdonald ms. mis en ligne sur https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxjaGFybGVzamhtYWNkb25hbGRzc2l0ZXxneDphNDcyZTcyOTMwYWM2MzM

19 La notion de” lien faible” est empruntée à Granovetter (1973) mais avec les conséquences évolutionnaires mises à jour par Maryanski (1994), et Maryanski et Turner (1992). Voir à ce sujet Macdonald 2008, 2009, 2011a, 2011b., 2012a. Par lien faible j’entends ici des liens interpersonnels qui sont soumis à la volonté des partenaires ainsi liés. Ces liens peuvent être créés ou abolis sans recours à une autorité tierce. Ils sont immanents. Les liens forts sont des liens permanents soumis à une autorité tierce. Ils sont typiquement des liens institutionnels et tendent à être pensés comme transcendants. L’amour érotique est typiquement un lien faible (qui se dissout en fonction du désir des partenaires), le mariage est un lien fort (qui ne peut être contracté ou dissous qu’avec l’accord de l’Eglise ou de l’Etat, et qui est pensé comme sacré).

20 L’entropie qui est considérée dans ces pages concerne essentiellement la composition des groupes ou collectifs dont l’ordre initial est sans cesse transformé. Dans la modalité anarchogrégaire, les ensembles de personnes qui acquièrent une identité collective à un certain moment ne sont pas définis une fois pour toute, ni en ce qui concerne leurs limites, ni en ce qui concerne leur personnel. Il en va de même pour les cellules du corps humain qui meurent et sont constamment remplacées par de nouvelles. L’ensemble conserve son unité mais ses éléments constitutifs changent à travers le temps. Il obéit ainsi à une loi organique qui veut que le tout soit plus durable que les parties (en opposition à une loi mécanique qui fait que les parties sont plus durables que le tout). Voir Morin à propos de Van Neuman (Morin 2005 : 43-44). Corollairement, la prévisibilité de l’ordre collectif est faible.

21 La solidarité organique selon Durkheim est en fait une solidarité de type strictement mécanique, fondée sur l’analogie avec l’anatomie du corps humain et supposant la simple complémentarité entre les différents organes (cœur, foie, tête, etc.). Dans ce modèle si admirablement conforme à un idéal hiérarchique, la tête représente évidemment la classe supérieure dans la société (particulièrement les brahmanes et les sociologues). Le modèle anarchogrégaire suppose que la tête est partout. Voir à ce sujet Brafman et Beckstrorn 2006. Quand la complémentarité mécanique prend la forme d’une classification (structure en arbre) on parle de holisme ou de totalité holistique.

22 L’expression est empruntée à la linguistique (Austin 1962) mais légèrement détournée de son sens premier. Elle signifie ici : conditions qui permettent l’établissement et la répétition de relations interpersonnelles. Par exemple des marques de sympathie ou de politesse sont de telles conditions, par opposition à l’indifférence ou l’hostilité. En régime anarchogrégaire ces conditions sont nécessaires. L’humour, la plaisanterie et le rire font partie du répertoire des marques de relations souhaitables ou possibles et permettent de créer et de renforcer des liens faibles. C’et pourquoi en régime anarchogrégaire ces conditions de félicité ne sont pas de simples ornements ou traits secondaires de la vie collective mais ses conditions indispensables. Des ethnologues se sont avisés de ce fait (Overing 2000).

23 C’est la vieille question posée par La Boétie dans le Contr’Un et à laquelle il répondit en affirmant si justement que la soumission était aussi bien le fait des soumis. La servitude était pour lui toujours volontaire. Son moyen est la transcendance et le transcendantisme comme je tente de le montrer ci-dessous.

24 Je définis comme transcendant “ce qui dépasse un ordre donné, qui est d’une nature radicalement supérieure”. Cette définition fait appel à un principe qui dépasse et englobe les particularités ou les différences individuelles, qui est donc universel et en même temps éternel. Les dictionnaires de philosophie et le Petit Robert semblent s’accorder sur cette définition. Je n’utilisepas ici le concept kantien de “transcendental”.

25 Il en va ainsi du sens de l’honneur, du dévouement à une grande cause, de la foi religieuse, du sacrifice de soi. L’obligation d’agir en fonction d’un principe ou d’une entité transcendante (Dieu, la Patrie) est intériorisée par le sujet qui obéit ainsi à une structure idéo-pragmatique. Ce phénomène ressortit à un réflexe d’obéissance et il peut être inculqué par l’éducation et l’apprentissage dans les années d’enfance. Une très belle illustration de ce fait est donnée dans un article récent concernant le sacrifice et la socialisation linguistique chez l’enfant vietnamien, une culture confucianiste imprégnée de transcandentisme patriarcal (Shohet 2013). Mais le sens moral n’est pas seulement transcendantiste il est aussi immanentiste.

26 Voir Keil 2010 (http://borntogroove.org/mod/resource/view.php?id=161)

27 Les “corporate groups” de l’anthropologie fonctionnaliste britannique (Radcliffe-Brown 1951) sont traduits en français par l’expression de “personnes morales”, un concept juridique qui s’oppose à “personne physique”. La personne morale est une fiction juridique qui suppose la transcendance. C’est ce que David Graeber appelle “l’abstraction transcendante de la forme corporatiste” (Graeber 2007: 107). La théorie des « corporate groups » est à la base de la théorie sociologique fonctionnaliste qui imprègne encore toute une partie de la sociologie et de l’anthropologie sociale.

28 “There was no escheat of the land to the lord on a death, because such a corporation never dies, and the succession is perpetual. » écrit H. Sumner Maine en 1875 –dans ses conférences sur l’histoire primitive des institutions—à propos des anciennes communautés familiales européennes et indiennes (Sumner Maine 1875).

29 L’Etat, dans la mesure où il représente la souveraineté nationale, est une entité abstraite. Dans la mesure où l’Etat est un appareil de gouvernement avec sa bureaucratie et ses forces de police, il est une réalité concrète. Le Trésor Public qui dépend de l’Etat souverain est aussi une caisse commune qui permet la redistribution des richesses. En cela, bien entendu, le capital n’est pas fictif. C’est la construction idéologique de l’Etat comme être collectif souverain qui l’est.

30 La réalité de l’anti-matière a été prédite par le physicien Paul Dirac en 1931. Il fait l’hypothèse, vérifiée par la suite, de l’existence d’une anti-particule, le positron (Wikipedia).

31 Divers groupes et communautés au cours de l’histoire se sont victorieusement opposés aux armées des grands Etats agraires et même industriels. Cela a été le cas des Cosaques du 16ème jusqu’au 18ème siècle, des communautés de pirates aux 17ème et 18ème sicles et aux nations comanche et apache de l’Amérique du Nord au 19ème siècle. Sur le temps historique long ces communautés anarchiques et grégaires ont été défaites et absorbées par les Etats centralisés dont la taille démographique et la puissance militaire on eu raison des premières.

32 Les ordres de grandeur généralement cités par les préhistoriens et paléoanthroplogues sont approximativement de 2,5 millions d’années pour le genre Homo, de 150 000 à 200 000 ans pour l’espèce Homo Sapiens et de 10 000 ans pour les débuts de l’agriculture et les premiers signes de la révolution néolithique.

33 La psychologie évolutionnaire a exploité cette idée de façon sans doute trop littérale avec la théorie des modules neurobiologiques. Même si cette théorie est une sorte de caricature (sous le crâne de l’homme moderne se cache le cerveau d’un chasseur du paléolithique), la présence de structures archaïques chez les êtres vivants est un fait établi. Le passage d’un état à un autre est irréversible et tout état actuel suppose la préservation d’un état antérieur. Ainsi tout être vivant est aussi un fossile d’un être vivant antérieur (Monod 1970).

34 La présence d’un régime de vie anarchogrégaire se manifeste un peu partout, ne serait-ce que dans les simples réunions entre amis qui créent des espaces de liberté et d’égalité au sein des hiérarchies sociales. Le philosophe anarchiste Peter Lambourn Wilson, écrivant sous le pseudonyme de Hakim Bey, a nommé ce genre d’espaces des « zones d’autonomie temporaire » (Bey 1985).

35 Les historiens et les politologues, (comme par exemple Rosanvallon 2011) en cherchant dans le passé récent (inférieur à 10 000 ans) l’origine de l’idée d’égalité, ne trouvent évidemment rien d’autre que des discours idéologiques, ceux des philosophies de Lumières ou des philosophes anglais du 17ème siècle. Ces discours ont construit l’idéologie de l’égalité et de la démocratie telle qu’elle se présente actuellement mais ne concernent qu’indirectement le fait anthropologique de l’égalité.

 

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Temporalités et trajectoires à l’articulation du quantitatif et du qualitatif, BMS 124, octobre 2014

Temporalités et trajectoires à l’articulation du quantitatif et du qualitatif

[Ceci est une version originale de : Claire Bidart and Arnaud Dupray, “Life Course, Time and Process: Exploring “Trans-” Quantitative and Qualitative Methods”, Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique October 2014 124: 5-13, http://bms.sagepub.com/content/124/1/5.full.pdf+html%5D

Processus et temporalités – Explorations méthodologiques
« trans »-quali-quanti

Analyses qualitatives et quantitatives s’opposent et se complètent de diverses manières depuis l’origine des sciences sociales. Leurs positions respectives et leur rôle dans l’administration de la preuve ont évolué et aujourd’hui leurs frontières semblent plus poreuses. De plus en plus de jeunes chercheurs sont compétents sur les deux dimensions, et les « mixed methods » se développent en cherchant à ordonner et à expliciter plus systématiquement les apports respectifs des méthodes qualitatives et quantitatives, à différents moments et étapes d’une même recherche.
Les appels à l’assouplissement des barrières entre ces méthodes ne datent pas d’aujourd’hui. Dans le BMS depuis une trentaine d’années déjà, apparaissent des articles défendant l’idée que les méthodes qualitatives et quantitatives sont complémentaires et interdépendantes plutôt qu’opposées, et que l’on doit rechercher entre elles plutôt des cohérences pratiques que l’application d’une procédure « correcte » qui les cantonnerait chacune dans son domaine (Wilson, 1986; van Meter, 1994). De plus en plus se développent les recherches empiriques « mixtes », mais aussi les mises au point méthodologiques et théoriques défendant une plus grande perméabilité entre ces dimensions (Sale et al., 2002; Maxwell and Loomis, 2003; Hall and Howard, 2008). Les travaux intégrant de façon étroite les perspectives qualitatives et quantitatives, parfois par des approches analytiques différentes portées sur un même ensemble de données, montrent la valeur ajoutée de ces combinaisons qui donnent une vision plus compréhensive de l’objet, mais créent aussi des dimensions nouvelles dans l’analyse.
Plus récemment, on voit aussi apparaître des propositions de dépasser les va-et-vient séquentiels entre ces méthodes, pour arriver à des croisements plus synergiques et innovants entre les types de données et d’analyses, en particulier par l’examen de données qualitatives avec des méthodes quantitatives, ou de données quantitatives avec des techniques qualitatives. Les démographes s’intéressent aux récits, les analyses textuelles adoptent des méthodes de modélisation, des entretiens sont recodés et soumis à des mesures statistiques, des réponses aux questionnaires sont reformulées sous forme de narrations, etc. Ces diverses formes de crossover analyses se développent actuellement et s’avèrent très créatives et prometteuses (Small, 2011).
Ces ouvertures des frontières et ces déplacements appellent à préciser et à relativiser quelques conceptions et oppositions trop souvent associées « automatiquement » à la division quantitatif/qualitatif : données objectives/subjectives, sociologie positiviste ou interprétative, grand/petit échantillon, validité statistique ou démarche compréhensive, variables discrètes ou configurations contextuelles, formalisation mathématique ou association thématique, représentativité ou monographie, sans oublier les débats sur les formes de la causalité.
Dans ce numéro thématique du BMS, nous souhaitons prolonger cet assouplissement des clivages en « jouant » avec les frontières entre ces dimensions. Les articles présentés ici ont en commun de proposer des explorations originales des données par une sorte de va-et-vient entre méthodes qualitatives et quantitatives ou d’« entre-deux » empruntant dans le même temps à l’une et l’autre. Ces analyses exploratoires utilisent en effet des méthodes d’extraction et de traitement de l’information qui ne sont a priori pas directement ajustées au type de données en question. Elles « transgressent », d’une certaine manière, la correspondance entre matériau et méthode de traitement. Elles peuvent ainsi procéder tantôt en « quantifiant » l’information qualitative (collectée au moyen d’entretiens biographiques approfondis) par des opérations de codage et de traitement adaptées, tantôt en reconstituant la richesse compréhensive des histoires de vie à partir de données quantitatives (collectées à grande échelle par un questionnaire).
L’objectif de ce dossier est double. Il s’agit bien sûr d’avancer vers un élargissement de la diversité et de la validité des méthodes, en étendant leurs limites au-delà des routines et des usages orthodoxes. Mais les résultats de ces explorations n’ont pas seulement une visée ludique ou provocatrice. En ouvrant des pistes nouvelles, ils fournissent des éclairages originaux sur les objets qui nous intéressent, et permettent d’étendre ou d’affiner les résultats et interprétations. On peut ensuite travailler à les discuter, à en préciser les conditions d’application et à prolonger les pistes ouvertes de façon modeste et prudente. Il ne s’agit pas, en effet, d’en tirer des conclusions fermes, ni de remettre en cause les méthodes et les usages adéquats qui continuent à faire leurs preuves. L’intérêt de ces déplacements réside surtout dans l’expérimentation et l’ouverture des frontières. Nous envisageons ainsi de nous libérer, provisoirement, des cohérences entre les méthodes de collecte et d’exploitation des matériaux, du caractère probatoire des mesures, de la nécessité de certifier leur généralité (comme on l’attend en général des méthodes quantitatives), ou de leur proximité à la réalité vécue (comme on le requière en général des méthodes qualitatives).
Ces six articles ont aussi en commun de se fonder sur des enquêtes qui permettent d’interroger les temporalités, les calendriers, les récits de vie et les histoires institutionnelles d’un point de vue diachronique. Cette question des temps, des processus et des séquences est en effet au cœur de bien des analyses en sciences sociales (Mendez, 2010). Ce type de matériau longitudinal, susceptible de découpages et de mises en perspectives diverses, se montre propice aux explorations méthodologiques proposées ici. Les interrogations portent sur les processus complexes qui construisent les histoires de vie, les histoires d’entreprises ou la grande Histoire des sciences. Dans la lignée des travaux d’Andrew Abbott (2001), l’analyse des processus sociaux est opérée par la recherche de séquences typiques, d’enchaînements d’événements et de configurations temporelles par lesquelles, loin de se laisser enfermer dans la singularité des parcours, les auteurs recherchent des régularités et des généralisations possibles. Par des procédures explicites de construction de typologies, de stylisation des parcours ou des idées, de catégorisation empirique des trajectoires ou des thématiques, de repérage de critères pertinents, d’identification et de rassemblement raisonnés de cas singuliers, etc., ces recherches originales s’appliquent à développer, mais aussi à exposer très précisément les outils qu’elles mettent en œuvre. Les frontières entre objectivité et subjectivité y sont aussi brouillées, temps objectif des calendriers et temporalités subjectives des « temps forts », des « époques de la vie » et de leur ressenti, ou des « bifurcations professionnelles » sont mis en regard, et les causalités recherchées se situent plutôt dans des configurations complexes de conditions et d’événements que dans des facteurs isolés.
Plusieurs de ces analyses utilisent des méthodes statistiques mais sans prétendre à une représentativité et parfois sans même atteindre à la significativité des différences repérées. Elles peuvent reconstituer des histoires sans en avoir les récits. Elles utilisent aussi des méthodes d’analyse compréhensive des représentations subjectives, en perdant (provisoirement), lors des recodages et des regroupements, une partie du sens donné aux événements et aux arbitrages complexes qui se jouent lors de moments-clés. Ces tentatives d’exploration de méthodes « trans » quali-quanti peuvent donc reposer sur une double frustration, à l’égard du « vrai » qualitatif et du « vrai » quantitatif. Mais, loin d’empêcher ces derniers de se déployer pleinement à d’autres moments de l’analyse, elles ont le mérite de tenter de les articuler autrement. Cela se fait certes au prix de la transgression de leurs limites. Cela peut, aussi, heurter les tenants de la « commensurabilité » qui réclament la stricte cohérence entre les postures épistémologiques et les méthodes. Mais les explorations présentées ici ne prétendent en rien affirmer la découverte de la pierre philosophale sur laquelle tout le monde s’accordera, elles n’engagent pas non plus, dans ces croisements d’outils, des postulats théoriques. Elles se limitent à quelques propositions d’ouverture des méthodes « canoniques » vers des transpositions, des changements de dimension et d’unité de base, des recodages et des reformulations qui peuvent, enrichir l’analyse et proposer des pistes de développement de techniques et d’outils davantage abouties et solides. D’autres canaux d’investigation peuvent être suscités par ces approches, sans porter atteinte aux articulations nécessaires entre théorie et méthode, mais en les laissant simplement provisoirement de côté. Nous pouvons, nous semble-t-il, en attendre quelques innovations et avancées dans les façons de voir, de mesurer et d’analyser nos objets de recherche.

Les six contributions de ce dossier « trans »-quali-quanti

Ces propos liminaires posent le cadre de réflexion dans lequel s’inscrivent les contributions à ce numéro. Nous en présentons brièvement les contenus ci-dessous.
Trois contributions à ce dossier ont été élaborées dans le cadre d’un projet de recherche international, le projet Bipaje (Bifurcations dans les parcours des jeunes). Ce projet débuté fin 2009 et achevé en mars 2013 a réuni une quinzaine de chercheurs et doctorants appartenant à huit institutions de trois pays : l’Argentine, le Canada et la France. Ces trois contributions à partir de matériaux tantôt essentiellement qualitatifs tantôt quantitatif proposent des assemblages méthodologiques originaux pour analyser les carrefours de vie vécus par ces jeunes, les moments où les options se redessinent, les conditions de leurs réorientations professionnelles mais aussi les résonnances entre des événements micro-sociaux enregistrés à l’échelle de parcours de vie singuliers et les systèmes sociétaux de transition de l’école à l’emploi et à la vie adulte.
Comme ces premières contributions, les deux suivantes ont en commun d’envisager des méthodologies non directement « conformes » au matériau collecté : des analyses quantitatives à des perceptions de bien être pour à la fois comptabiliser, décrire et éclairer ce qui fait la « qualité » d’un parcours de vie ; des analyses statistiques et qualitatives à partir de sources qualitatives multiples pour ce qui est du repérage des régimes d’activité dans la création d’entreprises. Elles ont en commun de proposer des typologies, de parcours de vie dans un cas selon la durée, l’ordre et la tonalité des époques de la vie, des changements dans le régime d’activité des entreprises en création dans l’autre cas, en prenant aussi en considération la durée passée dans les différents régimes et leur chronologie.
La dernière contribution en s’efforçant de retracer dans l’espace l’émergence d’une spécialité scientifique justifie l’impératif de combiner traitements quantitatifs (analyse bibliométrique de mots-clés, représentations graphiques…) et entretiens avec des acteurs clés du champ pour dépasser les biais et limites d’une approche méthodologique exclusive.

Trois contributions du projet Bipaje

Le premier article, celui de Dupray et Epiphane, exploite une enquête par questionnaire fermé, mais comportant un module de questions d’opinions sur le vécu d’une réorientation professionnelle, pour prendre la mesure des « bifurcations professionnelles » en début de vie active. La temporalité étudiée est de sept ans après la fin des études mais le phénomène est apprécié à l’aune d’un calendrier mensuel d’activités renseigné sur dix ans.
Cherchant à identifier et mesurer l’importance des bifurcations professionnelles, les auteurs sont amenés à proposer « une lecture qualitative » de leur corpus et notamment des libellés d’emploi à partir du calendrier. Revenir au plus près des données collectées permet de travailler finement la délimitation du phénomène en question. Une fois identifié l’ensemble des parcours comportant une bifurcation, des traitements quantitatifs usuels permettent de mettre au jour les conditions qui les affectent. Les auteurs en dérivent des combinaisons de facteurs conduisant alternativement à une forte probabilité ou à une faible probabilité de bifurquer. Ils extraient alors les individus dont le contexte initial correspond à ces conditions, pour tenter de comprendre comment ces dimensions s’articulent dans un parcours. Ils procèdent alors en restituant des quasi-histoires de vie profitant de l’ensemble des informations collectées dans la base. Ils montrent ainsi que les bifurcations sont différemment configurées selon les coûts temporels, psychologiques, financiers engagés dans leur mise en œuvre. L’articulation d’outils de traitement qualitatif et quantitatif permet ainsi d’identifier une population répondant à des critères multiples et complexes, de dégager des régularités dans les contextes à l’origine des bifurcations professionnelles et de montrer comment les conditions peuvent s’agencer dans un parcours pour générer une nouvelle orientation professionnelle.
Claire Bidart et Catherine Gosselin partent quant à elles d’un matériau qualitatif, des entretiens biographiques qui, dans une phase préliminaire, sont encodés dans un calendrier mensuel de situations et d’événements reconstitués sur 59 mois. Les auteures multiplient les angles et outils d’analyse – quantitatifs à partir du calendrier et qualitatifs en retournant aux entretiens pour comprendre les épisodes de forte coïncidence temporelle d’événements, tout en prenant acte d’emblée qu’il s’agit de parcours de jeunes issus de trois pays avec des contextes sociétaux et systèmes institutionnels différents. Les sauts de l’analyse entre des unités individus et des unités séquences permettent à la fois d’esquisser les particularités nationales en termes de temporalité de ces transitions de l’école à l’emploi et de comprendre comment l’intensité temporelle des événements fait sens en retournant aux récits de vie.
Les auteurs en dégagent différents rapports aux changements qui ne sont pas indépendants du contexte sociétal dans lequel sont encastrés ces parcours. Ce faisant, on montre que ces récits acquièrent une intelligibilité nouvelle et une portée plus générale, au-delà de leur singularité, en rapportant les perceptions et comportements de ces jeunes tels que les entretiens les restituent avec des appréciations plus macro-sociologiques, telles celles qui ressortent de la répartition des individus dans chaque situation (emploi, études, inactivité, études et emploi, chômage) au cours du temps et selon leur pays d’origine. L’intérêt est de montrer que non seulement les angles d’analyse tantôt quantitatifs tantôt qualitatifs apportent des éclairages complémentaires sur les données mais aussi qu’ils s’influencent l’un l’autre : d’une part, en orientant l’analyse et en guidant le choix des histoires de vie qui vont être développées, et d’autre part, en enrichissant la compréhension et l’interprétation d’événements appartenant à une histoire personnelle singulière. De cette manière, l’articulation des niveaux d’analyse permet une montée en généralité en s’extrayant de la singularité propre aux histoires de vie, pour montrer leur cohérence et résonnance avec l’environnement macro social qui les surplombe.
La contribution de Bourdon et al. s’appuie sur le même matériau que les auteures précédentes mais sur une durée plus courte (24 mois) et en donnant une place majeure à la perception subjective des événements par les enquêtés. En effet, les auteurs proposent une méthode pour comptabiliser et décrire « les temps forts » que traversent les jeunes dans leur parcours d’entrée dans la vie adulte et d’accès à l’emploi. L’intérêt de l’indice d’intensité des temps forts consiste d’abord à synthétiser une information abondante et à pointer des périodes sensibles, critiques, ayant pu déstabiliser ou modifier l’orientation d’un parcours de vie.
Outre leur analyse des temps forts (types d’événements, fréquence dans les calendriers, concentration temporelle, lien avec des changements professionnels…), les auteurs dans une dernière étape retournent au matériau qualitatif des entretiens pour contextualiser ces moments de forte intensité événementielle et émotionnelle à partir de parcours à haute intensité de temps forts. Les récits de vie éclairent alors l’enchaînement des événements et la genèse des temps forts. Ils permettent aussi de tester en quelque sorte l’échelle de mesure adoptée pour chiffrer le poids des événements et définir leur rayonnement dans les mois ultérieurs à celui-ci. L’indice d’intensité des temps forts apparaît ainsi comme un outil heuristique pour synthétiser l’information et focaliser l’analyse sur des périodes particulièrement riches en événements. En outre, il permet de mettre en relief les interdépendances entre événements relevant de différentes sphères de la vie (affective, professionnelle, résidentielle, familiale…).

Deux méthodologies non directement « conformes » au matériau collecté

La proposition suivante, de Lelièvre et Robette, rompt avec ces temporalités de moyen-terme pour considérer un calendrier de vie annuel sur une durée de 50 à 70 ans. Elle propose de traiter de manière quantitative une thématique éminemment subjective, celle de la perception de la qualité de la vie. Le matériau original de l’enquête Biographies et entourage, réalisée en 2001 par l’INED et mobilisée dans leur contribution leur permet de relier ces recensions de situations factuelles (liées à la famille, à la vie affective, à l’emploi, au logement etc…) à la perception subjective portée par les personnes enquêtées sur cette narration organisée de leur vie, via le cadre de collecte. En effet, il était demandé aux personnes de découper leur vie en époques différentes, de caractériser ce qui les différencie et de porter un jugement sur la « tonalité » globale de chaque époque – années très difficiles à très bonnes en passant par trois modalités intermédiaires.
La condition d’une exploitation quantitative du corpus est ainsi fournie d’emblée par le matériau qui permet de mettre en regard des événements factuels et le jugement porté sur ceux-ci par les enquêtés. Les traitements statistiques appliqués permettent la mise en regard de jalons factuels et de tournants biographiques (le passage d’une époque à la suivante). Les auteurs montrent en particulier qu’hommes et femmes n’attachent pas la même importance aux mêmes événements : les événements familiaux sont plus souvent associés à des tournants biographiques parmi les femmes que parmi les hommes alors que l’inverse se vérifie pour les événements professionnels. Une méthode d’Optimal Matching suivie d’une classification ascendante hiérarchique est ensuite mobilisée sur les enregistrements annuels de tonalité pour synthétiser en quelques classes cette extrême diversité des trajectoires. Une présentation sous forme de chronogrammes permet de repérer ce qui caractérise, en termes de tonalité, chacune des classes de parcours. Celles-ci sont ensuite confrontées aux caractéristiques socio-démographiques des individus (sexe, métier, niveau de diplôme) et aux événements biographiques (séparation, migration, décès d’un proche…).
Pour étudier les processus de création d’entreprises, Barthe, Chauvac et Grossetti s’emparent dans leur contribution d’un riche matériau qualitatif composé d’entretiens avec des dirigeants et créateurs d’entreprises, réalisés en deux vagues, et des sources écrites. Ces sources ont permis dans un premier temps de constituer des narrations de récits à partir desquelles sont systématisées et formalisées certaines informations en vue de traitements statistiques.
A partir de ces narrations et de quelques indicateurs quantitatifs, les auteurs distinguent cinq régimes d’activité (exploratoire, de crise, de survie, de projet, de marché) qui correspondent à des phases possibles d’évolution de ces nouvelles activités.
Après avoir décrit qualitativement ces régimes d’activité, chacune des 66 entreprises du corpus étudié est codée annuellement en fonction du régime d’activité la caractérisant, offrant la possibilité de construire un arbre exhaustif des séquences des régimes d’activité. Les parcours correspondants peuvent être ensuite décrits quantitativement pour conduire à une typologie de parcours d’évolution en six classes. Malgré les efforts d’objectivation des paramètres permettant de distinguer les régimes d’activité entre eux et les passages de l’un à l’autre, les auteurs n’éludent pas les difficultés d’une telle systématisation qui réclame souvent, pour entériner les appartenances, de retourner au matériau des entretiens. Comme pour l’analyse des calendriers individuels de situation ou d’activité qui permettent de faire varier l’unité étudiée, l’approche proposée est adaptée à la saisie de processus temporels impliquant de multiples acteurs et où il est loisible de faire varier les niveaux d’analyse : personnes, relations entre elles, entreprises, etc. En outre, la quantification de certaines informations n’est rendue possible « qu’en tirant vers le haut » l’analyse du matériau qualitatif mettant en évidence l’enrichissement réciproque des traitements quantitatif et qualitatif permis par ce couplage.

Bibliométrique et entretiens avec des acteurs clés d’un champ

Le dernier article s’inscrit dans le courant de la sociologie des sciences et croise des traitements de nature quantitative (statistiques de comptage, représentations graphiques) et qualitative (entretiens individuels) pour tenter de comprendre comment une spécialité scientifique (la réparation de l’ADN) émerge à partir des localisations et déplacements géographiques des précurseurs de la discipline. L’intérêt méthodologique de la contribution est de montrer les limites et impasses d’une approche qui s’en tiendrait à une analyse bibliométrique ou à l’inverse qui ferait trop exclusivement crédit aux témoignages des acteurs du champ. Une méthode mixte est donc proposée par Marion Masonobe, articulant analyse bibliométrique et approche prosopographique.
Le comptage des publications en fonction des mots-clés dans des bases de données, l’intensité des publications selon les auteurs, les laboratoires d’appartenance et leur localisation spatiale permet un cadrage des points de concentration des productions relatives à cette spécialité. Et des entretiens avec les auteurs à forte intensité productive sur cette thématique dans les années qui ont suivi l’apparition des premiers articles comportant en mot clé « réparation de l’ADN », ont permis de reconstituer les points géographiques à partir desquels se sont diffusés les travaux relatifs à cette spécialité. Plusieurs foyers de production et de diffusion sont ainsi identifiés au travers, notamment, des mobilités institutionnelles des acteurs du champ.

Références

Abbott A (2001) Time Matters – On Theory and Method. Chicago: University of Chicago Press.
Hall B and Howard K (2008) A Synergistic Approach – Conducting Mixed Methods Research with Typological and Systemic Design Considerations. Journal of Mixed Methods Research, 2: 248-69.
Maxwell J and Loomis D (2003) Mixed Methods Design – An Alternative Approach. In Tashakkori A and Teddlie C (eds) Handbook of Mixed Methods in Social and Behavioral Research. Thousand Oaks, CA: Sage, 241-72.
Mendez A (ed.) (2010) Processus, concepts et méthode pour l’analyse temporelle en sciences sociales. Louvain la Neuve: Academia Bruylant.
Sale JEM, Lohfeld LH and Brazil K (2002) Revisiting the Quantitative-Qualitative Debate – Implications for Mixed-Methods Research. Quality and Quantity, 36: 43-53.
Small ML (2011) How to Conduct a Mixed Methods Study – Recent Trends in a Rapidly Growing Literature. Annual Review of Sociology, 37, 57-86.
Van Meter KM (1994) Sociological Methodology. Bulletin de méthodologie sociologique, 42: 72-94.
Wilson TP (1986) Qualitative “versus” Quantitative Methods in Social Research. Bulletin de méthodologie sociologique, 10, 25-51.

Numéro spécial sur les réseaux sociaux: “Liens négatifs, liens perdus, liens latents”, BMS 121, janvier 2014

Numéro spécial sur les réseaux sociaux: “Liens négatifs, liens perdus, liens latents”

[Ceci est la version originale en français de Nathalie Chauvac, Laurence Cloutier, Adrien Defossez, Grégori Akermann, and Ainhoa de Federico, “Negative Ties, Lost Ties, Latent Ties”, _Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique_, January 2014; vol. 121: pp. 5-9, http://bms.sagepub.com/content/121/1/5.full.pdf+html%5D

Les travaux sur les relations sociales se développent ces dernières années permettant d’éclairer un certain nombre de faits sociaux comme l’accès à l’emploi, l’appui sur des réseaux professionnels ou personnels, l’évolution des relations amicales. L’étude des réseaux sociaux porte en général sur les liens existants, leur création, leur mobilisation, mais il existe peu de recherches sur les liens négatifs, les liens perdus ou les liens latents. L’objectif des 3èmes journées d’étude Inter Congrès du RT 26 “réseaux sociaux” de l’AFS et 7e journées du groupe ReSTo (Réseaux Sociaux à Toulouse), organisées les 5-6 avril 2012 à l’Université de Toulouse était de permettre aux chercheurs de différentes disciplines ayant abordé ces thèmes d’échanger et de partager leurs recherches. Douze présentations ont pu être écoutées et ces échanges scientifiques ont attiré une cinquantaine de chercheurs venus de France et d’ailleurs. Le projet de cette journée avait émergé d’une discussion entre doctorants à propos d’une question qui taraudait au moins deux d’entre nous et pour laquelle ils avaient sollicité leurs pairs. La relative difficulté à trouver de travaux sur la question nous avait conduits à proposer ce thème au groupe ReSTo, ce qui fut accueilli avec l’enthousiasme habituel d’Ainhoa de Federico. La production de ces journées d’études est la base de ce numéro spécial qui propose une réflexion exploratoire sur les liens négatifs.
L’analyse des réseaux sociaux peut-être définie comme l’«étude de l’ensemble des relations qu’un individu (ou un groupe) entretient avec d’autres, compte-tenu de la forme que prennent ces relations» (Degenne et Forsé 2004, p.35) et l’analyse de « l’ensemble des relations, [afin de] dégager des groupes pertinents a posteriori et comprendre concrètement comment la structure contraint les comportements tout en émergeant des interactions » (Degenne et Forsé 1994, p.7). Les travaux nombreux qui portent sur les réseaux sociaux peuvent s’intéresser soit à la nature des relations entre les individus ou groupes, à leur fréquence, à leur contenu. Une approche plus globale s’intéresse à la structure des réseaux, à leur densité, à l’éventuelle centralité de certains individus. D’autres enfin essayent de comprendre comment évoluent les réseaux sociaux dans le temps, au fil d’événements particuliers. Mais les travaux existants portent essentiellement sur les liens actifs et positifs, par exemple ayant permis l’accès à une ressource à un soutien, à une présence ayant des effets favorables, c’est-à-dire sur les liens mobilisés ou mobilisables, ou des liens encourageant des aspects positifs de la vie sociale des individus.
Le projet présenté visait à explorer et à caractériser les liens négatifs, perdus ou latents. Ce que le réseau empêche ou ne permet pas, les creux et les pertes. Les travaux présentés ont permis d’avancer dans la définition de ce que pouvaient être des liens négatifs, soit en partant de l’analyse du terrain comme l’ont fait Cécile Plessard, Adrien Defossez, Marie Pierre Bès ou Nathalie Chauvac, soit en proposant une réflexion théorique comme Alexis Ferrand. Si l’on définit les liens négatifs comme des relations sociales dont l’existence, au lieu de permettre un accès à une ressource, l’interdit, la limite ou provoque des pertes (Comet 2011), l’appel à projets, et les réponses faites ont surtout mis en évidence la rarté de ceux-ci dans les études et les recherches. Nathalie Chauvac explique ainsi que les liens négatifs ne sont apparus qu’en essayant de comprendre certaines séquences d’embauche racontées par ses enquêtés, qui ne résistaient pas à la mobilisation des concepts et cadres d’analyse proposés. Comment comprendre qu’un salarié expérimenté, cherchant un emploi dans le secteur dans lequel il a déjà travaillé depuis de nombreuses années, ne changeant pas de région, ne s’appuie pas sur son réseau professionnel pour avoir accès un emploi ? C’est l’usage d’une méthode mixte, basée sur des entretiens approfondis analysés thématiquement et quantifiés qui a permis de revenir au corpus pour comprendre et se rendre compte que les relations professionnelles en question constituaient un obstacle dans la mesure où elles étaient toutes au courant de la raison de licenciement du candidat potentiel.
Le fait d’être connu d’un milieu professionnel local, dans lequel tous sont en relation, risque de constituer un obstacle à l’accès à l’emploi d’un salarié licencié pour vol de matériel dans son entreprise. Les relations existent, elles sont actives et c’est ce qui exclut de fait le candidat.
Dans d’autres cas, c’est ego qui s’interdit d’accéder à certaines ressources s’il doit pour cela passer par certaines relations qui sont pourtant positives. Adrien Defossez a enquêté auprès de malades atteints de cancer sur les personnes qu’ils sollicitaient pour avoir des informations quant au déroulement de leur traitement. Cette auto-censure vis-à-vis de relations qui seraient pourtant potentiellement en mesure de fournir les ressources dont a besoin ego renvoie à une sorte d’économie de la relation, les malades souhaitant garder pour les questions les plus compliquées certains interlocuteurs qu’ils estiment déjà suffisamment occupés, ou ne pas mélanger les genres avec des amis par ailleurs médecins. Cette retenue dans la relation est aussi décrite par Marie-Pierre Bès et Nathalie Chauvac à propos des doctorants qui ont participé à leur recherche action autour des réseaux. Non seulement ceux-ci n’ont pas forcément conscience de l’étendue de leur réseau professionnel, ni de celui de leur directeur de thèse, mais de plus, ils ne s’autorisent pas forcément à le mobiliser, ce qui confirme l’idée que l’existence d’un réseau potentiel ne suffirait pas à prévoir l’accès ou non d’ego à certaines ressources. C’est dans ce sens qu’on pourrait également qualifier de lien négatif une relation existante et active qui empêche la mobilisation de certains types de ressources. Ainsi, certains créateurs d’entreprise vont s’interdire de demander un financement à leur famille craignant que la relation avec celle-ci ne soit modifiée. La crainte de transformer la relation existante élimine la possibilité de faire appel à ce lien dans un contexte particulier.
Le contexte peut pourtant s’avérer une ressource. En effet, l’analyse en termes de chaînes relationnelles mobilisée par N. Chauvac, MP Bès, et A Defossez présente l’avantage de mettre en évidence les relations (et dispositifs) effectivement mobilisés avec succès pour accéder à un poste, à une information, à une ressource en général. Et ce type d’analyse permet de voir que certaines relations vont jouer un rôle essentiel alors qu’elles n’auraient jamais été mobilisées volontairement par ego, encore moins citées dans une enquête. C’est le fait qu’alter se soit trouvé là au moment opportun qui a permis l’accès à cette ressource, un phénomène particulièrement important pour comprendre la difficulté de certains chômeurs de longue durée à mobiliser leurs anciens collègues pour avoir des informations sur des postes difficiles, ou le fait que les patients interrogent plus facilement les médecins qui les visitent en chambre qu’ils ne les sollicitent par téléphone même si des consignes leur sont données pour le faire. Les relations ne sont pas toutes mobilisables de la même façon, certaines sont fortement tributaires du contexte dans lesquelles elles peuvent s’activer. D’où l’intérêt de s’interroger sur la dynamique des relations sociales, comme le font par exemple de Federico (2004) ou Bidart, Degenne et Grossetti (2011).
Cécile Plessard a justement essayé de reconstituer les réseaux d’individus en concentrant son analyse notamment sur des liens qui ont existé et été actifs à un moment donné mais qui, pour de multiples raisons (conflit, déménagement, simple perte de contact) ne le sont plus quelques temps plus tard. Encore une fois, l’approche en termes de liens négatifs est apparue comme nécessaire à l’analyse d’un terrain qui résistait aux cadres classiques. Cécile Plessard distingue bien une première catégorie de personnes citées par les enquêtés comme des relations alors qu’elles n’en sont pas forcément pour les sociologues parce qu’elles relèvent plus de l’interaction, de l’appartenance à un cercle commun ou qu’elles ne sont pas réciproques, parce qu’elles sont “perdues de vues”, disparues ou décédées, conflictuelles – donc ne reposant pas sur la confiance, ou interdites. Et puis il y a ce qu’elle qualifie de “non relations négatives” qui présentent toutes les caractéristiques des relations : “le lien est effectif, voire quotidien mais dont la caractéristique principale est d’être négatif”. Le terme de “non relation” qu’elle utilise tendrait à dire qu’il n’existe pas de relations sans contenu positif. Et pourtant elle aussi en trouve dans son enquête, rejoignant en cela les autres auteurs de ce numéro spécial quant à l’intérêt de les prendre en compte.
Les propos d’Alexis Ferrand fournissent un cadre théorique intéressant pour les liens négatifs. En effet, reprenant la distinction de Nadel entre une relation, entre des individus dont chacun peut avoir plusieurs rôles, lesquels se subdivisent en plusieurs liens, il constate que certains liens n’existent pas mais qu’ils ont plusieurs manières de ne pas exister, où le regard sociologique va prendre en compte non seulement le lien lui même mais le processus qui conduit à sa non existence. Pourquoi ego ne cite-t-il pas alter comme confident alors même qu’il le mentionne comme une relation importante, multiplexe et de confiance ? En affinant l’analyse, Alexis Ferrand montre que l’absence de liens qui peut conduire à ce que N. Chauvac qualifie de relations négatives, Cécile Plessard de non relations négatives, Adrien Defossez ou Marie Pierre Bès de liens latents, n’est pas le résultat d’une forme de stratégie de gestion de la circulation de l’information dans un réseau personnel (ne pas transmettre d’information confidentielle à trop de monde de peur d’une divulgation), ou le fruit de l’imposition d’une forme de norme sociale (ne pas favoriser un de ses enfants par exemple), mais plutôt d’une incompatibilité de deux liens entre eux. Et dans ce sens, il affirme que les zéros sont significatifs, ce qui pourrait servir de conclusion au présent dossier : la prise en compte des relations négatives, perdues, latentes est heuristiquement intéressante pour la sociologie des réseaux sociaux. Les méthodologies pour les analyser restent à affiner, mais les travaux présentés au cours de ces journées d’étude ont montré que des pistes sont en cours d’exploration, notamment à travers les travaux de Claire Bidart, Ainhoa de Federico et Miranda Lubbers sur l’effet des événements biographiques sur la la dynamique des réseaux et la perte de liens, ceux de Renata Hosnedlova sur le poids de certaines relations négatives dans le fait de rentrer ou non au pays pour certains immigrés, Carmen Marquez sur les effets des liens négatifs sur l’échec scolaire et l’absentéisme à l’école, Laurence Cloutier sur les parcours d’inventeurs autonomes, ou Grégori Akermann, sur les créations d’entreprises.
Nathalie Chauvac, Laurence Cloutier, Adrien Defossez, Grégori Akermann et Ainhoa de Federico

Bibliographie

Bessy, Christian, et Emmanuelle Marchal. 2009. « Le rôle des réseaux et du marché dans les recrutements ». Revue française de socio-Economie 1(3):121-146.
Bidart, Claire. 2006. « Crises, décisions et temporalités: autour des bifurcations biographiques ». Cahiers internationaux de sociologie 120(1):29-57.
Chauvac, Nathalie. 2011. « L’embauche, une histoire de relations ? Réseaux et dispositifs de médiation au cœur du marché de l’emploi ». Thèse soutenue à l’Université Toulouse le Mirail, sous la direction de Michel Grossetti, disponible sur hal : http://halshs .archives-ouvertes.fr/tel-00563474 /
Comet, Catherine. 2011. « Anatomy of a Fraud. Trust and social networks ». BMS: Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique April 2011 vol. 110 no. 145-57.
De Federico, Ainhoa. 2004. « L’analyse longitudinale de réseaux sociaux totaux avec Siena. Méthode, discussion et application ». BMS: Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique, Octobre 2004(84):5-39.
Degenne, Alain, et Michel Forsé. 2004. Les réseaux sociaux. Paris: A. Colin.
Ferrand A., 1989, « Connaissances passagères et vieux amis. Les durées de vie des relations interpersonnelles », Revue suisse de sociologie, n° 2, p. 431-439. http://halshs.archivesouvertes.fr/halshs-00257945/fr/
Granovetter, Mark. 2008. Sociologie économique. Paris: Ed. du Seuil.
Grossetti, Michel. 2005. « Where do social relations come from?: A study of personal networks in the Toulouse area of France ». Social Networks 27(4):289-300.
Tousignant, Michel et Jean Caron. 2006. « Quand le malheur frappe les bénéficiaires de la sécurité du revenu. Sur qui peuvent-ils s’appuyer ? » 30(2).

BMS résumés 80-119 en français (2003-2013)

BMS 80-119 résumés en français (2003-2013)

N. 80, octobre 2003

LES ENQUETES DE VICTIMATION ET LA CONNAISSANCE DE LA DELINQUANCE

Philippe Robert, Marie-Lys Pottier et Renée Zauberman

Cet article est basé sur une présentation le 11 avril 2002 au Séminaire de méthodes d’enquêtes INED-Société française de statistique à l’INED, salle Alfred Sauvy, 133, boulevard Davout, 75020 Paris. Après avoir retracé l’histoire de l’émergence des enquêtes de victimation parmi les données quantitatives servant de base à l’analyse du phénomène criminel, cet article en expose les apports, comme les limites. Il présente la structure de base d’un questionnaire d’enquête et divers modèles d’échantillonnage. Enfin, il donne quelques résultats tirés de l’enquête menée dans la région Ile-de-France sur les années 1998-1999-2000, complétés par un exemple de comparaison avec les statistiques policières. Mesure de la délinquance, statistiques pénales, enquêtes de victimation.

N. 80

THE ALLOW-FORBID ASYMMETRY IN QUESTION WORDING – A NEW LOOK AT AN OLD PROBLEM1

Karl-Heinz Reuband

L’asymétrie permettre-interdire dans la construction de questionnaire, un regard nouveau sur un vieux problème: L’effet très connu des réponses permettre-interdire dans les questionnaires, commenté d’abord en 1941 par Daniel Rugg, est testé dans une enquête locale en Allemagne avec un échantillon par quota et en entretiens face-à-face (N=620). La question du choix des mots entre dans cette expérience “split-ballot, ainsi que la présentation d’une version longue du questionnaire avec les réponses alternatives explicitées (“permettre ou ne pas permettre”, “permettre ou interdire”). L’effet original décrit dans la littérature scientifique est dû à la formulation biaisé et sans alternatif explicite. Le choix des mots a un effet secondaire. Les répondants moins instruits sont influencés par la formulation biaisée; les répondants plus instruits semblent être plus influencés par le choix des mots. Permettre, interdire, construction de questionnaire, choix de mots dans les questions.

N. 80

THE NEW DUTCH ICS 2003-2008 RESEARCH PROGRAM

Interuniversity Center for Social Science Theory and Methodology (ICS)

Le nouveau programme de recherche 2003-2008 du centre hollandais ICS: Le Centre interuniversitaire de théorie et de méthodologie en sciences sociales (ICS), qui est une école doctorale et un centre de recherche, a été fondé en 1989 et comprend les universités de Groningen, Utrecht et Nijmegen. L’an dernier, en plus de son renouvellement par l’Académie royale hollandaise des arts et des sciences (KNAW), d’importants changements ont eu lieu à l’ICS et sont décrits en détails dans son récent Annual Report d’où est tiré cet article. Le programme de recherche de l’ICS comprend maintenant une branche Réseaux sociaux, solidarité et inégalités qui est présentée ici avec les quatre autres branches de recherche et la liste complète des doctorants ICS avec le titre de leur thèse. Pays-Bas, Recherche en sciences sociales, méthodologie sociologiques.

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N. 81, janvier 2004

EFFECTS OF SURVEY EXPERIENCE ON RESPONDENTS’ ATTITUDES TOWARDS SURVEYS

Volker Stocké et Bettina Langfeldt

Effets des expériences d’enquêtes sur les attitudes des répondants envers des enquêtes: Dans cet article, nous analysons si et comment les évaluations des répondants de leurs expériences précédentes d’interview influencent leur attitude envers les enquêtes. En particulier, nous comparons l’importance relative de trois dimensions indépendantes: le charge de la participation à un interview, la valeur de “divertissement” de l’interview et l’agacement dû à des questions mal posées. Un premier résultat est que le mode de passation du dernier interview est un déterminant significatif de l’évaluation en général des enquêtes. Le deuxième et plus important résultats est que l’importance du charge ressenti lors du dernier interview — et non pas les autres dimensions — a un effet significatif dans l’attitude générale envers des enquêtes. De plus, l’association entre le charge subjectif et l’attitude envers des enquêtes est influencée par l’accessibilité cognitive des ces évaluations mesurées par les latences de réponse. Donc, les instances plus accessibles cognitivement et plus saillantes d’expériences d’interviews trop chargés, sont particulièrement importantes dans la formation de l’attitude des répondants, et ainsi influencent très probablement la coopération dans de futures enquêtes. Accessibilité des attitudes, Attitudes envers des enquêtes, Charge du répondant, Coopération du répondants, Latence de réponse, Expérience d’enquête, Commanditaire d’enquête.

N. 81

RENOUVELLEMENT DU TERRAIN PAR LA PHOTOGRAPHIE: LA COOPERATION D’UNE ETHNOLOGUE ET D’UN PHOTOGRAPHE

Béatrice Maurines et Angel Sanhueza

C’est à la découverte de mondes sensibles riches de sens pour une analyse en termes de représentations sociales que cet article se consacre et ce, à partir d’une rencontre entre une ethnologue et un photographe autour d’un projet de recherche en anthropologie industrielle. L’article rend compte d’un parcours de recherche où des images ont été créées non à une fin unique d’illustration mais en vue d’une meilleure compréhension du terrain. En effet, certains univers sont peu explorables par les méthodes qualitatives et quantitatives “classiques” (entretien, observation, questionnaire). Dans cette perspective, le travail de l’ethnologue doit permettre le passage du “visible au lisible”, mais il doit pouvoir aussi s’attarder sur l’invisible — invisible par le chercheur mais aussi parfois pour les informateurs — et sur le non exprimable sans médiation. Photographie, Utilisation méthodologique de la photographie, Anthropologie industrielle, Coopération ethnologue-photographe.

N. 81

CORRESPONDENCE & CO-WORD ANALYSIS OF TEN YEARS OF BMS ARTICLES (1993-2003)

Karl M. van Meter, Philippe Cibois, Mathilde de Saint Léger

Analyse des correspondances et analyse par mots clefs de dix ans d’articles du BMS (1993-2003): Avec le programme Trideux d’analyse factorielle des correspondances et le programme Calliope d’analyse de co-occurrence de mots clefs, nous traitons la base données constituée de tous les mots clefs décrivant les articles de recherche et les rapports “recherche en cours” publiés par le BMS de décembre 1993 à octobre 2003. Nous présentons les résultats de ces analyses, suivis de la liste complète des tables des matières, l’index des auteurs et celui des titres des articles et des rapports. BMS, Analyse factorielle des correspondances, Trideux, Analyse des co-occurrences de mots, Calliope, Scientométrie.

N. 81

ACADEMY COLLOQUIUM ON “CREATION AND RETURNS OF SOCIAL CAPITAL. THE STATE OF THE ART”

Henk Flap, Beate Völker

Colloque académique sur “la création et les retombées du capital social – état de la question”: Les 30-31 octobre 2003, un colloque international sur la création et les retombées du capital social a été organisé par l’Académie royale néerlandaise des arts et des sciences au Trippenhuis (Kloveniersburgwal 29) à Amsterdam, Pays Bas. A peu près cinquante personnes ont participé à la conférence. Ci-dessous, on trouvera les résumés des présentations, l’adresse des présentateurs et une brève synthèse des discussions qui ont eu lieu lors de la conférence. Capital social, Amsterdam, Académie royale néerlandaise des arts et des sciences.

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N. 82, avril 2004

Méthode et stratégie d’analyse des  questions ouvertes du Panel Electoral Français

M. Brugidou, N. Mandran, M. Moine, A.-C. Salomon

Cette article se propose de décrire un dispositif d’enquête électoral qui comporte de nombreuses questions ouvertes, puis de détailler les stratégies d’analyses retenues  et enfin, à partir de quelques exemples de traitement, de montrer les avancées méthodologiques – et leurs limites – des approches mêlant des dimensions quantitative et qualitative. Lors de la séquence électorale du printemps 2002, un dispositif d’enquête comprenant un panel a permis de mesurer les opinions et les comportements politiques des français en trois vagues d’enquêtes. La première partie aborde les différents problèmes posés par ce type de dispositif  qui s’avèrent plus ou moins bien traités actuellement : élaboration d’une typologie de questions ouvertes, place de la question ouverte dans le questionnaire, interactions enquêteur/enquêté… Les réponses à une partie de ces questions ont été intégralement retranscrites et ont été analysées par le logiciel d’analyse textuelle Alceste. Le choix de ces questions ainsi que l’approche en terme d’analyse des données textuelles seront explicités dans un deuxième temps. Pour revenir à une approche plus explicative,  il est possible de croiser les classes produites par Alceste avec les questions fermées. Cette approche pose toutefois une série de questions épineuses tant  du point de vue technique qu’épistémologique que nous aborderons dans une troisième partie. Questions ouvertes, analyse des données textuelles, analyse de discours, thème, Alceste.

N. 82

Une méthode de traitement sociologique de données filmées

Odile Rissoan

Cet article explicite une méthode d’analyse d’observations filmées mise en place au cours d’une recherche lors de laquelle ont été mobilisés par ailleurs, mais conjointement, entretiens et questionnaires. Cette méthode de codification des images aboutit à la construction de données standardisées et quantifiables sur des comportements informels ou peu objectivés dans les discours. Les étapes de cette standardisation et les difficultés rencontrées sont décrites. Une courte analyse des données produites illustre l’intérêt que présente la construction de ces données et leurs confrontations à celles recueillies par entretien. Enquête par observations filmées ; analyse de données filmées ; méthode de codification d’observation filmées

N. 82

ONLINE OR NOT ONLINE? A COMPARISON OF OFFLINE AND ONLINE SURVEYS CONDUCTED IN THE CONTEXT OF THE 2002 GERMAN FEDERAL ELECTION

Thorsten Faas

En ligne ou pas en ligne? Une comparaison des enquêtes en ligne et pas en ligne lors des élections fédérales allemandes de 2002: Cet article compare les résultats de trois enquêtes faites avec des méthodologies très différentes lors de la préparation des dernières élections fédérales allemandes. La première utilise un échantillon représentatif de la population allemande, le deuxième est une enquête représentative des utilisateurs d’Internet, et la troisième utilise des répondants non-sollicités à une enquête en ligne en libre accès. La comparaison des trois revèle des différence considérables pour les variables telles que l’âge, le sexe et l’éducation, mais aussi pour les variables substantives (intention de vote, intérêt pour la politique). Ces différences persistent même avec des ajustements par rapport au sexe et à l’âge. Enquête de vote, enquête par l’Internet, enquête par le Web.

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N. 83, juillet 2004

Computer Assisted Pretesting of CATI Questionnaires (CAPTIQ)

Frank Faulbaum

Prétests assistés par ordinateur des questionnaires CATI : Des prétests par observation ou des prétests standards de questionnaires CATI sont problématiques puisque l’enregistrement du comportement observé du répondant doit être fait soit pendant l’entretien, soit après en remplissant des formulaires d’observation. L’enregistrement pendant l’entretien peut être une tâche lourde pour l’intervieweur qui essaie de mener correctement l’entretien. L’enregistrement après l’entretien introduit le problème de la fiabilité. Dans cet article, l’auteur présente une méthode Prétest Assisté par Ordinateur de Questionnaires d’Entretien Téléphonique (Computer-Assisted Pretesting of Telephone Interview Questionnaires ou CAPTIQ) qui permet le codage du comportement du répondant pendant l’entretien sans surcharger l’intervieweur qui peut faire ce travail sans interrompre la continuité de l’entretien. Les données prétests recueillies par CAPTIQ pour chaque question et chaque répondant peuvent être considérées  comme des données longitudinales représentées par un graphique appelé un IPD (Interview Process Graph). Comme un électrocardiogramme, un IPD révèle les zones problématiques lors de l’entretien. Il en résulte des informations recueillies sur les problèmes d’échelles de réponses et sur le processus d’apprentissage initialisé par les répondants lors de la passation du questionnaire. Les problèmes de compréhension associés aux questions apparaissent comme des oscillations dans l’IPG. L’article décrit la méthode CAPTIQ et présente une utilisation d’un IPG dans l’évaluation d’un questionnaire CATI pour une enquête nationale sur le santé et sur l’utilisation des médias. Entretiens téléphonique assistés par ordinateur, Prétests de questionnaire, Comportement du répondant, Graphique du processus de l’entretien (IPG).

N. 83

L’enquête d’opinion dans l’étude des pratiques sportives de montagne

Jean Corneloup

En référence à la théorie des conflits développée par J.-P. Pagès, une recherche a été menée sur les pratiques sportives de montagne. Le propos consiste à construire les structures de l’opinion sportive en montagne en vue de mieux comprendre les jeux d’opinion concernant la gestion de cet espace de pratique. Au-delà de la présentation des variables explicatives de ces différences, l’article présente le cadre théorique et méthodologique à partir duquel l’enquête a été réalisée. S’inscrivant dans une perspective constructiviste, la formulation des questions d’opinion nécessite la maîtrise d’une procédure méthodologique particulière que nous présentons. Montagne, Sport, Opinion publique, Conflits sociaux, Constructivisme, Structuralisme.

N. 83

REPRESENTATIVENESS PROBLEMS INHERENT IN ADDRESS-BASED SAMPLING AND A MODIFICATION OF THE LESLIE KISH GRID

Renáta Németh

Problèmes de représentativité inhérentes des échantillons basés sur adresses et une modification de la grille de Leslie Kish: Le problème de tirage d’une personne dans un foyer apparait souvent dans la stage finale de l’échantillonnage basé sur adresses, par exemple dans les enquêtes par téléphone apres avoir contacté le foyer. La grille de Kish fournit un algorithème pour cette sélection au hasard. En évaluant la représentativité de tels échantillons, on mentionne souvent la sous-représentation des hommes et la sur-représentation des personnes âgées, attribuant ce phénomène à des problèmes de passation du questionnaire ; les hommes sont plus difficiles à trouver à la maison et sont moins inclins à répondre. Cet article fournit un cadre théorique qui explique ces problèmes de représentation. Contraire aux opinions de beaucoup de chercheurs, nous avons trouvé que la grille ne peut pas fournier une représentation fidèle par âge et sex. Ceci est dû au fait que la grille de Kish a été développé dans les années 1950 aux Etats-Unis quand le hasard et la représentativité étaient garantis par la structure des foyers de l’époque. Nous montrons que ce n’est pas le cas aujourd’hui dans plusieurs pays. En fin, une modification de la grille de Kish est proposée qui améliore sa performance mais les modifications varient de pays en pays. Des pays où la grille est utilisés sont considérés. Le principal résultat est que dans le cas où des échantillons basés sur adresses et ceux sur des registres de la population sont faisables, il peut valoir la penne de tenir compte de ces questions de représentativité et de décider en faveur de l’utilisation du registre de la population. Echantillon basé sur adresses, Grille de Kish, Tables de Kish, Echantillon basé sur des registres de la population.

N. 83

ESDS QUALIDATA ONLINE “WHITHER COMMUNITY STUDIES?” CONFERENCE REPORT

Louise Corti

Rapport sur la conférence d’ESDS Qualidata Online, “Où vont les études de communauté ?” Ce rapport a été préparé par une des organisatrices de la conférence qui est directrice du service Qualidata de l’Economic and Social Data Service (ESDS) britannique. Cette conférence était à la mémoire de Colin Bell et a rassemblé plusieurs de ses anciens collègues et étudiants ; elle a été consacrée aux thèmes passés, présents et futurs des recherches sur les communautés. Colin Bell, Grande Bretagne, Etudes de communauté.

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N. 84, octobre 2004

L’analyse longitudinale de réseaux sociaux totaux avec SIENA – Méthode, discussion et application

Ainhoa de Federico de la Rúa

L’objectif de cet article est d’expliquer les principes de fonctionnement du modèle statistique SIENA pour l’analyse longitudinale de réseaux sociaux totaux. Dans un premier temps, nous expliquons la spécificité des modèles statistiques pour analyser les structures des réseaux ainsi qu’une brève histoire des principaux modèles apparus pour y parvenir, débouchant sur les modèles dynamiques dont SIENA fait partie. Ensuite nous exposons les postulats sur lesquels est bâti le modèle SIENA et nous discutons leur réalisme théorique. Suit la spécification du modèle et les effets principaux qu’on peut étudier au moyen de ce modèle. Nous finissons avec un exemple d’application sur un réseau d’amitié international. Analyse longitudinale des réseaux sociaux, SIENA.

N. 84

Assessing the Human Development Index through the Structure of Welfare

Erik H. Cohen

Evaluation de l’indice de développement humain à travers la structure du bien-être social : Dans cet article, nous étudions la validité de l’indice de développement humain (HDI) des Nations Unies, un indicateur multidimensionnel du bien-être national. Pour le faire, le HDI est intégré dans une typologie de bien-être déjà publiée (Cohen, 2000). Le HDI apparaît comme un indicateur bien équilibré de bien-être, proche du centre sémantique de la structure. Néanmoins, il est un peu plus fortement corrélé avec l’éducation et taux de croissance de la population qu’avec la production et les média. Indice de développement humain (HDI), Bien-être social, Analyse du plus petit espace, Variables externes.

N. 84

De la portée des récits de vie dans l’analyse des processus globaux

Blandine Veith

Cet article montre quelle peut être la portée générale de recherches fondées sur le recueil de quelques récits de vie. Alors que la compilation et la comparaison de récits, item par item, permettent de constituer des typologies, l’analyse de la cohérence interne de chaque récit et la comparaison des logiques individuelles et collectives permettent de traiter véritablement de la complexité du social, d’articuler des processus parfois contradictoires. Pour asseoir la validité scientifique d’une telle démarche, les chercheurs ont expérimenté divers procédés : analyser les formes du discours, repérer des indices et des événements biographiques, recouper les récits de vie avec d’autres matériaux, faire précéder l’enquête qualitative d’une phase quantitative, croiser les récits entre eux au niveau des collectifs d’appartenance, les contextualiser en les situant dans des monographies. Récits de vie, Récits de vie croisés, Evénements biographiques, Calendrier, Enquête qualitative.

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N. 85, janvier 2005

DES LOGICIELS D’ANALYSE TEXTUELLE AU SERVICE DE L’IMAGINATION SOCIOLOGIQUE

Didier Demazière

Partant de l’idée que la compréhension de ce que font les logiciels d’analyse textuelle est étroitement liée à leur mise en action sur des corpus, le bureau du Réseau Thématique Méthodes de l’Association Française de Sociologie a suscité des traitements d’un même corpus avec des logiciels différents. Cette mise en perspective permet de montrer que les logiciels ne sont pas de simples instruments d’administration de la preuve, mais constituent des ressources mobilisables -parmi d’autres- pour tester des lectures interprétatives, enrichir des théorisations provisoires, et ainsi stimuler l’imagination sociologique. Mots-clefs : analyse textuelle, méthodes logicielles, Alceste, Calliope, Prospéro, Trideux

N. 85

Le logiciel Prospéro à l’epreuve d’un corpus de resumes sociologiques

Patrick Trabal

Le but de cet article est d’éprouver l’intérêt du logiciel Prospéro pour l’analyse du corpus des résumés du premier congrès de l’Association Française de Sociologie (AFS). Le logiciel étant construit principalement pour étudier des corpus de textes marqués par des variations (en particulier dans les argumentations et dans le temps), nous avons considéré ces résumés comme un dossier, c’est-à-dire comme un ensemble de textes marqués par l’incertitude et les contraintes des auteurs proposant une communication dans un Réseau Thématique (RTF). Nous avons dans un premier temps montré combien les opérations de codage, qui dans Prospéro appartiennent au chercheur, sont décisives pour faire varier le niveau d’analyse et évaluer ses hypothèses. Dans un second temps, nous avons réalisé un modèle tentant de décrire les attentes d’un lecteur d’une proposition de communication. Nous avons alors construit des catégories, des collections et des êtres fictifs afin d’éprouver ce modèle. Le logiciel apparaît dans ces conditionscomme un outil permettant de repérer des propriétés singulières du corpus (par exemple de discriminer l’usage d’une catégorie ou d’une collection en fonction du RTF) mais aussi de pointer des textes atypiques qui invitent à réviser le modèle. Enfin dans un troisième temps, nous avons étudié la façon dont les auteurs se soumettent à une contrainte de proximité entre leur résumé et l’appel à communication diffusé quelques mois plus tôt par le RTF choisi. Cette approche montre que seuls certains réseaux font apparaître une certaine unité en rassemblant des textes partageant des propriétés communes. A l’issue de ce travail qui permet de repérer quelques aspects intéressants de la sociologie française, nous pensons surtout avoir montré l’intérêt et les limites de Prospéro. Celui-ci est apparu comme un outil au service du chercheur permettant d’éprouver ses interprétations, ses hypothèses et ses modèles. Le logiciel serait encore plus utile si le corpus pouvait être complété par des textes permettant d’obtenir une variation (notamment historique) et l’analyse de la production sociologique y gagnerait assurément. Logiciel, analyse de corpus, codage, interprétation, proximité, sociologue.

N. 85

CARTOGRAPHIE DU PREMIER CONGRES DE L’ASF AVEC LA METHODE DES MOTS ASSOCIES

Mathilde de Saint Leger, Karl M. van Meter

Le colloque 2004 de l’Association Française de Sociologie (l’AFS) a rassemblé plus de 1000 contributions. Ce corpus considéré comme représentatif de la sociologie française en cours est analysé par Calliope, un logiciel de “fouille de textes” fondé sur la méthode des mots associés. Une cartographie de l’ensemble du corpus a montré des thématiques très variées, interconnectées mais peu structurées. Le rôle du terme FEMME semble attracteur au sens où il est le lien entre différentes thématiques. Des cartographies de sous-ensembles regroupés par réseaux thématiques ont montré une meilleure structuration avec une interconnexion qui reste forte. Il serait intéressant de comparer ces résultats avec d’autres méthodes d’analyses textuelles ce qui sera fait prochainement. Analyse de texte, Calliope, Méthode des mots associés, Sociologie française contemporaine.

N. 85

De quoi parlent les sociologues réunis en congrès ? Eléments de complémentarité entre une analyse lexicale ouverte et le cumul de variables fermées

Gérard Boudesseul

Le premier congrès de l’Association Française de Sociologie a fourni l’occasion de donner une image synthétique des sujets de conversation qui animent les sociologues en France, que nous tenterons d’approcher au travers d’un recensement du lexique mobilisé. L’article confronte ce type d’approche à une analyse plus quantifiée, fondée sur le calcul des écarts à la moyenne, pour enfin chercher comment les deux approches peuvent être combinées. L’analyse lexicale, à l’aide du logiciel Alceste, met l’accent sur la fréquence des co-occurrences, c’est-à-dire sur ce qui rapproche les mots. Les occurences les plus fréquentes se rencontrent dans une classe société-inégalités et une classe théorie-auteurs. Le calcul de pourcentage d’écart à la moyenne  (logiciel Trideux) souligne les écarts, et ce qui met en position comparable des écarts semblables. Dans ce cas, les mots qui s’écartent le moins de la moyenne d’utilisation et seraient les plus partagés par l’ensemble des sociologues, se retrouvent dans les classes méthode et politiques publiques. Si l’on introduit comme variables les auteurs, avec pour attributs, le sexe, l’institution d’origine, le lieu, et qu’on les associe aux mots qu’ils emploient, on combine alors les apports des deux méthodes en conservant les familles de mots ainsi que ceux d’entre eux qui sont les plus significatifs, pour ensuite les croiser avec les attributs cumulés des individus. La variable la plus discriminante est alors le sexe, avec une concentration des femmes dans la famille société-inégalités et une concentration des hommes dans la famille théorie-auteurs. La classe la plus consensuelle, c’est-à-dire, donnant le moins lieu à des effets discriminants, n’est mentionnée dans aucune des deux méthodes précédentes prises séparément : il s’agit de la classe travail-entreprise. Lexique, occurrences de mots-clés, Alceste, Trideux, complémentarité des méthodes, congrès de l’AFS, France, sociologie.

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N. 86, avril 2005

Aux abonnés absents : liste rouge et téléphone portable dans les enquêtes en population générale sur les drogues

François Beck, Stéphane Legleye, Patrick Peretti-Watel

Les concepteurs d’enquêtes ayant recours à la Collecte Assistée par Téléphone et Informatique (CATI) sont confrontés à quatre types de populations : les abonnés au téléphone fixe au sein desquels il faut distinguer les inscrits sur liste rouge, les possesseurs exclusifs de téléphone portable et les personnes ne disposant d’aucun équipement. Depuis quelques années, la part des abonnés au téléphone fixe baisse au profit de celle des possesseurs exclusifs de portable. Si le téléphone reste un excellent moyen de toucher les individus résidant en France (1,2 % des personnes ne disposent d’aucun équipement), la part croissante des usagers en liste rouge et surtout des possesseurs exclusifs de portables complexifie les méthodes élaborées depuis le début des années 1990 : le choix de ne pas les interroger doit être, le cas échéant, effectué en connaissance de cause. Deux types de travaux permettent ici de compléter notre connaissance de ces populations dans leur rapport aux substances psychoactives : une enquête interrogeant aléatoirement les abonnés à une ligne fixe (n=13685) a permis de caractériser les inscrits sur liste rouge du point de vue des déclarations d’usages et de quelques opinions y afférant ; une enquête sur les représentations des usages de drogues (n=2009) comprenant un sous-échantillon de possesseurs exclusifs de portables (n=201) a permis d’obtenir une description sommaire de ces derniers et de mesurer les différences entre leurs réponses et celles des abonnés de ligne fixe sur ce thème. Méthodologie, Drogues, Enquête téléphonique, Alcool, Tabac, Cannabis.

N. 86

Faire et défaire des groupes : L’information chiffrée sur les « populations difficiles à atteindre »

Marie-Ange Schiltz

Après avoir souligné les divergences de point de vue entre la statistique et la sociologie sur la manière d’appréhender les « populations difficiles à atteindre », cet article se propose d’explorer différentes façons de définir l’écart par rapport à une norme, la périphérie par rapport à un centre et de montrer comment, selon le choix du critère d’inclusion adopté, la taille et le sens du groupe statistique constitué sont extrêmement variables. Populations difficiles à atteindre, Sensitivité méthodologique, Enquêtes.

N. 86

Qui construit les données du sociologue ? Les problèmes posés par l’analyse secondaire des fichiers des licences fédérales

Claude Lafabrègue

L’analyse secondaire des fichiers des licences fédérales constitue une des techniques d’investigation possible pour objectiver le déroulement des carrières sportives. Avant de se lancer dans un travail de ce genre, encore faut-il savoir si les données stockées sur ces fichiers se prêtent bien à l’usage scientifique que l’on veut en faire. C’est cette démarche qui a été appliquée au fichier des licences annuelles de la fédération française de Voile. L’analyse critique, dont ce dernier a fait l’objet, a été menée en deux temps. Tout d’abord, les renseignements qu’il apporte sur les licenciés (pratique ou non de la planche à voile, pratique en compétition ou hors compétition) ont été comparés à ceux fournis par une autre source documentaire, jugée sûre. Cette comparaison a fait apparaître des écarts considérables entre les deux séries de documents. Afin de trouver un sens à ces écarts, nous nous sommes ensuite efforcés de reconstituer le processus de fabrication des données stockées sur le fichier central de la fédération. Ce travail a permis d’évaluer la pertinence des deux variables pressenties initialement pour servir au suivi longitudinal des licenciés. De cette étude, il ressort que les données correspondantes conviennent peu à l’analyse des carrières sportives. En effet, elles ne décrivent pas les pratiques nautiques des membres de la fédération, mais la manière dont les personnels locaux font usage de la marge d’interprétation, que leur laissent les consignes officielles émanant du siège fédéral, pour remplir chaque année les fiches informatiques des licenciés. Analyse secondaire, Fédération sportive, Licence, Carrière, Analyse longitudinal.

N. 86

Report on the Third International Workshop on Comparative Survey Design and Implementation

Janet Harkness

Compte-rendu du Troisième Atelier International sur la Construction et l’Implémentation d’Enquêtes Comparatives : les principaux objectifs du programme “Comparative Survey Design and Implementation” (CSDI) sont de fournir un forum et une assise pour des chercheurs concernés par les aspects méthodologiques des enquêtes trans-nationales et multi-culturelles ; d’encourages la coopération sur des projets d’amélioration de la recherche comparative ; et de disséminer le savoir et promouvoir les meilleures applications. Le Troisième Atelier International de CSDI a eu lieu du 10 au 12 mars à Madrid, avec les sessions plénières où des participants ont fait des présentations et avec des sessions parallèles où des groupes de travail se sont réunis pour discuter des travaux en cours et un ensemble commun de questions présentées ci-dessous. Enquêtes trans-nationales et multi-culturelles, Méthodologie comparative.

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N. 87, juillet 2005

UTILISATION DES CARTES D’AUTO-ORGANISATION DANS LA CLASSIFICATION, ILLUSTRATION PAR DES EXEMPLES

P. Rousset, C. Guinot, J. Vero

L’objet de cet article est d’illustrer l’intérêt de l’utilisation des cartes d’auto-organisation dans un but de classification et de représentation des données à travers divers exemples et approches. Cette méthode de classification, construite à partir de l’algorithme de kohonen dont l’apprentissage est non supervisé, est présentée ici dans un cadre appliqué et utilisée dans les domaines suivants : caractérisation de la peau humaine, consommation électrique journalière nationale polonaise, structure de l’offre de formation, et parcours professionnels. La diversité des exemples, du point de vue des domaines d’application et de la problématique statistique (typologie, classification de séries chronologiques ou de courbes), permet de mettre en avant différentes propriétés caractéristiques des cartes d’auto-organisation en référence à des méthodes plus classiques. En particulier, on peut citer la complémentarité entre la classification et son système de représentation, son aptitude à rendre compte de la contribution des petites distances, et enfin la possibilité de l’utiliser sur une grande base de données. Ces propriétés lui permettent de visualiser la proximité entre les classes et des effets restreints à une partie de la population appelés effets locaux. En dehors du cadre de la classification, les cartes d’auto-organisation peuvent aussi être considérées comme un outil capable de représenter la structure intrinsèque des données. Dans ce cas, de la même façon que les projections d’une analyse factorielle, sa représentation des données peut servir de support graphique à toute sorte de méthodes d’analyse. Pour illustrer ses caractéristiques, elle est utilisée pour représenter le résultat de deux classifications hiérarchiques. Dans ce cadre d’exploitation, la particularité de cette technique tient à l’originalité de sa représentation symbolique des données. Elle donne aux cartes d’auto-organisation une souplesse qui lui permet de s’adapter à des structures complexes et non linéaires. Dans ce papier, les cartes d’auto-organisation sont présentées, dans un premier temps, comme une méthode de classification et, dans un deuxième temps, comme un outil de représentation de la structure intrinsèque des données. Cartes d’auto-organisation, Analyse classificatoire, Outils de visualisation, Grands ensembles de données.

N. 87

Being, Having and Doing, Modes of Existence: Confirmation and Reduction of a New Scale Based on a Study among Israeli Female Teachers, Student-Teachers and Counselors

Erik H. Cohen, Rachel Sagee, Rivka Reichenberg

Des modes d’existence Etre, Avoir et Faire : Confirmation et réduction d’une nouvelle échelle basée sur une étude d’enseignants, stagaires-enseignants et conseillières israéliennes : Suivant les théories de Fromm (1976) et de Rand (1993), une échelle de 51 items d’attitudes envers les « modes d’existence » Etre, Avoir et Faire a été construite par Reichenberg (1996). Ici, nous avons deux objectifs : examiner la validité de cette échelle avec deux méthodes d’analyse en parallèle  — par l’analyse factorielle et par la théorie des facettes – et racourcir l’échelle de 51 items. Cet article est basé sur des données empiriques concernant 386 enseignants, stagaires-enseignants et conseillières israéliennes d’un département d’éducation dans une université en Israël en 1995 et 1997. Modes d’existence, Théorie des facettes, Analyse factorielle.

N. 87

La « socio-anthropologie » : champ, paradigme ou discipline ? Regards particuliers sur les entretiens de longue durée ou d’observation

Salvador Juan

Cet article tente de décrire les aspects méthodologiques des recherches dites « socio-anthropologiques ». Il montre le processus de rapprochement de l’observation et de l’entretien, pratiqué par certains protocoles de recherche dans le contexte des sociétés contemporaines, notamment avec les entretiens très approfondis : des entretiens prolongés par des rencontres répétées avec la même personne. En comparant les approches diachroniques et synchroniques de ces études par entretiens prolongés dans différents ouvrages récents, on peut dire que la distinction entre la sociologie qualitative et l’anthropologie étudiant des champs modernes perd sa pertinence. La conséquences du recouvrement de la sociologie et de l’anthropologie est la création d’un nouveau champ pour les sciences humaines, peut-être d’un nouveau paradigme ou d’une nouvelle discipline. Entretiens de longue durée, Entretiens d’observation, Socio-anthropologie.

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N. 88, octobre 2005

LA “MISE EN VARIABLES” DES TEXTES : MYTHE OU REALITE ?

Gaël de Peretti

L’analyse statistique des réponses aux questions ouvertes est le sujet de nombreuses controverses entre partisans et détracteurs, mais aussi au sein même des partisans sur le choix des méthodes d’analyse et de constructions des données. Au travers d’un exemple, nous nous focalisons sur deux controverses : l’intérêt des questions ouvertes ; l’utilisation de techniques de transformation du corpus textuel (la normalisation et la lemmatisation). Si la pertinence des questions ouvertes ne semble plus discuter, la “mise en variables” des textes reste une phase délicate de l’analyse textuelle sur laquelle un travail réflexif est nécessaire, en particulier dans la phase d’interprétation des résultats. Analyse textuelle, question ouverte, quantification, normalisation, lemmatisation.

N. 88

PLAIDOYER POUR LE BRICOLAGE ET L’ENRACINEMENT DES METHODES D’ENQUETE DANS LE TERRAIN : L’EXEMPLE D’UNE RECHERCHE SUR LE CHANGEMENT DANS LES SERVICES PUBLICS LOCAUX

Virginie Waechter-Larrondo

Partant d’une distinction entre théorie et pratique méthodologique, cet article s’efforce de mettre à jour, sur la base d’une étude de cas, les vertus de deux types d’opérations méthodologiques : le bricolage et l’enracinement des méthodes d’enquête dans le terrain. La description et la justification des montages issus de ces opérations méthodologiques m’amèneront à rediscuter des conditions de validité et de mise en oeuvre de certaines méthodes d’investigation : méthodes classiques — observation, entretien, etc. — ou plus inédites — recherche-intervention, méthode des scénarios. En contrepoint, je mettrai en lumière le triple intérêt du bricolage méthodologique et de l’enracinement dans le terrain : permettre au chercheur de traduire son objet et ses objectifs de recherche dans des termes compatibles avec le type d’intelligibilité visé ; se ménager un accès au terrain qui soit fructueux, tant pour le chercheur que pour les acteurs ; construire un format d’investigation qui soit en prise avec l’expérience des acteurs et qui permette de traduire les questionnements abstraits du chercheur en termes compatibles avec cette expérience. Pratique méthodologique, montage méthodologique, bricolage, enracinement, méthode des scénarios.

N. 88

STUDYING SURVEY INTERVIEWERS: A CALL FOR RESEARCH AND AN OVERVIEW

Karl M. van Meter

L’étude des interviewers d’enquête, un appel aux contributions et un vue générale. Pour encourager un projet de recherche en cours sur les interviewers d’enquête, le BMS publie ici une vue générale des nombreuses recherches sur le sujet qui sont parues dans le BMS depuis vingt ans. Tout en appelant aux contributions — particulièrement de la part de la vaste expérience en méthodologie d’enquête de nos collègues aux Pays-Bas, en Allemagne et aux Etats-Unis — nous partageons les résultats préliminaires d’une étude détaillée française qui a fait une analyse statistique des performances d’interviewers, puis des entretiens face-à-face avec des interviewers dont le “profil statistique” était loin du “standard”. Ces entretiens avec les interviewers fournissent une description étonnante du milieu du “business” des enquêtes. Interviewers, Enquêtes, Littérature scientifique, Business des enquêtes.

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N. 89, janvier 2006

ABSENCE DE RIGUEUR DANS LES SONDAGES D’OPINION : LES LECONS D’UN RETOUR D’EXPERIENCE

Patrick Che, Jean-Pierre Pagès

Les auteurs analyse statistiquement les données collectées en 2003 lors d’une enquête CAPI (« computer-assisted personal interview ») de 2.520 personnes. La collecte de données par les interviewers est examinée pour le nombre d’entretiens, durées des entretiens, modalités de réponse utilisées et temps entre les entretiens. Cette analyse identifie des interviewers dont la collecte de données pose des questions. Loin d’incriminer seulement les interviewers, les auteurs critique certaines pratiques dans le milieu des sondages qui encouragent la production des données de mauvaise qualité. Enquêtes d’opinion, Comportement des interviewers, Qualité des données.

N. 89

INDELICATESSE ET MANQUE DE RIGUEUR DANS LES SONDAGES : ENQUETE AUPRES DES PROFESSIONNELS DU SONDAGE

Fabienne Pagès, Marianne Tribel, Alexis Bonis-Charancle

Suite aux contrôles statistiques qui avaient été effectués sur les données d’opinion du baromètre « Énergie et nucléaire » mis en place par EDF (voir références 1,2, et 3), il a été décidé par EDF de compléter l’étude par une première enquête auprès des professionnels du sondage pour préciser les causes des anomalies constatées et commencer à réfléchir à la manière d’y remédier. Ce sont donc les anomalies observées suite à ces contrôles statistiques qui ont inspiré les trois responsables de l’étude dans leur manière de conduire les entretiens. Aussi le tableau qui est dressé dans cet article peut-il être plus sombre que la réalité, les enquêteurs chevronnés interrogés étant incités à pointer avant tout les insuffisances qu’ils avaient constatées dans leur métier en général (tous instituts confondus), particulièrement depuis ces dernières années, certaines reflétant un grand laisser aller du côté des commanditaires et des professionnels en amont. Enquêtes d’opinion, Industrie des enquêtes d’opinion, Interviewers, Qualité des données, Clients des firmes d’enquête d’opinion.

N. 89

INTERVIEWER AND SURVEY RESEARCHER: MUTUAL DEPENDENCIES

Johannes van der Zouwen

Interviewer et survey researcher, dépendance mutuelle : L’explication du comportement demande l’utilisation de concepts subjectifs comme des opinions et des attitudes. Pour mesurer ces concepts non-directement observables, la standardisation stricte du processus de répondre aux questions est nécessaire. Si des interviewers ont été employés pour assurer une procédure correcte dans la collecte des données, ces interviewers peuvent aussi empêcher la standardisation. L’interviewer, est-il une aide  indispensable au chercheur et au répondant, ou un obstacle difficile dans l’obtention de réponses non-biaisées et comparables ? Pour répondre à ces questions, des transcriptions d’entretiens d’enquête ont été analysées concernant surtout les méthodes utilisées par les interviewers dans la réparation des réponses non-adequates des répondants. Les résultats de ces analyses et d’autres de la cybernétique montrent clairement qu’il n’est pas efficace de standardiser fortement le comportement de réparation des interviewers. L’analyse montre aussi la relation mutuelle entre l’interviewer et le survey researcher : celui-ci, en construisant le questionnaire et en fournissant des instructions concernant le comportement correct de « réparation », peut aussi être une aide ou un obstacle pour le travail de l’interviewer. Standardisation d’interview, Interview personnel, « Réparation » par interviewer.

N. 89

INTERVIEWER/DATA QUALITY

[Comité éditoriale du BMS]

Plusieurs membres de RC33 de l’Association Internationale de Sociologie, le Comité de recherche “Logique et Méthodologie”, ont fourni des informations et contacté d’autres chercheurs pour contribuer à ce numéro thématique « interviewer/qualité des données ». Des contributions de types différents sont venues de France, de Suisse, de Suède, d’Allemagne et des Pays-Bas, et sont inclues ci-dessous. Interviewers, Qualité des données, Resources pour la recherche.

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N. 90, avril 2006

INTRODUCTION AUX METHODES D’APPARIEMENT OPTIMAL (OPTIMAL MATCHING ANALYSIS)

Laurent Lesnard, Thibaut de Saint Pol

Cet article vise à présenter les fondements d’une nouvelle technique statistique qui permet de décrire les séquences : les Méthodes d’Appariement Optimal (MAO). Empruntée à la biologie moléculaire, cette technique repose sur des principes assez simples et peut être adaptée aux exigences théoriques de l’analyse. Parce qu’elles permettent de comparer des séquences sans présumer de relations de cause à effet, les MAO présentent également de nombreux atouts pour le sociologue puisqu’elles lui permettent de retemporaliser l’action en la saisissant en termes de processus et de proposer une nouvelle approche des faits sociaux. Deux applications de cette méthode aux emplois du temps des Français sont proposées pour illustrer le fonctionnement et la flexibilité mais également l’intérêt sociologique des Méthodes d’Appariement Optimal. Méthodes d’Appariement Optimal, Séquences, Epistémologie, Dîner, Inscription du repas dans la soirée, Horaires de travail.

N. 90

QUALITY ISSUES IN INTERVIEW SURVEYS – SOME CONTRIBUTIONS

Lilli Japec

Des problèmes de qualité dans des enquête par entretien, quelques contributions : Cet article est l’introduction d’une thèse avec le même titre (fait au Départment de Statistique de l’université de Stockholm) et qui s’adresse à des problèmes associés avec la qualité des enquêtes par entretiens. L’intervieweur a plusieurs taches à accomplir et ils peuvent souvent commetre des erreurs. L’auteur présente quelques thèmes généraux ainsi que leur traitement habituel. Elle suggère ensuite des approches nouvelles et des idées pour des recherches futures sur la question de coopération dans les enquêtes et d’accomplir correctement l’entretien avec un répondant. Elle examine aussi certaines procédures pour la réduction des non-réponses en termes de coûts et de réduction d’erreurs. Qualité des données d’enquête, Intervieweurs, Coopération dans l’enquête, Non-réponse dans l’enquête.

N. 90

COMPTE-RENDU DES JOURNEES INTERNATIONALES : L’ANALYSE SECONDAIRE EN RECHERCHE QUALITATIVE, UTOPIE OU PERSPECTIVES NOUVELLES ?

Magdalini Dargentas, Mathieu Brugidou, Dominique Le-Roux, Annie-Claude Salomon

L’analyse secondaire du qualitatif est un nouveau domaine de recherche en France. Deux Journées Internationales organisées par le groupe CAPAS ont porté sur ce domaine. Elles ont eu lieu le 3 et le 4 novembre 2005 à Grenoble (MSH-Alpes). Les objectifs de cette manifestation étaient les suivants : faire un état de lieu de la recherche qualitative à entretiens dans les sciences humaines et sociales ; présenter l’usage de l’analyse secondaire dans le monde anglo-saxon et en France ; aborder des questions déontologiques, juridiques et méthodologiques liées à la capitalisation des entretiens et à leur analyse secondaire ; ouvrir sur des prospectives épistémologiques. Recherche qualitative, Entretiens, Analyse secondaire, Capitalisation, Aspects déontologiques et juridiques, Outils d’assistance à l’analyse secondaire, Méthodes.

N. 90

PRICING ENVIRONMENTAL AMENITIES: AN ASSESSMENT OF THE CONTINGENT VALUATION METHOD

Patricia A. Gwartney, Anthony V. Silvaggio

Mettre un prix sur les agrements environnementaux, une évaluation de la méthode de valuation contingente : .Les auteurs préparent actuellement un rapport pour présenter la méthode de valuation contingente (CV) aux non-économistes. La CV est une méthdode par enquête par questionnaire développée par des économistes pour estimer la valeur monétaire des agréments environnementaux. Ici, les auteurs présentent la méthode CV avec des références dans la littérature scientifique qui décrivent son développement et son évolution. Valuation contingente (CV), Economie de l’environnement, Enquête par questionnaire.

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N. 91, juillet 2006

SOCIAL SCIENCES AND THE IFSE CONFERENCES

Homero Martínez

Sciences sociales et les conférences IFSE : La Fédération Internationale des Editeurs Scientifiques (IFSE, “International Federation of Science Editors”), associée avec l’UNESCO, a organisé sa douzième conférence en octobre 2004 à Mérida, Yucatan, au Mexique. Un débat parmi les organisateurs a permis l’ouverture vers les sciences sociales qui n’y étaient pas représentées jusqu’à là. Les trois articles suivants constituent la première session sciences sociales de l’IFSE. IFSE, Edition scientifique, Sciences sociales.

N. 91

Editing a Normal Science Journal in Social Science

Linton C. Freeman

Editer un journal de science normale dans les sciences sociales : Cet papier mets en évidence quelqu’unes des différences entre les journaux de “science normale” dans des disciplines telles que la physique et la chimie, et des “sciences non-normales” dans des disciplines de sciences sociales. L’article montre qu’un journal, Social Networks, ressemble plus à un journal de science normale qu’un journal typique des sciences sociales. L’auteur montre que les propriétés de sciences normales de la recherche sur des réseaux sociaux sont engendrées par l’utilisation des images graphiques et des modèles mathématiques, et la disponibilité d’ordinateurs capables d’analyser des ensembles de données à structures relativement complexes. Sciences normales, Sciences sociales, Analyse des réseaux sociaux, Journaux scientifiques.

N. 91

SCIENCE EDITING IN THE SOCIAL SCIENCES: METHODS BELONG TO ALL OF US

H. Russell Bernard

Editer la science en sciences sociales, Les méthodes appartiennent à nous tous : Les sciences sociales doivent faire partie de toutes les conférences IFSE parce que les sciences sociales aujourd’hui, et depuis toujours, ont été de « vraies » sciences comprenant la production de connaissance et la transformation de cette connaissance en technologies qui ont un impact réel sur la vie des gens. Le développement historique de plusieurs méthodes en sciences sociales, y compris la théorie des probabilités et la régression, fournissent des exemples et montrent que les méthodologies ont toujours été quantitatives et qualitatives en même temps. Méthodes en sciences sociales, Historie des sciences, Méthodes qualitatives et quantitatives.

N. 91

AUTHORS AS “ARTISTS” OR “HEAVY WEIGHTS” IN SCIENTIFIC PUBLISHING: THE SOCIOLOGICAL ANALYSIS OF SCIENTIFIC LITERATURE AND THE BMS

Karl M. van Meter

Les auteurs comme “artistes” ou “poids lourds” dans la littérature scientifique, l’analyse sociologique de littérature scientifique et le BMS : Il n’y a que deux types importants d’auteurs qui survivent dans un domaine nouveau et compétitif comme les premières recherches sociologiques sur le SIDA. Les “artistes” survivent en publiant successivement dans des sous-spécialités plus ou moins proches, et probablement en association avec de nouvelles ressources financières ou institutionnelles. Ils semblent changer relativement souvent de co-auteurs. En revanche, les “poids lourds” dominent une spécialité étroitement associée avec “la grande science” et donc assurée de financement et de soutien institutionnel. Ces auteurs semblent changer relativement moins de co-auteurs. Ces résultats, basés sur une analyse de mots associés, peuvent être comparés avec ceux de diverses autres méthodes d’analyse sociologique de littérature scientifique qui tendent à montrer qu’il existe deux types de sociologies dans le monde, que les élites scientifiques sont multiples, et que les différentes sociologies nationales peuvent être comparées par rapport à leur contenu et leur structure. Littérature scientifique, Publications scientifiques, Carrières scientifiques, Analyse par mots associés, Comparaison de sociologies nationales.

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N. 92, octobre 2006

An Inquiry into the Efficacy of a Complementary Training Session for Telephone Survey Interviewers

Claire Durand, Marie-Eve Gagnon, Christine Doucet, Eric Lacourse

Un examen de l’efficacité de la formation complémentaire pour les interviewers d’equêtes téléphoniques : Cet article présente une expérience faite à l’agence d’enquêtes responsable pour l’enquête canadiennne de 2004 sur la consommation de drogues (N=14.000) après une courte séance de formation cognitive. Un total de 79 interviewers y ont participé représentant 2.436 journées-interviewer de travail, avec des interviewers travaillant un maximum de 65 jours :l’enquête de terrain a duré 109 jours. Nous avons conçu une séance d’une heure centrée sur l’acquisition des connaissances dans deux secteurs : l’échantillonnage et la sélection dans le foyer d’une part, et les raisons de refus d’autre part. L’évolution quotidienne des performances des interviewers, dont les trajectoires basés sur des groupes ont été analysées, nous ont permis d’identifier les interviewers à performances basses (n=25) et hautes (n=42) deux semaines avant la formation. La séance de formation était à l’intention des interviewers à performances basses ou des nouveaux interviewers. Parmi ces interviewers, tous ceux qui travaillaient le jour de la séance (n=18) ont participé à l’une des trois séances de formation. Les retombées de la formation ont été évaluées dans trois secteurs : connaissances acquises et attitudes (via une questionnaires rempli deux semaines plus tard), rétention de connaissances et performances. Les résultats montrent pour les interviewers participants (a) qu’ils trouvaient que la formation les avaient aidés à comprendre l’échantillonnage et les raisons de refus, (b) qu’ils sentaient plus que les interviewers à hautes performances que leur performances s’étaient améliorées depuis le début du projet, (c) qu’ils avaient tendance à continuer plus longtemps à travailler sur les projet qu’un groupe de contrôle, et (d) qu’ils ont amélioré leur performance de .04 par jour après la formation, par rapport à.015 par jour avant la formation, atteignant presque la performance des interviewers à hautes performance Enquêtes, Interviewers, Formation, Performance, Rétention de connaissances, Modèle de croissance, Analyse multi-nivaux.

N. 92

Integrating Exchange and Heuristic Theories of Survey Nonresponse1

John Goyder, Luc Boyer, Guil Martinelli

L’intégration des théories d’échanges et des théories heuristiques de la non-réponse dans les enquêtes : Depuis dix ans, on constate un intérêt croissant dans la théorisation de la non-réponse dans les enquêtes: Des chercheurs tels que Dillman, Groves et Couper ont construit pour tous les domaines des sciences sociales des schémas conceptuels pour expliquer pourquoi des gens acceptent ou refusent de participer à des enquêtes. Mais l’approfondissement conceptuel est source de complexification et de confusion. En débutant avec l’analyse de l’usage actuel, dans des articles sur la non-réponse dans plusieurs revues reconnues, des relations entre la théorie des échanges et la théorie des heuristiques psychologiques en faveur de la participation, nous construisons un schéma conceptuel à deux dimensions. Basé sur des travaux de Groves et Couper, une dimension est définie comme « l’importance de la prise de décision ». Ceci aide à situer l’interprétation heuristique des décisions de participer. La seconde dimension, appelée « force des facteurs culturels », clarifie les variétés différentes de la théorie des échanges qui examinent la décision de participer. De ce point de vue, il devient clair qu’une source de confusion dans la théorisation de la non-réponse est l’hétérogénéité des approches rassemblées sous le nom « d’échanges sociaux ». Au niveau le plus général, les échanges sociaux forment l’arrière plan de la plupart des théorisations de la non-réponse, mais une fois définis plus spécifiquement, il est possible de les emboîter dans l’une ou l’autre des cases d’un tableau à deux dimensions. Théorie de la non-réponse, Enquêtes, Théorie des échanges, Théorie heuristique.

N. 92

Brève sociographie du SECOND Congrès de l’AFS – Bordeaux septembre 2006

Gérard Boudesseul

En janvier 2005, le BMS a publié trois articles différents employant quatre méthodes d’analyse différent pour étudier les résumés de présentations faites lors du première congrès de l’Association Française de Sociologie (AFS). Ici, une première analyse est faite avec deux méthodes différentes des résumés de présentations faites lors du second congrès de l’AFS. Sociologie française, Analyse textuelle, Alceste, Trideux.

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N. 93, janvier 2007

Quelles temporalités travaillent les entretiens biographiques rétrospectifs ?

Didier Demazière

Les entretiens biographiques ouverts et approfondis sont des matériaux qui permettent de rendre compte des temporalités des parcours individuels. Mais cette contribution répond à des conditions épistémologiques, théoriques et méthodologiques bien différentes de celle qui gouvernent les usages des questionnaires fermés et des calendriers chronologiques précodés. Les matériaux discursifs que sont ces entretiens ont de fortes spécificités : l’interviewé est la principale source de sélection de l’information, les épisodes racontés sont rapportés d’un point de vue subjectif, les événements mis en mots sont interprétés. Ainsi la temporalité des récits biographiques est indissociable de processus narratifs, mais réciproquement, la mise en intrigue de sa propre histoire suppose la production d’une trame temporelle. Celle-ci est à la fois une mise en cohérence et une mise en perspective du récit de parcours : elle est intelligible au croisement des enchaînements temporels (articulations de séquences mises en cohérence) et des dénouements temporels (débouchés des séquences mises en perspectives). Cette grammaire est ici mise à l’épreuve d’un corpus de récits d’insertion professionnelle réalisés avec des jeunes de faible niveau scolaire, et elle est ainsi schématisée en quatre formes temporelles, appelées destin ou vocation, répétition ou fatalité, opportunités ou projets, rupture ou deuil. Chacune de ces quatre figures recouvre des parcours diversifiés du point de vue des positions et des statuts occupés, puisque ceux-ci sont travaillés, comparés, interprétés, au cours de l’entretien. Finalement, en montrant comment la production narrative implique nécessairement une mise en forme temporelle, la démarche proposée plaide pour une pluralité des catégorisations, sociologiques ou savantes, du temps biographique, adaptées aux caractéristiques des matériaux empiriques analysés. Entretiens biographiques, temporalités, parcours professionnels, chronotopes, grammaire temporelle.

N. 93

La conceptualisation en sociologie : influences paradigmatiques et implications méthodologiques. L’exemple de la notion de risque dans le sport

B. Soulé, J. Corneloup

Cet article propose une réflexion sur l’acte de définition en sociologie, à travers l’analyse approfondie de la notion de « sport à risque ». Fréquemment mobilisée dans la littérature en sciences sociales, celle-ci semble généralement aller de soi, notamment parce qu’elle repose sur quelques sous-entendus empruntés au sens commun. Après avoir souligné les simplifications et paradoxes inhérents à cet usage spontané de l’appellation « sport à risque », nous avons entrepris un recensement de ses utilisations et définitions scientifiques. Apparaissent dès lors certaines difficultés terminologiques, des divergences de vue, et la pluralité des conceptualisations disponibles. Les approches critique, structurelle, subjectiviste, culturaliste et systémique ont ainsi pu être différentiées. Les conséquences méthodologiques des choix notionnels opérés par les chercheurs sont également présentées. Au terme de cette analyse, deux positions peuvent être adoptées : renoncer à l’usage d’une catégorie jugée fragile, en constatant l’impossibilité de parvenir à une définition sinon générique, partagée du risque sportif ; ou admettre le caractère polythétique de cette appellation, se traduisant par des constructions spécifiques de l’objet « sport à risque » en fonction de chaque problématique de recherche. Conceptualisation, Risque, Sports à risque.

N. 93

PRELIMINARY CO-WORD ANALYSIS OF THE 2006 CONGRESS OF THE ASSOCIATION FRANCAISE DE SOCIOLOGIE

Karl M. van Meter, Mathilde de Saint Leger

Analyse préliminaire par mots associés du congrès 2006 de l’Association française de sociologie: Suite à la publication dans le BMS, et depuis dans un livre, de notre analyse de tous les résumés du premier congrès de AFS en 2004 avec la méthode Calliope, nous procédons à une première analyse des résumés de toutes les présentations faites au second congrès de l’AFS à Bordeaux en septembre 2006. Les résultats d’analyse des deux corpus sont comparés, montrant une stabilité de structure entre les congrès et un jeu complexe entre les mots clefs Femme et Travail. Structure de la sociologie, Méthodes de mots associés, Calliope, Association française de sociologie.

N. 93

Researching Informal Education: A Preliminary Mapping

Erik H. Cohen

Recherche sur l’éducation informelle, une cartographie préliminaire : L’analyse factorielle des correspondances et l’analyse du plus petit espace sont appliquées à un ensemble original de données sur l’éducation informelle. En dépit de son étendue, de son histoire et de son importance croissante dans l’ère post-moderne, peu de travail théorique ou de recherche cumulative existent sur l’éducation informelle. Des techniques multidimensionnelles d’analyse des données sont appliquées à une revue de littérature scientifique sur l’éducation informelle pour classifier et organiser les thèmes et les méthodes identifiés. Un « état de l’art structurel » de la recherche sur l’éducation informelle est présenté, permettant une cartographie préliminaire de ce domaine. Analyse factorielle des correspondances, Analyse du plus petit espace, Education informelle.

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N. 94, avril 2007

Une autre manière de construire des milieux sociaux ? Pourquoi ? Comment ?

Monique Dalud-Vincent, Odile Rissoan, Rachel Gasparini

L’analyse secondaire de l’enquête « Education et Famille » de l’INSEE nous a conduit à réfléchir à la construction de milieux (et sous-milieux) sociaux sur la base des Professions et Catégories Socioprofessionnelles (PCS) des 6 ascendants (parents et grands-parents) de l’enfant afin de mieux expliquer les relations parents/enfants. Les milieux se caractérisent par une certaine homogénéité/hétérogénéité (équivalence/non équivalence des PCS). Les sous-milieux sont les décompositions des différents milieux et tiennent compte de l’origine sociale (PCS). Milieux sociaux, Sous-milieux, Homogénéité, Professions et Catégories Socioprofessionnelles (PCS), Relations parents/enfants.

N. 94

Les “défaillances de la mémoire” dans les enquêtes de victimation

Jean-Paul Grémy

Les réponses aux enquêtes rétrospectives sont sujettes à différents biais, liés pour une large part aux difficultés de remémoration. Dans les enquêtes de victimation, il est nécessaire de dater avec précision les événements rapportés. Parmi les erreurs de datation faites par les répondants, Wesley G. Skogan distingue trois formes de décalage temporel (“télescopage”) ; à partir de deux enquêtes de victimation réalisées en France, il est possible de mettre en évidence deux de ces formes (télescopage arrière vers la période de référence, et télescopage avant à l’intérieur de la période de référence), mais pas la troisième (télescopage avant vers la période de référence). Par contre, une analyse secondaire plus fine de l’une de ces enquêtes révèle un effet possible sur les réponses des fluctuations saisonnières de la délinquance. Enquêtes rétrospectives, Enquêtes de victimation, Mesure de la délinquance, Biais, Mémorisation.

N. 94

Toutes choses égales par ailleurs – Comparer deux congrès de l’Association française de sociologie

Didier. Torny, Patrick Trabal

Cet article analyse le corpus formé par les 1.190 résumés du congrès de l’Association Française de Sociologie (Bordeaux, 2006) dans la perspective d’une comparaison avec d’autres corpus de résumés sociologiques. Nous nous sommes focalisés sur les multiples moyens et significations d’une démarche comparative en mobilisant trois approches. La première vise à interroger la permanence des auteurs du corpus et de l’organisation thématique du congrès. La deuxième a mobilisé quelques algorithmes du logiciel Prospéro pour identifier les variations lexicales et sémantiques les plus marquantes. Enfin, nous avons poursuivi l’enquête sur quelques objets dont nos analyses précédentes avaient montré la valeur heuristique. Questionnant le travail comparatif, nous avons montré à la fois comment le logiciel permettait de réaliser une économie cognitive et rendait la part interprétative du chercheur en sciences sociales centrale dans l’analyse. Sociologie française, Méthode comparative, Analyse textuelle, Prospéro.

N. 94

Un Vert, ça va. Dix Verts, bonjour les débats !

Pascal Marchand

Une exploration textométrique est appliquée à un corpus rassemblant les discours d’engagement pour le Pacte écologique de Nicolas Hulot de dix candidat(e)s à l’élection présidentielle de 2007. Différentes applications de la notion de « type généralisé » (Tgen) convergent pour distinguer deux registres de discours qui discriminent les orateurs. Lexicométrie, Types généralisés, Election présidentielle 2007, Ecologie.

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N. 95, juillet 2007

Interviewer and Respondent Survey Quality Effects in a CATI Panel

Oliver Lipps

Effets synchrones et longitudinaux sur la qualité des panels CATI des interviewers et des répondants : C’est en particulier dans les enquête par panel que les effets de la perte de répondants, de l’apprentissage par les répondants, et de l’expérience des interviewers jouent un rôle crucial en ce qui concerne la qualité des données. Nous examinons de manière synchrone et longitudinale pour la même enquête trois indicateurs de qualité. Dans l’analyse synchrone, nous comparons la qualité des données dans l’échantillon d’origine non-renouvellé avec celle d’un échantillon qui l’a été, les deux étant sondé dans la même vague. Pour la même vague, une enquête des interviewers a été faite, fournissant des données sur leur démographie sociale, leurs attitudes envers des enquêtes, et leur estimation de la charge de travail, nous permettant ainsi d’estimer l’effet des interviewers. L’analyse longitudinale permet l’analyse des effets de l’apprentissage par les répondants par rapport aux indicateurs de qualité en considérant les mêmes répondants dans plusieurs vagues. Le Panel Suisse des Ménages – une enquête CATI représentative de la population résidentielle suisse – fournit une base de données idéale pour modéliser puisque l’affectation des interviewers est au hasard pour toutes les vagues et dans chacune. Ce plan évite la confusion possible avec d’autres effets dus aux affectations non aléatoire telles que les affectations par quartiers où les meilleurs enquêteurs traitant les cas les plus difficiles. Pour séparer les effets des interviewers, des répondants et des vagues, nous utilisons des models multi-niveaux croisés. Qualité des données d’enquête, Enquêtes CATI centralisées, Affectation aléatoire, Effets longitudinaux, Models multi-niveaux croisés, Effets des interviewers, Effets des répondants.

N. 95

MÉTHODES D’ANALYSE DU CHANGEMENT FONDÉES SUR LES TRAJECTOIRES DE DÉVELOPPEMENT INDIVIDUEL : MODÈLES DE RÉGRESSION MIXTES PARAMÉTRIQUES ET NON PARAMÉTRIQUES

Véronique Dupéré, Éric Lacourse, Frank Vitaro, Richard E. Tremblay

Les modèles linéaires mixtes généralisés regroupent une variété de méthodes modernes d’analyse du changement fondées sur la trajectoire individuelle de développement. Ces méthodes présentent plusieurs avantages comparativement aux méthodes traditionnelles d’analyse de données longitudinales. Elles permettent de décrire, par le biais d’un ensemble de paramètres, l’évolution d’attributs individuels au fil du temps (changement intraindividuel), ainsi que les variations au sein d’une population quant à ces patrons d’évolution individuels (variations interindividuelles). Par ailleurs, plusieurs éléments distinguent les différents modèles mixtes, notamment quant aux postulats concernant la forme de la distribution de l’hétérogénéité non-observé. Le présent article introduit le modèle linéaire mixte généralisé postulant une distribution normale de l’hétérogénéité et le modèle mixte non paramétrique s’appuyant sur une distribution discrète pour modéliser les différences interindividuelles. Avant d’aborder les similitudes et les distinctions entre ces modèles, une première partie est consacrée à la description générale du concept de trajectoires individuelles de développement. Modèles mixtes, Modèles multiniveau, Trajectoires de développement, Courbes de croissance, Postulats distributionnels, Variable latente continue, Variable latente catégorielle.

N. 95

Compte rendu succinct de l’analyse du Congrès de l’AISLF (Tours 2004)

Christian Roy

Dans la ligne de ce que visait le numéro de janvier 2005 du BMS (n. 85, à partir des résumés du congrès de l’Association Française de Sociologie – février 2004 ), on cherche dans cet article à optimiser l’usage qu’on peut avoir, en sciences humaines, des logiciels d’analyse textuelle. Mais c’est maintenant sur la base des comptes-rendus du dernier colloque de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française – AISLF, juillet 2004)) ; on utilise ici le logiciel ALCESTE de façon à extraire de ce corpus, dans un premier temps, le maximum de classes lexicales “terminales” (soit 15, dans ce cas). Dans un second temps, et à partir du repérage des étapes de la Classification Descendante Hiérarchique (CDH) ayant conduit à ce résultat, on interroge la genèse de ces partitions successives. Sociologie française, AISLF, Analyse textuelle, ALCESTE, Analyse factorielle des correspondances.

N. 95

Sensibilité du chaos aux conditions extérieures

Jean-François Gazeau

En employant l’exemple fournit by Guy Tchibozo dans le BMS (n. 74, 2002), l’auteur utilise des méthodes de simulation pour étudier les résultats de diverses conditions initiales pour le modèle étudié, montrant que les résultats peuvent être chaotiques ou stables en relation avec le choix de certains paramètres. Simulation en sociologie, Résultats non stables ou chaotiques, Stabilité, Paramètres du modèle.

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N. 96, octobre 2007

Questionnaire Pretesting Methods: Do Different Techniques and Different Organizations Produce Similar Results?

Jennifer Rothgeb, Gordon Willis

Méthodes de pré-teste de questionnaire, qu’est-ce que les différentes techniques et organisations produisent de résultats semblable ? : Depuis 15 ans, il y a eu un accroissement significatif dans l’utilisation de formes nouvelles de pré-testes de questionnaires. Diverses techniques d’évaluations ont été utilisées pour signaler les points forts et faibles de ces méthodes. Des études limités ont été faites sur l’efficacité des interviews cognitifs dans la résolution des problèmes de questionnaires. Mais ces études n’ont pas distingué entre les effets des méthodes et les effets de l’organisation faisant l’étude. L’objectif de cette recherche est de déterminer comment des méthodes diverses utilisées par trois instituts d’enquête par questionnaires (U.S. Census Bureau, Westat Inc. et Research Triangle Institute) arrivent à prédire les problèmes. Pour cette recherche, plusieurs chercheurs dans chacune des instituts ont utilisé trois méthodes de pré-teste (revue informelle par experts, un système formel d’évaluation cognitive, et l’interview cognitif) sur trois questionnaires dans une expérience tridimensionnelle de tri multiples. Une classification est faite des problèmes identifiés par les méthodes et ces problèmes sont comparés les uns aux autres. Nous calculons le degré d’accord entre les instituts et entre les méthodes. Nous concluons sur l’utilité et l’adéquation de chaque méthode, et le degré d’accord et le caractère systématique de ces résultats. Méthodes de pré -teste, Evaluation, Interview cognitif, Revue par experts, Système formel d’évaluation cognitive, Testes de questions.

N. 96

Elaboration d’un ludogramme pour les sports sous forme de duel

Stéphane Méry

La pratique d’un sport n’est pas anodine, elle est le fruit d’une représentation symbolique de celui-ci. Etudier les gestes d’un joueur au cours d’un match, après le gain ou la perte d’un point, après une double faute de l’adversaire ou une frappe gagnante, peut mettre à jour cette symbolique sociale autrement que par les méthodes traditionnelles. Le sport révèle une intense manifestation d’émotions. Comment rendre compte des différents modes de leur expression en fonction du déroulement du match ? Le tennis, le tennis de table, la courte paume, le badminton et le volley nous servent de révélateur. Nous expliquons les cheminements dans l’élaboration de l’outil méthodologique appelé ludogramme. Ludogramme, Sport, Observation, Méthodologie, Tennis, Terrain, Gestes.

N. 96

Comparaison et influence de deux méthodes de recueil de données différentes sur les résultats globaux d’une enquête quantitative

Gérard Creux

Cet article propose d’analyser et de comparer deux échantillons construits à partir d’un questionnaire identique dont la méthode de recueil de données diffère. En effet, dans le cadre de notre recherche qui porte sur les travailleurs sociaux et qui comporte un volet quantitatif, nous avons utilisé Internet comme outil de recueil de données en parallèle à une méthode plus « classique » comme l’envoi de questionnaire par courrier. Cet article se propose donc à la fois de réfléchir sur cette manière de faire à partir d’éléments d’analyse concrets et d’étudier dans un premier temps comment se comporte chacun des échantillons par rapport à une variable spécifique à notre recherche et d’observer dans un second temps, sur la base d’un travail de comparaison, les conséquences du cumul des deux échantillons (papier et Internet) sur les résultats de notre recherche et ainsi de montrer en quoi l’origine des réponses influent ou non sur le résultat de la recherche. Recueil de données, Questionnaire en ligne, Comparaison, Echantillon, Profil de modalités.

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N. 97, janvier 2008

La méthodologie des sondages électoraux de l’élection présidentielle française de 2007, chroniques d’un problème récurrent

Claire Durand

Les sondages pour l’élection présidentielle française de 2002 resteront dans l’histoire parce que leur erreur de prédiction a eu des conséquences importantes. Quelle influence cette élection a-t-elle eu sur les instituts de sondage français ? Ont-ils su réviser leurs méthodes ? Ont-ils amélioré leur estimation du vote ? La recherche montre que, s’ils ont mieux su estimer la répartition du vote entre la droite et la gauche qu’en 2002, ils n’ont pas mieux estimé l’intention de vote pour les principaux candidats. L’écart entre la moyenne des douze sondages publiés durant la dernière semaine et le vote varie de 1,8 points pour Royal à 3,2 points pour Sarkozy et 3,8 points pour Le Pen. Les résultats montrent que l’erreur d’estimation pour Le Pen est aussi forte en 2007 qu’en 2002, mais en sens inverse. Comme en 2002, les échantillons sont biaisés pour le niveau d’éducation – forte sous-représentation des moins scolarisés – et le profil de vote – forte sous-déclaration du vote pour Le Pen. Le problème d’estimation du vote d’extrême droite demeure entier et les méthodes des instituts ont peu changé. Une coopération entre les instituts et les chercheurs permettrait sans doute d’esquisser des pistes d’explications et de solutions. Sondages électoraux, Méthodes d’estimation, Echantillonnage, France, Elections de 2002, Elections de 2007.

N. 97

CO-WORD TEXT ANALYSIS APPLIED TO POLITICAL SCIENCE: 2006 INTERNATIONAL POLITICAL & “PARAPOLITICAL” HEADLINES

Karl M. van Meter, Mathilde de Saint Léger

Analyse textuelle par mots associés en sciences politiques – les titres 2006 de la politique et de la « parapolique » internationales : Un système d’analyse textuelle par co-occurrence de mots clefs, Calliope, analyse un ensemble de titres de rapports quotidiens des médias de 2006 sur des événements politiques et « parapolitiques » fourni par le journal, Intelligence. Ces événements politiques (utilisation publiquement avouée du pouvoir politique) et parapolitiques (utilisation non avouée du pouvoir politique) sont divisés en trois périodes successives de quatre mois, chaque période fournit un « diagramme stratégique » avec un axe de centralité et un axe de densité. Des graphiques longitudinaux de mots clefs “émergeants” et “déclinants” sont aussi fournis. Ces résultats permettent une analyse et une interprétation originales des événements de 2006. Analyse textuelle, Politique internationale, Parapolitique, Calliope, Analyse par mots associés.

N. 97

Analyser les pratiques discursives en sciences sociales : Journée d’études du CEDITEC à l’Université Paris XII, le 27 avril 2007

Johannes Angermüller, Laurent Jeanpierre, Caroline Ollivier-Yaniv

Cette journée d’études était organisée autour de la question du rapprochement entre l’analyse du discours et des courants qualitatifs des sciences sociales. Les deux parties de la journée était : « Ethnographie, terrain, acteur », quand les acteurs sociaux s’expriment en situation d’enquête ; et « Lexicométrie, corpus, énonciation », consacrée à quelques outils d’analyse, conceptuels ou techniques, issus des sciences du langage, notamment aux logiciels d’analyse textuelle et à leurs usages dans la recherche sociologique actuelle. Analyse du discours, Analyse textuelle, Entretiens, Sciences du langage, Sociologie.

N. 97

The International Conference on Methodology of Longitudinal Surveys (MOLS), 12-14 July 2006

Peter Lynn

La conférence internationale sur la méthodologie des enquêtes longitudinales : Du 12 au 14 juillet 2006, à l’université d’Essex, Peter Lynn, avec le « UK Longitudinal Studies Centre » et l’« International Association of Survey Statisticians » (IASS), a organisé la conférence internationale sur la « Methodology of Longitudinal Surveys » (MOLS 2006). Le BMS a rassemblé des matériaux des sites Web de MOLS 2006 et de l’« International Statistical Institute », dont l’IASS est une section, pour constituer ce compte-rendu de la conférence. MOLS 2006, Enquêtes longitudinales, Panels, Analyse longitudinale.

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N. 98, avril 2008

Harmonisation of Demographic and Socio-Economic Variables in Cross-National Survey Research

Jürgen H. P. Hoffmeyer-Zlotnik

Harmonisation des variables démographiques et socio-économiques dans la recherche par enquêtes transnationales: L’objectif de cet article est de démontrer comment les variables démographiques et socio-économiques dans les enquêtes transnationales peuvent être harmonisées. Après une courte introduction sur la différence entre traduction et harmonisation, on montre le développement qui s’opère entre des conceptions et des structures qui s’élaborent au niveau national jusqu’à des instruments de mesure qui soient valable à un niveau international, en utilisant l’exemple des variables éducatives. Enquêtes transnationales, Harmonisation des variables, Variables éducatives.

N. 98

Etude des opinions partagées dans des situations relationnelles variées : méthodologie des multi-appartenances

Sophie Taze

L’article s’intéresse à la manière dont les acteurs parviennent à se former une opinion sur certains aspects du SIDA, en supposant que les opinions sont produites ou reproduites dans les interactions et non dans les têtes d’acteurs isolés les uns des autres. Cette formation relationnelle des opinions mobilise des références cognitives et normatives. Mais dans une société marquée par la diversité « culturelle », il se peut qu’un acteur appartienne à des groupes aux références hétérogènes. Nous avons donc adopté une perspective structurale en formulant un modèle théorique ainsi qu’un protocole de recherche empirique qui permettent d’étudier la (trans)formation des opinions d’un acteur situé à l’intersection de contextes relationnels dont les contenus cognitifs et normatifs divergent. Le modèle de convergence communicationnelle formulé nous a conduit à l’élaboration d’une méthode d’enquête capable de capter à la fois le contenu des opinions des acteurs et les processus relationnels au sein desquels ces opinions sont produites, en comparant les opinions d’un même acteur formées dans deux situations de discussion différentes. Les données ainsi collectées ont pu être analysées au niveau individuel – se prêtant à une analyse classique de la structure des opinions – mais aussi au niveau de la dyade – elles permettent une analyse relationnelle de la formation d’opinions convergentes – et enfin, au niveau de la triade où elles révèlent les effets des structures sociométriques sur la versatilité des opinions. Convergence communicationnelle, Multi-appartenances, Hétérogénéité cognitive, Structures relationnelles, Versatilité des opinions.

N. 98

L’utilisation du différenciateur sémantique en sociologie pour appréhender des facteurs agissant sur le choix des pratiques sportives

Stéphane Méry

L’enquête par différents modèles de questionnaires est courante en sociologie, parmi eux le questionnement indirect l’est moins. Le différenciateur sémantique d’Osgood fait partie de ces outils peu usités. Il s’agit d’une grille avec des antonymes que les individus remplissent en fonction d’un stimulus inducteur. D’abord appliqué à la psychologie et au marketing, il peut l’être à la sociologie. Nous montrons sa mise en œuvre et les différentes possibilités de présentations des résultats avec de multiples conseils pour son utilisation. Comme exemple d’application, nous interrogeons des étudiants en STAPS et des joueurs de tennis à propos de leur représentation de cinq sports. Différenciateur sémantique, Méthodologie, Stimuli, Représentation, Sports, Joueurs, Grille.

N. 98

Jeunes, génération numérique et sondage en ligne – L’exemple de deux enquêtes conduites auprès de jeunes québécois

Jacques Hamel, Gabriel Doré, Christian Méthot

Après avoir brièvement présenté le sondage en ligne sous son aspect technique, les auteurs de l’article chercheront à en cerner ses avantages et inconvénients à la lumière de deux enquêtes conduites notamment par ce moyen : l’étude de l’insertion professionnelle et sociale de la génération numérique dans la « nouvelle économie » et la recherche en cours sur les valeurs des étudiants collégiaux et universitaires à l’égard de leurs études en sociologie, en travail social et en médecine. Sur cette base, ils voudront savoir si cette « méthode » se révèle propice à la collaboration aux enquêtes sociologiques des jeunes associés de nos jours à la première « génération numérique » qui, née avec l’émergence des « nouvelles technologies » (NTIC), gravite continuellement dans leur orbite. Les chercheurs doivent-ils recourir au sondage en ligne pour que les jeunes acceptent de répondre à leurs questions ? Jeunes, Génération numérique, Sondage en ligne, Méthodologie de sondage, Enquête sociologique, Taux de participation, Echelle de Likert.

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N. 99, juillet 2008

Characteristics of Personality and Identity in Population Surveys: AN Approache for operationalisATION and USE to explain life satisfaction

Max Haller, Bernadette Müller

Caractéristiques de personnalité et d’identité dans les enquêtes – Approche pour l’opérationnalisation et l’utilisation pour expliquer le sentiment de bien être : Les caractéristiques de personnalité et d’identité ne sont pas habituellement comprises dans des études sociologiques. De telles questions sont considérées de faire partie de la psychologie. Mais la sociologie peut développer des outils de recherche pour les opérationnaliser d’une manière efficace et succincte. Cet article, basé sur une enquête représentative de la population autrichienne, montre que: (1) il est possible de saisir de telles caractéristiques avec des outils relativement simples, et (2) les caractéristiques de personnalité et d’identité peuvent expliquer une partie importante de la variance dans le sentiment de bien être. Des échelles spécifiques ont été développées pour saisir les « Cinq grands » (“Big Five”) facteurs de la personnalité, quatre aspects du soi et onze aspects de l’identité sociale. Cinq grands (Big Five), Traits de la personnalité, Enquêtes représentatives, Bien être.

N. 99

Une approche réticulaire de la dynamique temporaire dans les narrations biographiques

Carlos Lozares, Joan Miquel Verd

Cet article propose une approche spécifique de l’analyse de récits biographiques en utilisant la perspective des réseaux sociaux. Concrètement, la formalisation de réseaux est utilisée pour capter, mieux que d’autres analyses, la mémoire épisodique présente dans les narrations. Dans cet objectif, les notions d’environnement/épisode et de passage narratif seront utilisées comme moyens de relier les aspects les plus centrés sur l’interaction et la dynamique du récit. Le type de procédure proposé sera illustré par l’analyse d’un fragment d’entretien biographique. Récits biographiques, Analyse de réseaux sociaux, Passages narratifs, Analyse réticulaire de textes, Analyse réticulaire de discours, Réseaux socio-personnels.

N. 99

Political Protest and Power Distance: Towards a Typology of Political Participation

Erik H. Cohen, José Valencia

Protestation politique et distance de pouvoir – Vers une typologie de la participation politique : L’analyse des données de protestation politique collectées par la « World Values Survey » produit une typologie de la participation politique non-institutionalisée. La « Smallest Space Analysis” (SSA) des variables de protestation politique produit une sructure claire à une dimension allant du moins impiqué et moins exigeant des activités, au plus impliqué et plus exigeant. Dans une SSA à deux dimensions, la variable « participer à une manifestion légale » est le point de rupture entre les types de participation. Une analyse par échelles multidimensionnelles à ordre partial (MPOSAC) montre comment des pays à distance de pouvoir basse, moyenne et haute sont situés dans une structure à deux dimensions. Cette typologie de pays est analysée par raport au concept d’Hofstede de distance de pouvoir. Protestation politique, Distance de pouvoir, Analyse par échelles multidimensionnelles à ordre partial, « Smallest Space Analysis ».

N. 99

CARME-N – Correspondence Analysis and Related Methods Network, CARME 2007

Jörg Blasius, Michael Greenacre, Patrick Groenen, Michel van de Velden

CARME-N – Réseau d’analyse des correspondances et des méthodes associées – CARME 2007 : En mai 1991, une premier conférence sur les analyses des correspondances a eu lieu à Cologne. Depuis, trois autres conférences se sont déroulées et les organisateurs ont créé le Réseau d’analyse des correspondances et des méthodes associées (CARM-N). La cinquième conférence s’est tenue en juin 2007 à Rotterdam aux Pays-Bas. Analyse des correspondances, Conférences, CARME-N.

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N. 100, octobre 2008

ANALYSES OF A QUARTER OF CENTURY OF PUBLISHING AT THE BMS

Karl M. van Meter

Analyses d’un quart de siècle de publication au BMS: Le BMS a commencé à publier en octobre 1983 et, cent numéros plus tard, nous examinons les tentatives précédentes d’analyser le contenu du contenu des articles de recherche du journal. Dans ce numéro, nous analysons tous les articles de recherche et les rapports de recherche en cours publiés du numéro 1 au numéro 99 avec quatre méthodes différentes : une analyse par co-occurrence de mots clefs avec Calliope ; une classification hiérarchique ascendante et une descendante (Alceste) ; et une analyse factorielle des correspondances, Trideux. Les résultats de ces quatre analyses – publiés dans ce numéro du BMS – sont commentés et comparés entre eux, et aussi comparés avec les analyses précédentes du contenu du BMS. BMS, Calliope, Alceste, Trideux, Analyse thématique du contenu, Analyse de la littérature scientifique, Bibliométrie.

N. 100

Comment ont évolué les thématiques des 99 premiers numeros de BMS ? Analyse àVEC UN logiciel de fouille de texte

Mathilde de Saint Leger

Les titres, résumés et mots clefs des 315 articles publiés dans les numéros 1 à 99 du BMS entre 1983 et 2008 ont été divisés en trois périodes : 1983-1992 (85 articles), 1993-2000 (119 articles) et 2001-2008 (111 articles). Les trois corpus ont été analysés individuellement par Calliope, une analyse par co-occurrence de mots clefs dans des unités de texte qui produit des « cluster » thématiques. Elle construit aussi des diagrammes stratégiques qui montrent la structure thématique générale pour chaque période avec des axes de densité (liens internes à un « cluster ») et de centralité (liens externes entre « clusters ». Ces diagrammes, de ceux des « clusters » les plus dominants sont présentés et interprétés. BMS, Analyse textuelle, Calliope, Analyse par mots associés, Bilbliométrie.

N. 100

Un quart de siècle de méthodologie – L’émergence du longitudinal, des réseaux et  de la statistique textuelle

Gérard Boudesseul

En utilisant les titres, les résumés et les mots-clefs des 318 articles des numéros 1 à 99 du BMS, l’auteur applique des programmes de classification hiérarchique ascendante et descendante, et une analyse factorielle des correspondances. Avec les résultats de ces programmes, il décrit en détail cinq classes thématiques majeures : Situation d’enquête, Analyse longitudinale, Analyse des réseaux, Débat théorique et Analyse textuelle. Leurs interrelations et leur évolution dans le temps sont aussi décrites. BMS, Analyse classificatoire, Analyse factorielle des correspondances, Evolution thématique, Bibliométrie.

N. 100

FIEVRE EUROPEENNE D’EVALUATION DE LA RECHERCHE DANS LES SCIENCES SOCIALES

[Comité éditorial du BMS]

Après l’Allemagne récemment, la fièvre européenne d’évaluation de la recherche en  sciences sociales a touché la France avec la classification des revues scientifiques par l’AERES. Ce dossier du BMS comprend trois contributions concernant la bibliométrie, l’évaluation et la récente classification de l’AERES. Nous reproduisons l’« Introduction » du rapport de recherche d’Yves Gingras (UQAM), « La fièvre de l’évaluation de la recherche – Du mauvais usage de faux indicateurs ». Ensuite, nous publions un rapport par Laurence Coutrot (CMH-CNRS), « Sur l’usage récent des indicateurs bibliométriques comme outil d’évaluation de la recherche scientifique », compte-rendu de la récente réunion d’information du CNRS sur la bibliométrie. Ce rapport est suivi par celui préparé par François Briatta (ANCMSP), « Comparaison inter-classements des revues en sociologie-démographie et en science politique ». L’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES) a récemment publié des classements de revues en sciences humaines et sociales. Ce document compare les classements de revues francophones établis par l’AERES pour la sociologie/démographie et pour la science politique avec deux classements antérieurs, établis par Philippe Jeannin et par les auteurs de « l’enquête Périodiques » du CNRS respectivement. On remarque tout d’abord que la classification en trois rangs obéit à des critères différents selon les classements, de telle sorte qu’aucun consensus méthodologique ne se dégage en termes de critères de classification. Les classements eux-mêmes sont fortement hétérogènes : en science politique, seules 11 revues sont présentes dans les deux classements comparés, dont huit uniquement à rang égal. En sociologie/démographie, on compte 26 accords de classement et 17 divergences lorsque la comparaison est possible. Bibliométrie, Evaluation de la recherche, France, CNRS, AERES.

N. 100

La fièvre de l’évaluation de la recherche – Du mauvais usage de faux indicateurs

Yves Gingras

N. 100

Sur l’usage récent des indicateurs bibliométriques comme outil d’évaluation
de la recherche scientifique

Laurence Coutrot

N. 100

COMPARAISON INTER-CLASSEMENTS DES REVUES EN SOCIOLOGIE-DEMOGRAPHIE ET EN SCIENCE POLITIQUE

François Briatte

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N. 101, janvier 2009

Extraction de réseaux égocentrés dans un (très grand) réseau social

Christophe Prieur, Alina Stoica, Zbigniew Smoreda

Cet article présente une méthode à l’intersection des approches « macro » et « micro » de l’analyse des réseaux sociaux. Prenant pour objectif l’étude de réseaux égocentrés, il propose une démarche permettant ce type d’étude sur de très grands réseaux. Le calcul de plusieurs indicateurs locaux peut en effet permettre de constituer des statistiques globales sur chacun des nœuds du réseau, qui sera alors vu comme un corpus de réseaux égocentrés. Une mise en pratique est réalisée sur un réseau d’échanges téléphoniques entre deux millions d’individus et une comparaison est établie avec une étude égocentrée classique, s’appuyant sur une enquête ethnographique. Réseaux sociaux, Réseaux égocentrés, Grands réseaux, Densité, Réseaux de communication, Macro vs. micro, Approches qualitatives.

N. 101

A Behavioural Approach to Ranking Academic Departments by Prestige: The Case of Sociology in English-Speaking Canada

John Goyder

Une approche comportementale du classement des départements universitaires par prestige – Le cas de la sociologie au Canada anglophone : Du fait du déclin récent de la participation à des enquêtes, le prestige académique est devenu plus difficile à mesurer. Même si le biais du taux important de non-réponse des professeurs pouvait être ignoré, la crédibilité de telles enquêtes pourrait être critiquée. En sociologie, l’indice de citation est moins utile à titre d’alternative que dans des discipline plus consensuelles et plus basées sur les publications comme l’économie. Les sociologues publient dans une grande variété de formats et leurs productions les plus importantes sont souvent des livres. On rend compte ici, d’une approche comportementale de la mesure du prestige académique sur la base du croisement entre les établissement d’origine où les membres du personnel du département ont passé leur  thèses de doctorat (un descripteur large mais peu précis) et le départements de sociologie où ils ont été engagés (un descripteur plus étroit mais plus précis). Cette étude concerne les universités anglophones du Canada. Prestige académique, Enquêtes de prestige, Départements de sociologie, Origines doctorales, Embauches, Canada.

N. 101

L’opinion et ses PUBLICS : Une approche pragmatiste de l’opinion publique

Mathieu Brugidou

L’opinion et ses publics – Une approche pragmatiste de l’opinion publique, par Mathieu Brugidou, avec une préface de Nonna Mayer, est paru il y a quelques mois aux Presses de Sciences Po (2008) dans la collection Sociétés en mouvement. Avec cette présentation de ce livre par son auteur, le BMS ouvre un dossier et un débat sur les recherches sur l’opinion public qui sera bientôt suivi d’autres contributions. Opinion public, Méthodes de recherche, Débats publics, Controverses publiques.

N. 101

Applications de la théorie des jeux à l’éducation : pour quels types et niveaux d’éducation, quels modèles, quels résultats ?

Christelle Garrouste, Massimo Loi

Ce papier s’intéresse à l’usage qui est fait de la théorie des jeux en sciences de l’éducation. Il décrit l’évolution théorique de la théorie des jeux depuis la définition des axiomes de Von Neumann et Morgenstern en 1944. Après une Introduction et cette description, la troisième partie présente la méthode appliquée pour sélectionner les articles comparés dans cette étude. Enfin, la quatrième partie présente les résultats de la revue de cette littérature. L’étude révèle un intérêt similaire de la part des économistes et des pédagogues pour l’application de la théorie des jeux aux questions d’éducation. Néanmoins, le nombre extrêmement restreint d’articles publiés peut être interprété comme le signe d’un problème d’adaptabilité de cette méthode à cette discipline de recherche. Le papier conclut par une discussion sur la nature de cette inadaptabilité. Théorie des jeux, Sciences de l’éducation.

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N. 102, avril 2009

THE AFS AND THE BMS: ANALYZING CONTEMPORARY FRENCH SOCIOLOGY

Karl M. van Meter

L’AFS et le BMS – Analyse de la sociologie française contemporaine: L’Association française de sociologie (AFS) a été fondée en 2002 et a tenu des congrès en 2004, 2006 et ce mois-ci en 2009. La section méthodes de l’AFS (RT20) a utilisé quatre méthodes d’analyse textuelle – Prospéro, Calliope, Trideux, Alceste – pour analyser les résumés de présentations au congrès de 2004. Cette recherche a abouti à trois articles publiés dans le BMS en février 2005, et a servi de base à un livre, Analyse textuelle en sociologie (PUR), en 2006. Depuis lors, le BMS a publié une analyse similaire des résumés AFS 2006, et publie dans ce numéro les deux premières analyses des résumés AFS 2009. Sociologie française, AFS, Analyse textuelle, Prospéro, Calliope, Trideux, Alceste.

N. 102

PermAnences et transformations d’une institution : une analyse sociologique de trois congrès de l’AFS

Didier Torny, Patrick Trabal

Cette analyse des résumés de présentations des trois premiers congrès de l’Association Française de Sociologie (AFS) montre une très grande stabilité des 40 réseaux thématiques bâtis en 2004, mais une forte labilité des communicants, dont 78% n’ont parlé qu’à un seul congrès (1.777 sur 2.278 auteurs). De plus, on assiste à un mouvement de féminisation des auteurs (48% en 2004, 54,5% en 2009). Au troisième congrès (Paris, 2009), l’introduction d’un thème général, “violences et société”, a marqué la pris en charge par les réseaux thématiques, depuis son acceptation pleine dans le champ considéré, jusqu’à l’absence totale de sa prise en compte. Ces variations permettent de montrer empiriquement les transformations induites par ce thème par rapport aux congrès précédents. Sociologie française, Analyse textuelle, Prospéro, Demande institutionnelle.

N. 102

FRENCH SOCIOLOGY AS SEEN THROUGH THE CO-WORD ANALYSIS OF AFS CONGRESS ABSTRACTS: 2004, 2006 & 2009

Mathilde de Saint Léger, Karl M. van Meter

La sociologie française vue à travers l’analyse par mots associés des résumés des congrès de l’AFS – 2004, 2006 & 2009 : Nous appliquons le logiciel d’analyse textuelle Calliope à l’ensemble de tous les résumés de communications au congrès 2009 de l’Association française de sociologie (AFS). Nous présentons une vue générale de la structure et du contenu de cet ensemble de données, et nous examinons en détail les clusters dominants associés à “violence”, “travail”, “femme”, “salaire”, “domaine scolaire” et “santé”. Ces résultats sont comparés à ceux des analyses des résumés des congrès AFS de 2004 et de 2006. Malgré la domination du thème du congrès de 2009 – «violence et sociétés” – nous trouvons une fois de plus le rôle structurant majeur des deux composants associés à “travail” et “femme”. Sociologie française, AFS, Calliope, Analyse par mots associés, Scientométrique.

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N. 103, juillet 2009

Response Latency as an Indicator of Optimizing in Online Questionnaires

Mario Callegaro, Yongwei Yang, Dennison S. Bhola, Don A. Dillman, Tzu-Yun Chin

Latence de réponse comme indicateur d’optimisation de questionnaires sur le Web : En répondant aux questions, les répondants exécutent quatre étapes mentales : la compréhension, la recherche d’information, le jugement, et la sélection de réponse. Ceux qui suivent soigneusement toutes les étapes sont appelés optimizers, tandis que ceux qui font moins d’efforts et sautent des étapes sont appelés satisficers. Dans cette étude, nous comparons la latence de réponse des optimizers et des satisficers en répondant à des questions d’évaluation de la personnalité posées sur un site Web. L’utilisation de la régression spline et le contrôle des variables possibles nous fournissent la preuve que les optimizers passent plus de temps que les satisficers en répondant à des questions dans la première section d’un questionnaire. On retrouve l’idée que des traitements cognitifs plus profond exigent plus d’efforts et prennent plus de temps. Nous montrons aussi que, à fure et à mesure qu’une passation progresse, les deux groupes passent moins de temps, jusqu’à ce qu’ils atteignent une vitesse maximale de réponse. Temps de réponse, Satisficing, Présentation de soi, Questionnaire sur le Web, Evaluation de la personnalité.

N. 103

Le lexique mobilisé lors de trois congrès de sociologues : Permanence et sensibilité à la conjoncture.

Gérard Boudesseul

L’Association Française de Sociologie (AFS) a tenu son troisième congrès à Paris en avril 2009 et ses 1.051 résumés de présentations ont été analysés par deux logiciels d’analyse textuelle dans le BMS, n. 102. Ici, l’auteur a utilisé deux autres logiciels – Alceste et Analyse des correspondances multiples – pour analyser ces mêmes résumés et les a comparé avec les résultats des congrès de 2004 et 2006 de l’AFS, également analysés par ces mêmes logiciels. Association Française de Sociologie (AFS), Analyse textuelle, Alceste, Analyse des correspondances multiples.

N. 103

Méthodes statistiques globales et locales d’analyse d’un tableau de contingence par les tailles d’effet et leurs intervalles de confiance

Brice Lefèvre, Stéphane Champely

Cet article propose une méthode d’analyse globale et locale d’un tableau de contingence suivant les « bonnes pratiques statistiques » comme définies par Wilkinson et al. (1999) ; c’est-à-dire, en ayant principalement recours à des mesures de taille d’effet, des intervalles de confiance et des graphiques plutôt qu’à des tests de significativité. Au niveau global, la relation entre les deux variables qualitatives est mesurée par le V de Cramér. Un intervalle de confiance basé sur la loi du chi-carré décentrée peut être calculé par inversion du test de significativité. La méthode du bootstrap est également utilisée. Au niveau local, le PEM de Cibois (Pourcentage de l’Ecart Maximum à l’indépendance) constitue une mesure de taille d’effet permettant d’estimer l’écart de chaque case du tableau de contingence à l’hypothèse d’indépendance. La procédure de ré-échantillonnage bootstrap en donne un intervalle de confiance. Un graphique original résumant ces informations pour l’ensemble du tableau est proposé. Tableau de contingence, V de Cramér, Taille d’effet, Intervalle de confiance, Bootstrap, PEM.

N. 103

Percentage of maximum deviation from independence (PEM): COMMENT ON Lefèvre & Champely’S “analyse d’un tableau de contingence” ARTICLE

Philippe Cibois

Pourcentage de l’Ecart Maximum à l’indépendance (PEM) – Commentaire sur « Analyse d’un tabelau de contingence » par Lefèvre et Champely : Concernant l’article de Lefèvre et Champely « Analyse d’un tableau de contingence », Philippe Cibois explique le concept du PEM qui était évoqué par les auteurs. Il montre que le recours au Khi-deux permet d’éviter une procédure bootstrap pour juger de la significativité d’un PEM. Il suggère, à la place du V de Cramér, utilisé par les auteurs, d’utiliser un PEM généralisé dont il donne l’algorithme de maximisation du PEM dans le cas d’un tableau entier. V de Cramér, Pourcentage d’Ecart Maximum à l’indépendance (PEM), Intervalles de confiance, Bootstrap, Tableaux de contingence.

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N. 104, octobre 2009

GERMAN & FRENCH CONTEMPORARY SOCIOLOGY COMPARED: TEXT ANALYSIS OF CONGRESS ABSTRACTS

Karl M. van Meter, Mathilde de Saint Léger

Les sociologies allemande et française contemporaines comparées – Analyse textuelle des résumés de congrès : Nous passons en revue les résultats de l’analyse par mots associés avec le logiciel Calliope de tous les résumés de présentations faites aux congrès 2004, 2006 et 2009 de l’Association Française de Sociologie (AFS) et nous comparons ces résultats avec ceux d’une analyse similaire du congrès 2004 de la Deutsche Gesellschaft für Soziologie (DGS). Sociologie allemande, Sociologie française, Analyse par mots associés, Calliope.

N. 104

PESSIMISME ET OPTIMISME DANS LA MESURE DE LA LIAISON D’UN TABLEAU DE CONTINGENCE : RÉPONSE À PHILIPPE CIBOIS

Stéphane Champely, Brice Lefèvre

Dans son commentaire, Philippe Cibois suggère pour la mesure de la liaison globale d’un tableau de contingence d’utiliser le PEM (pourcentage d’écart maximum) généralisé à la place du classique V de Cramér. Le PKM (pourcentage du khi-carré maximum de Cibois, 1990) semble plus directement comparable au V2 de Cramér. Un nouvel algorithme optimisant le calcul du PKM (et du PEM généralisé) aboutit à des résultats finalement peu différents de ceux obtenus avec la statistique de Cramér. Tableau de contingence, V de Cramér, PEM, PKM.

N. 104

Journée d’Etude du 21 Août 2009 sur la méthodologie « Alceste » Arguments des interventions

Max Reinert

Déjà présenté dans le BMS (n. 102 : 90-92 ; n. 103 : 102-103), l’école d’été d’Alceste à Carcassonne du 19 au 21 août a été l’occasion d’une journée d’étude consacrée à la méthodologie Alceste au cours de laquelle dix exposés ont été présentés et discutés avec le participants. Alceste, Analyse textuelle, Analyse de discours, Carcassonne.

N. 104

AAPOR 2009 CONFERENCE “Public Choices in Changing Times”

Nick Moon, John Goyder

La conférence 2009 d’AAPOR, “Choix publics en temps de changement”: La soixante-quatrième conférence annuelle d’AAPOR a eu lieu du 14 au 17 mai 2009, à Hollywood, en Floride, près de Miami. Avec plus de 400 présentations et de nombreux prix importants, il s’agissait d’une réunion majeure de la recherche par enquête. American Association for Public Opinion Research, AAPOR, Méthodes de recherche par enquête.

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N. 105, janvier 2010

Comment traduire sous forme de probabilités les résultats d’une modélisation logit?

Jérôme Deauvieau

Il est courant en sociologie de chercher à traduire les résultats d’une modélisation logit sous la forme de probabilités ou de pourcentages, autrement dit dans le langage du tableau croisé. L’objet de cet article est de présenter et discuter trois façons différentes de réaliser cette opération. On utilise pour cela un exemple numérique concret tiré de l’enquête FQP 2003 de l’INSEE avec lequel sont présentés et discutés successivement la méthode « de l’écart à la situation de référence », la méthode de « l’écart expérimental », et enfin la méthode de « l’écart pur ». Modélisation logit, Régression logistique, Probabilités.

N. 105

Les « choix » du sociologue avec ALCESTE – De la forme du corpus aux résultats obtenus

Monique Dalud-Vincent

Dans cet article, nous posons la question du rapport entre la forme d’un corpus portant sur des entretiens semi-directifs en sociologie et les résultats obtenus par le logiciel Alceste. Nous montrons que « corriger » le langage populaire ou encore « inclure » les propos du sociologue a une influence sur les résultats du logiciel, et donc sur l’analyse sociologique produite. Alceste, Analyse textuelle.

N. 105

Trideux software integrates Jérôme Deauvieau’s “How to translate a logit model into probabilities”

Philippe Cibois

Evolution du logiciel Trideux pour prendre en compte les résultats de l’article de Jérôme Deauvieau « Comment traduire sous forme de probabilités les résultats d’une modélisation logit? » : Dans son article, Jérôme Deauvieau montre que la présentation sous forme de probabilités ou de pourcentages peut poser des problèmes car les résultats dépendent du choix de la modalité qui a servi de référence. Deauvieau propos deux solutions à ce problème : l’ajustement selon l’écart expérimental et l’ajustement selon l’écart pur. Ces deux méthodes sont maintenant implémentées dans le logiciel Trideux et un exemple est proposé. Modélisation logit, Régression logistique, Probabilités, Trideux.

N. 105

Report on the European Survey Research Association Conference 2009 in Warsaw

Johannes van der Zouwen

Rapport sur la conférence 2009 à Varsovie de l’Association européenne de recherche par enquête : Après les conférences de Barcelone (2005) et de Prague (2007), cette conférence a vu la présentation de quelques 360 papiers sur une douzaine de thèmes. Il y avait aussi trois présentations plénières et deux workshops sur les problèmes d’enquêtes sociologiques. Enquêtes par questionnaire, European Survey Research Association (ESRA), Varsovie

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N. 106, avril 2010

Do we necessarily need longitudinal data to infer causal relations?

Guillaume Wunsch, Federica Russo, Michel Mouchart

A-t-on nécessairement besoin de données longitudinales pour inférer des relations causales ?  Il est généralement admis que les causes précèdent leurs effets dans le temps. Cela justifie usuellement la préférence pour les études longitudinales par rapport aux études transversales, parce que les premières permettent la modélisation du processus dynamique engendrant le résultat, tandis que les secondes ne le peuvent pas. Les partisans de l’approche longitudinale proposent deux justifications interdépendantes: (i) l’inférence causale nécessite le suivi des mêmes personnes au fil du temps, et (ii) aucune inférence causale ne peut être tirée de données transversales. Dans cet article, nous remettons en question ce point de vue et proposons des objections à ces deux arguments. Nous soutenons également que la possibilité d’établir des relations de cause à effet ne dépend pas tant de l’utilisation de données longitudinales ou transversales, mais plutôt de savoir si la stratégie de modélisation est d’ordre structurel ou non. Longitudinal, Transversal, Causalité, Temps, Modèle structurel.

N. 106

Tels parents, tels enfants ? L’utilisation de données de seconde main dans l’étude des influences politiques parentales en Suisse.

Boris Wernli

Ce texte est consacré à la transmission intergénérationnelle de l’orientation idéologique gauche-droite. Utilisant des données du Panel Suisse de Ménages (www.swisspanel.ch), collectées tant directement que par personnes interposées, il pose la question de la validité des informations de seconde main, qui est étudiée sur plusieurs points. L’article montre en outre qu’il existe à long terme une forte cohérence entre l’orientation idéologique des parents et de leurs enfants. Il met aussi en évidence que ce lien n’est pas la même auprès des garçons qu’auprès des filles, et qu’il varie entre les générations. Finalement, il montre qu’une forte ascension sociale par rapport au milieu d’origine facilite l’émancipation des orientations idéologiques parentales, l’inertie étant plus forte pour les trajectoires descendantes et horizontales. Transmission intergénérationnelle, Famille, Orientation idéologique, Panel de ménages, Collecte indirecte de données

N. 106

Analyse des réseaux sociaux : une « French touch » ? Retour sur l’école thématique CNRS « Réseaux sociaux : enjeux, méthodes, perspectives », Cargèse (Corse), 15-20 septembre 2008

Claire Bidart, Alain Degenne, Michel Grossetti, Claire Lemercier

L’école thématique « Réseaux sociaux : enjeux, méthodes, perspectives » qui s’est tenue à Cargèse en septembre 2008 était destinée à présenter l’analyse des réseaux sociaux et ses développements récents à un public francophone. Elle a aussi été l’occasion de faire le point sur les travaux dans ce domaine des chercheurs français, et plus généralement francophones. L’article revient sur les présentations qui ont été réalisées à cette occasion et tente de cerner ce que peuvent être les spécificités de ces travaux. Celles-ci se situent semble-t-il dans un souci particulier de réflexivité théorique et épistémologique. Réseaux sociaux, France, Cargèse, Ecole d’été

N. 106

“An ethnographic seduction”: how qualitative research and Agent-based Models can Benefit Each Other.

Paola Tubaro, Antonio A. Casilli

« Une séduction ethnographique – Comment la recherche qualitative et la modélisation par agents peuvent bénéficier l’un de l’autre : Nous fournissons un cadre analytique général pour des simulations basées sur des agents informés de manière empirique. Nous croyons que cette méthode pourrait fournir aux modèles par agents d’aujourd’hui une représentation correcte et appropriée des comportements d’agents sociaux, alors que les données statistiques restent souvent en deçà au moins au niveau micro et pour les populations cachées et sensibles. Dans l’autre sens, les simulations pourraient fournir aux sociologues et anthropologues qualitatifs des outils précieux pour : (a) tester la cohérence et pousser les limites de certains cadres théoriques ; (b) reproduire et généraliser les résultats ; (c) fournir une plate-forme pour la validation multi-disciplinaire des résultats. Modélisation par agents, Ethnographie, Données qualitatives, Transdisciplinarité.

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N. 107, juillet 2010

Representativeness in online surveys through stratified samples

Jörg Blasius, Maurice Brandt

Représentativité des enquêtes en ligne à échantillons stratifiés : Alors que les enquêtes à échantillons nationaux en face-à-face sont considérées comme représentatives de l’ensemble de la population, les échantillons en ligne sont considérés comme biaisés, notamment en termes d’âge, de sexe et d’éducation. Pour éviter ce biais, les données peuvent être pondérées de façon à se rapprocher d’un échantillon représentatif. Dans le cas d’enquêtes en ligne, les femmes âgées ayant un faible niveau d’éducation reçoivent un poids très élevé et les jeunes gens ayant une bonne éducation un poids très faible. Plutôt que de pondérer les données, nous tirons un échantillon stratifié à partir de plus de 20.000 participants à un panel en ligne. De ce fait, les femmes âgées de niveau d’éducation relativement faible ont une très forte probabilité d’entrer dans l’échantillon, les jeunes gens avec une bonne éducation, une très faible. Pour obtenir un échantillon stratifié selon le sexe × âge × éducation, sans erreur de prise en compte, l’échantillon est limité à un âge allant jusqu’à 49 ans. Pour comparer ces données et celles d’une enquête face-à-face représentative, nous avons utilisé un ensemble de questions tirées de l’Enquête sociale allemande 2002. Nous comparons les résultats des deux études sur la base de plus de 1.100 cas, dont chacun est équivalent en termes d’âge, sexe et éducation. On montre que des échantillons stratifiés en ligne ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la population. Enquêts en ligne, Panels en ligne, Représentativité, Echantillons stratifiés.

N. 107

Les « choix » du sociologue avec ALCESTE Du paramétrage des Unités de Contexte aux résultats obtenus

Monique Dalud-Vincent

Dans cet article, nous posons la question du rapport entre le découpage du corpus, portant sur des entretiens semi-directifs en sociologie, en unités de contexte et les résultats obtenus quand ces unités de contexte sont analysées par le logiciel Alceste. Nous montrons que la manière de découper le texte a une influence sur les résultats et donc sur l’analyse produite. Alceste, Analyse textuelle, Paramétrage des Unités de Contexte.

N. 107

Measuring and comparing levels of education Methodological problems in the classification of educational levels in the European Social Surveys and the French Labor Force Surveys

Annick Kieffer

Mesurer et comparer les niveaux d’éducation – Problèmes méthodologiques posés par le classement des niveaux d’études dans la European Social Survey et dans l’enquête Emploi française : Couramment utilisé en sciences sociales pour comprendre les représentations, les comportements ou les grandes évolutions sociales, le niveau d’éducation des individus, sa classification et ses mesures possibles, font l’objet de peu de travaux méthodologiques. On montrera ici, sur la base d’une comparaison des différentes versions des European Social Surveys avec les enquêtes Emploi de l’Insee pour la France, l’importance des procédures de saisie, de classement, d’agrégation et d’harmonisation de l’éducation dans des catégories comparables, du niveau national jusqu’au niveau international (la classification Cite). Les mesures courantes s’attachent à comparer des niveaux d’éducation. La prise en compte de l’orientation des savoirs, notamment de la différence entre enseignement général et enseignemrnt professionnel et technique améliore nettement la qualité de la mesure. Cet article plaide pour un développement des travaux sociologiques sur ces questions. Education, Mesure de l’éducation, Harmonisation des nomenclatures, Classification internationale, Comparaisons internationales.

N. 107

Pour une sociologie de l’activité au travail des dirigeants de grandes entreprises

Michel Villette

Cet article propose une stratégie intégrée d’analyse mettant en relation le parcours de formation du dirigeant ; la manière dont il traite les affaires et poursuit ses objectifs financiers ; l’accumulation de capitaux qu’il réalise à titre personnel au cours de sa carrière et ses actes de légitimation de la position sociale qu’il occupe. Cette stratégie de recherche combine des sources biographiques, des analyses de documents de travail, des observations ethnographiques en entreprise, l’analyse de données comptables et financières et l’analyse de la communication du dirigeant vis-à-vis des publics externes. On conclut en revenant sur l’ironie de la position du chercheur pris entre l’idéal scientifique d’une analyse des pratiques et les impératifs sociaux de la mise en scène du pouvoir.  Sociologie économique, Entreprises, Elites, Management, Analyse du travail, Situation de gestion, Habitus, Biographie, Ethnographie, Observation participante.

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N. 108, octobre 2010

NOTE SUR LES METHODES QUANTITATIVES EN SOCIOLOGIE DES VALEURS

Nathalie Heinich

La sociologie des valeurs, jadis confinée à une simple extension de la « philosophie morale », a été profondément renouvelée par l’application des méthodes d’enquête empiriques. Développée aux Etats-Unis dans les années 1970 par des enquêtes statistiques à grande échelle, elle a également donné lieu en France, depuis une vingtaine d’années, à des investigations régulières. Toutefois ces enquêtes pâtissent d’un certain nombre de problèmes : absence de réflexion sur les méthodes ; manque de définition de la notion de valeur ; écrasement du degré de conscientisation ; non prise en compte de l’épreuve de pertinence pour les acteurs ; absence de contextualisation. On évoquera en conclusion les effets de ces problèmes de méthode en matière de résultats, et on suggèrera quelques pistes pour une approche plus rigoureuse de l’étude empirique des valeurs Enquêtes statistiques, Méthodologie, Opinions, Questionnaires, Valeurs.

N. 108

Moniteur sportif et sociologue : récit d’une observation participante clandestine

Bastien Soulé, Cédric Richet

Cet article s’applique à décrire le changement de statut et de perspective induit par le passage de l’exercice d’un emploi de moniteur sportif à la réalisation d’une enquête approfondie par observation participante, visant à cerner les enjeux et difficultés de gestion d’un équipement sportif en délégation de service public. Tout en exposant les principaux résultats, il s’agit de relater un processus social complexe et une dynamique de travail impliquant plusieurs rôles à concilier, ainsi qu’un rapport évolutif avec le terrain et ses acteurs. L’observation étant demeurée clandestine, les effets de la duplicité des rôles assumés s’avèrent multiples ; au-delà des dimensions personnelles et psychologiques, ils sont aussi professionnels, relationnels, méthodologiques, heuristiques et éthiques. Observation participante, Gestion déléguée de service public, Ethique, Equipement sportif.

N. 108

The Mayors of BourGES FROM 1474 TO 1723

Jean-François Gazeau

Les maires de Bourges de 1474 à 1723 : Cet article montre comment la recherche généalogique, en reconstruisant les tissus familiaux (filiations, fratries et ré-alliances), peut stimuler l’analyse diachronique des réseaux ; il porte sur les familles patriciennes qui ont gouverné Bourges, par maires et échevins interposés, depuis 1474 pendant 250 ans. Maires, Echevins, Bourges (France), Familles patriciennes, Ré-alliances, Implexes, Réseaux de familles, Généalogie.

N. 108

Effects (and defects) of the telephone survey in polling research – Are we abusing of the telephone survey?

Vidal Díaz de Rada

Effets (et défauts) de l’enquête téléphonique dans les enquêtes d’opinion – Sommes-nous en train d’abuser de l’enquête téléphonique?: L’objectif de cet article est d’évaluer l’adaptation des enquêtes téléphoniques pour les prévisions électorales et de voir si elles présentent des améliorations substantielles par rapport aux enquêtes en face-à-face. Pour ce faire, une enquête a été réalisée dans un comté de l’Espagne en utilisant deux échantillons similaires, une questionné par entretiens en face-à-face et l’autre par entretiens téléphoniques. L’objectif est de comparer les résultats obtenus par les deux enquêtes dans le but de répondre à trois questions concernant : 1) des différences importantes de résultats entre les deux méthodes de collecte de données, des différences qui pourraient notamment affecter l’extrapolation des résultats ; 2) des sondages téléphoniques produisent une plus grande intention de voter et des réponses plus sincères (plus près des résultats électoraux) ; 3) des différences importantes entre les méthodes dans l’évaluation de la situation économique et politique, les problèmes sociaux, et des sentiments nationalistes régionalistes. Mode d’administration des enquêtes, Méthodes mixtes, Questions sensibles, Désirabilité sociale, Etudes électorales, Entretiens téléphoniques, Entretiens face-à-face.

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N. 109, janvier 2011

Matrix assisted structural hypothesis construction

Erik H Cohen, Charles Tresser

Construction assistée par matrice d’une hypothèse structurale : Cet article décrit un nouveau procédé de construction d’une hypothèse structurale. Les facteurs pertinents dans une étude sont identifiés et les micro-hypothèses sont énoncées sous forme de matrice. Des niveaux de similitude sont affectés à chaque paire de facteurs. Des techniques d’analyse multidimensionnelle sont utilisées pour représenter graphiquement la matrice. L’exemple de la «  Qualité de vie » (QdV) est utilisé pour illustrer l’approche matricielle proposée pour la production d’une hypothèse structurale. L’analyse du plus petit espace (SSA) de la matrice hypothétique de la qualité de la vie montre une structure dans laquelle quatre régions polaires entourent une zone centrale représentant la qualité de vie “générale”. Cette structure claire et logique de la matrice de corrélation hypothétique est une excellente confirmation d’une approche qui permet une analyse détaillée, systématique et fondées sur le raisonnement et la didactique. En outre, la structure trouvée ici correspond à une précédente analyse SSA basée sur des données empiriques de la qualité de vie. Hypothèse structurale, Matice, Théorie des facettes, Analyse du plus petit espace, Qualité de vie.

N. 109

Analyse textuelle et analyse de RÉSEAUX – Exemple du traitement d’une base de données bibliographiques à l’aide des logiciels Alceste et Pajek

Monique Dalud-Vincent, Romuald Normand

Dans cet article, nous montrons en quoi l’analyse textuelle et l’analyse de réseaux sont complémentaires s’agissant de mettre en évidence différents groupes issus d’une base de données bibliographiques, puis de construire les réseaux de co-publications correspondants. Les logiciels Alceste et Pajek, utilisés sur un même « jeu » de données contenant 5.000 références, ont permis d’objectiver ainsi l’existence de différentes communautés épistémiques ainsi que les liens intra- et inter-communautés sur la question de la « mesure » en éducation. Analyse textuelle, Analyse de réseaux, Bibliographie, Co-publication, Alceste, Pajek

N. 109

To Participate or Not to Participate: Decision Processes Related to Survey Non-response

Sigrid Haunberger

Participer ou ne pas participer – Processus de décision relatifs à la non-réponse : Cet article propose une approche méthodologique différente à la compréhension des déterminants de la participation dans les enquêtes. Les données ont été recueillies au moyen d’une enquête par panel sur le Web réalisée avec une population d’étudiants (N = 330). Tout d’abord, nous nous sommes concentrés sur des mesures théoriques des conséquences de la participation : coûts de participation, contexte de l’enquête, attitudes générales sur les enquêtes, et comportement lors des dernières enquêtes « crayon et papier ». Un sous-ensemble de cet échantillon a ensuite été invité à deux reprises de participer à une enquête par panel sur le Web. Cette comparaison permet la prédiction théorique de non-réponse par unité. Nous avons constaté que les ressources de temps et les coûts (la peur de la mauvaise utilisation des données) sont les principaux déterminants de la participation à la première vague; et la pertinence du sujet et des coûts (expérience d’enquête désagréable lors de la première vague) sont les principaux déterminants de la participation à la seconde vague. Ces résultats confirment la théorie de l’action raisonnée pour expliquer la non-réponse par unité et correspondent bien avec les données empiriques. Unit non-response, Observational study, Rational choice theory.

N. 109

DATA COLLECTION IN A PROBABILITY-BASED INTERNET PANEL – HOW THE LISS PANEL WAS BUILD AND HOW IT CAN BE USED

Annette Scherpenzeel

Collecte des données dans un panel Internet basé sur les probabilités – Comment le panel LISS a été construit et comment il peut être utilisé : Dans cet article nous présentons la méthodologie pour la mise en place d’un panel qui combine les normes scientifiques pour un panel longitudinal avec les avantages des entretiens par Internet comme méthode de collecte de données. Un panel qui est destiné à la recherche scientifique exige un échantillon probabiliste, couvrant toute la population d’intérêt et donc y compris les personnes sans accès à Internet et les personnes qui ne sont pas volontaires pour répondre aux questions. Nous montrons comment un tel panel peut être construit et entretenu, et comment les chercheurs peuvent l’utiliser et travailler à partir de leurs données gratuites. Household panel survey, Online data collection, Internet panel, Probability sample, Coverage, Non-Internet population, Mixed-mode design, Response rate, Incentives.

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N. 110, avril 2011

Réseaux personnels, réseaux sociaux

Ainhoa de Federico de la Rúa, Catherine Comet

L’analyse des réseaux sociaux se développe incontestablement en France. Quelles sont les pistes de renouvellement de l’analyse des réseaux sociaux ? La piste théorique – La piste empirique – La piste méthodologique – Pistes d’innovation dans l’étude des réseaux personnels – Presentation of this thematic issue – Présentation du numéro thématique

N. 110

Studying Relational Chains from Narrative Material

Michel Grossetti, Jean-François Barthe, Nathalie Chauvac

Étudier les chaînes relationnelles à partir d’un matériau narratif : Les chaînes relationnelles sont une approche mal connue des réseaux sociaux, dont on classe habituellement les méthodes d’analyse selon la dichotomie réseaux personnels / réseaux complets. Plutôt que de cartographier les réseaux de façon statique, l’étude des chaînes relationnelles reconstitue les mobilisations concrètes de relations sociales dans des processus d’accès à des ressources ou de mise en relation de personnes. La méthode que nous présentons permet de reconstruire ces chaînes à partir d’un matériau narratif constitué sur la base d’entretiens croisés. Cette méthode est particulièrement adaptée à la saisie des phénomènes d’encastrement des activités économiques dans les réseaux sociaux. Nous la présentons dans cet article à partir de deux enquêtes, l’une sur les relations science-industrie et l’autre sur les créations d’entreprises. Analysi des réseaux sociaux, Chaines relationnelles, Méthodes narratives, Méthodes mixtes

N. 110

Dynamique des réseaux sociaux et trajectoire d’entreprises informelles à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)

Jean-Philippe Berrou, Claire Gondard-Delcroix

L’article analyse l’évolution/transformation des réseaux et relations sociales d’accès aux ressources au cours de la trajectoire professionnelle de micro entrepreneurs au sein de l’économie informelle urbaine en Afrique subsaharienne. D’un point de vue méthodologique, l’analyse des récits de vie auprès de micro et petits entrepreneurs de Bobo-Dioulasso (Burkina-Faso) est menée selon différentes modalités combinant analyse qualitative et quantitative (Grossetti et Barthe, 2008). Cette méthode originale permet de repérer les caractéristiques de l’évolution conjointe de l’activité et du réseau social puis de mener une analyse compréhensive des processus sous-jacents à ces dynamiques. Il apparaît que la professionnalisation et l’institutionnalisation progressive du réseau social de l’entrepreneur sont des formes de sécurisation d’accès aux ressources favorisant le développement de l’activité économique. Encastrement, Réseaux sociaux, Micro entreprises, Economie informelle, Récits de vie, Analyse qualitative, Burkina-Faso.

N. 110

Anatomy of a Fraud: Trust and Social Networks

Catherine Comet

Anatomie d’une escroquerie : Confiance et réseaux sociaux : Comment les réseaux sociaux favorisent-ils la confiance dans le cas des escroqueries ? L’affaire Santa est un « cas stratégique » de par son ampleur et sa durée. Ce cas d’escroquerie présente de fortes spécificités, dans la mesure où il concerne essentiellement des militaires expatriés outre-mer. Deux officiers ont démarché ces militaires pour leur proposer des soi-disant placements financiers à haut rendement. Je m’intéresse plus précisément aux leviers utilisés par ces démarcheurs, c’est-à-dire aux relations communes dont ils se recommandaient, et à la nature du lien entre ces leviers et les cibles démarchées en fonction du statut des cibles (sous-officiers, officiers ou civils). Les analyses portent sur une enquête par questionnaire auprès de 117 victimes de l’escroquerie. Réseaux sociaux, Escroquerie, Confiance, Levier.

N. 110

Introduction du générateur de liens sociaux par contextes (GLSC) dans une approche mixte : Etude sur l’hétérogénéité dans les liens de collaboration des chercheurs en biotechnologie et en sciences de la vie

Claude Julie Bourque

Le champ de la recherche en biotechnologie se caractérise-t-il par des dynamiques sociales plus hétérogènes que les autres? Pour répondre à cette question, nous avons construit un outil permettant de produire des données empiriques comparables sur les réseaux de collaboration dans trois contextes de pratique. Le générateur de liens sociaux par contextes (GLSC) a été administré à 735 chercheurs québécois en sciences de la vie, en sciences naturelles et en génie à l’automne 2009. Les résultats indiquent que pour la majorité des chercheurs, quelle que soit leur discipline, la morphologie des liens sociaux est nettement différente dans le contexte du financement. Par ailleurs, les résultats infirment l’hypothèse voulant que les pratiques de collaboration soient significativement plus hétérogènes dans la recherche en biotechnologie et en sciences de la vie.  Générateur de liens sociaux par contextes, réseaux personnels, réseaux scientifiques, méthodes mixtes, biotechnologie, sciences de la vie

N. 110

Two different methods for measuring personal networks compared

Stefania Vergati

Comparaison de deux méthodes différentes pour mesurer les réseaux personnels : Cet article compare deux outils différents pour analyser des réseaux personnels: le FNG (générateur libre de nom) avec lequel chaque répondant liste librement des noms de personnes avec lesquelles il interagit le plus souvent, et le GNG (générateur guidée de nom) avec  lequel le répondant liste des noms de personnes avec lesquelles il interagit par rapport à une liste normalisée de 20 types d’échange). Les deux techniques sont testées ensemble avec un questionnaire intégré, et des données de 37 réseaux personnels sont analysées, un plan d’échantillonnage factoriel typologique est discuté, et une procédure standard est proposé et testé. Réseaux personnels, générateurs de noms, méthodes quantitatives, méthodologie comparative

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N. 111, juillet 2011

Effects of prepaid monetary incentives on mail survey response rates and on self-reporting about delinquency – Empirical findings

Rolf Becker, Guido Mehlkop

Effets des incitations monétaires prépayées sur les taux de réponse aux enquêtes par courrier et sur l’auto-déclaration de la délinquance – Les résultats empiriques: Nous avons mené une expérimentation méthodologique afin de déterminer si les taux de réponse aux enquêtes par courrier peuvent être influencés par les incitations monétaires. Avec de telles incitations, on s’attend à un taux plus élevé de réponse, comme prédit par les théories d’échanges sociaux et la théorie de l’utilité subjective attendue. Cela est particulièrement vrai dans une enquête sur les comportements délinquants du répondant, car les incitations prépayées sont susceptibles de renforcer la confiance envers le chercheur. Dans le cas d’enquêtes où l’argent est promis une fois le questionnaire retourné, nous prévoyons des taux de réponse plus faibles. Les résultats empiriques confirment clairement nos hypothèses, même si les mécanismes sociaux de réciprocité qui sous-tendent le comportement de réponse ne peuvent pas être observés directement. Notre analyse montre également que les incitations monétaires n’encouragent ni des réponses socialement souhaitables, ni des effets de parrainage qui pouvaient provoquer une surdéclaration de délinquance. Enfin, nos résultats ne montrent aucune variation systématique concernant des caractéristiques socio-structurelles et des corrélations avec la délinquance. Délinquance, Enquête par courrier, Incitation monétaire, Théorie du choix rationnel, Taux de retour

N. 111

Measuring Race and Hispanic Origin: Cognitive Test Findings Searching  for “Truth”

Jennifer Hunter Childs, Rodney Terry, and Nathan Jurgenson

Mesurer la race et les origines hispaniques : Résultats de tests cognitifs à la recherche de la « vérité »: Cette recherche présente une tentative de l’US Census Bureau pour créer une norme, “étalon-or”, pour l’appréciation des auto-déclaratin de race afin d’évaluer la performance d’un groupe expérimental de questions portant sur la race et les origines hispaniques. Pour ce faire, le sujet est interrogé sur sa race de trois façons : (1) une question ouverte qui permet à l’enquêté de s’auto-identifier avec n’importe quelle race ou origines hispaniques; (2) une série de questions oui/non destinées à mesurer l’identification avec des catégories de race du gouvernement des États-Unis et d’origine hispanique; et (3) une mesure de synthèse qui tente de recueillir les réponses habituelles ou typiques de l’enquêté aux questions portant sur la race et l’origine hispanique. Nous soutenons qu’aucune mesure prise isolément ne saisit la « vérité » de race, mais qu’il est nécessiare d’utiliser les trois mesures ensemble pour obtenir une réponse solide de l’auto-déclaration de race et d’origine hispanique pour presque tous les répondants de notre échantillon. Race et origine hispanique, Entretien cognitif; Pré-tests itératifs; Norme standard

N. 111

Inferring Causality through Counterfactuals in Observational Studies – Some epistemological issues

Federica Russo, Guillaume Wunsch, Michel Mouchart

L’inférence de causalité par contrefactuels dans les études observationnelles – Des questions épistémologiques : Cet article contribue au débat sur les vertus et les vices de contrefactuels comme base pour l’inférence causale. L’objectif est de mettre la méthode contrefactuelle dans une perspective épistémologique. Nous discutons d’un certain nombre de questions, allant de sa base non observable au parallélisme établi entre cette approche en statistique et en philosophie. Nous soutenons que la question n’est pas de s’opposer ou d’approuver l’approche contrefactuelle comme une question de principe, mais de décider quel cadre de modélisation est préférable en fonction du contexte de la recherche. Causalité; Contrefactuels; Manipulation; Modèle à effets potentiels; Randomisation

N. 111

Rapport de thèse de doctorat en Science politique (Paris Dauphine) de Philippe Blanchard : Les médias et l’agenda de l’électronucléaire en France. 1970-2000

Mathieu Brugidou

Cette note de lecture porte sur la thèse de Philippe Blanchard, Les médias et l’agenda de l’électronucléaire en France 1970-2000. La thèse se réfère à deux traditions d’étude de l’agenda, l’une modélisatrice et l’autre sociologique. Elles sont utilisées conjointement pour analyser sur le long terme la construction de la controverse sur l’énergie nucléaire civile et l’évolution de la politique publique en la matière. Cette note met en lumière les importants enjeux de méthodes traités par cette thèse. Agenda, Médias, Opinion publique, Electronucléaire, France, Analyse de contenu

N. 111

Pourquoi traduire sous forme de probabilités les résultats d’une modélisation logit ? Réaction à J. Deauvieau (BMS, 2010)

Marion Selz

Première réponse à Marion Seltz

Jérôme Deauvieau

Jérôme Deauvieau suggérait dans le BMS (2010, 105 : 5-23) différentes façons de traduire les résultats d’une modélisation logit dans le langage du tableau croisé. Cette note montre les limites et inconvénients de ces opérations qui font perdre soit la notion de « toutes choses égales d’ailleurs », soit celle de la significativité du résultat. Logit, Toutes choses égales d’ailleurs, Significativité

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N. 112, octobre 2011

XML Content Warehousing: Improving Sociological Studies of Mailing Lists and Web Data

Benjamin Nguyen, Antoine Vion, François-Xavier Dudouet, Dario Colazzo, Ioana Manolescu, Pierre Senellart

Gestion de données XML – Amélioration des études sociologiques des listes email et données sur le Web : Dans cet article, nous présentons les lignes directrices d’une approche basée sur XML pour l’étude sociologique des données Web tels que l’analyse des listes de diffusion ou bases de données disponibles en ligne. L’utilisation d’un entrepôt XML est une solution flexible pour le stockage et le traitement de ce type de données. Nous proposons une solution déjà mise en place et montrons des applications possibles avec notre étude de profils d’experts impliqués dans des actions normatives W3C. Nous illustrons l’utilisation de bases de données sociologiques semi-structurées en présentant notre schéma XML pour le stockage de listes de diffusion. Un schéma XML permet de nombreuses adjonctions ou croisements de sources de données, sans modifier les données déjà stockées, tout en permettant de possibles évolutions structurelles. Nous montrons également que l’existence de données cachées implique une complexité accrue pour les utilisateurs SQL traditionnels. Le stockage par XML permet l’entreposage totalement exhaustif et de requêtes récursives dans le contenu, avec beaucoup moins de dépendance au stockage initial. Nous présentons enfin la possibilité d’exporter les données stockées vers des logiciels avancés couramment utilisés et consacrés à l’analyse sociologique. XML, Gestion de données sur le Web, Analyse des listes email

N. 112

EST-IL POSSIBLE ET SOUHAITABLE DE TRADUIRE SOUS FORME DE PROBABILITES UN COEFFICIENT LOGIT ? Réponse aux remarques formulées par Marion Selz à propos de mon article paru dans le BMS en 2010

Jérôme Deauvieau

Marion Selz a réagit à mon article paru dans le BMS en 2010 portant sur la traduction sous forme de probabilités d’un coefficient logit. Je me propose ici de répondre aux objections formulées en montrant que la traduction ne pose pas de problème dès lors que l’on comprend bien l’opération réalisée. Nous montrons pour cela d’abord les rapports entre modèle linéaire et modèle logistique, puis les liens entre la traduction d’un coefficient logit et la standardisation en démographie, et enfin l’intérêt sociologique de la traduction dans le cadre général de la modélisation logit. Modélisation logit, Régression logistique, Probabilités, Standardisation

N. 112

L’expérience de la mobilité sociale : plaidoyer pour une approche par le discours

Jules Naudet

Cet article revient sur les débats théoriques et méthodologiques sur l’expérience et les conséquences de la mobilité sociale ascendante intergénérationnelle. Les méthodes mobilisées par les chercheurs travaillant sur ce sujet sont multiples, et les résultats auxquels ils parviennent parfois contradictoires. Cet article se propose donc, dans un premier temps, de donner une vue d’ensemble des différentes traditions d’étude de l’expérience de la mobilité sociale afin de cerner les conditions d’une potentielle «cumulativité» des savoirs qu’elles produisent. Dans un second temps, nous défendons l’idée que c’est principalement à travers une étude du discours des personnes en mobilité que l’on peut, dans un même temps et dans un même élan, saisir l’ambivalence et la multiplicité des effets que produit la mobilité sociale ascendante. Mobilité sociale, Expérience, Méthodes quantitatives, Méthodes qualitatives, Discours

N. 112

Matrix assisted structural hypothesis construction: Further explorations

Erik H Cohen, Charles Tresser

Construction d’hypothèse structurale par matrice – Explorations complémentaires : En janvier 2011 (numéro 109), le BMS a publié notre article sur un nouveau processus pour l’élaboration d’une hypothèse structurale en utilisant une approche matricielle et des techniques multi-dimensionnelles d’analyse de données (Cohen et Tresser, 2011). La présente note continue à développer la méthode matricielle de construction d’hypothèse (méthode matricielle pour faire court) et propose des orientations pour la recherche en utilisant cette approche. Hypothèse structurale, Matrice, Facettes de la vie, Smallest Space Analysis hypothétique

N. 112

Italian Sociologists’ approach to qualitative interviews

Albertina Pretto

L’approche des sociologues italiens des entretiens qualitatifs : Dans le cadre de la recherche sociale, il n’est pas rare de se trouver face à la lecture d’entretiens transcrits ou à l’écoute d’entretiens enregistrés qui présentent des modalités de conduite extrêmement diverses les unes des autres et qui semblent aller à l’encontre de ce qui est conseillé ou indiqué dans la majeure partie des ouvrages concernant la conduite d’entretiens qualitatifs. Afin de comprendre les raisons de ces différents styles de conduite, nous avons réalisé une enquête auprès de sociologues italiens qui déclarent effectuer leurs recherches à travers des entretiens qualitatifs. Ce travail a pour but principal d’examiner les comportements d’un groupe de chercheurs et d’interviewers envers les interviewés dans le cadre de la recherche qualitative. Intervieweurs, Entretien qualitatif, Styles de conduite

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N. 113, janvier 2012

UNDERSTANDING SEQUENCING IN SOCIAL NETWORK COMMUNICATIONS

Guang Ying Mo, Barry Wellman

« Comprendre le séquençage dans les communications dans un réseau social » Le séquençage est un processus décisionnel indispensable dans la circulation de l’information. Cette note de recherche propose la conceptualisation de séquençage pour comprendre comment et pourquoi les expéditeurs d’information « priorisent » certains membres du réseau pendant qu’ils communiquent avec d’autres. Nous examinons l’utilité de cette conceptualisation avec les données recueillies à partir de GRAND, un réseau académique. Le concept de séquençage permet aux chercheurs d’explorer les processus décisionnels qui surviennent avant le flux d’information et de lier le comportement des individus au contexte social à un niveau supérieur. Séquençage, Réseaux sociaux, Flux d’informations, Méthodes qualitatives

N. 113

SUPPLEMENTAL APPLICATION OF CONFIGURAL FREQUENCY ANALYSIS TO FREE SORTING DATA

Joachim Harloff

« Application supplémentaire de l’analyse de fréquence configurale pour le tri libre des données » L’intention de cet article est de démarrer une discussion à propos de cet outil simple et supplémentaire pour analyser des tris libres de données. Des caractéristiques communes des tris de données et de leur pertinence pour les analyses de fréquence configurale sont discutées, en relations avec l’analyse des données descriptive et confirmatoire. La taille d’échantillon pour le tri de cartes est re-examinée pour l’analyse descriptive. L’échantillon nécessaire dépend d’une certaine mesure du domaine spécifié. Le nombre moyen de différentes configurations rencontrées dépend du nombre de tris recueillies, le nombre d’éléments inclus dans le domaine et les caractéristiques du domaine. Un test simple et exact de signification est proposé pour tester les hypothèses de fréquences configurales de tri libre et flou de données. Tri libre de données, Tri floue de données, Test de signification, Structure cognitive, Analyse de fréquence configurale

N. 113

LE CHOIX DE LA LANGUE  DANS LE LOGICIEL ALCESTE : EXEMPLE DU TRAITEMENT D’UNE BASE DE DONNEES BIBLIOGRAPHIQUES

Monique Dalud-Vincent, Romuald Normand

L’utilisation d’Alceste nécessite un paramétrage a priori de la langue. Ce choix est essentiel dans la mesure où l’analyse est basée sur l’utilisation d’un dictionnaire de la langue retenue, mais il est délicat lorsque le corpus à analyser est une bibliographie comprenant des références en anglais, en français, en allemand. Dans cet article, nous montrons, à partir d’une bibliographie essentiellement bilingue (anglais et français) comptant 5.000 références, les variations obtenues au niveau des résultats du logiciel quand on change le paramétrage. Analyse textuelle, Langue, Bibliographie, Co-publication, Alceste, Pajek

N. 113

Transfer of variables between different data sets, or Taking “previous research” seriously

Bojan Todosijevi?*

« Transfer de variables entre différentes bases de données, ou prendre au sérieux “des recherches précédentes” » Tenant compte de deux enquêtes méthodologiquement similaires, une question non posée dans une enquête pourrait être considérée comme un cas particulier du problème des données manquantes. Ainsi, le transfert des données entre des bases de données (« appariement statistique » ou « fusion de données ») pourrait être obtenu en appliquant les procédures bayésiennes d’imputation multiple des valeurs manquantes. Afin de s’attaquer au problème de l’indépendance conditionnelle créé par cette approche, un ensemble de données simulées pourrait servir comme « troisième ensemble de données » qui transmet l’information sur la relation entre les variables qui ne sont pas ordinairement observés. Ce document présente un modèle de transfert de données entre des bases de données différentes, basé sur l’approche de l’imputation multiple (IM). Les résultats montrent que l’appariement statistique fondé sur les principes MI peut être un outil de recherche utile. Ce travail est fondé sur une prise en compte sérieuse « des recherches précédentes ». Appariement statistique, Imputation multiple, Etude électorale néerlandaise

N. 113

NONRESPONSE VERSUS MEASUREMENT ERROR: ARE RELUCTANT RESPONDENTS WORTH PURSUING?

Joop J. Hox, Edith D. de Leeuw, Ann Chang

« Non-réponse versus erreur de mesure – Doit-on insister auprès des répondants réticents ? » Pour augmenter les taux de réponse, les enquêteurs intensifient leurs efforts pour amener les personnes échantillonnées parmi les répondants. La question est de savoir si les répondants « réticents » fournissent des réponses de qualité moindre que les répondants « impatients ». Nous définissons les répondants impatients comme des personnes qui répondent au premier envoi d’une enquête postale, et les répondants réticents comme des personnes qui répondent plus tardivement. Nous avons utilisé une analyse multitrait-multiméthode (MTMM) qui permet la séparation statistique de la variance de fond ou de trait, la variance de méthode et la variance d’erreur. Les résultats montrent que la structure de mesure ne diffère pas entre les répondants impatients et réticents. Il n’y avait également aucune différence systématique dans les estimations de la fiabilité et la validité des deux groupes. Qualité des données, Erreurs de mesure, Multitrait-Multiméthode, (MTMM), Biais de non-réponse, Répondants réticents, Erreur d’enquête totale

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N. 114, avril 2012

THE INTERPRETATION OF STATISTICS IN SOCIOLOGY

Philippe Cibois

L’interprétation des statistiques en sociologie : L’interprétation des statistiques en sociologie, et en particulier de l’analyse des données est confrontée au problème de l’interprétation réaliste ou non des types-ideaux que le chercheur peut repérer. A propos d’une enquête sur la bonne volonté scolaire des enfants issus de l’immigration, on montrera comment on peut hésiter entre une interprétation réaliste et une interprétation constructiviste des résultats. On élargira la question par un dialogue fictif entre des partisans des deux camps. Analyse des données, Réalisme, Constructivisme, Philosophie spontanée des chercheurs

N. 114

COUNTING AND MEASURING ONLINE: THE QUALITY OF INTERNET SURVEYS

Edith D. de Leeuw

Compter et mesurer en ligne – La qualité des enquêtes sur Internet : On ne peut toujours pas regarder à l’intérieur des têtes des gens. Pour mesurer les émotions, les opinions, les évaluations, les associations, et des intentions, nous devons poser des questions aux gens sur ces phénomènes. La collecte de données a changé au fil du temps, et de nombreuses méthodes différentes sont disponibles. A l’heure actuelle, les sondages sur Internet sont largement utilisés dans les études de marché et deviennent un outil important de collecte de données dans les universités. Les principaux avantages des enquêtes sur Internet sont la vitesse et la réduction des coûts en comparaison de méthodes plus traditionnelles, les effets positifs de l’auto-administration, tels que plus d’intimité, l’utilisation des modes plus complexes de remplissage de questionnaire, et en général une plus grande interactivité. Les inconvénients touchent aux problèmes de couverture Internet de la population générale, particulièrement à la sous-couverture de certains sous-groupes comme les personnes âgées et les personnes moins instruites, et la non-réponse. Cette contribution propose une revue des études existantes comparant les enquêtes en ligne avec les méthodes plus traditionnelles de collecte de données. Enquêtes Web, Couverture, Non-réponse, Qualité des données, Conception d’enquête

N. 114

LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2002 : LES SONDAGES S’ETAIENT-ILS TROMPES ?

Jean-Paul Grémy

Cette note vise à montrer qu’à la veille du premier tour des élections présidentielles de 2002, les sondages publiés dans les médias avaient informé correctement les citoyens sur l’évolution de l’opinion (tassement de Jospin, ascension de Le Pen), et sur l’indécision d’une partie de l’électorat (qui se décidera la veille ou le jour du scrutin). Il est donc probable que les résultats publiés étaient exacts ; ce sont les pronostics élaborés à partir de ces résultats qui étaient manifestement erronés. Sondages, Intentions de vote, Avril 2002, France

N. 114

TYPOLOGIES DE PARCOURS ET DYNAMIQUE LONGITUDINALE

Patrick Rousset, Jean-François Giret, Yvette Grelet

Nous proposons dans cet article une méthode pour élaborer des typologies d’itinéraires individuels qui prenne en compte la dynamique longitudinale des parcours. Elle s’applique lorsque ces itinéraires sont décrits à partir de calendriers. L’originalité de cette méthode réside à la fois dans le mode de calcul de la distance entre trajectoires, et dans la procédure de classification basée sur les cartes d’auto-organisation de Kohonen. La propriété principale de la distance est de prendre en compte la proximité entre les états et son évolution dans le temps. Nous en proposons une application à l’analyse des trajectoires professionnelles, à partir de données du Céreq permettant le suivi mensuel sur sept ans de jeunes sortis en 1998 du système éducatif. Nos résultats mettent en évidence l’importance de la dynamique temporelle dans la construction des parcours d’entrée dans la vie active. Nous examinons enfin la place et les apports de cette méthode en les comparants à d’autres méthodes plus couramment employées pour construire de typologie de parcours. Classification, Typologies, Parcours individuels, Entrée dans la vie active

N. 114

METHODOLOGICAL RESEARCH ON “SENSITIVE” TOPICS: A DECADE REVIEW

Yeon-Ok Lee, Raymond M. Lee

Recherche méthodologique sur des questions « sensibles » – Un bilan décadaire : En s’appuyant sur l’étude de van Meter (2000), où il a examiné la littérature méthodologique relative à la recherche sur les sujets « sensibles », nous analysons le corpus correspondant d’articles de revues publiés au cours de la décennie suivante. Nous présentons ici des données sur les tendances des auteurs à la co-publication, identifions des continuités et des discontinuités thématiques, et attirons l’attention sur les lacunes dans la littérature existante. Sensitive Topics, Methodological Trends, Methods Literature

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N. 115, juillet 2012

Social Media Censorship in Times of Political Unrest – A Social Simulation Experiment with the UK Riots

Antonio A. Casilli, Paola Tubaro

Censure des médias sociaux en période de troubles politiques – Une expérience de simulation sociale sur les émeutes au Royaume-Uni : A la suite de la vague d’agitation politique de 2011, allant du Printemps Arabe aux émeutes britanniques, la formation d’un large consensus autour de la censure d’Internet est en cours. Cet article adopte une approche de simulation sociale pour montrer que la décision de réglementer, de filtrer ou de censurer les médias sociaux dans des situations de conflit change les formes de la contestation, et aboutit finalement à des niveaux plus élevés de violence. Dans un développement du modèle à base d’agents de Epstein (2002), plusieurs scénarios alternatifs sont créés. L’optimum systémique, représenté par l’absence complète de censure, non seulement correspond à des niveaux plus faibles de violence dans le temps, mais permet de connaître de longues périodes de paix sociale après chaque éclatement.

N. 115

Mesure statistique, mesure politique – Le cas des personnes sans-abri

Maryse Marpsat

Depuis les années 1980 se sont développées, aux États-Unis puis en Europe, diverses méthodes statistiques pour enquêter les personnes privées de logement, y compris celles qui dorment dans un lieu « non prévu pour l’habitation », les « sans-abri ». Les dénombrements de rue peuvent être réalisés localement par des autorités locales ou par des organismes d’aide aux sans-domicile pour évaluer des politiques envers les sans-abri ou chercher à attirer l’attention du grand public et des autorités. Des instituts nationaux de statistique pratiquent des dénombrements des sans-abri au niveau national et mettent en avant un argument de type civique. Un troisième type d’enquêtes correspond à une vision des sans-abri comme occupant une situation qui peut n’être que transitoire, et à une action publique visant à améliorer la situation des sans-domicile, mais aussi à la prévenir. En s’inspirant des travaux d’Alain Desrosières, on essaiera de rapprocher les outils statistiques, les façons de penser la société, et les politiques visant à agir sur celle-ci, du moins pour la fraction qui nous intéresse ici.

N. 115

Calendar Interviewing and the Use of Landmark Events – Implications for Cross-cultural Surveys

Tina Glasner, Wander van der Vaart, Robert F. Belli

Des entretiens par calendrier et utilisation d’événements marquants – Implications pour les enquêtes transculturelles : Cette note traite des questions méthodologiques potentielles dans la conception et la mise en œuvre des aides de rappel par calendrier tels que le Calendrier Histoire de vie pour les enquêtes transculturelles. Plus précisément, elle vise à fournir des indications sur comment l’utilisation des événements marquants dans des entretiens par calendrier peut être influencée par la variabilité interculturelle. À titre d’exemple, nous comparons les événements marquants rapportés par les répondants néerlandais et américains dans deux études dans lesquelles des aides de rappel par calendrier ont été utilisées. L’étude examine les différences qui ont été trouvées entre les deux pays dans le nombre et les types d’événements marquants rapportés, ainsi que dans la distribution temporelle de ces événements. Les résultats suggèrent qu’il est important pour les chercheurs d’examiner comment des événements dans des calendriers se traduisent dans divers contextes culturels.

N. 115

Traiter des « masses » de données prosopographiques par la numérisation d’annuaires – Espoirs et vertiges

Sylvain Laurens, Francis Marchan

Cette note se propose de faire le point sur les avancées faites en reconnaissance optique des caractères (OCR) et sur la contribution de ces techniques à la constitution de bases de données prosopographiques en sciences sociales. A partir de l’exemple d’une enquête sur les lobbys européens, il traite notamment des progrès permis par l’OCR avec l’analyse de plusieurs annuaires biographiques recensant des groupes d’intérêts patronaux. A partir de cet exemple, il émet l’hypothèse que le développement des techniques de numérisation permet la constitution de corpus de données bien plus importants dans le cadre d’enquêtes quantitatives menées par des équipes de taille réduite. Il souligne également le fait que cette extension des corpus – rendue possible par la numérisation – soulève de nouveaux problèmes de méthode et augmente le temps de travail consacré à la standardisation des données numérisées.

N. 115

Ségrégation et fragmentation socio-spatiale – L’épreuve de la mesure

Jean-Michel Wachsberger

Cette note est une réflexion sur le sens et la portée des indicateurs de ségrégation et de fragmentation socio-spatiale et, au-delà, sur la place des statistiques dans le raisonnement sociologique. Il montre que si ces indicateurs peuvent servir à éprouver les thèses de la ségrégation ou de la fragmentation, ils doivent néanmoins eux-mêmes être mis à l’épreuve du raisonnement sociologique. Le choix des indicateurs statistiques n’est pas en réalité un exercice purement technique, mais est fortement lié au sens que l’on accorde au phénomène. Leur construction et leur interprétation dépendent ainsi toujours de la façon dont on les a préalablement défini, dont on a imaginé leurs causes et dont on a anticipé leurs conséquences. En ce sens, les indicateurs statistiques ne peuvent être qu’une étape d’un raisonnement particulier.

N. 115

Human or Machine Coding of Open-ended Questions

Roel Popping

Codage manuel ou par machine des questions ouvertes : Dans les études où les questions ouvertes sont utilisées, il est souvent argumenté que le choix n’est pas entre un codage manuel ou par machine. C’est la position que l’enquêteur prend à l’égard du processus de codage qui est pertinent : de quel point de vue est effectué le codage ? Ce choix détermine si un codage manuel ou par machine peut être effectué. Les résultats que l’on obtient lorsque ces méthodes sont utilisées peuvent être très différents.

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N. 116, octobre 2012

Harpoon or Bait? A Comparison of Various Metrics in Fishing for Sequence Patterns

Nicolas Robette, Xavier Bry

Harpon ou appât ? Une comparaison de différents métriques dans la pêche aux types de séquences – L’analyse de séquences s’est considérablement répandue dans les sciences sociales depuis une vingtaine d’années. Son but consiste généralement à décrire des trajectoires et à y identifier des régularités. De nombreuses mesures de dissimilarité existent, rendant cruciale la question de la robustesse de la méthode. Les différentes techniques, produisent-elles des résultats convergents ? Quelles métriques identifient quelles régularités ? Nous proposons une comparaison systématique d’une dizaine de métriques couramment utilisées dans les travaux en sciences sociales, à partir de l’analyse des matrices de dissimilarités produites par l’analyse d’un ensemble de séquences simulées et composées des principaux types de régularités que les sociologues peuvent souhaiter étudier. On souhaite faciliter le choix par les chercheurs de la méthode la mieux en adéquation avec leurs données et leurs questions de recherche.

N. 116

Une approche « hétéro-statistique » et graphique des masses de données d’enquête – le logiciel PointG

Stéphane Champely, Brice Lefèvre, Julie Thomas, Sylvain Ferez

En sociologie, on est souvent confronté au problème de présentations graphiques basées sur le traitement des grandes quantités de données provenant des enquêtes par questionnaire. En outre, les utilisateurs potentiels peuvent être d’expertise statistique faible, ce qui nécessite un logiciel d’une utilisation relativement simple tel que PointG avec ses menus déroulants. Il est conçu pour faire face à des difficultés dues à la collecte massive de données quantitatives, tant aux niveaux stratégique et tactique qu’opérationnel du traitement statistique. Il propose de façon classique des analyses allant de l’univarié au multivarié, mais surtout permet d’automatiser des traitements sur des groupes de variables et de calculer des tailles d’effet globales comme locales. Il se distingue par une approche « hétéro-statistique » qui permet à l’utilisateur de ne pas se soucier de la nature des variables lors d’analyses bivariées, ainsi que lors de régressions et d’analyses factorielles. PointG a été développé dans l’environnement puissant et libre de distribution de R.

N. 116

Impact of the Mode of Data Collection on the Quality of Answers to Survey Questions Depending on Respondent Characteristics

Melanie Revilla

Impact du mode de collecte des données sur la qualité des réponses aux questions des enquêtes en fonction des caractéristiques des répondants : L’Internet est de plus en plus utilisé pour mener des enquêtes. Toutefois, le passage des modes traditionnels de collecte de données à l’Internet peut menacer la comparabilité des données si le mode a un impact sur la façon de répondre des personnes interrogées. Dans une recherche précédente, Revilla et Saris (2012) trouvent que la qualité (définie comme le produit de la fiabilité et de la validité) moyenne pour plusieurs questions posées dans une enquête en face-à-face et une en ligne est semblable. Mais cela signifie-t-il que le mode de collecte de données n’a pas d’impact sur la qualité ? Ou est-il possible que la qualité soit plus élevée dans les enquêtes en ligne pour certains répondants alors que pour d’autres elle est inférieure, de telle sorte que la qualité moyenne pour l’échantillon complet est similaire ? En comparant la qualité pour les différents groupes de répondants d’une enquête face-à-face et d’une en ligne, aucun impact significatif sur la qualité n’est trouvé pour les caractéristiques des répondants, le mode de collecte ou l’interaction entre eux.

N. 116

Paul Felix Lazarsfeld His Methodological Inspirations and Networking Activities in the Field of Social Research, Prague, 25 – 27 September 2011

Eva Balazova, Jan Marsalek

Paul Lazarsfeld Félix – Ses inspirations méthodologiques et ses activités de réseau dans le domaine de la recherche sociale, Prague, 25-27 septembre 2011 – Ce texte apporte une information sur le colloque international consacré à Paul F. Lazarsfeld qui s’est tenu à Prague en septembre dernier. Trois orientations dans les communications présentées ont été retenues en particulier : 1) Les analyses critiques des méthodes que Lazarsfeld privilégiait ; 2) les témoignages sur la personnalité et le style intellectuel de Lazarsfeld ; 3) l’examen de sa postérité et de sa présence dans la recherche contemporaine.

N. 116

Who is Responsible for the Disappearance of Social Classes?

Pierre Mercklé

Qui est responsable de la disparition des classes sociale ? Telle était la question débattue le 12 octobre 2011 lors d’une journée d’études organisée á l’ENS Ulm par le « GDR Economie & Sociologie » du CNRS. Cette journée s’intitulait : « Les classes sociales ont-elles été dissoutes parles socio-économistes dans les réseaux, les générations et la hiérarchie desrevenus ? », mais plus simplement, il s’agissait de se demander qui avait fait dispara?re les classes sociales des modes de lecture du monde social traditionnellement mobiliseés, en sociologie et ailleurs. Un compte rendu de cette journée par l’auteur est disponible en franµais sur le Web á cette adresse : http://pierremerckle.fr/2011/10/qui-a-fait-disparaitre-les-classes-sociales/.

N. 116

Comment décrire les liens entre mobilité « objective » et mobilité « subjective » ? Retour sur la proposition de D. Merllié

Monique Dalud-Vincent

Comme D. Merllié, nous proposons d’étudier les liens entre mobilité « objective » et mobilité « subjective », sans construire de hiérarchie a priori sur l’ensemble des groupes ou catégories socioprofessionnel(le)s. Mais, pour éviter les risques de surinterprétations du score moyen, nous bâtissons le tri croisé entre ces deux variables afin de l’étudier avec les méthodes usuelles comme l’AFC, des calculs de pourcentages d’avis optimistes/pessimistes, voire des représentations graphiques.

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N. 117, janvier 2013

Extended Field Efforts to Reduce the Risk of Non-response Bias: Have the Effects Changed over Time? Can Weighting Achieve the Same Effects?

Julia Hall, Victoria Brown, Gerry Nicolaas, Peter Lynn

Les efforts sur le terrain pour réduire les biais de non-réponse, ont-ils un effet à long terme ? La pondération, peut-elle atteindre les mêmes résultats ? Les efforts sur le terrain pour réduire les biais de non-réponse, ont-ils un effet à long terme ? La pondération, peut-elle atteindre les mêmes résultats ? : Cet article examine de stratégies qui visent à améliorer les taux de réponses dans les enquêtes en essayant de transformer des refus de réponse en acceptation ou de mieux atteindre les catégories de l’échantillon les plus difficiles à contacter. Des recherches antérieures ont montré que les effets de ces efforts sur les estimations sont compatibles avec la réduction des biais. Nous prolongeons la recherche précédente dans trois directions. D’abord, une première partie suit l’évolution dans le temps des effets des efforts prolongés sur les estimations. Nous étudions les changements qui sont intervenus en ce domaine au Royaume-Uni sur une période de dix ans. En deuxiéme lieu, nous employons une mesure plus précise de la difficulté de contact. Enfin, nous évaluons les effets de ces efforts tant sur les ajustements pondérés pour l’estimation des non-réponses que sur les échantillons non pondérés.

N. 117

Response Rate and Nonresponse Bias – Impact of the Number of Contact Attempts on Data Quality in the European Social Survey

Marek Fuchs, Dayana Bossert, Sabrina Stukowski

Taux de réponse et biais de non-réponse – Impact du nombre de tentatives de contact sur la qualité des données de l’European Social Survey : Le problème de la difficulté de contacter des répondants et la baisse de la volonté de coopérer ont contribué à une baisse du taux de réponse pour les enquêtes dans la population. Pour lutter contre les non-réponses, plusieurs méthodes ont été employées : incitations, lettres d’annonce, enquêtes spécifiques pour les répondants réticents, efforts accrus sur le terrain pour contacter d’éventuels répondants. En particulier, le nombre de tentatives de contact a été augmenté pour beaucoup d’enquêtes. Bien que davantage de tentatives de contact augmentent les coûts d’enquête, ce procédé est un moyen efficace pour améliorer le taux de réponse. Cependant, l’idée qu’un taux de réponse élevé améliore la qualité des données et diminue le biais de non-réponse a été mise en doute. Dans cet article, nous utilisons les données concernant les contacts de l’European Social Survey concernant la Norvège, le Finlande et la Slovénie pour voir si oui ou non des tentatives de contacts supplémentaires, permettant un taux de réponse plus élevé, peuvent réduire le biais de non-réponse.

N. 117

Les médias et l’opinion – Eléments théoriques et méthodologiques pour une analyse du débat sur l’identité nationale

Emmanuel Marty, Pascal Marchand, Pierre Ratinaud

Cet article revient sur le « grand débat sur l identité nationale » initié par le Ministére de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire à l hiver 2009-2010. A l aide des théories du cadrage (Bateson, 1972; Entman, 1993; Chong et Druckman, 2007), il se propose d identifier les relations et perméabilités entre le débat public tel qu il s est manifesté sur le Web et le traitement médiatique qui en a été réalisé. Pour ce faire, il a été mené une analyse lexicométrique croisée de deux corpus : 18.240 contributions postées sur le site ministériel dédié d’une part, 1.436 articles de presse publiés du 25 octobre au 2 décembre 2009 d’autre part. Une classification hiérarchique descendante effectuée avec le logiciel Iramuteq nous a permis d’identifier, par leur lexique, des lieux de perméabilité entre cadres personnels et médiatiques dans l’appréhension du débat, mais aussi des univers de discours propres à l’un ou l’autre des corpus. Nous les présentons ici de maniére détaillée en proposant des pistes explicatives de leurs dynamiques.

N. 117

Bref rappel de trois problèmes méthodologiques de l’histoire de vie en sociologie

Jacques Hamel

Cet article rappelle la vogue de l’histoire de vie en sociologie au début des années 1970, notamment à la lumière des travaux conduits à cette époque par Daniel Bertaux. Qu’en est-il quarante ans plus tard? Après un bref survol historique, sont ensuite envisagés : 1) la question de la représentativité ; 2) le statut conféré au sens commun; et 3) la rigueur de l’analyse élaborée sur la base de l’histoire d’une vie dans l’esprit de la théorisation ancrée. Ces trois sujets sont abordés afin de montrer les pistes de solution aux problèmes méthodologiques qu’ils soulèvent d’office. L’exemple simple de l’analyse d’une histoire de vie vient illustrer le propos.

N. 117

Meta-analysis for Sociology – A Measure-driven Approach

David J. Roelfs, Eran Shor, Louise Falzon, Karina W. Davidson, Joseph E. Schwartz

Méta-analyse pour la sociologie – Une approche orientée « mesure » : Les méthodes de méta-analyse ont pris de l’importance dans la recherche sociologique. Dans cet article, nous présentons une approche de méta-analyse spécialement utile aux sociologues. Les approches conventionnelles de la méta-analyse donnent souvent priorité à l’analyse de la bibliographie du champ fondée sur une approche orientée « concept ». Or, dans les disciplines ayant une grande diversité de théories, comme la sociologie, cette approche contraint le chercheur à exploiter complètement et en totalité la production du domaine étudié. Nous expliquons qu’une approche orientée « mesure », au cours de laquelle des recherches itératives et de nouvelles techniques de recherche automatisées sont utilisées permet d’augmenter le nombre de publications trouvées (et ainsi l’éventail des analyses possibles), d’élargir la période considérée et de d’outrepasser les frontières des disciplines. Nous décrivons cette approche orientée « mesure » à partir de deux projets de méta-analyse qui examinent les effets de différentes variables sociales sur toutes les causes de mortalités.

N. 117

Sample Size Requirements for Stable Clustering of Free Partition Sorting Data

Joachim Harloff, Adrian Stringer, Jennifer Perry

L’exigence de taille de l’échantillon pour la classification stable de tri libre de données : Taux de convergence des résultats d’analyse par grappes sont étudiés pour six ensembles de données de tri partition. Analyse de classification hiérarchique, analyse typologique floue, k-medoïds clustering et quatre variantes de la méthode de classification de consensus sont couverts. Les six ensembles de données sont des termes de parenté, des plaques de couleur, des données de médicaments, d’articles de consultants site Web, les groupes sociaux et les tests prénataux. Les taux de convergence dépendent du nombre de pôles extraites, sur la méthode de classification et sur le domaine. Pour les domaines de 25 articles ou plus, des résultats d’analyse de cluster identiques au résultat final étaient le plus fréquemment obtenu en utilisant la troisième méthode de Gordon et Vichi (2001). Des exemples d’évaluations sont donnés pour les numéros les plus stables de clusters pour cinq séries de tri partition en utilisant la méthode de Gordon et Vichi. Les interprétations ressemblent aux précédemment interprétations publiés sur les résultats obtenus à partir de méthodes statisitques de non-séparation.

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N. 118, avril 2013

Discrete Graphical Models in Social Mobility Research – A Comparative Analysis of American, Czechoslovakian and Hungarian Mobility before the Collapse of State Socialism

Renáta Németh, Tamás Rudas

Modèles graphiques discrets en mobilité sociale – Une analyse comparative de mobilité en Amérique, Tchécoslovaquie et Hongrie avant l’effondrement du socialisme d’État : Des variantes de « path models » ont été largement utilisés pour l’analyse du processus d’obtention de du statut social. Les méthodes présentées ici diffèrent des approches antérieures de plusieurs façons. Le statut social est considéré comme une variable catégorielle et les « path modèles » sont développés à partir de modèles graphiques en utilisant l’approche log-linéaire marginale. L’ajustement du modèle global peut être testé par des techniques classiques. Dans ces modèles, le processus d’obtention de statut social est entièrement caractérisé par un ensemble de paramètres qui permettent de mesurer les points forts des effets pertinents. Ceci est en contraste frappant avec l’estimation et l’interprétation des paramètres ad hoc, sans prendre en considération l’ajustement global du modèle et à ni d’autres effets influençant le processus. La méthode est appliquée au processus d’obtention de du statut social aux Etats-Unis, en Tchécoslovaquie et en Hongrie à la fin du siècle dernier, et montre que les politiques dans ces deux derniers pays pour empêcher l’héritage du statut social ont eu peu de succès.

N. 118

L’analyse des réseaux sociaux – Un survol à travers quelques jalons

Alain Degenne

L’analyse des réseaux sociaux a des origines pluridisciplinaires (anthropologie, psychologie sociale, sociologie, mathématiques). Elle apporte à la sociologie un point de vue fondé sur l’étude des cercles sociaux d’une part et des relations entre les personnes d’autre part. La cohésion sociale, les rôles sociaux, la médiation, la diffusion des innovations et des idées, le petit monde, le capital social, etc. font partie des thèmes auxquels l’analyse des réseaux sociaux a apporté un éclairage intéressant. Ce texte est inspiré de la présentation d’ouverture de l’Ecole d’été du CNRS sur les réseaux sociaux à Cargèse, en Corse, du 15 au 20 septembre 2008.

N. 118

Ecole thématique CNRS « Etudier les réseaux sociaux », Porquerolles,10-14 septembre 2012

Michel Grossetti, Claire Lemercier, Claire Bidart, Michel Bertrand

Suite au succès de la première école d’été du CNRS sur les réseaux sociaux qui s’est tenue à Cargèse, Corse, du 15 au 20 septembre 2008 (voir l’article précédent d’Alain Degenne), les organisateurs et le CNRS ont décidé qu’une seconde école thématique devrait être organisée sur l’île méditerranéenne de Porquerolles, cette fois avec une plus grande représentation des sciences sociales autres que la sociologie, en particulier l’histoire. Cette note rend compte de cette seconde école thématique sur les réseaux sociaux plutôt réussie.

N. 118

Considering Dialect in Survey Research

Isabelle Renschler, Brian Kleiner

Considérer les dialectes dans les enquêtes : Cet article présente les effets importants que la variation dialectale peut avoir sur la mise en œuvre et sur les résultats d’enquêtes dans certains environnements linguistiques. Plus précisément, ces différences d’expression entre les populations d’un même pays peuvent interférer de façon significative sur la coopération, la compréhension et les réponses des personnes sondées. Le contexte suisse est présenté comme une étude de cas sur la façon dont les difficultés dues à la variété des langues et dialectes lors de la réalisation d’enquêtes peuvent affecter la qualité des données. Il est donc important de sensibiliser la communauté scientifique à l’impact potentiel de la variation dialectale sur les processus de participation et de réponse aux enquêtes. En outre, il est nécessaire de poursuivre des recherches au niveau international sur la nature et la portée du problème, ainsi que *sur le développement de stratégies et de remèdes appropriés à chaque contexte.

N. 118

Justifier et préciser l’interprétation des données statistiques

Jacques Siracusa

Des critiques sociologiques à l’encontre des données statistiques sont reformulées en terme sémantique. Le problème classificatoire a été largement reconnu en France ; mais celui relatif à l’interprétation, et relevant du contextualisme, reste négligé. Trois types de solution sont présentés. Reconnaître l’apport de ces stratégies interprétatives conduit aussi à voir qu’il est important, mais souvent difficile, de préciser le contenu de ces résultats sociologiques.

N. 118

Empirical Data and Theory Construction: An Example of Application in Social Science Research

Roberto Cipriani

Données empiriques et la construction de théories – Un exemple d’application dans la recherche en sciences sociales : L’approche classique de la sociologie et d’autres sciences aussi se rapport à l’usage des hypothèses et des procédures de vérification des hypothèses pour établir les effets, s’il y en a, de certaines variables dans les cas étudiés. Mais d’autres savants suggèrent d’autres procédures pour éliminer la présence de hypothèses précédentes et pour privilégier une approche interprétative – opposée à celle hypothétique et déductive. Mais dans cette dernière approche, il y a des problèmes pour le chercheur: comment approcher les données et leur analyse pour assurer la fiabilité des résultats? La suggestion de Blumer d’utiliser les « concepts sensibilisants » semble convenable pour arriver à une interprétation fiable mais à la construction de théoriesaussi. Cette procédure peut se réaliser grâce à l’aide des logiciels.

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N. 119, juillet 2013

Alain Desroisières

Karl M. van Meter

Ce collègue, ami et spécialiste mondialement connu de l’histoire et du développement de la statistique, en particulier dans les sciences sociales, est décédé le 15 février 2013 avant que nous puissions publier l’article de lui en anglais qui suit. Cette note est une brève description de sa vie et son travail. Alain Desroisères, Histoire de la statistique, Développement de la statistique.

N. 119

The History of Statistics as a Genre: Styles of Writing and Social Uses

Alain Desrosières

L’histoire de la statistique comme genre – Style d’écriture et usages sociaux : Dans quelle mesure l’histoire des statistiques appartient au genre littéraire des « constructions sociales » ? Est-ce que ce genre comprend l’élaboration de statistiques nationales ? Ce bref rappel historique des étapes sélectionnées dans les usages sociaux de l’histoire et, plus récemment, de l’histoire de la science, peut être utile pour examiner les différentes façons dont l’histoire de la statistique a été écrite et utilisée. Il comprend cinq sections : la première période des histoires nationales des statistiques (1800-1920) ; les difficultés de l’internationalisme statistique ; l’histoire de la mathématisation de la statistique ; la nouvelle vague des histoires nationales de statistiques (depuis 1975), le Groupe de Bielefeld et la « révolution probabiliste ». Histoire de la statistique, Statistique nationale, Usages sociaux de l’histoire, Internationalisation de la statistique, Groupe de Bielefeld.

N. 119

An Order on Cross-Tabulations and Degrees of Association

Philippe Cibois

La structure d’ordre dans un tableau croisé – Degré d’association : Il est souvent affirmé qu’une structure d’ordre existe dans un tableau croisé quand les marges du tableau disposent d’une telle structure. On peut s’affranchir de ce point de vue et définir précisément une structure d’ordre du tableau lui-même. Comme l’avait déjà remarqué Louis Guttman dans le cas de la scalogram analysis, il faut souvent des déplacements alternatifs des lignes et des colonnes pour parvenir à repérer une échelle. Dans ce cas, c’est bien l’ordre du tableau structuré qui induit un ordre sur les marges et non l’inverse. Cependant Goodman et Kruskal au moment où ils présentent l’indice gamma qui permet de définir l’intensité d’une liaison dans le cas ordonné, n’utilisent que l’ordre des marges, et ils ont été suivis depuis. Il convient de revenir à l’intuition de Guttman et d’utiliser des résultats obtenus ultérieurement pour montrer qu’au moins une approximation d’une structure d’ordre est pratiquement toujours présente sur un tableau. Le tableau croisé issu de questions ordonnées n’est qu’un cas parmi d’autres et inversement un tableau disposant d’une liaison ordonnée forte induit un ordre interprétable sur les modalités des questions. En partant d’exemples réels on montrera que l’on dispose de critères pour définir un ordre sur un tableau, de méthodes formalisées pour rendre apparente la structure associée, de différents indices pour mesurer l’intensité de la liaison, de tests pour en évaluer le degré de signification. Tableau croisé, Structure d’ordre, Indice gamma, Indice PEM.

N. 119

La passation de questionnaire – Chronique d’un solliciteur de l’espace public

François-Joseph Daniel

Dans un espace public composite de plus en plus exposé aux sollicitations en tout genre, l’enquête par questionnaire peut s’avérer problématique. Si la culture de la sollicitation est intégrée par le plus grand nombre, les mécanismes de refus le sont tout autant. L’objectif de cet article est de mettre en visibilité le travail de sollicitation des enquêteurs à travers le récit ethnographique d’un passeur de questionnaire. Il s’appuie notamment sur la nécessité de comprendre le cadre d’interaction qui unit les enquêteurs aux enquêtés et détermine l’efficacité avec laquelle le questionnaire est administré. La capacité à composer avec ce cadre – cet ensemble d’éléments matériels et immatériels qui structurent, contraignent mais aussi rendent possible la passation – constitue l’une des compétences des enquêteurs en action. Etudes quantitatives, Questionnaire, Passation, Travail de sollicitation, Cadre d’interaction.

N. 119

Forms and Modes of Apprehending Interdisciplinarity – A Socio-Computer Analysis of Sports Sciences

Cécile Collinet, Philippe Terral, Patrick Trabal, Matthieu Delalandre

Formes et modes d’appréhension de l’interdisciplinarité – Une analyse socio-informatique des sciences du sport : Cet article porte le regard sur le caractère interdisciplinaire des sciences du sport. L’enjeu de l’étude est double. Il s’agit d’une part de montrer comment l’analyse d’un corpus de textes scientifiques contribue, sans épuiser toutes les dimensions du travail scientifique, à une meilleure connaissance d’un domaine de recherche interdisciplinaire, les sciences du sport. D’autre part il s’agit, sur un plan méthodologique, de développer des outils et des stratégies informatiques d’analyse de données textuelles. L’article montre que l’interdisciplinarité surgit de façon explicite dans les articles scientifiques, comme objet de discussion mais aussi comme mot d’ordre organisationnel dans les sciences du sport. L’analyse du corpus a en outre permis de caractériser finement des formes concrètes de travail interdisciplinaire qui s’organisent autour de disciplines hybrides ou d’objets de recherche spécifiques. Interdisciplinarité, Pluridisciplinarité, Discipline, Sciences du sport, Socio-informatique.

N. 119

XI Conference of the International Society for Quality-of-Life Studies (ISQOLS) “Discovering New Frontiers in Quality of Life Research” (1-4 November 2012, Venice, Italy)

Filomena Maggino

XIe Conférence de l’International Society for Quality-of-Life Studies (ISQOLS) – « La découverte de nouvelles frontières dans les recherches sur la qualité de vie » (1-4 novembre 2012, Venise, Italie) : Ce compte-rendu de la récente onzième conférence de la Société internationale pour les études de qualité de vie (ISQOLS) qui a eu lieu à Venise, retrace le développement des méthodes et les mouvements impliqués dans des mesure de la qualité de vie, y compris le nouveau projet BES lancé par l’Institut national italien de statistique et le projet « How is Life » de l’OCDE. Bienêtre, Qualité de vie, Indicateurs sociaux, Société internationale pour les études de qualité de vie, Conference de Venise.

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BMS résumés 40-79 en français (1993-2003)

BMS 40-79 résumés en français (1993-2003)

N. 40, septembre 1993

Le PEM, Pourcentage de l’Ecart Maximum: un indice de liaison entre modalités d’un tableau de contingence

Philippe Cibois

On définit un indice de liaison entre modalités d’un tableau de contingence, le PEM ou Pourcentage de l’écart maximum. On montre deux exemples réels d’application de ce PEM: il permet de construire des profils, c’est à dire l’ensemble des modalités de réponse d’une enquête qui sont en attraction avec une modalité donnée. Il permet de construire également des styles de comportement, modalités qui ont un ensemble de PEM semblables quand on les croise avec des variables descriptives. PEM, profils, styles, Tri-deux.

N. 40

A method for measuring network effects in scientific cooperation

Saadi Lahlou

Une méthode pour mesurer les effets de réseaux dans la coopération scientiflque. Une méthode d’évaluation quantitative de l’évolution de réseaux scientifiques avec un bref questionnaire envoyé par courrier est présentée. Elle a été utilisée dans l’évaluation des programmes Science/Stimulation dans le cadre de la Communauté européenne (CE). Cette méthodologie est fondée sur la description comportementale des relations entre labos partenaires d’un contract CE aussi bien avant qu’après le programme. Les réseaux sont décrits par une “valeur moyenne” des liens entre paires dans le réseau. Des indicateurs quantitatifs, obtenus par des méthodes univariées et multivariées nous permettent de comparer la situation avant et après le programme et donc de donner des idées pour l’évaluation de l’impact d’un programme. Une forme de visualisation de l’évolution des réseaux avec une analyse multivariée est présentée.

N. 40

Mathematical Modelling and Computer Simulation of Social Processes: Problems and a New Solution1

Klaus G. Troitzsch

Modélisation mathématique et simulation par ordinateur – problèmes et une nouvelle solution.  Cet article donne une vue générale de la modélisation mathématique et la simulation sur ordinatuer de processus sociaux.  La première partie répond à la question pourquoi il y a si peu d’utilisation de ces outils puissants.  La deuxième partie décrit la démarche d’une modélisation scientifique dans n’importe lequel domaine  – l’identification d’une partie de la réalité comme “système réel”, la découverte et/ou le construction de lois reglant le foncionnement de la partie de réalite à être modelée, la transformation de nos notions concernant ces lois en un modèle plus ou moins formel, et (dans le cas de la simulation informatique) l’execution d’une version informatique de ce modèle. Modèles – et simulation informatique aussi – peuvent être classés par leur dynamisme, stochasticité, linéarité, leur niveau (micro vs. macro) et pour la structure de leur espace d’état et temps (discrètes vs. continues). Dans la troisième partie, nous présentons des utilisations et des problèmes de quelques-unes des tentatives de simulation en sciences sociales – DYNAMO et modèles microanalytiques de simulation – et des développements récents d’outils (dans la quatrième partie), particulièrement le logiciel MIMOSE de simulation et de modelisation micro et multiniveau, dévelopé ces dernières années par l’équipe de l’auteur.  La dernière section couvre des problèmes généraux de simulation informatique dans les sciences sociales comparés avec des approaches mathématiques; quand des inférences de multiples hypohtèses ne peuvent pas être déduites de façon logique ou mathématique, la simulation au moins permet de déduire des inférences de conditions initales données ou de combinaisons de parametres, tout en n’étant pas une déduction logique ou une analyse mathématique. Quiconque qui utilise la simulation pour essayer de trouver des solutions à des questions sociales ou politiques doit en être conscient et avertir son auditoire que la simulation n’est jamais plus qu’une solution d’un modèle formel pour un vecteur de paramètres et un ensemble donnée de conditions initalies – qui doivent être justifiés tous les deux -, et que la simulation stochastique est encore plus limitée: elle donne une seule réalisation du processus stochastique. Des outils de simulation ne doivent pas seulement aider à prendre connaissance de ce fait, mais aussi promouvoir et – encore plus – fair respecter cette connaissance. Modélisation mathématique de processus sociaux, Simulation informatique, Simulation microanalytique, Modélisation multiniveaux, Modèles formels, Comportement chaotique.

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N. 41, décembre 1993

Mode Effects in Survey Research: A Comparison of Mail, Telephone, and Face to Face Surveys

Edith D. de Leeuw

Effets de mode dans la recherche par enquête – Comparaison des questionnaires par courrier, téléphone et face-à-face.  Dans les données d’enquête quatre sources d’erreur potentielles peuvent influencent les résultats: les répondants, les interviewers, les questions et le mode de collecte des données.  Dans les vingt dernières années il y a eu un changement dans la manière de collecter les données; des enquêtes par téléphone et, dans un moindre degré, celles par courrier sont beaucoup plus utilisées.  Ceci a promu des recherches empiriques sur l’influence de la méthode de collecte des données sur la qualité des données.  Une analyse de la littérature empirique suggère qu’il y a de petites différences entre des enquêtes par courrier et celles par entretien (aussi bien par téléphone que face-à-face).  Une expérimentation contrôlée sur le terrain aux Pays-Bas a confirmé ces résultats.  Il est un peu plus difficile d’obtenir des réponses par courrier comme c’est indiqué par le fort pourcentage de données manquantes, mais quand il y a des réponses, la qualité des données est meilleure, ce qui est indiqué par plus de détails sur les thèmes sensibles et des réponses plus cohérentes.  Aucune méthode est meilleure pour tous les critères.  De plus, deux modèles d’équations structurelles (un sur la solitude et l’autre sur le bien-être) ont été comparés pour les trois méthodes de collecte de données.  Les différentes méthodes ont produit des matrices de covariance significativement différents.  Des analyses plus poussées ont montré que les modèles structuraux étaient différents: la même structure était rencontrée chaque fois, mais l’importance relative de quelqu’uns des paramètres estimés variés considérablement pour les méthodes de collecte des données. Comparaison de mode, Collecte de données, Qualité des données, Erreur de mesure, Entretien face-à-face, Enquête par téléphone, Enquête par courrier, Entretien.

N. 41

Sociology as a Profession in Europe

Siegfried Lamnek

La sociologie comme profession en Europe.  La première parties de cet article concerne l’Allemagne et la professionnalisation de la sociologie, son développement comme discipline universitaire, le concept de professionnalisation, les éléments qui empêchent la professionnalisation et possibilités de professionnalisation en Allemagne.  La prochaine section fournit une vue générale de comment la sociologie est enseignée en France, Grande-Bretagne, Pays-Bas et Italie, et les emplois possibles pour sociologues comme élément de la professionnalisation dans ces mêmes pays.  Cette section se termine en remarquant qu’il n’existe pas de modèle idéal actuellement, mais les sociologues commencent à réfléchir sur leur situation.  La dernière section concerne la sociologie dans les vieux länder de l’Allemagne fédérale, la situation historique de la sociologie en Allemagne, l’enseignement de la sociologie et le marché de l’emploi pour les sociologues.  Sociologies, Sociologues, Professionnalisation, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Italie.

N. 41

Researching THE MARKET FOR SOCIOLOGISTS AND SOCIOLOGISTS’ CAREERS: OVERVIEW AND INITIAL RESULTS

Karl M. van Meter

Le marché pour des sociologues et carrières des sociologues – vue générale et premiers résultats.  En préparation pour la réunion du Conseil de Recherche de l’Association Internationale de Sociologie à Onati en Espagne les 7-11 avril 1992 sur le thème “Utilisations contemporaines de la recherche sociologique” une étude méthodique de la recherche, de la documentation et des données sur les carrières et le marché pour les sociologues, a été faite.  Les grandes bases de données ont été interrogées et analysées.  Des organisations professionnelles ont été interrogées aussi bien que des gouvernements et des organisations internationales.  Une analyse et vue générale de ce matériel sont présentées.  Sociologues, Carrières de Sociologues, Enseignement de la sociologie, Marché du travail pour les Sociologues, Sources de données sur les sociologues.

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N. 42, March 1994

SOCIOLOGICAL METHODOLOGY

Karl M. van Meter

La sociologie avance grâce au progrès conjoint de la théorie et de la méthodologie.  A la diversité des approches théoriques correspond celle des méthodologies.  La distinction entre méthodologie “quantitative” et méthodologie “qualitative” s’est estompée ou n’a plus de pertinence.  Peut-être serait-il plus constructif de parler de méthodologie “ascendante” et de méthodologie “descendante”, étant entendu qu’elles sont complémentaires et peuvent être combinées en un même projet de recherche.  Toutes les méthodologies sont de nature “non universelle”, même si chacune convient plus précisément à tel ou tel domaine.  L’intérêt de l’analyse multiméthode, c’est qu’elle permet d’obtenir des résultats stables et de jeter des passerelles entre diverses sous-disciplines.  On trouvera présentée ici une procédure générale de recherche sociologique en quatre points “classiques” auxquels viennent s’ajouter deux étapes fondamentales qui demeurent souvent non explicitées: la transformation initiale et la transformation finale de l’information au cours du processus de recherche.  Méthodologie ascendante et descendante, Procédure générale de recherche, Analyse multiméthode, Méthodologie qualitative et quantitative.

N. 42

From Paradigms to Eclecticism:  Thematic Profiles of German Language Core Sociology Journals 1984-1991

Heinrich Best et Renate Ohly

De paradigmes à l’éclecticisme: Profiles thématiques des revues en sciences sociales de langue allemande 1984-1991.  La banque de données bibliographique SOLIS (Système d’information pour la littérature en sciences sociales) du Centre d’information en sciences sociales à Bonn a été utilisée comme base empirique pour une recherche sur le changement thématique et la structure paradigmatique de la sociologie dans les pays de langue allemande.  Les articles publiés entre 1984 et 1991 dans les six journaux spécialisés les plus prépondérants ont servi de champ d’observation.  Les thèmes généraux de la classification systématique des descripteurs ont été utilisés pour classer les articles.  Les résultats obtenus ont fait l’objet d’une analyse des correspondances.  Comme tendance générale, on a pu observer un glissement de “paradigmes” vers “l’éclecticisme”.  Alors qu’au début, les journaux et sujets concernés avaient pu être localisés à l’intérieur de l’espace thématique constitué par deux axes principaux, macrosociologie – microsociologie, et théorie et méthodologie – application pratique, cette structure thématique bien définie s’estompait à la fin, les rapports entre les thèmes et les journaux devenant moins précis.  Recherche en bibliométrie, Analyse des correspondances, Changements paradigmatiques, Développement scientifique.

N. 42

PRACTICAL ISSUES IN COLLECTING LIFE-TIME WORK HISTORIES IN SURVEYS

Pamela Campanelli et Roger Thomas

Problèmes pratiques dans la collecte des histoires de vie de travail lors d’une enquête.  Cette étude concerne les problèmes cruciaux méthodologiques soulevés par un projet d’enquête des “Vie de travail” au Royaume-Uni.  La questions était: comment obtenir une description détaillée et datée de toutes les étapes constituant l’histoire de vie de travail d’un interviewé avec un maximum de précisions et d’exhaustivité, mais en respectant les contraints d’une enquête par entretient quantitative et standardisée d’une population importante.  Suivante une discussion des problèmes pratiques, cette étude présente une enquête empirique de petite taille sur une population représentative.  Le premier entretient avec les interviewés a été fait avec un questionnaire hybride récemment développé.  Plus tard, un entretien de fond a été fait avec les interviewés en utilisant des démarches cognitives et qualitatives qui doivent maximiser la précision et l’exhaustivité du rapport final sur la vie de travail d’un interviewé.  Une comparaison des deux approches suggère que l’enquête quantitative n’a pas saisi 25% des étapes demandées des vies de travail et qu’il était beaucoup plus probable que certains types d’étapes ne soit pas saisi que d’autres.  Les points généraux discutés ici comprennent l’utilisation des aides de calendrier, l’envoie d’une lettre préalable, la présence d’une autre personne lors de l’entretien, la disponibilité de documents externes de “validation”, l’effet de la longueur de l’entretien sur la qualité des données, et les problèmes et implications de la collecte d’autres types d’histories de vie pendant les mêmes entretiens.  Quoi que le centre d’intérêt de cette étude était le souvenir d’emplois et d’autres événements et étapes d’un histoire de vie de travail, nous croyons que les résultats et leur interprétation sont importants par rapport à la collecte d’autres types d’histoires de vie.  Histoires de vie, Vies de travail, Enquêtes, Collecte des données, Royaume-Uni.

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N. 43, juin 1994

Applying sociology: conversation analysis in the study of human-(simulated) computer interaction

Robin Wooffitt

Application de la sociologie: Analyse de conversation pour l’étude de l’interaction ordinateur (simulé) – homme.  Beaucoup de recherches récentes ont porté sur le dessin de systèmes de communication verbal homme-ordinateur conviviaux.  Cependant, on rencontre un problème du type “la poule et l’oeuf”:  comment les dessinateurs de systèmes peuvent savoir de quelle manière les gens réagissent à un ordinateur qui parle et quelles seront leurs exigences;  et comment peut-on construire un système expérimental avant de comprendre le comportement et les exigences des utilisateurs?  Cet article présente deux réponses méthodologiques à ce dilemme trouvées par des chercheurs du département de sociologie de l’université de Surrey en Angleterre.  On présente d’abord une simulation “sorcier d’Oz” (“Wizard of Oz”).  Celle-ci implique l’utilisation d’une complice (le “sorcier”) dont la voix est déguisée électroniquement comme celle d’un ordinateur qui parle.  Des sujets de l’expérience croient qu’ils sont en interaction avec une machine.  Ces échanges sont enregistrés et ensuite analysés pour faire ressortir des informations concernant les exigences des utilisateurs et les compétences communicatives nécessaires.  Ensuite, il y a une discussion sur l’adéquation d’une approche qualitative de l’analyse de conversation pour l’étude des données collectées par ces expériences.  Les sections analytiques de l’article concernent deux stratégies de communication utilisées par des sujets pour identifier et gérer des sources possible de problèmes dans l’échange avec le “système”.  Cette analyse examine l’organisation de ces stratégies et discute de leurs apports à la communication.  Analyse de conversation, Analyse de discours, Communication homme-ordinateur, Etudes de simulation, Exigences de saisie.

N. 43

L’application de la lexicométrie dans une perspective sociologique

Mohamed Dendani

Dans le cadre de cet article, nous proposons de montrer quelques apports possibles de l’analyse lexicale à travers l’analyse d’un corpus sociologique sur les attentes et les rôles des parents d’origine maghrebienne dans la scolarité de leurs enfants. Ce corpus sera traité automatiquement afin d’élargir et d’approfondir la prise de conscience de l’importance des outils informatiques et de voir si des logiciels modernes d’analyse de discours permettent de résoudre d’une façon commode l’usage classique d’analyse de contenu.  Analyse lexicographique, Analyse syntaxique, Analyse de discours, Analyse de contenu, Education, Fammille.

N. 43

RECENT TRENDS IN VALIDITY THEORIES OF MEASUREMENT

K. Walter Schwager

Tendances récentes dans les théories de la validité de la mesure.  Depuis 1954, la manière la plus fréquente d’étudier l’adéquation de la mesure a été aux Etats-Unis en psychologie, en sciences de l’éducation et en sociologie, la théorie de la validité.  Au départ, on a identifié trois types différentes de validité qui prennent en compte le critère, le contenu et la validation de la construction.  Plus récemment, on a constaté des changements importants dans la théorie de la validité où l’on assiste à l’intégration des trois types précédents à l’intérieur de la validation de la construction; puis sont apparues quelques désillusions sur ces concepts de validation de la construction; enfin on s’aperçoit de l’influence croissante de la manière de voir de Donald Campbell en ce qui concerne la mesure.  La modélisation de la causalité est maintenant acceptée comme une autre manière d’envisager le test de validité.  Le présent texte passe en revue ces modifications et les évalue d’un point de vue méta-théorique.  Validité, Validité du contenu, Validité du critère, Validité de la construction, Aspect de la validité, Modélisation de la causalité.

N. 43

Une Petite Pre-Enquete: The Challenge of Social Network Research in France

Alden S. Klovdahl, Alexis Ferrand et Lise Mounier

Une petite pré-enquête: le défis de la recherche sur les réseaux sociaux en France.  Une étude exploratoire a été réalisée à Reims et Paris afin de tester la faisabilité d’obtenir des données nominatives (noms et adresses) pour reconstruire les réseaux sociaux qui connectent les individus dans une société.  Deux types de résistance ont été rencontrés : d’abord, une résistance bien connue à participer à une enquête, ensuite une hésitation à fournir des informations nominatives.  Une évaluation de cette étude exploratoire permet de faire des suggestions sur la matière de réaliser des enquêtes sur les réseaux sociaux en France.  Réseaux sociaux, France, Enquêtes, Problèmes de collecte.

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N. 44, septembre 1994

Cultural Differences in Organizational Communication: A Semantic Network Analysis

Ha-Yong Jang et George A. Barnett

Différences culturelles dans la communication organisationnelle – une analyse de réseau sémantique.  Ce papier examine l’influence de la culture nationale sur la culture organisationnelle en analysant des messages produits pour le public.  L’équivalence structurelle des entreprises japonaises et américaines côtées en bourse aux Etats-Unis a été étudiée par l’analyse de réseau sémantique.  35 de 500 entreprises citées par Fortune sont jumellées par secteur.  Les textes du rapport annuel de leur PDG ont été analysés pour repérer les mots les plus fréquents.  Ensuite, la fréquences de ces mots pour chaque entreprise est déterminée.  Une matrice entreprise X mots est créée et multipliée par sa transposition, donnant ainsi une matrice 35 X 35 basée sur la cooccurrence des mots.  L’analyse a discerné deux groupes:  un comprenant les entreprises japonaises et l’autres les américaines.  Les japonaises étaient fortement regroupées par rapport au groupe américain faiblement centré.  Les entreprises américaines communiquaient des informations sur les finances et la structure de l’entreprise pendant que les entreprises japonaises décrivaient des opérations organisationnelles.  Une analyse discriminante montre que les deux groupes pouvaient être parfaitement distingués par leurs textes.  Le secteur d’activité des entreprises n’étaient pas du tout reflété dans les messages, seulement leur culture nationale y trouvait place.  Culture nationale, Culture organisationnelle, Japon, U.S.A., Analyse de réseau sémantique, Cooccurrence de mots.

N. 44

Computer assisted data collection, data quality and costs:  A taxonomy and annotated bibliography

Edith D. de Leeuw

Collecte de données par ordinateur, qualité des données et coûts – une taxonomie et bibliographie annotée.  Par des appels aux contributions publiés et des analyses de bases de données, l’auteur a repéré la littérature sur la collecte de données par ordinateur et la qualité des données pour construire une bibliographie annotée dans laquelle chaque entrée est codée par rapport à une taxonomie.  Bibliographie, Mots clefs, Taxonomie, Collecte de données par ordinateur, CATI, CAPI, CASI, DBM, EMS, Télépanel, Coûts, Entraînement d’interviewer, Effet de l’interviewer, Taux de réponse, Qualité des données.

N. 44

INTENSITE DE LIAISON ET MASSE D’INFORMATION DES TABLEAUX DE CONTINGENCE: DEUX PROBLEMES DE MESURE EN ANALYSE DES DONNEES.

Frédéric Michel

L’article décrit une réflexion en cours d’élaboration, face à l’utilisation malsaine de certains outils statistiques. Il propose tout d’abord un outil pour mesurer la corrélation interne à un tableau de contingence de grande taille, afin de pouvoir comparer à cet égard des tableaux similaires par l’usage d’un coefficient (bornes fixées à 0 et 1). Ensuite l’article traite de l’information absorbée par le tableau correspondant à la situation d’indépendance des variables en analyse factorielle: postulant que ce matériau informatif doit être pris en compte en amont de l’analyse factorielle, l’article propose une technique de mesure de cette masse d’information, que généralement le sociologue ne traite pas en tant que telle.  Tableau de contingence, Indépendance statistique, Measure d’information, Analyse factorielle.

N. 44

Liaison et information dans les tableaux de contingence:  Commentaire de l’article de Frédéric Michel

Philippe Cibois

L’article de Frédéric Michel (“Intensité de liaison et masse d’information des tableaux de contingence: deux problèmes de mesure en analyse des données”) publié dans le présent numéro, propose des solutions à un certain nombre de questions. Il serait utile pour éclairer le problème, de replacer la solution de l’auteur dans la logique de ce qui a été fait antérieurement.  Analyse des données, Tableaux de contingence, Mesure d’information, Indice de liaison.

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N. 45, décembre 1994

The social structure of sociology in spain

Josep A. Rodriguez

La structure sociale de la sociologie en Espagne.  Le but de ce texte est de dresser l’état de la structure sociale de la recherche sociologique universitaire en Espagne en utilisant des techniques d’analyse des réseaux sur l’organisation sociale de la sociologie et sur ses productions culturelles à travers les relations entre dispositifs de recherche et départements universitaires. Plus particulièrement, MDS a été utilisé pour étudier le champ institutionnel de la connaissance sociologique et de la sociologie universitaire ainsi que l’organisation sociale de la production sociologique en général. Deux fichiers relationnels ont été utilisés : le premier construit à partir de la description exhaustive de 42 dispositifs de recherche en sociologie, fichier mis au point lors du Congrès Mondial de Sociologie de Madrid en 1990 ; le deuxième élaboré à partir des analyses des articles publiés dans ces cinq dernières années par la principale revue espagnole de sociologie (Revista Espanola de Sociologia). L’analyse est mise en rapport avec le processus de construction de la Sociologie comme discipline universitaire durant les dernières décades d’une part, et d’autre part avec les caractéristiques de la production courante de la discipline. L’objectif est non seulement de montrer le système de relations et d’influence entre universités et dispositifs de recherche et leur impact sur la connaissance et le travail sociologique courants, mais aussi d’ouvrir la voie à une compréhension de la Sociologie comme construction sociale tentant de rendre compte de phénomènes sociaux anciens et nouveaux.  Analyse des réseaux, Construction sociale de la sociologie, Sociologie espagnole.

N. 45

A qualitative protocol for Studying Technological change in the labor process

James R. Zetka Jr. et John P. Walsh

Une approche qualitative pour l’étude de l’impact des changements technologiques sur les lieux de travail.  Cet article illustre et défend la logique d’une approche qualitative pour l’étude de l’impact des changements technologiques sur les lieux de travail.  La première partie traite de l’utilisation de la méthode de l’étude des cas pour mettre au jour les ordres normatifs qui façonnent les réactions aux innovations technologiques.  Dans la deuxième partie, les auteurs utilisent des analyses sur archives pour tester leurs hypothèses et les généraliser à la sphère industrielle dans une perspective longitudinale.  Des analyses comparatives sont présentées dans la troisième partie pour éclairer ces formulations théoriques.  Cette approche est illustrée par l’étude de Zetkas (1992a, 1992b) sur l’innovation dans le secteur de la carrosserie et par celle de Walsh (1989, 1991) sur celui de la boucherie de détail.  Méthodologie qualitative, Méthodologie historique, Travail de production, Changement technologique, Relations de travail, Industrie de l’automobile, Bouchers, Epicerie de supermarché.

N. 45

The Use of Weberian Ideal-Type Methodology in Qualitative Data Interpretation: An Outline for Ideal-Type Analysis

Uta Gerhardt

L’utilisation de la méthodologie des types-idéaux wéberiens dans l’interprétations qualitative des données – un  guide pour l’analyse par types-idéaux.  Cet article donne une vue d’ensemble de l’analyse par types-idéaux, telle qu’elle ressort des travaux de Weber et telle qu’elle peut être utilisée dans l’interprétation qualitative des données.  L’article comporte quatre parties.  En premier lieu, la conception des types-idéaux de Weber est reconstruite à partir de ses écrits.  En second, les idées de Weber sont ré-examinées pour dégager une méthodologie en trois étapes qui est, dans une troisième partie, présentée en détail.  Les trois étapes de l’analyse par types-idéaux sont décrites et représentent une adaptation aussi bien qu’une application de la pensée de Weber, tout en respectant les besoins de l’analyse interprétative des données.  Enfin, l’auteur utilise une de ses deux études longitudinales menées antérieurement pour montrer comment l’interprétation formelle des données qualitative peut utiliser une méthodologie de types-idéaux et fournir des résultats probants.  Max Weber, Méthodologie et analyse par types-idéaux, Analyse longitudinale, Analyse qualitative des données.

N. 45

LA DEMANDE DE LOGEMENT: L’EXEMPLE DE SAINT-PRIEST (RHoNE)

François Gilbert

A l’est de l’agglomération lyonnaise, la commune de Saint-Priest fait parfaitement figure de banlieue. Son parc de logements sociaux y occupe le tiers du bâti. La recherche qui a conduit à ce texte avait pour objectif essentiel la description des différents profils de demandes de logements adressées à l’OPHLM entre 1987 et 1991. Rendant compte d’une grande diversité des caractéristiques des demandeurs, elle vise, in fine, à interroger les gestionnaires de l’habitat social sur l’évolution de leur action et sur les nouveaux défis auxquels ils ont à faire face. Ce travail s’inscrit dans la perspective de réflexion plus large que le Groupe de Recherche sur la Socialisation, laboratoire de recherche en sociologie du CNRS et de l’Université Lumière-Lyon 2, a ouverte, depuis longtemps, sur les rapports entre espace et socialisation.  Demandes de logement public, Profils socio-économiques.

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N. 46, mars 1995

COGNITIVE MAPPING OF AIDS RESEARCH 1980-1990:  STRATEGIC DIAGRAMS, EVOLUTION OF THE DISCIPLINE AND DATA BASE NAVIGATION TOOLS1

Karl M. van Meter, William A. Turner et Jean-Baptiste Bizard

Cartes cognitives de la recherche sur le SIDA 1980-1990: Diagrammes stratégiques, évolution de la discipline et outils 1980-1990.  Les deux auteurs ont utilisé les logiciels LEXINET et LEXIMAPPE (cartes cognitives et analyses scientométriques) et déjà présenté un diagramme stratégique basé sur les analyses des 290 derniers articles de recherche (parus en 1989, et 1990 en partie) sur le SIDA réunis dans la base de données de Sociological Abstracts qui couvre les années 1980-1990 (K.M. van Meter, W.A. Turner, Current Sociology, 1992, 40, 8, 129-134). Ici, ils réanalysent les mêmes données et présentent deux autres diagrammes stratégiques sur la période 1980-1986 et 1987-1988. Ces diagrammes stratégiques, chacun avec quatre quadrants correspondant à des recherches en termes de “courant principal”, “tour d’ivoire”, “plein d’avenir”, “prendre le train en marche” leur permettent de décrire la naissance et le développement d’une discipline scientifique, d’analyser l’évolution de sa structure et de son contenu dans le temps et les amènent à formuler des hypothèses sur l’innovation scientifique, les trajectoires ou itinéraires des chercheurs dans cette nouvelle discipline. SIDA, Scientométrie, Innovation scientifique, Structure et diachronie.

N. 46

Analyse latticielle d’un réseau de proximité

Ameziane Cherfouh et Vincent Duquenne

Deux cent interviews effectuées dans un quartier industriel de la ville de Kigali, au Rwanda (Afrique centrale), par Sylvia Servaes (Köln) avant la guerre civile atroce actuelle, décrivent respectivement: les possessions des habitants, l’estimation de leur quartier, et d’autre part les raisons pour eux d’y rester, ou au contraire d’en partir. L’Analyse Latticielle et le programme GLAD sont utilisés d’abord dans le but d’étudier les liens existants entre habitants et possessions, et les implications entre conjonctions de possessions, en ce qui concerne respectivement les facilités, les maisons et séjours. Facilités comprend les différents moyens d’approvisionnement en eau et le mode d’éclairage; maison décrit la nature des habitations et les types de matériaux de construction. Enfin, la dernière étude, séjour, décrit les possessions contenues dans les living-rooms des habitations considérées. Pour l’estimation du quartier, deux études analysent précisément les raisons qui poussent les gens à vouloir s’installer au Camp Zaire, et au contraire qui les amènent à vouloir le quitter. Enfin, la dernière étude donne des précisions complémentaires sur les principales raisons de vouloir rester ou quitter définitivement le quartier, et comporte un état intermédiaire concernant les habitants qui ne sont pas satisfaits des conditions générales de leur quartier, mais qui veulent malgré tout y rester. L’analyse permet de préciser la hiérarchie et le statut des objets possédés. Les raisons pour quitter le quartier montrent plus d’implications et de dépendances que celles pour y rester. Les raisons d’insatisfactions se hiérarchisent de manière assez nette, et sont, malgré tout, compatibles avec le fait de souhaiter rester en ville. Une interprétation de ces résultats descriptifs devrait conduire à (re)formuler des hypothèses et tester des modèles anthropologiques, sur les relations de voisinage. Analyse latticielle, Réseau de proximité, Treillis de Galois, Base d’implications, Dualité extension/intension.

N. 46

COVARIANCE STRUCTURE MODELING IN WINDOWS: A MULTITRAIT-MULTIMETHOD ANALYSIS USING AMOS, EQS, AND LISREL

Joop J. Hox

Modélisation de la structure de la covariance sous Windows: Une analyse multitraits-multiméthodes utilisant Amos, Eqs, et Lisrel.  Cet article étudie les trois grands logiciels d’analyse de la structure de la covariance sous Windows.  Le point essentiel de la comparaison réside en une analyse d’une matrice 5×5 multitraits-multiméthodes.  On montre ainsi que la possibilité de différents fonctions d’ajustement et de procédures bootstrap dans les programmes actuels d’analyse de la structure de la covariances permettent une analyse fine de données à problèmes. Modélisation de la structure de la covariance, Modélisation d’équations structurales, Modélisation de la causalité, Bootstrap, Fonctions d’ajustement, Analyses multitraits-multiméthodes.

N. 46

FEMINIST METHODOLOGY – IS IT FACT OR FICTION?

Gisela Kaplan

La méthodologie féministe, réalité ou fiction?  Cet article analyse le concept d’une méthodologie féministe dans le contexte d’un pluralisme méthodologique et de buts absolutistes/supériorité de la connaissance.  Il montre rapidement les confusions dans l’utilisation du terme et pointe les risques de tautologie. Il apporte des éléments contre l’exclusivité, l’impérialisme et la certitude de la connaissance et propose que, comme les plus importantes contributions du féminisme étaient dans l’opposition à ces approches, toute notion de modèles préscriptifs de paradigme de recherche doit être résistée.  Une méthodologie féministe pour elle-même est impensable et intellectuellement non souhaitable.  Genre et Méthodologie, Féminisme, Méthodolatrie, Entretien, Biais, Méthodologie et Epistémologie.

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N. 47, June 1995

QUALITY AND QUANTITY, AGENCY AND STRUCTURE, MECHANISM AND CONTEXT, DONS AND CONS

Ray Pawson

Qualité et Quantité, Agence et Structure, Mécanisme et Contexte, Mandarins et Magouilleurs.  Cet article fournit une vue d’ensemble et souffle de la vie dans le ‘débat’ sur les méthodes qualitatives et quantitatives en recherches sociales en renversant la notion que les termes ‘quantitative’ et ‘qualitative’ fournissent un cadre organisateur pour la recherche.  Au contraire, il argumente que ces étiquette ont à faire avec une distinction essentiellement technique qui sont des retombées lointaines de considérations plus fondamentales sur la nature même de l’être social et l’explication sociologique.  L’article ouvre avec des considérations sur l’historie et le contexte du ‘débat’ qualitative/quantitative, et continue avec des observations sur des incompréhensions de ce débat au début.  Ensuite, l’auteur pose la question clef aujourd’hui concernant les mécanismes précis de fusion de ces deux modes de recherche.  La partie centrale de l’article fournir, sous le nom de ‘synthèse réaliste’, un cadre pour juxtaposer les deux traditions et établir des propositions de plans de recherche.  L’auteur s’adresse ensuite au problème de la catégorisation stéréotypée qui demande ‘est-ce une enquête?’ ou ‘est-ce de l’ethnographie?’  Enfin, il considère la collecte de données et la veille, soi-disant opposition entre ‘questionnaire structuré’ versus ‘entretien ouvert’.  Pour illustrer avec des exemples réels de la recherche en évaluation (l’examen de programmes sociaux pour voir s’ils donnent les ‘résultats’ escomptés), des exemples de l’évaluation en ‘justice criminelle’ sont présentés à partir des travaux de l’auteur dur les effets des programmes d’éducation sur la réhabilitation des prisonniers.  Méthodes qualitatives, Méthodes quantitatives, Synthèse réaliste, Recherche en Evaluation, Prisons, Réhabilitation.

N. 47

Un exemple d’articulation de méthodes d’analyse qualitatives et quantitatives sur des entretiens semi-directifs: les représentations du handicaP

Alain Giami, Jean-Louis Korpès, Chantal Lavigne et Régine Scelles

Un exemple d’articulation de méthodes d’analyse qualitatives et quantitatives sur des entretiens semi-directifs: les représentations du handicap.  Cet article présente une démarche exploratoire de recherche méthodologique visant à associer un traitement informatisé à une analyse qualitative de catégories réalisée sur un corpus d’entretiens semi-directifs.  Après avoir présenté les fondements théoriques de la construction de leur grille d’analyse et les problèmes rencontrés lors de son application sur le matériel, les auteurs exposent comment ils ont eu recours à un fichier de base de données qui a permis, dans un second temps, le traitement des catégories à l’aide d’un logiciel de segmentation et de classification de données (AC2).  Il s’agit d’une analyse menée secondairement sur les catégories établies par les chercheurs et visant à produire une représentation précise de l’organisation des différentes variables en repérant leur pouvoir discriminant.  Cette méthode automatique de traitement constitue un outil complémentaire visant à systématiser les résultats établis à l’aide de la méthode qualitative et à étayer les interprétations sur une prise en compte exhaustive de ces catégories.  Méthodes qualitatives, Méthodes quantitatives, Entretiens semi-directifs, Logiciels d’analyse, Représentations du handicap.

N. 47

METHODOLOGIE DE LA DEMARCHE DE RECHERCHE EN SOCIOLOGIE Didactique du projet de recherche

Salvador Juan

L’objet de cet article est la présentation de la démarche de recherche en sociologie et, plus concrètement, de montrer que le travail d’investigation sociologique – y compris dans ses phases les plus techniques – est indissociable des tensions théorique.  Les problèmes auxquels s’affronte le chercheur pour articuler des considérations théoriques et un protocole de mise à l’épreuve empirique ne sont pas vraiment abordés dans la littérature sociologique.  L’auteur présente et analyse les trois ingrédients d’une problématique: le cadre, l’approche, la perspective.  Le plus le cadre – et à travers lui, l’objet – de la recherche est proche d’une notion de sens commun, le moins le travail aura de valeur sociologique. L’approche peut être synchronique or diachronique.  La perspective est une posture théorique du chercheur singulier qui exprime son identité institutionnelle scientifique.  L’auteur applique ces idées à l’exemple de l’étude de la mobilité sociale.  Méthodologie sociologique, Littérature sociologique, Problématique de recherche, Mobilité sociale.

N. 47

Using computer simulation to study social phenomena

Nigel Gilbert

Utilisation de la simulation par ordinateur dans l’étude de phénomènes sociaux.  La simulation par ordinateur jouit actuellement d’un renouveau comme outil méthodologique en sciences sociales.  En sociologie, des progrès en matériel and particulièrement en logiciels ont permis la construction de modèles de simulation beaucoup plues intéressante qu’auparavant.  Cet article donne une vues d’ensemble de deux courants de travaux aujourd’hui en simulation par ordinateur  –  la micro-simulation dynamique et la simulation basée sur l’intelligence artificielle distribuée  –  et suggère quelque principes généraux de méthodologie pour la recherche par simulation.  Simulation partage des difficultés méthodologiques avec les autres types de modélisation comme la modélisation statistique, mais offre aussi de nouvelles perspectives.  Simulation par ordinateur, Logiciels, Méthodologie sociologique, Modélisation.

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N. 48, September 1995

SURVEY NONRESPONSE, MEASUREMENT ERROR, AND DATA QUALITY; AN INTRODUCTION

Johannes van der Zouwen, Edith D. de Leeuw

Non-réponse d’enquête, erreurs de mesures et qualité des données – Une introduction.  Dans cette introduction, on montre le lien entre les cinq articles sélectionés pour ce numéro spécial sur la non-réponse d’enquête et les erreurs de mesure, avec trois indicateurs importants de qualité des données d’enquête:  la représentativité, l’exhaustivité, et l’exactitude.  Les retombées pour la pratique des enquêtes et la recherche méthodologique sont discutées et une vue générale des efforts de recherches semblables est aussi présentée. Non-réponse, Erreurs de mesure, Qualité des données.

N. 48

RESPONSE DEVELOPMENTS AND THE FIELDWORK STRATEGY

Cees Maas et Wim de Heer

Le développement du taux de réponse et la stratégie du travail sur le terrain.  La non-réponse dans les enquêtes auprès des ménages est un sujet de recherche important dans plusieurs pays.  Néanmoins, la réponse ne décroît pas pour toutes les enquêtes, ni dans tous les pays.  Les taux de réponse sont influencés en grande partie par la structure du questionnaire et des questions de passation sur le terrain.  La comparaison des taux de réponse et les caractéristiques des enquêtes pour plusieurs pays renforcent cette thèse.  Avec une enquête bien planifiée, des taux de réponse très forts peuvent être obtenus si le déroulement sur le terrain est bien réglé.  Taux de réponse, Travail sur le terrain, Structure d’enquête.

N. 48

SURVEY PARTICIPATION AS REASONED ACTION; A BEHAVIORAL PARADIGM FOR SURVEY NONRESPONSE?

Joop Hox, Edith de Leeuw, Harrie Vorst

La participation dans une enquête comme action raisonnée – Un paradigme comportemental pour la non-réponse d’enquête?  La non-réponse d’enquête entame la valeur inférentielle des enquêtes par questionnaire. La non-réponse est d’ores et déjà un problème reconnu aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest.  Pour lutter convenablement contre le problème de la non-réponse, une connaissance étendue des répondants et des non-répondants est nécessaire.  Dans cet article, les auteurs décrivent une méthode pour réussir à collecter des informations aussi bien des répondants, que des non-répondants. La méthode a été développée et testée par Cialdini aux USA; nous démontrons qu’elle peut être employée avec succès aux Pays-Bas et que les résultats de Cialdini ont une validité transculturelle.  D’autre part, nous démontrons que la décision de répondre ou ne pas répondre à un questionnaire d’enquête peut être partialement expliquée par la théorie de l’action raisonnée.  Théorie de l’action raisonnée, Non-réponse, Réponse, Enquête, Expérience, Cialdini, Réplication transculturelle.

N. 48

THE PROFILE OF THE DIFFICULT-TO-INTERVIEW RESPONDENT

Geert Loosveldt

Le profil du répondant difficile à interviewer.  Dans cet article nous faisons l’hypothèse que tout répondant est motivé à coopérer et qu’il a suffisamment de capacités cognitives et de communication pour remplir de façon adéquate le rôle de répondant.  Une typologie des motivations et des capacités de répondants est construites avec l’analyse des classes latentes.  Les classes de cette typologie peuvent être caractérisées par rapport à la difficulté ou la facilité à être interviewer des répondants.  Il est possible de mettre la typologie en relations avec l’âge et l’éducation.  La typologie est aussi liée à des aspects concrets du comportement de réponse:  “utilisation du ‘je ne sais pas'”, “réponses contradictoires”, et “utilisation du style de réponse restreinte”. Les répondants difficile-à-interviewer ont un niveau d’éducation plus bas, sont plus vieux, utilisant le “je ne sais pas” fréquemment et tendent à donner des réponses contradictoires.  Qualité des données d’enquête, Motivations et capacités des répondants, Réponse “je ne sais pas”, Réponses contradictoires, Style de réponse, Rapports d’enquêteurs.

N. 48

Computer-Assisted Questioning: The New Survey Methods in the Perception of the Respondents

Andreas Beckenbach

Passation assistée par ordinateur – Méthodes nouvelles d’enquête vues du point de vue des répondants.  Après une analyse de la littérature scientifique sur l’effet du mode d’enquête sur l’attitude des répondants envers des enquêtes assistées par ordinateur et sur la qualité de ces données, l’auteur présente les résultats d’une enquête en Allemagne (N=152).  Cette étude compare l’Interview Personnel Assisté par Ordinateur (“Computer-Assisted Personal Interviewing” – CAPI) et l’Auto-passation de Questionnaire par Ordinateur (“Computerized Self-Administered Questionnaires” – CSAQ) avec le traditionel Interview avec Papier et Crayon (“Paper and Pen Interviewing” – PAPI).  L’objet de l’étude était l’acceptabilité par les répondants et la qualité des données par rapport à ces nouvelles technologies.  En conclusion, il y a des indications que la passation assistée par ordinateur fournit des données de meilleure qualité.  En revanche, seulement quelques études méthodologiques bien menées sur le CAPI et le CSQ ont été réalisées et d’autres recherches dans ce domaine sont vivement encouragées.  Collecte de données, Interview assisté par ordinateur, CAPI, CSAQ, Qualité des données.

N. 48

Mental Construal Processes and the Emergence of Context Effects in Attitude Measurement

Norbert Schwarz et Herbert Bless

Processus mentaux de construction et l’émergence des effets de contexte dans la mesure d’attitudes.   Les auteurs présentent un modèle théorique des processus cognitifs responsables des effets de contexte dans la mesure des attitudes.  Le modèle prévoit:  (a) les conditions sous lesquelles les effets de contexte sont susceptibles d’apparaître;  (b) leurs sens (assimilation ou contraste);  (c) leur importance;  (d) leur généralisation sur les items;  et (f) leur dépendance sur le mode employé de collecte de données.  La recherche empirique concernant ces prévisions est analysée et les implications pour la construction de questionnaire sont discutées.  Effets de contexte, Mesure d’attitudes, Effets sur la réponse, Assimilation, Contraste, Jugement, Construction mentale.

N. 48

Levels of Protection: Confidentiality in Network Research

Alden S. Klovdahl

Les niveaux de protection – Confidentialité en analyse de réseaux.  La volonté de protéger les sujets humains a encouragé la discussion sur les protections appropriées dans divers domaines de la recherche scientifique.  Etrangement, de telles procédures de garantie de la confidentialité des informations fournies par des sujets dans la recherche sur les réseaux sociaux, sont peu discutées dans la littérature scientifique.  Dans cet article, l’auteur examine la question de la protection de telles données et suggère qu’il existe des procédures simples et facile à instaurer pour fournir une protection adéquate dans la plupart des cas.  Vie privée, Protection des données, Analyse des réseaux sociaux.

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N. 49, décembre 1995

Modeling Conflict and Exchange in Collective Decision Making

Frans N. Stokman

Modélisation de conflits et d’échanges dans la prise de décisions collectives.  Deux modèles dynamiques de prise de décisions collectives sont présentés et illustrés par un exemple simple.  Une présentation et une application plus élaborées concernant la Communauté européenne peuvent être trouvées dans Bueno de Mesquita et Stokman (1994).  Les deux modèles reflètent deux approches alternatives de la prise collective de décision et de la politique.  La première, représentée par le modèle de l’utilité anticipée, conceptualise la prise de décision collective comme résolution de conflit, comme un jeu non-coopératif, fondamentalement différent des relations d’échange en économie.  La seconde, représentée par le modèle d’échange de Stokman et Van Oosten (1994), ne voit pas de différence fondamentale entre échanges économiques et prise de décisions politiques.  Modèles dynamiques, Prises de décisions collectives, Résolution de conflits, Relations d’échange économiques.

N. 49

Se souvenir de son passé professionnel: Appel à la mémoire dans les enquêtes rétrospectives et construction sociale des données

Thomas Couppié et Didier Demazière

Cet article explore l’analyse du rôle de la mémoire dans la production des données rétrospectives relatives aux cheminements professionnels. Les auteurs s’appuient sur la confrontation de deux enquêtes menées en 1989 et en 1993 auprès d’une même population de jeunes, et portant, pour partie, sur les trois années et demi consécutives à leur sortie du système scolaire. Ils s’interrogent sur le statut des informations collectées, et éclairent deux dimensions essentielles de la construction sociale du souvenir professionnel: la production subjective et la réinterprétation de sa propre trajectoire par l’enquêté, et la traduction d’événements biographiques dans des catégories officielles aux contours de plus en plus flous (chômage, emploi, inactivité). Ils soulignent que la mesure des écarts entre les déclarations aux deux enquêtes ne peut être réduite à un problème de fiabilité des données, mais renseignent sur les processus sociaux d’entrée dans la vie active. Enquête rétrospective, Mémoire, Insertion professionnelle.

N. 49

The Reliability of Recall Data: A Literature Review

Shirely Dex

La Fiabilité des données de mémoire – Analyse de la littérature scientifique.  Cet article analyse la littérature qui tente de tester la fiabilité et la validité des données de mémoire, principalement en ce qui concerne la vie et la carrière professionnelle des individus.  Il est important que les concepteurs et analystes d’enquêtes comprennent les contraints de la collecte de données de mémoires fiables et les niveaux de qualité des données collectées.  Les références présentées viennent plutôt de scientifiques universitaires en sciences sociales aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, mais aussi de chercheurs gouvernementaux et de psychologues.  Les principaux objectifs de l’article sont de présenter l’état des connaissances sur la fiabilité des divers types de données de mémoire et de fournir des informations concernant les choix opérationnels que les concepteurs et les analystes d’enquête doivent faire.  Dans ce but, les méthodes, qui ont été utilisées pour tester la validité et la fiabilité des données de mémoire, sont présentées, évaluées et mises en ordre.  Dans la pratique, il est très difficile de tester la validité des données de mémoire, mais il y a un certain nombre de méthodes pour en tester la fiabilité.  Fiabilité, Données rétrospectives, Données de mémoire, Qualité des données.

N. 49

Statistique, Imagerie et Sciences Cognitives

Monique Le Guen

Depuis deux décennies l’enseignement et la pratique de la statistique sont largement dominés par les procédures calculatoires et logiques des mathématiques. Les mathématiques ne sont pas à la portée de tous, alors que la “pensée” statistique doit être partagée par le plus grand nombre. Comment faciliter l’apprentissage de la pensée statistique?  “Je n’ai des idées que parce que j’ai des images”, a dit Euler. Les sciences cognitives cherche à démonter que Euler avait raison. Le rôle de l’imagerie dans les processus cognitifs et les stratégies d’apprentissage développées par les apprenants sont actuellement objets de travaux de recherche et leurs résultats commencent à se répandre en dehors de leur communauté de recherche. Les recherches actuelles en sciences cognitives peuvent nous apporter des aides pour concevoir des enseignements intelligemment assistés par ordinateur (EIAO). Statistique, Visualisation scientifique, Imagerie, Sciences cognitives, Pédagogie, Enseignement Intelligemment Assistés par Ordinateur (EIAO).

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N. 50, mars 1996

MODELES D’EQUATIONS STRUCTURALES ET SENS  DE LA CAUSALITE DANS LES ETUDES LONGITUDINALES: UNE APPLICATION AU BIEN-ETRE SUBJECTIF

Paul Dickes, Jean-Luc Kop et Jocelyne Tournois

A partir du constat d’existence de relation entre deux variables, déterminer laquelle des deux exerce un effet sur l’autre constitue un objectif de recherche tout à fait fondamental.  Mais cette question du sens de la causalité est aussi une des plus difficiles à résoudre, surtout lorsque la démarche expérimentale ne peut être mise en oeuvre, comme c’est le plus souvent le cas dans les sciences sociales.  Les données longitudinales apportent une information majeure, celle de l’antériorité d’une des variables sur la seconde, mais qui ne suffit pas à trancher cette question.  Les méthodes qui exploitent ces données, comme celle des “corrélations décalées croisées”, après avoir connu un vif succès, ont été critiquées en raison des postulats qu’elles réclament.  L’objectif est de montrer l’apport des modèles d’équations structurales, comme le modèle LISREL, dans la recherche du sens de la causalité.  Après avoir présenté brièvement les caractéristiques fondamentales de ces modèles d’équations structurales et souligné leurs avantages majeurs, en particulier les réponses qu’ils peuvent apporter aux insuffisances précédemment dénoncées, une illustration empirique est présentée:  le modèle de Headey et al. (1991), qui traite de la qualité de la vie et dont l’enjeu est de savoir si la satisfaction générale influence la satisfaction dans les différents domaines de l’existence (travail, mariage, etc.) ou si l’effet inverse doit être retenu.  L’analyse secondaire des données concernant la satisfaction avec le mariage, détaillée pas à pas à travers le test de cinq modèles, permet d’illustrer la démarche suivie pour répondre à la question du sens de la causalité.  Dans le cas présent, c’est la satisfaction dans la vie conjugale qui influence la satisfaction générale.  Bien-être subjectif, Causalité, Longitudinal, LISREL, Modèles d’équations structurales.

N. 50

THE SENSITIVITY OF HIERARCHICAL CLUSTERING SOLUTIONS TO IRRELEVANT VARIABLES

Istvan Hajnal et Geert Loosveldt

La sensibilité des analyses classificatoires aux variables non-pertinentes.  L’analyse classificatoire hiérarchique ascendante est souvent utilisée comme outil d’exploration. L’auteur étudie la sensibilité des analyses classificatoires aux variables non-pertinentes.  Après un bref survol de la littérature scientifique, une étude par simulation est présentée dans laquelle une variable aléatoire est ajoutée à l’ensemble des variables qui possèdent une structure classificatoire a priori. Cette étude par simulation montre que la plupart des méthodes classificatoires sont sensibles aux variables aléatoires, mais la méthode de Ward l’est mois que d’autres.  Même sans ce “bruit”, les résultats basés sur l’algorithme de lien simple posaient des problèmes.  L’auteur en conclut que l’analyse classificatoire traditionnelle doit être employée seulement quand on a une bonne idée des variables qui doivent être utilisées dans l’analyse. Sinon, on doit employer une pondération ou réduire le nombre de dimensions, tout en préservant la structure classificatoire.  Malheureusement, de telles méthodes ne sont pas encore facilement accessibles aux sociologues.  Analyses classificatoires, Variables aléatoires, Sensibilité, Simulations.

N. 50

Using SAS to Convert Ego-Centred Networks to Whole Networks

Caroline Haythornthwaite et Barry Wellman

L’utilisation de SAS pour convertir des réseaux ego en réseaux complets.  Cet article présente une technique utilisant le logiciel SAS pour convertir des données de réseaux centrés sur des individus (réseaux ego) en données de réseaux complets de relations.  Jusqu’à maintenant, ces deux types de réseaux ont été généralement analysés séparément et avec des méthodes distinctes.  Réseaux ego, Réseaux complets, SAS.

N. 50

Are university departments research organisations? A paradox of academic life

Martin Bulmer

Les départements universitaires sont-ils des organismes de recherche? Un paradoxe de la vie académique.  Les tensions ressenties dans le système d’éducation supérieur sont engendrées par les défis lancés au principe de l’autonomie des départements.  Un des défis actuels des départements de sciences sociales est de savoir comment se mobiliser au mieux comme une unité effective de recherche.  Cet article concerne un des problèmes issus du changement général des financements:  est-ce que les départements universitaires en dehors des sciences exactes s’organisent comme des organisations de recherche, ou sont-ils simplement des collections d’enseignants individus faisant individuellement de la recherche?  A la suite d’une enquête nationale britannique, cinq types d’organisations de recherche ont été identifiées dans les sciences sociales, chacun avec sa propre relation avec la structure départementale des universités.  Sciences sociales, Recherche, Enseignement, Universités, Départements.

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N. 51, juin 1996

INTRODUCTION – MULTILEVEL ANALYSIS

Pieter van den Eeden et Joop J. Hox

Introduction – Analyse multiniveau.  Les auteurs de cet article, qui sont aussi les éditeurs invités de ce numéro sur l’analyse multniveau, donnent une vue générale et un bref historique du sujet et présentent les quatre articles de recherches suivants.  Analyse multiniveau – Vue générale, Méthodes, Histoire.

N. 51

PRIMACY OF MULTILEVEL ANALYSIS WITH RESPECT TO HIERARCHICALLY ORGANIZED DATA

Cora J. M. Maas

Le rôle fondamental de l’analyse multiniveau pour les données hiérarchisées.  Les données hiérarchisées sont de plus en plus souvent analysées par des programmes multiniveau développés spécifiquement pour cette tâche.  Les avantages de tels programmes sont comparés ici avec les techniques utilisées précédemment.  Ces avantages sont étudiés aussi bien du point de vue théorique, qu’à travers un exemple empirique.  Données hiérarchisées, Analyse multiniveau, Logiciels multiniveau, Comparaison de méthodes.

N. 51

MODELLING INTERGENERATIONAL TRANSMISSION IN LONGITUDINAL BIRTH COHORTS USING MULTILEVEL METHODS

Richard D. Wiggins and Chris J. Wale

Modélisation avec des méthodes multiniveau de transmission intergénérationnelle dans des cohortes longitudinalles par âge.  Cette étude présente une analyse multiniveau des processus intergénérationnels. Les problèmes méthodologiques d’effets de standardisation et de sélection sont analysés.  Les résultats montrent que la standardisation par l’âge ne marche pas toute seule, mais que l’âge doit bien figurer dans le modèle, tout de même.  Analyse multiniveau, Cohortes longitudinaux, Effets d’âge.

N. 51

CONTEXTUAL EFFECTS OF CLASS MOBILITY ON VOTING BEHAVIOUR IN 16 WESTERN COUNTRIES: 1956-1990

Paul Nieuwbeerta

Les effets de contexte produits par la mobilité sociale sur le vote dans 16 pays occidentaux: 1956-1990.  L’auteur teste plusieurs hypothèses sur les effets de contexte produits par la mobilité sociale sur le vote de membres de classes intergénérationnellement stables.  Ces hypothèses concernent les effets de niveau des entrées et des sorties d’une classe sociale spécifiée (pour un pays et une année donnés).  Ces hypothèses sont testées par une analyse multi-niveau concernant des données sur 20,169 répondants issus de 113 enquêtes faites dans 16 pays démocratiques industrialisés pendant la période 1956-1990. En dépit de ces efforts, les analyses montrent aucun effet de contexte significatif, soit au niveau des entrées, soit au niveau des sorties intergénérationnelles de mobilité sociale dans un pays, sur le comportement de vote des personnes intergénérationnellement immobiles.  Dans la discussion, l’auteur présente des explications possibles pour ces résultats négatifs.  Analyse multi-niveau, Comportement de vote, Mobilité sociale, Effets de contexte.

N. 51

THE EFFECTS OF INTERVIEWER AND RESPONDENT CHARACTERISTICS ON ANSWER BEHAVIOUR IN SURVEY RESEARCH: A MULTILEVEL APPROACH

Pieter van den Eeden, Johannes H. Smit, Dorly J. H. Deeg et Aartjan T. F. Beekman

Les effets des caractéristiques de l’interviewer et du répondant sur le comportement de réponse aux questionnaires: une approche multi-niveau.  Jusqu’à récemment, l’étude des effets de l’interviewer s’est centrée sur les effets directs des caractéristiques de l’interviewer sur les réponses du répondant.  Récemment, une approche alternative s’est développée qui souligne l’influence conditionante des caractéristiques de l’interviewer sur le processus de réponse du répondant.  Le but de cet article est d’illustrer cette approche alternative avec un exemple empirique employant le modèle hiérarchique de régression à coefficients arbitraires. Dans ce modèle, le processus de réponse est, d’abord, décrit au niveau du répondant.  Ensuite, les paramètres spécifiques des répondants sont mises en relation avec les variables spécifiques de l’interviewer.  Cette structure permet l’incorporation du coefficient engendré par la régression intra-interviewer dans l’équation de régression au niveau de l’interviewer (modèle de régression inter-interviewer). Donc, la variance à expliquer est divisée en une partie pour le répondant (niveau 1) et une partie pour l’interviewer (niveau 2). Ce modèle à deux niveaux est appliqué aux données collectées par la “Longitudinal Aging Study Amsterdam” (LASA; 2838 répondants avec 43 interviewers). La variable dépendante est une échelle de bien-être (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale); les variables indépendantes au niveau des répondants sont l’âge, le sexe et la propre perception de la santé. Les variables indépendantes de l’interviewer sont l’âge, l’éducation, les traits de la personnalité et le comportement social.  Enquête par questionnaire, Processus de réponse, Influence de l’interviewer, Analyse multi-niveau.

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N. 52, septembre 1996

THE ANALYSIS OF POVERTY SPELLS

Eric Schulte Nordholt

L’Analyse des périodes de pauvreté.  Dans ce rapport, les données du panel socio-économique néerlandais sont utilisées pour analyser des périodes de pauvreté. Des revenus nets de ménage sont standardisés par l’échelle d’équivalence de Statistics Netherlands. La méthode demi-médiane (une estimation relative de pauvreté) est utilisée pour déterminer qui doit être considéré comme pauvre. Le modèle de Cox est utilisé pour tester la dépendance de période de pauvreté d’un nombre de variables démographiques, géographiques ou qui ont un rapport avec le travail.  Echelles d’équivalences, Données longitudinales, Pauvreté, Modèles proportionnels de hasard.

N. 52

LES INCOHERENCES DANS LE RENSEIGNEMENT DU TEMPS POUR LE SECTEUR LINGE-COUTURE-TRICOT DE L’ENQUETE “MODES DE VIE”1

Christophe Giraud

Dans l’enquête-INSEE Modes de Vie (1988-1989) qui a pour but de quantifier les activités domestiques, la comparaison de deux estimations dans le renseignement de la durée de ces activités fait apparaître, pour un nombre non négligeable de ménages, des données incohérentes entre elles. Ce travail qui se limite à l’analyse des travaux d’aiguilles, à partir des fichiers du secteur Linge-couture-tricot de cette enquête, vise à expliquer l’existence de ces incohérences. Incohérences et Erreurs d’Enquête, Effet d’imposition de problématique, Mémoire, Quantification, Consistance des données.

N. 52

COMPARATIVE ANALYSIS USING LARGE SCALE NATIONAL DATA SOURCES OF WOMEN’S EMPLOYMENT

Shirley Dex et Heather Laurie

Analyse Comparative Utilisant de Grandes Bases de Données Nationales sur l’Emploi des Femmes.  Cet article considère deux questions majeures.  D’abord, comment les divers théories sur la recherche comparative aident à mieux comprendre le rôle que les femmes jouent sur le marché du travail dans les économies industrielles avancées et qu’elles sont mieux adaptées que d’autres théories pour cette recherche.  Ensuite, les auteurs se demandent si la pratique de la recherche peut mener à de meilleures théories pour la recherche comparative.  L’article discute l’utilité de diverses théories à travers l’expérience de l’utilisation de plusieurs bases de données multi-nationales comprenant le réseau de l’European Science Foundation de panels de ménages, et un certain nombre d’études comparatives multi-sectorielles impliquant deux pays.  Cet article montre qu’il y a beaucoup à apprendre du processus émergeant d’analyses comparatives.  Cette connaissance a un impact sur la construction théorique concernant de telles recherches et, dans une certaine mesure, est indépendante de l’approche théorique utilisée au départ.  Recherche multi-nationale, Recherche multi-culturelle, Comparabilité, Comportement des femmes sur le marché du travail.

N. 52

SUR LE TOURNANT METHODOLOGIQUE DE PIERRE BOURDIEU ET LE DEVELOPPEMENT DE LA METHODOLOGIE QUALITATIVE EN SOCIOLOGIE1

Jacques Hame

Cet article porte sur l'”auto-analyse provoquée et accompagnée” présentée par Pierre Bourdieu dans la Misère du monde.  L’ouvrage constitue une véritable expérience méthodologique en vertu de laquelle sont redéfinis la rupture épistémologique, le statut attribué au sens commun, la représentativité et la singularité en sociologie, de même que la construction de l’explication dont témoigne l’écriture sociologique.  La critique que soulève cette méthode permet d’ouvrir un débat sur la méthodologie qualitative en sociologie.  Méthodologie qualitative, la Misère du monde, Sens commun, Explication sociologique.

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N. 53, décembre 1996

FRAME ANALYSIS OF OPEN INTERVIEWS ON INTERETHNIC RELATIONS1

Harry van den Berg

Analyse du cadre des entretiens ouverts sur les relations interethniques.  Dans la littérature récente sur les relations interethniques, la dynamique et la flexibilité des identités ethniques ont attiré l’attention.  Le concept d'”ethnicité situationnelle” caractérise cette approche et implique que l’identité ethnique dépend du contexte.  La représentation de soi et celle d’autres groupes ethniques ne sont pas conçues comme des dispositions stables, mais comme des cadres qui peuvent varier avec:  (i) le domaine social d’interaction avec des membres d’autres groupes ethniques;  (ii) le contexte conversationnel spécifique dans lequel ces répertoires ou cadres sont verbalisés.  En conséquence, on suppose que l’appartenance à un groupe ethnique spécifique n’est pas toujours un élément important dans les cadres référentiels utilisés dans la perception et évaluation d’autres personnes ou dans les échanges verbaux.  La même conception s’applique dans la manière dont les différents groupes ethniques sont différentiés et définis.  Cet article est centré sur la manière d’obtenir de l’information valable sur la dépendance contextuelle des identités ethniques.  Après une discussion sur les avantages et les inconvienents des diverses méthodes de recherche, l’article se centre surtout sur les possibilités et les pièges de l’entretien ouvert.  On discute des implications théoriques des problèmes d’interprétation des résultats d’entretien.  La plus grande difficulté vient du fait que la variation dans les patterns de réponses ne dépend pas uniquement du type d’interaction sociale que le répondant a en tête, mais aussi des caractéristiques de l’entretien et de la structure de la recherche.  Un modèle d’analyse du cadre est proposé, basé sur l’articulation des patterns de réponses et des cadres utilisés par les répondants pour définir l’interaction avec l’interviewer.  On discute aussi des relations possibles entre les deux types de cadres.  Cette recherche concerne des entretiens ouverts avec des élèves du secondaire.  L’analyse du cadre de ces entretiens montre le rôle des cadres concernant les buts généraux de la recherche, dans le comportement de réponse des répondants.  Dans l’analyse de la construction de ces cadres, les effets possibles de la structure de la recherche sont discutés.  Les résultats de l’étude conduisent à une attitude critique envers la méthode de triangulation:  les points forts de cette méthode sont souvent surestimés et il semble important de garder un oeil sur les risques méthodologiques de la triangulation.  Entretiens ouverts, Ethnicité, Analyse de cadre, Triangulation.

N. 53

THE COMPATIBILITY OF STRUCTURAL EQUATION MODELLING AND CLUSTER ANALYSIS:  AN EXAMPLE1

Timothy L. Seifert et Jeff Bulcock

Compatibilité des modèles à équations linéaires et de l’analyse classificatoire: un exemple.  Un modèle à équations linéaires est construit pour examiner les effets de la réussite en mathématiques et des sentiments par rapport à l’école, sur la représentation de soi.  Les résultats indiquent un bon ajustement avec les données.  Une analyse classificatoire des deux variables exogènes, réussite en mathématiques et sentiments par rapport à l’école, a fait ressortir sept sous-groupes.  Le modèle ne s’ajuste pas aux données dans chaque sous-groupes, impliquant que des processus différents étaient en jeux à l’intérieur de chaque sous-groupes.  L’estimation paramétrique dans chaque sous-groupe montre, en effet, que la contribution de la réussite en math et les sentiments par rapport à l’école diffèrent dans chaque sous-groupes, et que différents processus sont en jeux.  La conclusion est que l’analyse classificatoire peut clarifier et améliorer les modèles à équations linéaires.  Modèles à équations structurelles, Analyse classificatoire, Comparaison de méthodes, Résultats d’école.

N. 53

SOME REMARKS ON THE INTERPRETATION AND POSSIBLE USES OF THE “SOCIAL CAPITAL” CONCEPT WITH SPECIAL REGARD TO THE HUNGARIAN CASE1

Robert Tardos

Quelques remarques sur l’interprétation et les utilisations possibles du concept de “capital social” avec attention pour le cas hongrois.  L’auteur examine les diverses définitions du concept de capital pour ensuite voir ce qu’entend le concept de capital social.  Il propose trois définitions qui sont analysées et appliquées à des données d’enquêtes existantes en Hongrie.  Capital, Capital social, Données d’enquête, la Hongrie.

N. 53

PANEL COMPARABILITY ET LA BASE DE DONNEES PACO

CEPS/INSTEAD

Le CEPS/INSTEAD a coordonné le programme “Panel Comparability (PACO)” qui était financé par la Commission Européenne et qui comprend des enquêtes longitudinales réalisées au Luxembourg, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, et aux Etats-Unis.  Les auteurs s’adressent aux nombreux problèmes méthodologiques rencontrée dans la mise en place d’une base de données qui permet l’étude comparée des données de panels venant de pays différents.  Données de panels, Etudes comparatives de panels, Compatibilité des données.

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N. 54, mars 1997

THE ISCO-88 INTERNATIONAL STANDARD CLASSIFICATION OF OCCUPATIONS IN CROSS-NATIONAL SURVEY RESEARCh1

Christof Wolf

Le Standard International ISCO-88 de Classification des Professions dans la Recherche Comparative Internationales par Enquête.  Le recherche comparative internationale sur la stratification sociale doit être basée sur des mesures de situation sociale qui soient comparables et valides dans d’autres systèmes sociaux. Comme la plupart des mesures de statut social sont basées sur des informations sur les professions, une taxonomie internationalement comparable de ces professions est d’une importance centrale. Une classification particulièrement utile dans ce cadre est l’ISCO-88, la version 1988 de l’International Standard Classification of Occupations (Standard International de Classification des Professions). La base conceptuelle de cette classification est présentée d’abord et quelque différences fondamentales entre l’ISCO-88 et son prédécesseur, l’ISCO-68, sont soulignées. En suite, trois versions, qui diffèrent d’une manière ou d’une autre de la classification originale, sont présentées. Enfin, les échelles Ganzeboom-Treiman de statut social, basées sur la nouvelle classification des occupations, sont présentées et leurs performances par rapport aux anciennes échelles sont analysées empiriquement. Occupation, Classification, ISCO, Statut Social, Recherche Comparative.

N. 54

IS CURRENT VALIDATION VALID? SOME INTRIGUING PROBLEMS WITH TRADITIONAL VALIDATION DESIGNS FOR GENERAL (VALUE-) SURVEYS1

Hans Waege

La validation d’aujourd’hui, est-elle valide? Des problèmes intéressants des cadres traditionnels de validation pour enquêtes générales.  Dans la plupart des manuels de méthodologie, on déclare que la validité de contenu et celle basée sur des critères sont très limitées, sinon impossibles dans les sciences sociales.  La validité de construction, basée sur les idées de Cronbach et Meehl, est proposée comme alternative acceptable.  La première parties de cet article explore les relations entre modèles causales, comme moyen de validation (le réseau nomologique), et la théorie sociologique.  La deuxième partie de l’article examine les aspects divers du réseau nomologique.  La troisième partie examine la triangulation comme moyen de validation de la recherche empirique par enquête.  L’auteur en conclue que la validité de construction reste limitée, comme les autres stratégies.  Il trouve qu’en général la supériorité de la validation de construction par rapport aux autres stratégies de validation est surestimée.  Validité, Validité de Construction, Méthodologie d’enquête, Théorie de la mesure.

N. 54

METHODES ET PRATIQUES FORMALISEES D’ANALYSE DE CONTENU ET DE DISCOURS DANS LA RECHERCHE SOCIOLOGIQUE FRANCAISE CONTEMPORAINE. ETAT DES LIEUX ET ESSAI DE CLASSIFICATION

Jacques Jenny

L’auteur expose d’abord quelques considérations épistémologiques générales sur les présupposés implicites des méthodes de recherche sociologique, abusivement séparées en qualitatives et quantitatives, et des interrogations spécifiques sur le statut des corpus textuels et des pratiques socio-discursives dans différents domaines et selon divers types de problématique en sociologie. Puis, après un résumé des problématiques sociolinguistiques de l'”énonciation”, propres aux courants de l'”Analyse de Discours à la française”, il propose une classification des principaux lieux d’élaboration théorico-méthodologique ayant (ou susceptibles d’avoir) un impact sur les pratiques informatisées d’analyse textuelle: de la lexicométrique inspirée de l'”Analyse des données à la française”, actuellement dominante, à des quasi-systèmes-experts, branchés sur des problématiques sociologiques particulières, en passant par des méthodes plus “classiques” d’analyse de contenu thématique, de type socio-sémantique, et de codification a posteriori de réponses à des questions ouvertes et autres énoncés produits en langage naturel. Méthodes d’analyse de discours, Méthodes d’analyse de contenu, Recherche sociologique française.

N. 54

THE QUALITY OF THE QUANTITY: INFORMATION TECHNOLOGY AND THE EVALUATION OF DATA*

Robert C. Yamashita, Howard Besser, Troy Duster, Thomas Piazza et Michael Hout

La qualité de la quantité – Technologie de l’information et évaluation des données.  Un des problèmes des données d’enquête est le besoin d’un cadre interprétatif pour ces données.  Généralement, ce cadre est une création ad hoc (faisant partie de l’outil d’enquête) qui est modifié dans la pratique (post hoc) des explications de résultats, des contradictions potentielles et des écarts d’anticipations préalables.  Quoique les statistiques fournissent des mesures de cohérence et de validité des données, elles ne peuvent pas interpréter ce que les répondants pensent.  Cette étude présente un plan général de l’utilisation des technologies de l’information pour aider les chercheurs dans l’interprétation des données des répondants.  Une méthode de saisie du cadre interprétatif des répondants est l’analyse du type de conversation qui a lieu naturellement lors de la passation du questionnaire.  Les nouvelles technologies de l’information fournissent les outils nécessaires.  Par exemple, les enquêtes par téléphone assistées par ordinateur (CATI) peuvent saisir des données textuelles et conversationnelles avec quelques modifications du système informatique de saisie et de la base de données.  Les données stockées peuvent être analysées avec des données statistiques.  Quoiqu’il existe des limites physiques (espace disque, temps, etc.) pour une telle entreprise, l’information extraite des textes et des conversations fournit un matériel contextuel important dans l’analyse des données numériques.  Des procédés technologiques simples peuvent être utilisés pour obtenir une compréhension générale du contexte interprétatif (surtout en lien avec des analyses statistiques).  Les données peuvent aussi être utilisées pour améliorer l’instrument d’enquête et évaluer la performance des interviewers.  Un programme en deux étapes est présenté.  La première étape consiste en de modifications relativement simples de technologies existantes de gestion des données textuelles.  La seconde étape envisage un développement plus vaste et plus complexe de ces technologies de base.  D’autres applications possibles de ces technologies sont considérées, et le sens de l’impact de ces développements est discuté.  Données textuelles, conversationnelles et numériques, Technologies de l’information, Analyse qualitative et quantitative.

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N. 55, juin 1997

TESTING SURVEY QUESTIONS: NEW DIRECTIONS IN COGNITIVE INTERVIEWING

Pamela Campanelli

Tester les questions d’enquête – Nouvelles perspectives dans l’entretient cognitif.  Les quatres articles suivants de ce numéro ont été présentés en premier lieu comme contribution invitées à une session sur les méthodes congnitives dans la construction de questionnaires que l’auteur a organisé lors du Quatrième Conférence Internationale sur la Méthodologie en Sciences Sociales, les 1-5 juillet 1996, à l’Université d’Essex en Angleterre.  Cet article fournit une introduction au sujet et un cadre d’interprétation pour les articles qui suivent.  Construction de questionnaires, Teste de questionnaires, Entretient cognitif.

N. 55

PERSPECTIVES ON PRETESTING: “COGNITION” IN THE COGNITIVE INTERVIEW?1

Eleanor R. Gerber et Tracy R. Wellens

Approches des pré-tests: “Cognition” dans l’entretien cognitif? Le but de cet article est de discuter de l’entretien cognitif “penser-à-haute-voix” dans une perspective historique et d’esquisser son utilisation et ses limitations dans le contexte du développement et du pré-test des questionnaires.  Cette technique qualitative est suivie depuis ses précurseurs en psychologie et ses utilisations originales en méthodologie d’enquêtes.  Des applications telles que le questionnement rétrospectif, le questionnement de définition, et des questions d’entraînement “penser-à-haute-voix” ont été ajoutées à la technique d’une manière adaptée à chaque étude.  La technique a aussi été adaptée à des populations différentes, et à des schémas de “quasi-échantillon”.  Les questionnaires auto-administrés exigent aussi des adaptations de la technique à l’origine entièrement orale.  De plus, la technique est utilisée par des interviewers qui possèdent des niveaux différents d’entraînement.  L’implication de ces variations dans l’entretien est examinée.  Les définitions de “cognition” et de “processus cognitifs” implicites dans ces pratiques sont discutées.  Les auteurs montrent comment ces définitions ont été étendues pour comprendre des choses telles que le langage usuel, l’interprétation langagière, et la connaissance générale.  L’utilité et la nécessité des analyses théoriques sont également discutées.  Cognition, Méthodologie d’enquête, Entretien cognitif.

N. 55

EVALUATION OF COGNITIVE INTERVIEWING TECHNIQUES: DO THE RESULTS GENERALIZE TO THE FIELD?

Gordon B. Willis et Susan Schechter

Evaluation des techniques d’entretien cognitif:  Est-ce que les résultats sont généralisables sur le terrain?  Les techniques d’entretien cognitif sont assez répandues dans le pré-test des questionnaires d’enquête.  Mais jusqu’à aujourd’hui il n’y a eu que peu d’évaluation de l’apport de ces techniques.  Cet article fait une analyse critique des démonstrations de validité des méthodes d’entretien cognitif et suggère que les chercheurs vérifient le degré dont ces résultats de pré-test sont applicables au travail sur le terrain pour les enquêtes.  Pour démontrer ces propos, l’auteur étudie cinq questions d’enquête testées en laboratoire cognitif.  Sur la base de ces résultats de pré-test, des prévisions ont été faites concernant l’impact des modifications de questions sur les données qui devaient être obtenues sur le terrain.  Trois tests à questionnaires jumeaux (“split-ballot”) des différentes versions des questions ont été conduits, et on a trouvé que les prévisions des tests cognitifs ont été respectées.  Ces résultats montrent qu’il y a un impact réel du travail en laboratoire cognitif sur le travail sur le terrain.  Pré-test de questionnaire, Techniques cognitives, Evaluation de questionnaire.

N. 55

METHODOLOGICAL ISSUES SURROUNDING THE APPLICATION OF COGNITIVE PSYCHOLOGY IN SURVEY RESEARCH

Clyde Tucker

Considérations méthodologiques sur l’application de la psychologie cognitive dans la recherche par questionnaire.  Dans l’empressement à appliquer la psychologie cognitive et ses méthodes dans la recherche sociale par questionnaire pendant la dernière décennie, une attention insuffisante a été donnée aux principes scientifiques.  Cet article fournit un cadre pour corriger ce problème en se concentrant sur des méthodes qui peuvent améliorer la validité et la fiabilité des données collectées avec l’appui de la psychologie cognitive.  Ces méthodes utilisent de meilleurs plans d’expériences et de meilleures techniques de mesure.  Des plans d’expériences qui facilitent la comparaison entre des procédures cognitives alternatives et des travaux de chercheurs différents sont présentes.  Un autre aspect de ces plans est qu’ils demandent plus d’attention dans l’élaboration du protocole expérimental.  En ce qui concerne la mesure, des techniques pour rendre l’utilisation des données qualitatives plus systématique sont discutées, et des méthodes de construction d’indicateurs ordinaux et d’intervalle sont présentés.  Plan d’expérience, Méthodes d’enquête, Construction de questionnaire, Erreur de mesure.

N. 55

COMPUTER-ASSISTED QUALITATIVE INTERVIEWING: A METHOD FOR COGNITIVE PRETESTING OF COMPUTERIZED QUESTIONNAIRES*

Ger Snijkers

Entretiens qualitatives assistés par ordinateur: une méthode de pré-test cognitive de questionnaires informatisés.  A Statistics Netherlands, presque toutes les enquêtes de ménages sont assistées par ordinateur.  Dans ce cadre, au Centre de ressources de construction de questionnaires de Statistics Netherlands, une méthode assistée par ordinateur pour tester des questionnaires informatisés dans un laboratoire cognitif a été mise en place et appelée l’Entretien qualitatif assisté par ordinateur (CAQI). Un protocole CAQI se déroule à travers des instructions sur écran et des questionnements par rapport aux questions à tester.  Notre expérience est que CAQI est une méthode utilisable qui produit de bonnes informations qualitatives sur la manière dont les questions sont traitées et sur la manière dont les répondents produisent des réponses.  Pré-test de questionnaires, Entretiens cognitifs, Entretiens assistés par ordinateur.

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N. 56, septembre 1997

INTERACTION CHARACTERISTICS IN SOME QUESTION-WORDING EXPERIMENTS

Geert Loosveldt

Caractéristiques des interactions dans des expériences de l’utilisation des mots dans les questionnaires.  Des résultats d’analyses de l’interaction interviewer-répondant sont peu utilisés dans les recherches sur la qualité des données.  Avec une analyse d’interaction des entretiens enregistrés sur bande lors d’une expérience sur l’utilisation des mots dans des questionnaires, il est possible de valider quelqu’unes des explications proposées pour certains effets produit par l’utilisation des mots.  Des expériences sur l’étendue de l’échelle des réponses, l’utilisation explicite du filtre “pas d’opinion”, et l’utilisation des verbes “interdire” ou “permettre” sont étudiées. Expériences de l’utilisation des mots dans les questionnaires, Interactions Interviewer-Répondant, Analyses d’interaction.

N. 56

REPRESENTATION AND CONFRONTATION OF THREE TYPES OF LONGITUDINAL NETWORK DATA FROM THE SAME DATA BASE ON SOCIOLOGICAL AIDS RESEARCH

Karl M. van Meter et William A. Turner

Représentation et Confrontation de trois types de données longitudinales de réseaux sociaux de la même base de données sur la recherche sociologiques sur le SIDA.  Nous avons publié précédemment des analyses de la recherche sociologique sur le SIDA entre 1980 et 1990, basée sur les entrées dans Sociological Abstracts, qui ont montré que l’évolution des thèmes de recherche, des auteurs et des journaux scientifiques dans ce domaine sont assez indépendants les unes des autres.  En effet, chaqu’un des trois forme un ensemble séparé de données longitudinales de réseaux sociaux engendrées à partir de la même base de données.  Les thème de recherche se divisent entre thèmes solides et moins flexibles qui changent peu à travers le temps, et ceux qui sont plus flexibles, qui “s’adaptent” même, et changent avec le temps.  L’ensemble des auteurs semble aussi se diviser entre ceux qui évoluent dans une direction claire et continue et ceux qui changent de direction dans le temps.  Le troisième type de données concerne les journaux dans lesquels cette recherche sur le SIDA est publiée.  Dans un champ en expansion tel que la recherche sociologique sur le SIDA entre 1980 et 1990, certaines revues reconnues tentent de “s’adapter” et entrent en compétition avec des nouveaux journaux thématiques qui apparaissent.  D’autres journaux essaient de dominer une spécialité du nouveau champ.  Chacun de ces types de données engendre ses propres problèmes d’analyse et ses propres résultats.  De plus, il y a le problème supplémentaire de la confrontation et synthèse de ces différents résultats qui sont tous basés sur le même ensemble de données d’origine.  SIDA, Analyse de réseaux sociaux, Analyse longitudinale, Journaux scientifique, Auteurs, Thèmes de recherche.

N. 56

THE CHALLENGE OF (LONGITUDINAL) INTRA-ORGANIZATIONAL SOCIAL NETWORK RESEARCH (IN THE NETHERLANDS)1

Gerhard G. van de Bunt

Le défi de la recherche (longitudinale) d’analyse des réseaux sociaux intra-organisationaux (aux Pays-Bas).  Quelques problèmes sont discutées sur la collecte des données pour une étude des réseaux sociaux dans des organisations.  Ce travail est basé sur l’expérience personelle de l’auteur dans un hôpital de médecine générale aux Pays-Bas.  La conclusion la plus importante est que le facteur majeur dans le succès d’une telle étude est la construction de la confiance entre les répondants et le chercheur.  Cela coûte du temps, de l’énergie et de la patience, mais l’effort est payant.  D’autre part, les réactions des employés de l’hôpital sont résumées et le sujet de l’anonymat est discuté. Réseaux sociaux intra-organisationnels, Etudes longitudinales, Problèmes de collecte de données,  Anonymat des questionnaires.

N. 56

SOCIAL SCIENCE MICROSIMULATION

G. Nigel Gilbert et Klaus G. Troitzsch

Microsimulation en sciences sociales.  Ci-dessous se trouvent trois articles basés sur des présentations et des discussions qui ont eu lieu au Séminaire de Dagstuhl sur la microsimulation en sciences sociales:  “Une défi à l’informatique”, Schloß Dagstuhl, 1-5 mai 1995, et ont été publiés depuis dans K. G. Troitzsch, U. Mueller, G. N. Gilbert et J.E. Doran (sous la direction de), Social Science Microsimulation, 1996, Springer Verlag.  Les trois articles sont “Simulation comme une stratégie de recherche” et “Environnements et langages informatiques pour la simulation sociale:  Résumé d’une discussion informelle”, par G. Nigel Gilbert, et “Simulation informatique et sciences sociales:  Sur l’avenir d’une relation difficile — Résumé d’une discussion informelle” par Klaus G. Troitzsch.  Recherche en simulation, Programmes informatiques de simulation, Simulation et théorie sociale.

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N. 57, décembre 1997

Applications of computer software in the sociological analysis of qualitative data

Nigel G. Fielding et Raymond M. Lee

Utilisations de logiciels dans l’analyse sociologique des données qualitatives.  Cet article décrit l’utilisation de l’analyse informatique de données qualitatives (CAQDAS en anglais) en sociologie. Il fournit un historique de la CAQDAS, montre la relation entre des types de logiciel et des approches différentes de l’analyse sociologique des données qualitatives. Il examine la place de la CAQDAS dans l’environnement de recherche, et il considère les développements futurs de logiciels d’analyse de données qualitatives.  L’article donne des exemples de procédures utilisant différents logiciels, et présente les résultats, en utilisant la CAQDAS, d’un travail de terrain sur des expériences de chercheurs. L’article termine avec une “liste de ressources” présentant des détails sur les logiciels CAQDAS mentionnés dans l’article.  Méthodes qualitatives, Logiciels d’analyse, Analyse des données qualitatives, Analyse de contenu, Analyse de discours, Innovations méthodologiques.

N. 57

Apports de logiciels d’Analyse de Données Textuelles (ADT) dans les procédures d’analyse de contenu d’entretiens semi-directifs de recherche: Alceste et Hyperbase

Régine Scelles

Cet article discute l’apport de deux logiciels d’Analyse de Données Textuelles dans les procédures d’analyse de contenu d’entretiens semi-directifs de recherche. Alceste et Hyperbase ont permis d’obtenir des résultats communicables, vérifiables et contestables par d’autres chercheurs, de faire une analyse uniforme et exhaustive de tout le corpus, de repérer les différences et ressemblances entre les discours d’individus ou groupes d’individus, de réaliser de multiples analyses, chacune d’elles s’effectuant rapidement. Leurs limites identifiées, ces logiciels fournissent une aide dans la démarche de description puis d’interprétation des discours recueillis lors d’entretiens de recherche. Analyse de données textuelles, Entretiens semi-directifs, Alceste, Hyperbase.

N. 57

THE RELATION BETWEEN QUANTITATIVE AND QUALITATIVE SOCIAL RESEARCH1

Peter Halfpenny

La relation entre recherches sociales quantitative et qualitatives.  A partir d’une caractérisation schématique de l’historique du débat sur les méthodes de recherche sociale qualitatives et quantitatives, un argument en six points est présenté.  Les six points se centrent sur:  (1) les multiples paradigmes à la disposition des chercheurs, chacun caractérisant les données et l’explication de manières radicalement opposées; (2) la variété de démarches de recherche dans la collecte et la construction de données sociales; (3) le point important que ce ne sont pas les paradigmes qui entrainent les manières de faire, ni non plus vice versa; (4) les similarités entre données qualitatives et quantitatives dans la mesure où toutes les deux sont extraites ou construites à partir de la richesse du vécu; (5) quoi que la nature des données doive être adaptée au paradigme encadrant la recherche, les procédures de production de telles données sont illimitées; et (6) comment la confusion arrive quand on suppose que des paradigmes et des procédures tombent nécessairement dans des catégories logiquement cohérentes et mutuellement exclusives. Des liens sont tracés entre ces six points et les arguments récents de Hammersley et Smaling. La conclusion est que cet argumentaire en six points permet aux chercheurs d’être plus imaginatifs dans leurs choix de méthodes. Méthodes qualitatives, Méthodes quantitatives.

N. 57

`New age’ travellers, urban slum dwellers, aborigines and drug users: Experiences of collecting sensitive data from marginalised communities

Zoe Matthews et Richard Velleman

Voyageurs “New Age”, habitants de bidonvilles, Aborigènes et toxicomanes – Expériences dans la collecte de données sensibles dans des communautés marginalisées.  Cet articles réunit des thèmes communs d’expériences de collecte de données dans deux recherches en cours.  Ces projets veulent accroître la compréhension des comportements et des attitudes dans des communautés marginalisées et touchent des problèmes sensibles: l’un concernant la santé sexuelle (Voyageurs “New Age” dans les sud-ouest de l’Angleterre) et l’autre des expériences de familles de toxicomanes ou d’alcooliques (comparaison d’Aborigènes en Australie, d’habitants de bidonvilles de Mexico et d’habitants du sud-ouest de l’Angleterre).  L’hostilité de certains membres de ces communautés envers le projet de recherche a focalisé notre attention sur de méthodes plus adaptées de collecte de données et sur l’utilisation de chercheurs introduits dans la communauté:  ceci montre aussi bien un point fort de l’étude qu’un point critiqué.  L’article décrit la méthode de collecte des données pour chacune des études, comprenant la sélection de l’échantillon, les instruments, et la composition de l’équipe de recherche.  Une comparaison des expériences des membres des équipes est aussi présentée.  Quoique la situation géographique de ces études varie beaucoup, les problèmes de collecte de données montrent des similarités méthodologiques qui peuvent être importantes pour d’autres chercheurs dans des circonstances analogues.  Voyageurs “New Age”, Bidonvilles, Pauvres urbains, Aborigènes, Drogue, Alcool, Santé sexuelle, Collecte de données, Communautés marginalisées, Exclusion, Approche anthropologique.

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N. 58, mars 1998

AN EVALUATION OF SOME CLUSTERING METHODS FOR MIXED MODE VARIABLE DATA SETS*

Istvan Hajnal et Geert Loosveldt

Une évaluation de certains méthodes classificatoires de données de types différents.  La classification d’objets décrits par des variables de types différents – nominales, ordinales ou numériques – a toujours posé des problèmes pour les méthodes classificatoires.  Cet article présente brièvement certaines méthodes de classifications pour des données de types différents.  Ces méthodes comprennent le coefficient de Gower, le coefficient de Kaufman et Rousseeuw, la matrice combinée de ressemblance de Romesburg, la méthode d’Everitt et Merette, et, finalement, le logiciel Groupals.  Certaines des méthodes sont comparées grâce à une simulation.  Nous avons employé une approche gaussien conditionnelle de mélange pour engendrer un ensemble de données fictives de types différents mais avec une structure classificatoire connue.  Nous déduisons de notre simulation que le coefficient de Gower n’est pas aussi performant que le programme Groupals et l’emploi de codages binaires.  Méthodes classificatoires, Données de types différents, Comparaison par simulation.

N. 58

Robust Strategies for Application of Cluster Analyses

Nancy Andes

Stratégies robustes pour l’application d’analyses classificatoires.  Dans cet article, l’analyse classificatoire est employée pour identifier et décrire des regroupements sociaux et économiques homogènes basés sur des régions géographiques en Alaska comme exemple d’une société en transition.  Des types de contextes sociaux sous-jacents et institutionnels sont identifiés et comparés en utilisant plusieurs méthodes de classification. Les analyses sont faites sur une base de données de caractéristiques empiriques sur vingt-trois lieux de recensement en Alaska (équivalents aux comtés américains classiques) pour analyser leur structure de fond.  L’auteur examine ensuite les classes résultantes pour leur validité propres et leur netteté empirique.  Analyses classificatoires, Comparaison de méthodes, Homogénéité sociale et économique, Alaska, Société en transition.

N. 58

MEASURING COLLECTIVE IDENTITIES OF CANADIANS: A NESTED CONCENTRICITY MODEL*

John Goyder

Mesurer l’identité collective des Canadiens: Un modèle de concentricité emboîtée.  Cet article considère une mesure, par des questions d’une enquête structurée, des identités collectives associées à un territoire.  C’est un problème de mesure reconnu fréquemment dans la littérature scientifique comme étant difficile.  Les données sont celles d’une enquête par courrier en 1994 dans une région de la province d’Ontario au Canada.  Il y avait plus de 2.000 répondants et un taux de réponse de 71 pourcent.  S’identifier avec le monde entier, avec les Canadiens, avec les gens d’Ontario, avec les résidants de la région ont été doublement et séparément mesurés par des questions en forme de matrices.  Le plan d’enquête permet de séparer l’estimation valable de l’effet de méthode pour chaque question.  Une application de LISREL permet l’estimation de la corrélation entre variables latentes pour chacun des quatre types d’identité.  Ceci mène l’auteur à proposer un modèle de concentricité emboîtée dans lequel des identités “voisines” (i.e., Canadienne-Ontarienne versus Canadienne-régionale) ont la plus forte association.  Identités collectives, Canada, Variables latentes, LISREL.

N. 58

DETECTING ABERRANT RESPONSE PATTERNS IN MULTI-ITEM SCALES: SOME NONPARAMETRIC INDICES AND A COMPUTER PROGRAM

Edith D. de Leeuw et Joop J. Hox

Détecter des formes de réponses aberrantes sur des échelles multi-réponses:  Des indices non-paramétriques et un logiciel.  La littérature de psychologie expérimentale comprend plusieurs indices de mesurer censés identifier des formes de réponses aberrantes.  Cet article examine trois indices non-paramétriques bien connus, donne des exemples d’application et présente un logiciel qui calcule ces indices.  Caractérisation de réponses d’individus, Caractérisation appropriée d’individus, Erreur de répondant.

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N. 59, juin 1998

ILO UNEMPLOYMENT AND REGISTERED UNEMPLOYMENT: A CASE STUDY

Ray Thomas

Le chômage BIT et le chômage enregistré: Une étude de case.  Le chômage BIT (Bureau international du Travail – ILO en anglais) en Grande-Bretagne est moins sensible aux changements dans le niveau d’emploi que le nombre de chômeurs enregistrés de type keynésien (le “Count of Claimants”) qui est focalisé sur les “chefs de ménage” de sexe masculin, tandis que le critère BIT de chercheur d’emploi utilisé dans la “Labour Force Survey” (LFS) saisit en même temps le début de chômage et le désir de trouver un emploi.  En Grande-Bretagne, les données des “ILO/LFS Unemployment Series” identifient la plus haute couche d’une armée de réserve de travailleurs de composition changeante mais de taille relativement constante.  La réconciliation des statistiques du chômage BIT et du chômage enregistré est nécessaire pour pouvoir comprendre les dynamiques du marché du travail en Grande-Bretagne.  Les interdépendances positives et négatives entre chômage BIT et emploi BIT ne sont peut-être pas limitées à la seule Grande-Bretagne.  Chômage BIT, Statistiques de chômage, Armée de réserve de travailleurs, Enquêtes sur la force de travail, Etudes longitudinales, Système de sécurité sociale, Travailleurs découragés.

N. 59

APPLICATION DE LA THEORIE DE REPONSE AUX ITEMS A L’ANALYSE D’ECHELLES D’ATTITUDEApplication de la théorie de réponse aux items à l’analyse d’échelles d’attitude

Claire Durand,

Cet article présente la théorie de réponse aux items (TRI) et illustre ce que son application a l’analyse de deux mesures d’attitudes face au travail — valorisation des aspects sociaux et satisfaction extrinsèque — peut apporter.  Les résultats présentés montrent que l’on ne peut mesurer de la même manière la satisfaction extrinsèque selon qu’il s’agit d’Employés professionnels à statut régulier ou occasionnel.  Les informations produites par l’analyse TRI ont permis de conclure que la satisfaction face au salaire ne peut être incluse dans la mesure de la satisfaction extrinsèque parce qu’elle ne contribue pas à la mesure de la même manière pour les deux groupes d’Employés; de plus, la satisfaction face aux avantages sociaux peut être incluse dans la mesure seulement si l’on permet que les paramètres de discrimination et de difficulté varient selon les groupes de statut.  Les analyses de variance sur les scores thêta ainsi produits donnent des résultats sensiblement différents de ceux obtenus avec les scores additifs traditionnels et permettent de raffiner l’interprétation.  Théorie de réponse aux items, Echelles d’attitudes, Attitudes face au travail, Contractuels professionnels, Employés réguliers.

N. 59

THE USE OF LOCAL NETWORKS IN A STUDY OF HEROIN USERS:  ASSESSING AVERAGE LOCAL NETWORKSThe use of local networks in a study of heroin users:  Assessing average local networks.

Ingegerd Jansson et Marinus Spreen

L’utilisation de réseaux locaux dans l’étude des consommateurs d’héroïne.  Evaluation de réseaux locaux moyens.  Dans l’étude d’une population de consommateur d’héroïne dans une ville néerlandaise, une approche par réseaux locaux a été utilisée dans la collecte et l’analyse de données concernant l’environnement social des consommateurs d’héroïne.  Au lieu d’appliquer une procédure d’échantillonnage par boule de neige pour contacter des répondants par vagues successives, cette étude s’est concentrée sur la collecte de données relationnelles par une procédure boule de neige à une seule vague:  La population cible a été divisée en deux strates:  consommateurs d’héroïne participant, respectivement, ne participant pas, à un programme de soins.  Dans le groupe de ceux impliqués dans un programme de soins, un tirage au hasard a été réalisé.  Dans l’autre groupe mal délimité, un tirage non au hasard a été réalisé.  Plusieurs aspects de la représentativité sont discutés dans la considération de l’environnement social des répondants, y compris le pourcentage des consommateurs participant régulièrement à un programme de soins, ceux participant à d’autres programmes, ceux participant aux deux types de programmes, et ceux ne participant à aucun programme.  Consommateurs d’héroïne, Données relationnelles, Echantillonnage par boule de neige, Programmes d’assistance aux consommateurs de drogues.

N. 59

CENTRE – Course Syllabus – EMPIRICAL KNOWLEDGE IN SOCIOLOGY:  studying of the research principles and approaches, cognitive opportunities of the methods, specificity of obtained results

Galina Saganenko

Schéma de cours – Connaissance empirique en sociologie:  L’étude des principes de recherche et les approches, les possibilités cognitives des méthodes, spécificité des résultats obtenus.  Ce cours a été développé à l’Académie de Culture de l’Etat de St. Petersbourg en 1990-1998 sur la base de recherches empiriques et méthodologiques depuis plus de deux décennies.  Il a été employé pour enseigner des programmes universitaires de 2-3 et de 5 ans, ainsi que des cours au niveau de la matrise ou du doctorat.  Il est dédié à la communication de connaissances empiriques en sociologie.  Il implique l’enseignement dans des contextes différents:  chaque module aide à “tenir ensemble” les autres modules et, de plus, à clarifier leur sens.  Un étudiant doit continuellement les comparer et, à la fin, comprendra leur spécificité et le sens sociologique de leurs résultats empiriques.  Dans le programme, il y a au moins quatre “axes” qui peuvent être considérés indépendamment ou en relation entre eux.  En particulier, un aspect important concernant l’existence de trois niveaux de sens en sociologie est présenté ici.  Le deuxième axe correspond à la compréhension de la structure d’un résultat empirique de recherches.  Le troisième axe concerne les types de recherche.  Le quatrième concerne la séquence des stades différents de la recherche.  D’autres explications importantes sont données  Réalité sociale, Connaissance, recherche et résultats empiriques, Fécondation croisée, Approche investigatrice, Types de recherches, Enquêtes standardisées, Recherche basée sur textes, Classification de textes, Données d’origine, Méthodes d’actualisation de données, Sélection d’unités d’analyse, Analyse des données.

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N. 60, octobre 1998

Contact and Stereotyping in a Voluntary Association

Bonnie H. Erickson et T. A. Nosanchuk

Contact et fabrication de stéréotypes dans une association publique.  Le contact des groupes sociaux réduit les préjugés et les stéréotypes … parfois, et cela dépend de la nature du contact et du cadre.  Celui des associations publiques n’a pas été beaucoup exploré, en dépit du fait qu’elles remplissent souvent les conditions nécessaires pour tester l’hypothèse évoquée.  Nous étudions une grande association dans laquelle ces conditions peuvent être vérifiées en détail et sont en effet remplies.  Nous employons aussi des mesures très évoluées de contact (développées dans l’analyse des réseaux sociaux), de stéréotypes d’âge et de sexe (développées dans la recherche sur les systèmes de croyances), et d’hypothèses élaborées (développées par la théorie de cognition sociale).  Aucune forme de contact ne réduit les stéréotypes.  Plus d’implication dans une sous-culture renforce en réalité les stéréotypes.  Nous montrons que l’attention est une fonction du rang, ce qui fait que nos répondants remarquent l’inégalité caractérisée par une petite élite mais ignorent l’égalité représentée par la vaste majorité.  Les résultats montrent aussi que l’approche cognitive de l’étude des stéréotypes doit être poursuivie en commun avec celle des structures sociales et de leurs implications concernant le contact, les inégalités et l’attention.  Stéréotypes, Contact, Inégalité, Réseaux sociaux.

N. 60

Unified BHPS work-life histories:  Combining multiple sources into a user-friendly format

Brendan Halpin

Les histoires d’emplois unifiées de la BHPS:  La fusion de sources multiples pour produire un format convivial.  Les données longitudinales sont souvent difficiles à utiliser, et les trajectoires continus individuels collectés par panel sont un cas particulièrement redoutable.  Cet article décrit le travail de réorganisation des données des histoires individuelles d’emplois de la British Household Panel Study dans un format plus adapté à l’analyse.  La British Household Panel Study collecte énormément d’informations sur l’évolution du marché de travail dans le temps, aussi bien pendant le déroulement d’un panel que rétrospectivement depuis l’entrée sur le marché du travail.  Le fait que cette information est stockée par nécessité dans plusieurs endroits différents et avec des niveaux de détails variables, en a rendu l’utilisation malaisée.  Cette étude décrit une exercice de reformulation de l’information sur le marché du travail pour la rendre plus utilisable dans la recherche.  Elle considère aussi quelques-uns des problèmes des données rétrospectives et de panels longitudinaux, et examine les problèmes d’erreur de mémoire et d’erreur de mesure.  Les fichiers de données décrits ici sont disponibles au UK Data Archive.  Données longitudinales, Histoires individuelles d’emplois, Erreur de mémoire, Erreur de mesure.

N. 60

Theory-driven interviewing: From Theory into Practice

Niall Hamilton-Smith et Matt Hopkins,

L’entretien relié à un cadre théorique:  De la théorie à la pratique.  Cet article analyse deux approches de l’utilisation du modèle de Pawson de l’entretien relié à un cadre théorique comme moyen de surmonter la division traditionnelle entre les techniques d’entretien quantitatives et qualitatives.  Les deux approches concernent la criminologie mais sont méthodologiquement différentes.  La première utilise le modèle de Pawson dans le développement des propositions théoriques de niveau intermédiaire concernant “encastrement” d’initiatives distinctes dans une politique donnée (phase II, des villes plus sûres).  Le second essai consiste à tester une hypothèse concernant les variations de contextes par rapport aux actes d’abus et de violence contre des établissements commerciaux.  A travers ces exemples, l’article essaie de développer une critique de l’opérationalisation de ce modèle dans la recherche en science sociale.  Entretien, Epistemologie, Entretien relié à un cadre théorique, Pawson.

N. 60

Stratégie discursive de professionnels de la représentation

Georges Ubbiali

La recherche discute l’argument du remplacement des militants syndicaux par des professionnels du syndicalisme, modification à laquelle serait liée la crise du syndicalisme. Le poste de dirigeant syndical est analysé dans sa genèse historique. Une recherche empirique sur le terrain de deux fédérations a été conduite pour reconstruire les étapes d’une carrière syndicale. Le coeur du travail est constitué par la production d’interviews avec des représentants syndicaux. Cette approche socio-historique se conclut sur la fragilité et l’inachèvement du processus de professionnalisation des directions syndicales.  Carrière, Expertise, Identité, Métier, Professionnalisation, Permanent, Syndicaliste, Représentation.

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N. 61, janvier 1999

AN INTUITIVE INTRODUCTION TO BLOCKMODELING WITH EXAMPLES An Intuitive Introduction to Blockmodeling with Examples*

Patrick Doreian

Une introduction intuitive aux modèles en blocs avec des exemples.  Cet article présente une définition intuitive des modèles en blocs (blockmodels).  Il débute par une discussion informelle des concepts de rôles, de relations, et d’équivalences avant de présenter le concept du modèle en blocs comme un modèle des structures de rôles.  Le concept d’un réseau social est introduit ensuite et ces deux derniers concepts sont réunis pour suggérer l’idée que les concepts de modélisation en blocs peuvent être utilisés pour partitionner un réseau social.  Cette partie est suivie d’une discussion de l’approche directe pour établir des modèles en blocs.  Deux exemples empiriques sont développés en détail.  Une généralisation naturelle de la modélisation en blocs est présentée et développée.  Modèles en blocs, Structures de rôles, Partition des réseaux sociaux.

N. 61

CLASSIFICATION, CROSS-CLASSIFICATION ANALYSIS AND GENERALIZED BLOCKMODELING

Karl M. van Meter

Classification, Analyse classificatoire croisée et modèles en blocs généralisés.  Les modèles en blocs ont été étroitement associés avec l’analyse des réseaux sociaux et utilisent souvent des matrices symétriques individus-par-individus où chaque case décrit un lien entre deux individus.  Mais des blocs semblables, et même équivalents, peuvent être obtenus par l’analyse classificatoire.  La classification croisée — le croisement cartésien d’une classification des individus avec une classification des variables descriptives — permet la généralisation de la construction des blocs et identifie aussi les blocs les plus statistiquement significatifs dans l’ensemble des données.  Analyse classificatoire, Modèle en blocs, Classification croisée, Classe polythétique.

N. 61

COMMENT ANALYSER LES DONNEES CHRONOLOGIQUES POUR PLAN PARTITIONNE EN SCIENCES SOCIALES Comment analyser les données chronologiques pour plan partitionné en sciences sociales

Michel Clavet, François Petry et Jean-Sébastien Brien

Dans cette communication, nous présentons étape par étape un programme statistique d’analyse des données chronologiques pour plan partitionné (Time-Series Cross-Section ou TSCS) produisant des estimations fiables des paramètres de régression. Plusieurs logiciels statistiques (SHAZAM, SAS, SPSS) offrent des procédures d’analyse de données TSCS. Ces procédures se basent plus ou moins directement sur certaines applications pratiques de la méthode des moindres carrés généralisée (GLS) développées par Parks et Kmenta. Certains travaux récents ont montré que l’utilisation de ces applications de la méthode GLS entraîne des biais d’estimation systématiques liés principalement à la sous-estimation des erreurs-type des paramètres de régression. La méthode que nous présentons permet une correction adéquate du processus d’erreur des modèles TSCS. La méthode consiste à retenir les estimations des paramètres obtenus par la méthode des moindres carrés ordinaires (OLS) tout en considérant que les erreurs-type sont biaisées; puis de remplacer ces erreurs type biaisées par de nouvelles erreurs-type (panel-corrected standard errors ou PCSE) obtenues après avoir tenu compte des autocorrélations temporelle et spatiale. Nous fournissons le programme SAS qui permet de réaliser les analyses TSCS selon cette méthode.  Analyse des données chronologiques pour plan partitionné, Erreurs-type, Paramètres de régression, Erreurs-type corrigées pour panels.

N. 61

SOLARIS – L’EXPERIENCE D’UNE REVUE SCIENTIFIQUE SUR INTERNET SOLARIS, l’expérience d’une revue scientifique sur Internet

Ghislaine Chartron, Jean-Max Noyer et Sylvie Fayet-Scribe

Le développement d’Internet a permis l’expérimentation dans la communication scientifique et, dans ce cadre, les revues scientifiques se trouvent actuellement confrontés avec la croissance des échanges et de la documentation accessibles par ordinateur.  Dans cet article, nous présentons un bref historique et décrivons certains aspects du développement de la revue scientifique française Solaris (qui publie aussi des articles en anglais), qui est exclusivement électronique et est spécialisée dans les sciences de l’information et de la communication: <http://www.info.unicaen.fr/bnum/jelec/Solaris/&gt;.  Après un panorama préalable d’autres revues scientifiques accessibles par Internet, nous soulignons quelques caractéristiques importantes des membres fondateurs, des modes de financement, de l’évolution du nombre d’articles, des services proposés, des citations et d’autres développements.  Solaris, Internet, Edition scientifiques.

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N. 62, avril 1999

Nonresponse to mail surveys in a lower-class urban area. A two-stage exploration of access failure and refusal

Harrie Jansen et Tony Hak

La non-réponse aux enquêtes par courrier dans un quartier ouvrier urbain – une exploration en deux temps des échecs d’accès et des refus de répondre. Des sources différentes de non-réponse engendrent différents types de biais. Dans les enquêtes par courrier, on ne sait pas si la proportion des non-retours doit être attribuée aux échecs d’accès ou aux refus de répondre. Dans ces deux catégories, d’autres distinctions peuvent être faites. Nous faisons dans cette étude la distinction entre échec de localisation, échec de contact, non-réponse conditionnelle, refus explicite, refus caché, refus caractéristique, et refus spécifique. Dans une étude en deux temps de la non-réponse à une enquête par courrier dans un quartier ouvrier urbain sur le style de vie et les comportements à risque (consommation d’alcool, de tabac, de drogues, jeux), nous avons d’abord essayé d’évaluer empiriquement les différentes composantes de la non-réponse en procédant à une enquête par téléphone et par entretien en face-à-face. Nous avons trouvé de grandes proportions non-anticipées d’échec de localisation et de refus caractéristique auto-estimé. Un an plus tard, nous avons envoyé un bref questionnaire, convivial, sur un sujet d’un intérêt général au même échantillon pour évaluer la stabilité du comportement de réponse et la validité des auto-estimation de ce comportement. Les principaux résultats de cette seconde enquête sont, d’abord, que les auto-estimation de réponse ne correspondent pas au comportement réel et, en suite, que même dans un quartier ouvrier urbain l’enquête la plus conviviale et la plus pertinente n’atteint pas un taux de réponse dépassant 70%. Puisqu’il semble impossible d’améliorer le taux de réponse au-delà du niveau déterminé par le refus caractéristique et la non-réponse conditionnelle, nous concluons que plus d’attention doit être donnée aux développement de méthodes qui font diminuer la non-réponse conditionnelle. Nous suggérons que l’évaluation de tels tentatives doit être faite par de petites enquêtes “test” conviviales sur le même sujet. La non-réponse, Enquête par courrier, Accessibilité différentielle, Comportement de réponse différentiel.

N. 62

HOW DO SUCCESSFUL AND LESS SUCCESSFUL INTERVIEWERS DIFFER IN TACTICS FOR COMBATING SURVEY NONRESPONSE?

Edith D. de Leeuw

En quoi diffèrent les meilleurs et les moins bons enquêteurs dans leurs stratégies pour éviter la non-réponse dans les enquêtes? Les enquêteurs jouent un rôle important dans l’obtentions de la coopération des répondants aux enquêtes. Des données empiriques montrent une large variation dans les taux de réponses obtenus par les enquêteurs. Les recherches sur le rôle de l’enquêteur dans l’enquête sont relativement rares. Certaines recherches ont montré que l’expérience de l’enquêteur joue un rôle important et, plus récemment, l’importance de l’interaction “à la porte” a été démontrée. Dans une étude précédente, nous avons présenté un inventaire des stratégies décrites par des enquêteurs expérimentés pour éviter la non-réponse. Dans cet article, nous étudions la relation entre les stratégies habituelles des enquêteurs et les taux de réponses. Les enquêteurs efficaces soulignent l’importance de la combinaison des régles de base (se présenter, immédiatement identifier l’agence responsable) et des stratégies plus avancées (adapter l’introduction, personnaliser la présentation). Confiance en soi et compétence dans les relations sociales les caractérisent. Ceux qui obtiennent des taux de réponses plus bas ne considèrent pas les “régles de base” comme importantes, et ils ne trouvent pas que la confiance en soi et la personnalisation de la présentation soient déterminantes. Interaction à la porte, Persuasion, Participation aux enquêtes, Stratégies d’enquêteurs, Taux de réponses.

N. 62

Why did the polls go wrong in the 1998 Quebec election? The answer from post election polls

Claire Durand et Andre Blais

Pourquoi les estimations de vote ont-elle échoué au Québec en 1998? La réponse des enquêtes post-élections. Cet article présente les résultats d’un sondage post-électoral réalisé auprès de répondants à trois sondages pré-électoraux conduits pendant la campagne électorale de novembre 1998 au Québec (Canada). Durant la campagne, les sondages avaient systématiquement sous-estimé les intentions de vote pour le Parti libéral, un parti fédéraliste de centre-droit, et surestimé celles pour le Parti québécois, un parti souverainiste de centre-gauche, malgré les compétences méthodologiques, plutôt orthodoxes, des sondeurs québécois. L’écart entre les intentions de vote et le vote effectif avait été attribué à une remontée du Parti libéral en fin de campagne ou à une participation au vote moindre chez les électeurs du Parti québécois. Les résultats présentés invalident ces hypothèses et permettent de conclure que les écarts doivent plutôt être attribués aux biais liés à l’échantillonnage et à un comportement différencié des non-répondants aux sondages. Sondages post-électoraux, Sondages, Elections, Biais, Echantillon.

N. 62

Computer Assisted Interviewing:  The Design and Application of Survey Software to the Wired Suburb Project*

Keith N. Hampton

L’entretien assisté par ordinateur – La construction et application de logiciels d’enquête dans le projet “Wired Suburb”. Cet article examine l’utilisation d’Internet et de l’ordinateur personnel (PC) pour les entretiens dans le cadre du projet “Wired Suburb” (Netville) de l’Université de Toronto. L’utilisation de l’entretien assisté par ordinateur (CAI, en anglais) dans ce projet diffère de multiples autres exemples par son utilisation de questions sur les réseaux sociaux, d’un journal budget-temps et des entretiens par Internet (Web) et par ordinateur personnel d’une petite population résidentielle. L’objectif de cet article est de développer la connaissance concernant le CAI, l’entretien personnel assisté par ordinateur (CAPI) et l’entretien par ordinateur auto-administré (CASI); de montrer aussi que ces méthodes peuvent être plus adaptées que d’autres à certain projets de recherche, d’explorer les problèmes particuliers de cette technologie et ceux de l’utilisation du CAI dans l’étude des réseaux sociaux et des budgets-temps. Entretien par Internet, Entretien personnel assisté par ordinateur (CAPI), Entretien assisté par ordinateur auto-administré (CSAI), Projet “Wired Suburb” (Netville).

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N. 63, juillet 1999

Closed Structures, Open Structures, Stable Structures Explaining Structural Form and Temporal Stability of Informal Social Networks in Organizations

Rafael Wittek

Structures fermées, structures ouvertes, structures stables – Etude de la forme structurale et de la stabilité temporelle des réseaux sociaux informels dans des organisations.  Les hypothèses qui concernent la forme structurelle et la stabilité des réseaux sociaux informels dans des organisations viennent de la théorie des organisations et de l’analyse dynamique des réseaux. Un test empirique exploratoire de ces hypothèses est fait avec la ré-analyse d’une étude longitudinale d’un réseau de relations de confiance/méfiance réalisée dans un grand magasin aux Etats-Unis pendant les années 1950. On explore deux questions. D’abord, on montre que le degré de fermeture du réseau est une fonction des arrangements de partage tels qu’ils émergent des interdépendances fonctionnelles dans les groupes de travail. On montre aussi que les effets vont en partie contre les processus anticipés par le modèle commun d’équilibre structurel. Ensuite, on examine pourquoi certaines structures informelles de réseau restent stables, même sous des conditions où leur dissolution est anticipée, où des encouragements formels favorisent fortement la compétition au lieu de la coopération, et où les structures informelles au niveau de choix individuels reflètent un type d’échanges limités au lieu d’échanges généralisés. On démontre que la stabilité du réseau étudié accroit significativement avec la présence d’intermédiaires tiers dans la structure. Les résultats soulignent l’importance des tiers occupant le rôle d’intermédiaires pour la stabilité des réseaux sociaux informels et fournit un nouveau point de vue sur la supposée fragilité des échanges limités prévue par la théorie des échanges. Réseaux intraorganisationnels, Théorie des échanges, Analyse dynamique des réseaux.

N. 63

Facteurs socio-culturels et présentation de soi dans différents contextes d’enquête: analyse d’un exemple de discordance.

Anne Laporte

Une étude qualitative menée chez des homosexuels et bisexuels masculins ayant participé à une enquête quantitative a permis de mettre en évidence un effet de la technique d’enquête sur les réponses des individus. Quinze homosexuels et bisexuels masculins ayant participé à l’enquête nationale presse gaie 1995, sur les modes de vie et les réactions des homosexuels masculins face au SIDA, ont été sélectionnés sur la déclaration d’exposition sexuelle au risque d’infection VIH dans un auto-questionnaire. Au cours de l’entretien, un sous-groupe d’entre eux s’est présenté de façon discordante par rapport à l’auto-questionnaire. L’analyse des discordances et la comparaison des entretiens concordants et discordants a permis de montrer l’impact de facteurs socio-culturels dans la possibilité de se présenter de façon plus ou moins indépendante du contexte d’enquête.  Technique d’enquête, Discordance quantitatif/qualitatif, Sexualité, Facteurs socio-culturels.

N. 63

An Evaluation of a Typology of Respondents with a Multilevel Multinomial Logit Model

Jan Pickery et Geert Loosveldt

Une évaluation d’une typologie de répondants avec un modèle logit multiniveau et multinomial.  Dans cet article, nous examinons une typologie de répondants à une enquête, basée sur les rapports des interviewers. Dans de tels rapports, l’interviewer évalue la motivation et les capacités des interviewés à répondre aux questions. Dans un article précédent, cette information a été utilisée pour créer une typologie de répondants de trois types. Le premier a largement les capacités cognitives requises et il est bien motivé. Le deuxième type ressemble au premier, mais avec des capacités et motivations moindres. Le troisième type a des problèmes à répondre au questionnaire. Il est possible de valider cette typologie empiriquement en confrontant les caractéristiques sociologiques des répondants avec les indicateurs de qualité des données recueillies. Nous faisons une validation de cette typologie avec une analyse multiniveau, contrôlant ainsi pour le biais des interviewers. L’analyse multiniveau prend en compte la structure hiérarchique des données d’enquête et offre la meilleure possibilité d’analyser les effets d’interviewer. Nous utilisons un modèle logit multiniveau et multinomial avec les caractéristiques des répondants et leur comportement de réponse comme variables indépendantes, la typologie comme variable dépendante et l’interviewer comme identificateur du niveau 2. Nos résultats montrent une variabilité significative des interviewers, ce qui remet en question l’utilité des rapports d’interviewers dans la construction d’une typologie de répondants.  Analyse multiniveau, Effets d’interviewer, Comportement de réponse, Typologie de répondants, Modèle logit multinomial.

N. 63

NEW TECHNOLOGIES IN SOCIOLOGICAL RESEARCH: BMS’ ON-LINE EXPERIENCE, ISA’S EMAIL QUESTIONNAIRE & THE COMPUTER-LITERACY GAP

Karl M. van Meter

Nouvelles technologies dans la recherche sociologique: Expérience on-line du BMS, le questionnaire par Internet de l’AIS et les retardés de l’ordinateur. Les deux derniers numéros du Bulletin de Méthodologie Sociologique (BMS) comprenaient des présentations de la session spéciale “Nouvelles technologies dans la recherche, la documentation, l’édition et l’enseignement sociologiques” du Congrès mondiale de la sociologie en 1998 à Montréal, Canada, organisé par l’Association Internationale de Sociologie (AIS), qui a aussi organisé une session spéciale du Comité des publications sur des sujets parentés. Dans cet article, nous décrivons les quatre autres présentations de la sessions “Nouvelles technologies” et les résultats d’un travail parallèle présenté dans la session du Comité des publications, comprenant les résultats d’une enquête BMS-AIS par questionnaire, réalisée par Internet. Sociologie, Recherche sociologique, Internet, Nouvelles technologies de l’information.

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N. 64, octobre 1999

MODELE LINEAIRE CONTRE MODELE LOGISTIQUE EN REGRESSION SUR DONNEES QUALITATIVESModèle linéaire contre modèle logistique en régression sur données qualitatives

Philippe Cibois

La régression sur données qualitatives est habituellement traitée en utilisant un modèle logistique. En examinant des données “toutes choses égales par ailleurs”, on montre que le modèle linéaire est tout à fait cohérent avec ce type de données. En comparant les résultats d’une analyse en profondeur des tableaux croisés (appelée analyse tabulaire) avec la régression linéaire et la régression logistique, on constate que ces diverses méthodes donnent des résultats très proches (en termes d’effets en pourcentages). La question théorique de la possibilité du modèle linéaire reste à approfondir: le cas particulier des écarts à une situation de référence introduit des contraintes qui semblent rendre possible l’utilisation du modèle linéaire. Données qualitatives, Analyse tabulaire, Régression logistique, Régression linéaire.

N. 64

METHODOLOGICAL ISSUES IN SURVEY RESEARCH: A HISTORICAL REVIEW (1)

Wim de Heer, Edith D. de Leeuw et Johannes van der Zouwen

Problèmes méthodologiques dans la recherche par enquêtes – Un historique.  Dans cet article, nous présentons un survol historique des enquêtes sociales et décrivons le développement historique des statistiques et de la méthodologie empirique des enquêtes. Les origines de la recherche par enquêtes datent du début du 19ème siècle: la première enquête empirique a été faite en Angleterre en 1912 par Bowley. Les méthodes modernes d’enquête trouvent leurs origines dans les années 1930 quand trois aspects majeurs de l’enquête ont été développés et perfectionnés: techniques d’échantillonnage, techniques de collecte de données et les méthodes statistiques d’analyse de données. Dans les années 1950, l’interview en face-à-face s’est développé et des manuels ont été publiés. Au débuts des années 1970, l’interview par téléphone est apparu et l’enquête postale s’est répendue. Dans les années 1980-1990, l’interview assisté par ordinateur et les enquêtes électroniques ont été développées. En même temps, des progrès dans la mesure de l’erreur, dans l’étude de la non-réponse et dans le contrôle global de la qualité des données, ont été réalisés. Dans le nouveau millénaire, les principes de base de l’enquête empirique continueront d’avoir cours mais les statisticiens d’enquête, comme Bowley, seraient surpris de voir la structure d’une enquête en 2012. Sans doute, elle s’appuiera sur de nouvelles technologies et concentrerait sur la réduction de la tâche du répondant, tout en améliorant la qualité des données. Bowley apprecierait de voir que des méthodes sophistiquées de réduction de la non-réponse et de l’erreur de mesure incorporées dans la structure de l’enquête pour améliorer la qualité finale des résultats. Méthode et statistiques d’enquêtes, Enquêtes sociales, Enquêtes empiriques, Nouvelles technologies, Qualité des données, Non-réponse, Tâche du répondent, TQM, CBM.

N. 64

LES “RAFALES”, UNE METHODE POUR IDENTIFIER LES DIFFERENTS EPISODES D’UN RECIT:  CONTRIBUTION AU TRAITEMENT ET A L’INTERPRETATION DES ENTRETIENS NON-DIRECTIFS DE RECHERCHE Les , une méthode pour identifier les différents épisodes d_un récit : contribution au traitement et à l_interprétation des entretiens non-directifs de recherche.(1)

Mathieu Brugidou et Pierre Le Quéau

L’article présente les résultats d’un travail effectué sur une méthode d’analyse des entretiens non-directifs de recherche (ENDR).  L’identification d’une série de termes répétés en même temps de manière importante dans une courte séquence de texte (i.e des “rafales”) permet de mettre en évidence les “paquets de sens” qui constituent des épisodes. En suivant ces rafales de termes, on peut espérer repérer les ruptures thématiques  (fin d’une série de rafales), les passages où les fils du récit se dénouent cependant qu’un nouveau thème (ou épisode ici) est développé (nouvelle série de rafales). L’algorithme des rafales a été intégré dans le logiciel d’analyse sémantique TROPES. On se propose de montrer l’intérêt de cette méthode pour l’analyse des entretiens non-directifs. L’exposé cherchera notamment à croiser une approche lexicométrique (rafales formées à partir de formes graphiques) et sémantiques (rafales constituées à partir de classe de termes considérés comme équivalents du point de vue du sens). ENDR, Récit, Analyse structurale du récit, Analyse de discours, Lexicométrie, Rafale.

N. 64

HOW TO USE SPSS TO STUDY EGO-CENTERED NETWORKS

Christoph Müller, Barry Wellman et Alexandra Marin

Comment utiliser SPSS pour étudier des réseaux sociaux ego-centrés.  Les capacités de SPSS pour manier les données le rendent utile dans l’étude des réseaux ego-centrés. De tels réseaux sont utiles dans des études de plusieurs types, telle que celles sur le soutien social, sur l’entourage personnel et sur les relations au sien d’une organisation. Nous montrons comment les analyses de réseaux ego-centrés sont plus efficaces en commençant avec deux fichiers de données: (1) les individus centraux et leurs réseaux ego-centrés; (2) les membres du réseau et leurs liens avec les individus centraux. Nous montrons aussi comment relier ensemble ces deux fichiers pour: (a) donner des informations générales sur chaque réseau ego-centré; (b) combiner les individus centraux, les liens et les données de réseau. SPSS, Réseaux ego-centrés, Individus centraux.

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N. 65, janvier 2000

THE GEOMETRIC ANALYSIS OF QUESTIONNAIRES: THE LESSON OF BOURDIEU’S LA DISTINCTION

Henry Rouanet, Werner Ackermann et Brigitte Le Roux

L’analyse géométrique des questionnaires – La leçon de La Distinction de Bourdieu. Ce texte étudie en détail l’usage de l’analyse des correspondances dans La Distinction (1976/79) de Bourdieu, en ayant en vue les sociologues qui souhaitent analyser leurs données selon des méthodes en harmonie avec celles de Bourdieu. Pour Bourdieu, l’analyse des correspondances n’est pas un outil parmi d’autres commode pour visualiser les données, mais un instrument unique éminemment apte à découvrir les deux espaces apparentés des individus et des propriétés. Un examen attentif de La Distinction révèle un usage réfléchi et créatif de l’analyse des correspondances, appliquée à des tableaux Individus x Propriétés, avec ses principales aides à l’interprétation. Les conclusions majeures de cette “leçon” demeurent valides aujourd’hui, elles sont applicables à tout tableau Individus x Propriétés, analysé par l’analyse des correspondances ou plus particulièrement par l’analyse des correspondances multiples. Dans l’analyse des questionnaires, faire des analyses de correspondances ne suffit pas pour faire des analyses “à la Bourdieu”. L’espace fondamental doit être construit à partir d’un ensemble de variables pertinentes suffisamment ample pour permettre le plein déploiement multidimensionnel des individus. La Distinction de Bourdieu, Analyse Géométrique des Données, Tableaux Individus x Propriétés, Analyse des Correspondances. Nuage des Individus, Représentation simultanée.

N. 65

THE USE OF MULTIDIMENSIONAL PARTIAL-ORDER SCALOGRAM ANALYSIS WITH BASE COORDINATES (MPOSAC) IN PORTRAYING A PARTIALLY-ORDERED TYPOLOGY OF CITY WARDS BY SOCIAL-MEDICAL CRITERIA The use of Multidimensional Partial-Order Scalogram Analysis with base Coordinates (MPOSAC) in portraying a partially-ordered Typology of City Wards by social-medical criteria [1]

Shlomit Levy et Reuven Amar

L’utilisation du scalogramme multidimensionnel avec ordre partiel sur des scores de base (MPOSAC) pour construire une typologie sur ordre partiel des quartiers d’une ville basée sur des critères sociaux et de santé publique. Les problèmes scientifiques, en particulier dans les sciences sociales, sont très souvent de nature multivariée. Ceci vaut en particulier pour une classe de problèmes de typologie où une population donnée est classée en même temps selon plusieurs critères, chacun étant ordonné selon un ordre valant pour l’ensemble. La nouvelle technique du scalogramme multidimensionnel avec ordre partiel sur des scores de base (MPOSAC) est proposée dans le cas d’une typologie sur ordre partiel de quartiers d’une ville associant des facteurs socio-résidentiels à un problème de santé publique. Les données consistent en un ensemble de sept variables de critères sociaux et trois de taux de pénétration de maladies infectieuses. Chacune des sept variables est ordonnée selon le niveau élevé ou bas de bien-être. Deux dimensions se révèlent insuffisantes pour rendre compte de la typologie partiellement ordonnée et il s’avère que trois dimensions sont nécessaires pour arriver à une solution satisfaisante. Deux dimensions sont prises parmi les variables sociales et servent de coordonnés de bases: il s’agit des variables de “surpeuplement” et “d’absence de toilettes à l’intérieur du logement”. La troisième dimension, c’est-à-dire la troisième coordonnée, partitionne un espace à trois dimensions en strates selon le taux de maladies infectieuses. Structuple (profile), Ordre Comparable, Ordre Non-Comparable, Ordre Partiel, POSAC, MPOSAC, Coordonnés de Base, Diagramme d’Item.

N. 65

UNE METHODE D’ANALYSE DES SEQUENCES Une mÚthode d’analyse des sÚquences

Alain Dubus

Des données exprimables comme des successions, à caractère temporel ou non, d’états, de longueur variable selon les sujets, peuvent être décrites comme des “séquences”. L’analyse de tels objets doit permettre leur classification automatique en catégories les plus homogènes possibles et les plus différenciées entre elles, et surtout une modalité de restitution idéaltypique des catégories qui en rende possible l’interprétation. Secondairement, une telle analyse doit autoriser des pondérations différenciées des états et de leurs contrastes, pour échapper à l’hypothèse appauvrissante de l’équivalence sémantique de tous les états et de toutes les oppositions entre eux. Un modèle mathématique de matrices de densité cumulée, mise en oeuvre dans un logiciel ad hoc, permet d’atteindre simultanément ces objectifs, et débouche de surcroît sur une méthode de représentation graphique colorée des catégories de séquences. Les données utilisées comme exemple proviennent d’une recherche sur les itinéraires professionnels de 520 formateurs d’adultes, recherche qui a fait usage d’une version antérieure de la méthode. Séquences, Données Longitudinales, Classification, Idéal Type, Restitution Graphique.

N. 65

VERBATIM:  UNE EXPERIENCE DE CAPITALISATION D’ENTRETIENS QUALITATIFS

Dominique Le Roux et Jean Vidal

L’archivage des données qualitatives en vue de leur réexploitation fait partie de la pratique sociologique anglo-saxonne. Nous présentons ici les premiers résultats, encourageants, d’une expérience similaire menée en France dans le contexte de l’entreprise. Verbatim, Capitalisation des Données Qualitatives, Analyse Secondaire.

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N. 66, avril 2000

REMARQUES SUR LA COMPARAISON ENTRE LES MODELES LINEAIRE ET LOGIT

Emmanuel Aris et Jacques Hagenaars

L’objet de cette note de recherche est d’apporter quelques précisions au sujet de la comparaison entre le modèle linéaire et le modèle logit comme modèles de régression sur données qualitatives, présentée par Ph. Cibois dans le BMS (n. 64, octobre 1999). L’accent est mis sur les différences des deux modèles d’un point de vue méthodologique. Quelques références de travaux sur l’étude des modèles de régression sur variables qualitatives sont aussi présentées. Variable expliquée qualitative, Modèle logit, Modèle linéaire, Effet d’interaction.

N. 66

CURRICULUM VITAE ET CONNAISSANCE PREALABLE DES PERSONNES:  LEUR INTERET POUR LA CONDUITE DES ENTRETIENS BIOGRAPHIQUES

Franck Cochoy

La conduite des entretiens biographiques fait généralement l’impasse sur l’importance d’une connaissance préalable des personnes. Cet article suggère que les patronymes jouent au contraire un rôle décisif dans la constitution des identités et des parcours personnels, et en tire les conséquences méthodologiques. Il montre ainsi combien l’usage de CV et plus généralement de toute documentation biographique permet non seulement de préparer les entretiens, mais aussi et surtout de les conduire. La connaissance préalable de la personne comme guide personnalisé est présentée comme un moyen d’obtenir, avec elle, une explicitation des moments forts de son parcours. Entretiens biographiques, Curriculum vitae, Connaissance de l’interviewé.

N. 66

L’analyse de situations a l’épreuve des scénarios l’exemple des actions qualité dans l’organisation

Estelle Bonnet

Les scénarios constituent de brefs récits que l’on soumet à une population d’enquête. Cette méthode constitue une base d’appui fructueuse pour obtenir énoncés et discours des interviewés. Elle favorise la mise au jour de normes et règles d’action sur lesquelles les individus s’expriment peu ou sur lesquelles il est parfois difficile d’obtenir des informations. En ce sens, elle peut enrichir et compléter les données obtenues par le biais de méthodes plus classiques telles que l’entretien. Par le biais des commentaires et argumentations des acteurs, elle donne accès à des logiques d’action, mesurées à partir des réponses et des jugements émis sur les situations proposées. Elle permet d’apprécier les compétences mobilisées par les individus dans la réponse aux différents problèmes posés dans la vie au travail, et d’accéder aux différentes formes d’expertises mises en oeuvre par chaque membre de l’organisation dans son activité quotidienne. Scénarios, Logiques d’actions des enquêtés, Référentiels et règles tacites, Argumentations entre acteurs, Confrontation des jugements.

N. 66

CHILDREN AS RESPONDENTS IN SURVEY RESEARCH:  COGNITIVE DEVELOPMENT AND RESPONSE QUALITY Children as Respondents in Survey Research: Cognitive Development and Response Quality. 1

Natacha Borgers, Edith de Leeuw et Joop Hox

Les enfants comme répondants dans les enquêtes – Développement cognitif et qualité des réponses.  Quoique les enfants ne sont plus une population négligée des statistiques officielles et des enquêtes, des études méthodologiques sur des enquêtes d’enfants sont rares. Les chercheurs doivent se baser sur des connaissances ad hoc venant des domaines aussi divers que la psychiatrie enfantine et les tests d’éducation, ou extrapoler à partir de la connaissance méthodologique associée aux enquêtes auprès d’adultes. Dans cet article, les auteurs passent en revu la littérature scientifique disponible sur les enfants comme répondants, et présentent les résultats préliminaires d’une analyse secondaire de l’influence du développement cognitif sur la qualité des réponses. Enfin, il y a des recommandations concernants les enquêtes d’enfants. Enfants, Développement cognitif, Qualité des données, Questionnaires, Entretiens.

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N. 67, juillet 2000

Quel parti va gagner les élections? Avantages et faiblesses d’une question numérique

Antoine Bilodeau

Cet article évalue la question en forme numérique utilisée lors de l’Etude des élections canadiennes de 1997 qui mesure les perceptions des électeurs quant aux chances des partis de remporter les élections. A priori, cette question apparaît problématique. Trois faiblesses importantes y sont relevées. D’abord, la formulation contient certaines ambiguïtés. Deuxièmement, la littérature présente de nombreuses mises en garde quant aux capacités limitées des individus à gérer les probabilités. Enfin, la forme des réponses des participants au sondage de l’Etude des élections canadiennes de 1997 contraste avec les attentes des chercheurs responsables de l’étude. Néanmoins, il semble que les réponses à cette question soient fiables. Deux tests empiriques montrent que les participants au sondage canadien de 1997 donnent des réponses fiables malgré leur forme inattendue. D’abord, les perceptions des répondants suivent l’évolution des résultats de sondages, et enfin, les perceptions affectent le vote des participants.  Méthodologie, Sondage, Election, Vote Stratégique.

N. 67

A propos de l’échantillon. De l’utilité de quelques mises au point

Jacques Hamel

L’article a pour objet l’échantillon et l’échantillonnage d’ordre qualitatif.  Il traite d’abord le sujet sous l’angle historique par le rappel de l’histoire de l’Ecole de Chicago où est née l’opposition qualitatif et quantitatif.  La querelle des méthodes est nuancée par les distinctions apportées dans cet article: a) entre la localité et l’objet d’étude, b) entre la représentativité statistique et la représentativité sociologique (ou théorique) et c) entre la théorie descriptive et la théorie explicative.  L’élaboration de l’échantillon qualitatif peut se formuler en un calcul au sens d’opérations explicitement et univoquement définies et réglées.  Echantillon, Echantillonnage qualitatif, Ecole de Chicago, Québec.

N. 67

An interviewer network: constructing a procedure to evaluate interviewers

Ann Carton

Un réseau d’interviewers – la construction d’un procédure pour évaluer les interviewers.  La recherche sociale, en général, et la collecte des données, en particulier, peuvent être considérées comme des processus de production où la “Gestion totale de la qualité” (“Total Quality Management” ou TQM) est applicable. Avec le concept de TQM, nous examinons la qualité de production d’une étape importante des enquêtes: la collecte de données en entretiens face-à-face. Dans cet article, nous présentons les principaux résultats d’une étude d’une procédure d’évaluation d’interviewers travaillant dans un réseau permanent d’interviewers. Cet travail est basé sur une thèse de doctorat (Carton, 1999). Etant donnée la philosophie de la TQM, nous terminons avec des recommandations pour améliorer la qualité de production du réseau et prenons en compte le contexte social spécifique du réseau. Gestion totale de la qualité, Sélection d’interviewers, Formation d’interviewers, Supervision des interviewers, Qualité des données.

N. 67

Observation et modèle linéaire ou logistique : réponse à Aris et Hagenaars.

Philippe Cibois

La réponse apportée ici à Aris et Hagenaars (2000) insiste sur le fait que la mauvaise adéquation avec les données du modèle logistique ne porte que sur les effets marginaux en pourcentage. On plaide pour l’abandon de cet indicateur pour soit prendre les estimations des odds ratios en régression logistique, soit prendre les observations de l’analyse tabulaire (ou leur estimation par les effets marginaux en pourcentage de la régression linéaire). Données qualitatives, Analyse tabulaire, Régression logistique, Régression linéaire.

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N. 68, octobre 2000

Ce numéro spécial du BMS est consacré à la Cinquième Conférence Internationale de Logique et de Méthodologie du Comité de recherche Logique et Méthodologie (RC33) de l’Association Internationale de Sociologie (AIS). Il comprend le numéro d’automne 2000 de la RC33 Newsletter avec un rapport du président, du secrétaire, du coordinateur d’information et de l’organisateur de la Conférence RC33 2000. La Newsletter est suivie, dans l’ordre, par les résumés des deux conférenciers invités, Don A. Dillman (Washington State University) et Willem J. Heiser (Université de Leiden), et par les synthèses de sessions écrites pour ce numéro par les responsables des sessions. Dans le cas de la session, “Thèmes sensibles, Questions sensibles”, nous publions l’article de synthèse de l’organisateur de la session, Karl M. van Meter, et le résumé de session. … Ce matériel remplace les rubriques habituelles du BMS comprenant les articles de recherche, les articles de recherche en cours et la rubrique “Centre”, qui est dédié traditionnellement dans notre numéro d’automne à la RC33 Newsletter. Comme d’habitude, vous trouverez ici les autres rubriques habituelles d’information du BMS comprenant les compte-rendus de livres et les informations sur des réunions. Rapport du RC33 président, Rapport du Comité de recherche Réunion du Conseil des affaires ISA tenue le 30 Juillet 2000, à Montréal, au Canada, Rapport de la RC33 Coordonnateur de l’information, RC33 rapport de 2000 Organisateur de la conférence, Survey Research Methods au 21ème siècle: nouvelles menaces, nouveaux concepts et de nouvelles opportunités , racines au début de la modélisation statistique, Rapport sur la première session dépliage à la Conférence de 2000 RC33 à Cologne, Rapport sur les sessions et la table ronde sur les tendances en méthodologie de recherche sociale, interview assistée par ordinateur, Session «Traduction et validation d’instruments de mesure: Can Les articles ont Stable Sens? “, processus éthiques, sociales et politiques dans la recherche sociale, des variantes de codage automatique des données textuelles, analyse typologique des données du réseau, Nonparametric théorie de la réponse d’objet, statistique bayésienne, les méthodes d’échantillonnage, enquêtes en ligne, la conception et l’analyse des données dans les enquêtes sociales – Perspectives comparatives dans le temps et l’espace, la méthode de gestion des problèmes sociaux complexes, l’analyse du Groupe spécial, analyse géométrique des données, des questions méthodologiques dans la recherche féministe, des sujets sensibles – Questions sensibles: revue de la littérature de recherches sociologiques, méthodologie générale, la recherche méthodologique cognitive pour l’essai des questionnaires – I. principes et II. Applications, l’analyse des données structurées, simulation sociale Agent-Based, l’estimation des équations différentielles et Processus stochastiques: méthodes et applications, de l’opposition des approches quantitatives, qualitatives pour une nouvelle modalité, comblant les méthodes qualitatives et quantitatives.

N. 68

SENSITIVE TOPICS – SENSITIVE QUESTIONS: OVERVIEW OF THE SOCIOLOGICAL RESEARCH LITERATURE

Karl M. van Meter

Thèmes sensibles – Questions sensibles: Synthèse de la littérature de recherche. Tous les modes d’enquête de recherche par questionnaire — face à face, papier et crayon, par téléphone, par ordinateur — sont confrontés avec des problèmes associés avec le questionnement concernant des thèmes sensibles. Pour fournir une synthèse et une structure possible de la recherche sur des thèmes sensibles et des questions sensibles, nous analysons toutes les entrées dans les bases de données de Social Research Methods (SRM) et de Sociological Abstracts pour ces sujets. Thèmes sensibles, Questions sensibles, Social Research Methods Data Base, Sociological Abstracts, Littérature de recherche.

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N. 69, janvier 2001

IS IT FITTING TO USE THE TELEPHONE DIRECTORY AS A FRAME POPULATION IN SURVEYS? AN ANALYSIS OF THE CASE IN SPAIN.

Vidal Diaz de Rada

Peut-on utiliser l’annuaire téléphonique comme population de référence dans une enquête? Analyse d’un cas en Espagne.  Quand la population cible est une collectivité spécialisée (docteurs, avocats, directeurs d’entreprises, etc.), on utilise habituellement des annuaires professionnels pour chacune de ces collectivités. Mais que peut-on faire si la population entière est la cible? L’objectif de cet article est de répondre à cette question en étudiant la validité de l’utilisation de l’annuaire téléphonique public comme population de référence pour une enquête par courrier, comme cela est vrai pour les enquête en face-à-face ou par téléphone. A cette fin, nous présentons les résultats d’une enquête par courrier dans la Navarre, une région du nord de l’Espagne, au printemps de 1998. Notre hypothèse était que le problème majeur dans l’utilisation de l’annuaire comme population de référence était d’obtenir une représentation adéquate de la véritable population cible. Enquête par courrier, Enquête par téléphone, Population de référence, Non-couverture.

N. 69

LES METHODES DE SELECTION DES PREMIERS SONDAGES AMERICAINES

Emmanuel Didier

Cet article décrit les méthodes de sélection utilisées dans les premières enquêtes partielles américaines entre le milieu du XIXème siècle et les années 1920. Trois procédures, inventées par le Ministère de l’agriculture, sont examinées successivement. Nous revenons ainsi à nouveau frais sur le rôle spécifique joué par la sélection des individus dans la généralisation à la totalité qu’autorisent les enquêtes dites “représentatives”.  Histoire, Etat-Unis, Agriculture, Sondages, Sélection, Généralisation.

N. 69

INTRODUCTION AUX METHODES STATISTIQUES EN SOCIOLOGIE DE BLOSS & GROSSETTI ET LEUR ENSEIGNEMENT EN FRANCE

Dans ce dossier de “Recherche en cours”, nous présentons d’abord ce livre à l’intention des étudiants, suivi d’un commentaire par Philippe Cibois concernant aussi bien le livre que l’enseignement en France des statistiques en sociologie et particulièrement la compréhension de ce qu’est le Khideux. Les auteurs du livre font ensuite une réponse au commentaire de Cibois. Enseignement des statistiques, Khideux, Sociologie en France.

N. 69

FAIRE COMPRENDRE LE KHIDEUX. A PROPOS DE L’INTRODUCTION AUX METHODES STATISTIQUES EN SOCIOLOGIE  DE THIERRY BLOSS ET MICHEL GROSSETTI

Philippe Cibois

A propos d’un ouvrage récent d’introduction aux statistiques, on se pose des questions sur l’enseignement du test du Khideux. Il est proposé de ne pas appliquer le calcul du test comme une simple recette mais d’aider les étudiants à comprendre que le Khideux est homogène à un effectif et que les précautions à prendre pour son emploi relèvent simplement de la prudence.  Khideux, Hypothèse nulle, Risque de première espèce, Correction de Yates.

N. 69

COMMENT PARLER DES TESTS STATISTIQUES AUX ETUDIANTS FRANCAIS DE SOCIOLOGIE? REPONSE A PHILIPPE CIBOIS

Thierry Bloss et Michel Grossetti

Les auteurs du livre Introduction aux methodes statistiques en sociologie repondent a la critique precedente de leur ouvrage par Philippe Cibois. Enseignement des statistiques, Sociologie francaise, Khideux.

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N. 70, avril 2001

MODAL AUXILIARIES IN TEXT ANALYSIS*

Roel Popping

Les auxiliaires modaux dans l’analyse textuelle.  Les verbes auxiliaires modaux tels que devoir, vouloir… fournissent des informations concernant les intentions des sujets sémantiques dans les morceaux de phrase où ils apparaissent. Par exemple, en déclarant qu’une personne doit agir d’une certaine manière, on montre la différence entre l’action et la possibilité que la personne agisse autrement. Cette information peut être utilisée dans la recherche. L’analyse textuelle sémantique permet le codage des auxiliaires modaux. Cet article examine comment faire pour garder en présence les auxiliaires modaux lors une analyse textuelle par réseaux. Ce type d’analyse textuelle nous permet de traiter des argumentations assez complexes, mais le résultat montre que le chercheur ne doit pas utiliser l’analyse par réseaux dans ces cas et plutôt employer l’analyse sémantique. Analyse textuelle sémantique, Analyse textuelle par réseaux, Verbes auxiliaires modaux.

N. 70

LE DIRE ET LE DIT DANS LES ENTRETIENS:  ELEMENTS POUR LE TRAITEMENT DE LA COMPLEXITE DU LANGAGE

Pascal Reysset

Cet article essaie de poser les principes d’utilisation de quelques outils forgés en linguistique pour l’analyse sociologique, plus particulièrement pour l’analyse des entretiens. Loin d’être une simple collection d’informations, les entretiens analysés ici, qui sont des entretiens de migrants, sont le lieu d’une intense activité langagière. En recourant aux concepts de l’énonciation, de la pragmatique et de la logique naturelle, sont repérés divers fonctionnements langagiers que le sociologue a tout intérêt à considérer: construction des représentations, négociation des places dans l’interaction. Cependant, contrairement à la sociologie spontanée de certaines linguistiques, les pratiques langagières ne sont pas celles d’un acteur libre de toutes déterminations. Au contraire, en prenant en compte toute la complexité du langage, le sociologue peut construire un acteur pluriel, hétérogène, voire divisé. Pratiques langagières, Complexité langagière, Entretiens, Acteurs sociaux.

N. 70

OVERVIEW OF TEXT ANALYSIS SOFTWARE

Harald Klein

Vue générale des logiciels d’analyse textuelles.  Ces dernières années, plusieurs logiciels d’analyse textuelles sont apparus sur le marché. Cette présentation générale fournit des informations sur ces logiciels et essaye de les catégoriser. Les descriptions brèves comprennent des informations générales et techniques telles que l’existence des versions de test, de démonstration ou d’essai. Cette information est constamment renouvelée et disponible sur http:www.intext.de/TEXTANAE.HTM. Analyse textuelle, Analyse de contenu, Analyse de données qualitatives, Logiciels.

N. 70

COMPTE-RENDU DE LA JOURNEE D’ETUDES DU CIDSP: LES NOUVELLES METHODES D’ANALYSE DES ENTRETIENS – ANALYSE ASSISTEE PAR ORDINATEUR ET CAPITALISATION DES ENTRETIENS NON-DIRECTIFS DE RECHERCHE

Mathieu Brugidou et Bruno Cautrès

Cette conférence a été organisée par les auteur le 9 mars 2001, à la Maison des Sciences de l’Homme à Grenoble, France. Computer-Assisted Qualitative Data Analysis Systems (CAQDAS), Entretiens, Questions ouvertes, Archivage des données d’entretiens.

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N. 71, juillet 2001

PROBLEMS IN COMPARATIVE AND TRIANGULATED HOMELESSNESS RESEARCH1

Maryse Marpsat

Les problèmes de la recherche comparative et triangulation sur les sans domicile fixe. En 1992, Institut national d’Etudes Démographique (INED), à Paris, a commencé un programme de recherche sur les sans domicile fixe en combinant des entretiens ouverts avec les sans-abris et ceux qui s’en occupaient, et plusieurs enquêtes statistiques sur les sans-abris à Paris, les deux principales étant l’enquête sur 591 adultes sans domicile fixe (1995) et l’enquête sur 461 jeunes sans-abris âgés de 16 à 24 ans (1998). La méthodologie de ces enquêtes était proche de celle de plusieurs études américaines, notamment l’enquête nationale en 1987 de l’Urban Institute, l’enquête de 1991 de RTI sur les sans-abris de Washington et l’enquête nationale de 1996 sur les sans domicile fie du Bureau of the Census. Donc, des comparaisons sont possible. Ce rapport se concentre sur deux aspects. Premièrement, basé sur les études de sans domicile fixe à Paris et aux Etats-Unis, je présente les problèmes de comparaisons internationales qui ressortent des différences de méthodologie, de définitions, de terrains d’enquête, etc., ce qui rend difficile la comparaison des résultats; et les différences de politiques de diminution de la pauvreté, d’aider les sans abris, de gérer l’immigration ou les malades mentaux, etc. rendent l’interprétation difficile aussi; Deuxièmement, j’étude l’utilisation de la triangulation d’enquêtes statistiques et des entretiens ouverts, utilisant des exemples pris dans notre programme. Cette dernière question sera traitée du point-de-vue d’un scientifique faisant une enquête statistique mais montrant la contribution des données qualitatives à des recherches quantitatives. Sans domicile fixe, Enquêtes statistiques, Entretiens ouverts.

N. 71

QUALITY OF LIFE INDEXES FOR NATIONAL POLICY: REVIEW AND AGENDA FOR RESEARCH

Michael R. Hagerty, Robert Cummins, Abbott L. Ferriss, Kenneth Land, Alex C. Michalos, Mark Peterson, Andrew Sharpe, Joseph Sirgy et Joachim Vogel

Les indices de qualité de vie et les politiques publiques: Revue de la littérature et perspectives de recherche. Plusieurs gouvernements et institutions publiques ont développé des indices de qualité de vie, indices statistiques destinés à établir une mesure de la qualité de vie à l’échelon national ou régional. Nous utilisons 14 critères afin de déterminer la validité et l’utilité de tels indices à des fins de politiques publiques. Nous passons en revue 22 des indices les plus utilisés dans les pays les plus divers. Notre conclusion est que beaucoup de ces indices sont efficaces; s’ils sont réalisés avec sérieux, s’ils sont basés sur des séries temporelles et s’ils peuvent être désagrégés au niveau des sous-populations. Cependant beaucoup sont limités selon quatre points de vue: (1) ils varient énormément en ce qui concerne l’amplitude des domaines pris en compte et des définitions données de la qualité de vie; (2) aucun ne distingue les entrées, les flux et les sorties, concepts utilisés en général par les analystes de politiques publiques; (3) on ne voit pas de lien entre les politiques publiques mises en oeuvre et les résultats en termes de qualité de vie; (4) il n’y a pas eu d’études de comparaison d’indices. Nous concluons que ce n’est que potentiellement que ces indices peuvent être utiles pour la détermination des politiques publiques et nous recommandons des recherches afin de les améliorer. Qualité de vie (QOL), Comparaison d’indices QOL, Recherche comparative.

N. 71

SCIENTOMETRICS AND SCIENCE STUDIES1

Loet Leydesdorff

Scientométrie et étude de sciences. Les auteurs ne peuvent être réduits aux textes et les textes ne peuvent se réduire aux auteurs. C’est dans le développement de réseaux complexes de textes et d’auteurs se répondant les uns les autres que la connaissance émerge et qu’elle peut être repérée. L’objet de la scientométrie est l’étude de l’évolution dans le temps de ces réseaux selon toute leur complexité. Pour décrire et/ou mesurer la science afin de rendre visible la connaissance acquise, il faut rendre compte des conditions suivantes: en premier lieu, utiliser des statistiques non-paramétriques car il est difficile d’envisager des paramètres qui rendraient compte de l’apport de connaissance. Cette connaissance n’est donnée et reproduite qu’en termes d’interactions socio-cognitives (le “modèle statique”). En second lieu, ces interactions sont évalués dans leur dimension temporelle selon ce qu’elles signifient par rapport aux institutions d’une part, et en référence au développement cognitif à l’échelon du réseau d’autre part (les “dynamiques de la science”). La médiation entre les deux points de vue a été améliorée par la codification de la science, par exemple en termes de pratiques de citations ou de réalisation de résumés. Cette codification dans plusieurs directions permet d’envisager un développement de systèmes de bases de connaissances auto-organisés. Auto-développement, Auto-organisation, Statistique de l’entropie, Scientométrie, Mesure, Récupération de connaissances, Science.

N. 71

THOUGHTS ON THE CLARIFICATION OF SOCIOLOGICAL CONCEPTS

Fred W. Riggs

Réflexions sur la clarification des concepts sociologiques. Les concepts sont des unités de pensée ou de connaissance et ne doivent pas être confondus avec les mots qui les représentent. Les mots trouvés dans le dictionnaire représentent souvent plusieurs concepts. Si habituellement nous comprenons les intentions d’un auteur, c’est parce que le contexte n’autorise qu’un seul des sens du mot. Quant on hésite sur le sens à donner à un mot, on prend un dictionnaire ou un lexique où ses différents sens sont proposés et on choisit celui qui semble le plus pertinent. Un nombre croissant de lexiques spécialisés permet de faire face à la prolifération de la terminologie technique et il est heureux que beaucoup de ces lexiques puissent être consultés en ligne. Cependant ces outils lexicographiques, ainsi que d’autres, souffrent tous de l’impossibilité de replacer les concepts dans le contexte des théories et des réseaux conceptuels qui leur donnent sens. Ils ont besoin d’être complétés par les analyses tant sémantiques que lexicographiques que les auteurs en font. Internet permet maintenant d’accélérer et d’améliorer le processus antérieur en systématisant l’innovation conceptuelle. L’auteur en donne plusieurs exemples dont un site de terminologie sur l’ethnicité et un lexique assez étendu de linguistique. Concepts sociologiques, Dictionnaires, Lexiques, Sémantique, Lexicographie, Internet.

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N. 72, octobre 2001

THE DOMAINS OF THE QUALITY OF LIFE

Abbott L. Ferriss

Les domaines de la qualité de la vie (QOL). Les valeurs culturelles définissent “la bonne vie” mesurée dans le domaine subjectif et dans le domaine objectif. Ces domaines sont identifiés de manières diverses par: (a) la définition académique et “élitiste” des valeurs universelles; (b) les enquêtes par questionnaire de répondants de cultures différentes qui décrivent leur QOL (Quality of Life); (c) les dimensions psychologiques du bien-être; (d) les dimensions du bien-être social; et, (e) la satisfaction avec des secteurs de la vie quotidienne par rapport aux institutions sociales. Ces nomenclatures diverses sont combinées pour former un ensemble de dix domaines qui identifient les secteur majeurs de “la bonne vie”. Des hypothèses sont proposées pour l’amélioration de plusieurs domaines QOL spécifiques. Valeurs, Bien-être psychologique, Bien-être social, Satisfaction, Orientation de vie, Influence des institutions sociales.

N. 72

SURVEY DATA FUSION

Toma Aluja-Banet et Santiago Thiô

Greffe de données d’enquêtes. Cet article concerne la fusion de données venant de sources indépendantes. Les enquêtes sont un des moyens les plus utilisés pour obtenir des données quantitatives souvent à des coûts élevés. Toute fois, la fiabilité des informations saisies dans les sociétés modernes diminue à cause de la “pression des enquêtes” sur les répondants, rendant ainsi intéressants les moyens indirects d’obtenir des données. Mais cette tache est à la limite de ce que les statistiques sont capables de faire. Toute greffe peut être réduite à sa version canonique qui est un fichier complet “donneur”, avec des variables x et y, et un autre fichier “destinataire” avec seulement des variables x. La greffe consiste dans le transfert des variables y “donneur” dans le fichier “destinataire”. On note que la greffe n’engendre pas de nouvelles informations mais utilise celles présentes d’une manière plus approfondie. L’objectif est d’estimer des données individuelles importantes pour l’analyse agrégée. Il y a deux principales méthodes de greffe d’enquêtes: l’une est la modélisation de la relations des variables y par rapport aux variables x du fichier “donneur” et l’application de ce modèle au fichier “destinataire”. L’autre méthode est le “Hot Deck” (plateau chaud) impliquant la désignation, pour chaque individu “destinataire”, d’un ou plusieurs individus “donneur” similaires afin de transférer les valeurs y des “donneurs” au “destinataire”. Quoi que le problème est de nature plus générale, ici nous nous limitons aux greffes des données d’enquêtes d’audience de télé et de consommation des ménages. Le “Hot Deck” par greffe des k voisins les plus proches est utilisé actuellement pour les enquêtes d’audience mais il réduit considérablement la variabilité des données “donneur”. Notre objectif est de comparer la greffe des k voisins les plus proches avec l’imputation PCAR et la régression PLS pour voir leurs points forts et leurs points faibles. Greffe, Imputation, Hot Deck, Modélisation, Les k voisins les plus proches, PCAR, Régression PLS.

N. 72

WWW – SEARCH ENGINES, AN ALTERNATIVE TO THE SOCIAL SCIENCE DATABASES?

Jürgen Krause1

WWW – Moteurs de recherche, Une alternative aux bases de données en sciences sociales? Dans l’ère du “World Wide Web” (WWW), les utilisateurs des fournisseurs d’informations sont confrontés avec un espace de données hautement décentralisé et hétérogène venant de sources différentes et avec de différentes “valeurs ajoutées”. Mais se posent à eux une question encore plus fondamentale: doivent-ils continuer à chercher, par exemple, encore de la littérature (gris) scientifique dans des bases de données spécialisées des centres d’informations tel que l’IZ à Bonn (Allemagne), ou doivent-ils n’utiliser que des moteurs de recherche généralistes comme AltaVista ou Fast? Est-ce que le WWW remplace des centres d’information et leurs bases de données de haute qualité ou ne fera-t-il que combler les lacunes d’information restantes? Que sont les résultats actuels de l’utilisation des moteurs de recherche généralistes sur le WWW? Comment fonctionnent ces derniers et comment diffèrent-ils des systèmes de navigation des bases de données spécialisées? World Wide Web (WWW), Moteurs de recherche, Hétérogenéité, Système de navigation.

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N. 73, janvier 2002

LANDMARK PAPERS IN SURVEY STATISTICS

Gad Nathan

Les papiers fondateurs de statistiques d’enquête.  Cet article est une version de l’introduction écrite par l’auteur pour le volume commémoratif de l’Association Internationale des Statisticiens d’Enquête (AISE), Landmark Papers in Survey Statisticis, qui a été publié à la fin de l’an dernier. Il est reproduit ici avec l’autorisation de l’AISS qui conserve tout droit de copyright. L’article comprend aussi les références concernant les papers cités. AISE, Statistique d’enquête, Histoire des statistiques.

N. 73

SYMPOSIUM ON CELEBRATING CLASSIC SOCIOLOGY:  PIONEERS OF BRITISH QUALITATIVE RESEARCH

Louise Corti

Symposium pour la célération de la sociologie classique – Les pionniers de la recherche britannique qualitative.  Rapport de la conférence, Symposium on Celebrating Classic Sociology: Pioneers of British Qualitative Research, qui a eu lieu les 5-6 juillet 2001 à l’université d’Essex. Le programme complet y figure aussi bien les résumés disponibles. Recherche qualitative, Sociologie britannique, Historie de la sociologie.

N. 73

ANALYSE MULTINIVEAUX

Tom Snijders

Ce article est basé sur un cours d’un journée que l’auteur a donné à Lille et à Paris pour des sociologues francophones qui commencent tout juste à se familiariser avec cette méthode. Analyse multiniveau, Modélisation statistique, Education statistique.

N. 73

LA BOITE A MOUSTACHES POUR SENSIBILISER A LA STATISTIQUE

Monique Le Guen

La boîte à moustaches une traduction de Box & Whiskers Plot, est une invention de Tukey (1977) pour représenter schématiquement une distribution. Cette représentation graphique peut être un moyen pour approcher les concepts abstraits de la statistique. Nous abordons dans cet article la nécessité de repenser l’initiation à la Statique. En nous appuyant sur les nouvelles connaissances en neuro-sciences nous proposons de placer l’apprenant en situation de découverte, en utilisant de vraies données, par l’intermédiaire de logiciels orientés Analyse Exploratoire des Données. Nous détaillons dans une seconde partie, comment lire et interpréter des boîtes à moustaches. Nous montrons comment les élèves peuvent découvrir, en explorant des données, certaines propriétés de la médiane et de la moyenne. En références nous donnons des adresses Internet pour réaliser informatiquement des boîtes à moustaches. Cet article est destiné aux enseignants et aux praticiens de la Statistique Appliquée. Sensibilisation à la Statistique, Interactivité, Visualisation, Analyse Exploratoire des Données, J. W. Tukey, Boîte à moustaches.

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N. 74, avril 2002

L’Analyse de Données Tabulaires avec les Modèles Linéaires et Loglinéaires

Emmanuel Aris et Henri Aris

De nombreux modèles ont été proposés afin de pouvoir évaluer l’intensité des relations de dépendance entre différentes variables observées. En particulier, dans le cas où les variables sont qualitatives, les modèles faisant l’hypothèse d’effets additifs (modèles linéaires) ou multiplicatifs (modèles loglinéaires/logit) sont souvent utilisés. Les versions les plus complètes de ces modèles permettent de modéliser des réseaux de dépendance entre différentes variables qualitatives. L’objectif de cet article est de fournir les connaissances de base permettant de comprendre et d’utiliser ces modèles. Les équations de dépendance, l’élaboration des modèles complets, et les développements récents sont présentés. De plus, des références de programmes susceptibles d’être utilisés pour estimer ces modèles et de travaux concernant certains aspects plus techniques sont fournies. Cette présentation est faite sur la base d’un exemple. Variable Expliquée Qualitative, Modèles Linéaires, Modèles Logit, Modèles Loglinéaires.

N. 74

MESURER LA SENSIBILITE AUX CONDITIONS INITIALES DANS LES PROCESSUS INDIVIDUELS DE PREMIERE INSERTION PROFESSIONNELLE: PROPOSITION DE PROCEDURE ET APPLICATION*

Guy Tchibozo

Les processus individuels de première insertion professionnelle sont influencés à la fois par le déterminisme social, l’aléa et la stratégie individuelle des agents. La question est de démêler l’enchevêtrement de ces différents facteurs. Partant de l’opposition centrale entre aléa et déterminisme — au sein duquel s’ouvrent des fenêtres de stratégie — l’étude propose une analyse à partir du cadre du chaos déterministe. En premier lieu est proposée une méthode de mesure de la sensibilité aux conditions initiales (SCI) basée sur les exposants de Lyapunov dans les processus de primo-insertion professionnelle. En deuxième lieu, l’étude montre d’abord que la mesure de la SCI permet d’organiser la réflexion sur le rôle respectif de l’aléa, du déterminisme et de la stratégie. L’étude suggère ensuite que la mesure de la SCI constitue un outil plus adapté à l’aide à l’orientation scolaire et professionnelle individuelle que ne le sont les enquêtes sur l’insertion professionnelle de promotions entières, mieux placées quant à elles pour le pilotage et l’évaluation d’établissements et de filières de formation. Insertion professionnelle, Déterminisme social, Stratégie individuelle, Chaos déterministe.

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N. 75, juillet 2002

AN INNOVATIVE TECHNIQUE FOR ASKING SENSITIVE QUESTIONS: THE THREE-CARD METHOD

Judith A. Droitcour et Eric M. Larson

Une technique innovante pour poser des questions sensible – La méthodes des trois cartes: La méthode de trois cartes est une technique d’enquête en développement au General Accounting Office (Cours des comptes) américain pour la collection de données sensibles lors des enquêtes en face-à-face à grande échelle. L’objectif de cette technique est de fournir les statistiques nécessaires tout en respectant au maximum l’anonymat des répondants et en réduisant l’agressivité des questions. Cette technique a ses origines dans la collecte de données personnelles sur la situation des immigrés, mais elle peut être utile dans divers domaines impliquant des questions sensibles. Thèmes sensibles, Questions sensibles, Base de données sur les méthodes de recherche en sciences sociales, Sociological Abstracts, Littérature scientifique.

N. 75

HONEST BY CHANCE: A QUALITATIVE INTERVIEW STUDY TO CLARIFY RESPONDENTS’ (NON-)COMPLIANCE WITH COMPUTER-ASSISTED RANDOMIZED RESPONSE

Hennie Boeije et Gerty Lensvelt-Mulders

Honnête par chance, une étude qualitative par entretien de la (non) coopération dans une enquête assistée par ordinateur et à réponse randomisée : La méthode “ response aléatoire” (RRM) permet de minimiser les réponse d’évitement sur des questions sensibles. Cette étude examine comment des répondants participent à une RRM et comment leur participation contribue à des réponses (non)adéquates. Onze répondants, tous des clients de services sociaux, ont répondu à douze questions dans une enquête assistée par ordinateur. La technique de la réponse forcée a été utilisée comme RRN, et des dés sur ordinateur (générateur interne du hasard) ont été alternées avec des vraies dés (générateur externe du hasard). Le comportement des répondants a été enregistré par vidéo. Ceci a été suivie d’un  entretien qualitatif qui a été également enregistré. Les résultats montrent que la RRM a engendré très peu de problèmes. Tous les répondants avaient des problèmes à fournir des réponses fausses exigées par les dés, et, par conséquence, quelques-uns ont trichés. De plus, leur intérêt direct – garder leurs allocations – a déterminé leur coopération puisqu’elle a dominé toutes les autres raisons, même quand les répondants comprenaient comment fonctionne marcher la RRM. Réponses randomisées, Allocations sociales, Questions sensibles, Enquêtes.

N. 75

EXTERNAL VARIABLES AS POINTS IN SMALLEST SPACE ANALYSIS:  A THEORETICAL, MATHEMATICAL AND COMPUTER-BASED CONTRIBUTION

Erik H. Cohen et Reuven Amar

Des variables externes comme points dans l’analyse de similitudes, Une contribution théorique, mathématique et informatique: Etant donné une configuration de n points dand un espace euclidéen et un vecteur E de coefficients de similarité d’objets externes par rapport à ces n points, le problème est commet situer E parmi les n points fixs tel que la plus grande la similarité de E par rapport à un point, le plus petite est sa distance de ce point. Quoique ce problème a été résolu de manière technique par moyen de procédés décrites ci-dessous, il est néanmoins négligé de général. Dans cet article, nous présentons une contribution théorique et mathématique pour la résolution de ce problème. Analyse de similitudes, Variables externes, Similarité, Distances.

N. 75

SEMINAIRE LASMAS-IDL DES 7 ET 8 JANVIER 2002 – LES EXPERIENCES NATIONALES D’ETUDES DE COHORTES ET LEUR APPORT AUX SCIENCES SOCIALES 1

Laurence Bouvard  

L’objet du présent séminaire était de s’appuyer sur l’expérience des enquêtes étrangères pour évaluer la pertinence de prolonger les panels scolaires à la sortie du système scolaire ou éducatif. La première journée a donné lieu à une présentation de travaux portant sur des études de cohortes, de panels ou d’enquêtes rétrospectives conduites aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne. La seconde journée visait donc à profiter de l’expérience des collègues étrangers quant à l’opportunité, la conception, la mise en œuvre pratique d’études de cohortes et aux difficultés rencontrées lors du suivi des individus participant à ces enquêtes de longue durée. Cohortes, Panels scolaires, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, France.

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N. 76, octobre 2002

RESO COMME OUTIL DE STRUCTURATION DES CATEGORIES SOCIOPROFESSIONNELLES

Monique Dalud-Vincent1

Comment réduire, afin de les rendre lisibles et de les comparer, des tables de mobilité sociale aussi détaillées que celles de l’enquête FQP de 1985 en ne sacrifiant pas la nomenclature et en mettant en évidence la continuité/discontinuité des catégories? Contrairement aux travaux portant sur la “stratification” qui perçoivent les catérogies socio-professionnelles comme une hiérarchie et qui qualifient la mobilité d’“ascendante”, nous modélisons chaque table sous la forme d’un graphe et nous mettons en évidence des typologies des PCS à l’aide de l’outil Réso qui utilise la forte connexité pour caractériser l’impossibilité de construire un ordre induit par la mobilité sur les 32 catégories. Réso extrait des proximités entre les catégories en repérant la continuité et ses lignes de fracture dans une logique de type centre(s)/périphérie(s) (avec les notions de points d’articulation et de points fragiles). Ces proximités varient d’une table à l’autre et ne peuvent pas s’exprimer en termes de “stratification”. Mobilité sociale, Professions et catégories socioprofessionnelles, Stratification, Graphe, Composante fortement connexe.

N. 76

THE EFFECT OF INTERVIEWER ATTITUDE ON SURVEY COOPERATION

Michael Lemay et Claire Durand

L’effet de l’attitude de l’intervieweur sur la coopération lors d’une enquête : La recherche pour améliorer la qualité des enquêtes par questionnaire montre que des facteurs méthodologiques ont une influence significative sur la coopération des répondants. Le recherche présentée ici est inspirée de la sociologie du travail et des études de l’impact des attitudes des intervieweurs concernant leur motivation et l’”auto-efficacité” pour convaincre les répondants à participer à l’enquête. Une enquête auprès des intervieweurs travaillant pour trois établissements privés d’enquête a été menée pendant la campagne pour les élections fédérales canadiennes en novembre 2000. Les résultats montrent qu’il existe des liens entre la motivation, le sens d’”auto-efficacité” et des comportements associés, d’un côté, et des performances des intervieweurs, de l’autre. Cependant, certains résultats peuvent être mieux expliqués par les différences de formation des intervieweurs. De plus, l’absence d’une mesure plus fiable des performances peut aussi expliquer la faiblesse des résultats. D’autres études doivent examiner les mesures de performance pour comprendre les changements dans les performances avec le temps. Enquêtes par questionnaire, Enquêteurs, Performances des enquêteurs, Attitudes des enquêteurs, Mesure des performances d’enquêteur.

N. 76

COMPARAISON DE L’ANALYSE STRUCTURALE ET DE L’ANALYSE SCIENTOMETRIQUE DANS L’ETUDE DE LA PRODUCTION SCIENTIFIQUE

Rafael Stofer

Cet article s’appuie sur l’étude des réseaux de conseil, de copublication et de citations existant entre une certaine catégorie des chercheurs français en cancérologie pour montrer que l’étude de la production scientifique par des indicateurs strictement quantitatifs, caractéristique de la scientométrie, n’est pas suffisante. Il est nécessaire de tenir compte des réseaux sociaux construits entre les chercheurs pour avoir une vision complète d’un domaine de recherche et de son organisation. Avec une démarche comparative, nous présentons une approche structurale qui répond à cette nécessité par l’usage des hypothèses au niveau intra-organisationnel d’entrepreneurs interdépendants testées à un niveau inter-organisationel. Les deux approches – la scientométrie et l’analyse structurale — apparaîtront alors fortement complémentaires dans leurs apports à une meilleure appréhension du fonctionnement d’un champ de la recherche scientifique et des rôles des différents acteurs le composant. Production scientifique, Analyse structurale, Analyse scientométrique, Elite, Analyse inter-organisationnel.

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N. 77, janvier 2003

TENSION, ADVENTURE, AND RISK (TAR) AND THE CLASSIFICATION OF OCCUPATIONS: A MULTIDIMENSIONAL ANALYSIS

Erik H. Cohen, Elchanan I. Meir, Hila Segal et Reuven Amar

Tension, aventure et risque (TAR) et la classification des métiers – Une analyse multidimensionnelle: Le grand étendu des métiers peut être catégorisé de plusieurs manières. Cette étude utilise la classification de Roe (1956) basée sur les différences psychologiques qui distingue huit grands types de métiers: Affaires, Organisation, Culture générale, Service, Arts et spectacle, Plein aire, Science, et technologie. Ces grands types ont été retrouvés dans plus de 25 études (Meir, 1975) et décrivent une structure circulaire. Cependant, un autre type de métiers, appelé Tension, aventure et risque (TAR), ne figure pas comme type séparé dans les classification de métiers comme celle de Roe. L’objectif de cette étude est de déterminer si les TAR constituent un type séparé (hypothèse 1) ou une dimension, une différentiation à l’intérieur des autres types (hypothèse 2). En suivant le processus de L. Guttman (1968) et d’autres en utilisant l’analyse discriminante (smallest space analysis ou SSA) et un module pour variables externes, nos résultats confirment la seconde hypothèse. Les implications théoriques et pratiques de ces résultats sont présentées. Analyse discriminante, Variables externes, Analyse multidimensionnelle, Guttman, Classification des métiers, Tension, Aventure, Risque.

N. 77

LE DEMI REVENU MEDIAN, MARTINGALE DU SEUIL DE PAUVRETE?

Jean-François Gazeau

En France, le seuil communément admis de pauvreté (économique) est une mesure relative, le demi revenu médian. Des simulations informatiques permettent d’interroger la pertinence du critère. Elles font apparaître, d’une part, que le taux de pauvreté, comme le taux de sortie de pauvreté, s’apprécient non seulement en eux-mêmes, mais aussi au regard de la structure des revenus comme à celui de la structure des mouvements de revenu, sans que cela soit généralement explicité, et, d’autre part, que d’autres indicateurs statistiques pourraient mieux décrire le phénomène de la pauvreté. Seuil de pauvreté, Demi revenu médian, Sorties de pauvreté, Simulations, Structure de revenus, Structure de mouvements de revenus.

N. 77

QUESTIONNAIRE DEVELOPMENT, EVALUATION, AND TESTING METHODS (QDET) Conference – Good Discussions, Debates, and Dining in Charleston

Jennifer M. Rothgeb

La conférence — Développement, évaluation et méthodes de test pour les questionnaires (QDET) — Bons discussions, débats et dîners à Charleston: Cette conférence a eu lieu du 14 au 17 novembre 2002 à Charleston dans la Caroline du Sud. Il y a eu 32 sessions comprenant 22 présentations invitées et 54 autres présentations. De plus, 15 présentations sur affiche ont été faites. L’auteur décrit ici cette conférence, présente le programme complet (sessions / affiches, auteurs, titres) et fournit les résumés des papiers invités. Enquêtes, Questionnaires, Méthodes de test & de développement.

N. 77

TABLEAUX CROISES ET DIAGRAMMES EN MOSAIQUE, POUR VISUALISER LES PROBABILITES MARGINALES ET CONDITIONNELLES

Monique Le Guen1

Cet article s’inscrit dans une démarche de sensibilisation aux différentes facettes de la Statistique. La visualisation de l’information par des méthodes graphiques lorsqu’elle s’appuie sur les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, apparaît comme une voie prometteuse vers une meilleure compréhension des concepts abstraits de la Statistique. Notre propos est axé sur l’aspect visuel des tableaux croisés représentés par des diagrammes en mosaïque. Après avoir replacé les graphiques en Statistique, nous présentons sur un exemple les tableaux croisés à double entrée. Cet exemple nous permet d’introduire le vocabulaire et les différents éléments statistiques, effectifs, probabilités marginales, probabilités conditionnelles, repérables sur un tableau croisé. Nous montrons l’apport selon les situations, des représentations visuelles offertes par les diagrammes en barres, les diagrammes en bandes et les diagrammes en mosaïque. Nous terminons sur les prolongements en cours de développement autour des diagrammes en mosaïque, et les logiciels interactifs. Les références citées en fin d’article donnent des liens vers des articles et des logiciels accessibles par internet. Visualisation, NTIC, Tableaux croisés, Probabilités marginales, Probabilités conditionnelles, Diagrammes en barres, Diagrammes en bandes, Diagrammes en mosaïque.

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N. 78, avril 2003

DE LA SOCIOLOGIE DE LA SCIENCE AUX REVUES DE SOCIOLOGIE

Philippe Jeannin

En France, dans le domaine des sciences sociales, l’évaluation de la recherche publiée est un champ encore mal défriché. Pourtant, cette évaluation est possible en suivant une procédure rigoureuse. La méthode retenue consiste à croiser les bases de données (de périodiques) qui font autorité, à dresser des listes de revues, et à interroger largement chaque communauté scientifique, et pas seulement quelques experts. Est alors considérée comme scientifique la revue qui est jugée telle par les chercheurs de chacune de ces communautés. Une étude de cas est proposée dans le domaine de la sociologie. Les résultats de l’enquête (environ de 200 revues, françaises et étrangères, et un demi-millier de sociologues interrogés) sont analysés. Sociologie, Recherche, Evaluation, Revues, Bibliométrie.

N. 78

INTERNATIONAL CONFERENCE ON METHODOLOGY AND STATISTICS, LJUBLJANA, 15-18 SEPTEMBER 2002

Valentina Hlebec et Anuska Ferligoj

Conférence internationale de méthodologie et de statistique, Ljubljana, 15-16 septembre 2002: Lors de la vingtième conférence annuelle en Slovenie sur la méthodologie et les statistiques en sciences sociales, les orateurs invités ont été Patrick Doreian, John C. Gover, Robin Henderson et Donald B. Rubin. Il y avait deux sessions plénières, quatre autres présentations invitées et un total de 78 contributions présentées. Sciences sociales, méthodologie, statistiques, Slovenie.

N. 78

SECOND RC33 COLOGNE 2000 SOCIAL SCIENCE METHODOLOGY CONFERENCE REPORT

Karl M. van Meter

Second rapport sur la conférence Méthodologie en sciences sociales du RC33 à Cologne en 2000: A l’occasion de la seconde édition du CD sur cette conférence, nous analysons le contenu de ce CD et l’évolution de la production de cette conférence qui passe de 167 contributions (19,8 Mo) à 241 (34,2 Mo), et la comparons avec ce que vous avons présenté dans le BMS n. 68 (octobre 2000). Sciences sociales, Méthodologie, Statistiques, RC33, Cologne.

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N. 79, juillet 2003

Dossier – MARLOWE, PROSPERO & LA TECHNOLOGIE LITTERAIRE

Francis Chateauraynaud, Bernard Reber et Karl van Meter

Un auteur, un expérimentateur et un lecteur des logiciels Marlowe et Prospéro contribuent respectivement et successivement dans cet article à une présentation étendue et détaillée de Marlowe, à une explicitation des modalités de l’approche conversationnelle de Marlowe et un compte-rendu du livre publié récemment par le premier auteur sur le développement de Prospéro pour l’analyse de dossiers complexes de textes concernant une controverse, et l’extension et l’adaptation de Prospéro à Marlowe pour pouvoir dialoguer en language naturel avec des chercheurs au sujet d’un dossier complexe. Intelligence artificielle, Analyse de textes, Analyse de contenu, Controverses, Données langagières.

N. 79

NONRESPONSE IN SURVEYS: DETERMINING THE RESEARCH AGENDA FOR THE FUTURE

Joop Hox, Edith de Leeuw et Ger Snijkers

La non-réponse dans les enquêtes, élaboration de l’agenda de recherches futures: Dans cet article, nous décrivons les sujets de recherche et leurs priorités tels qu’ils nous ont été présentés par des chercheurs expérimentés dans le domaine de la non-réponse dans les enquêtes qui ont assistés à Copenhague à un séminaire international sur le sujet. Ces experts donnent la plus haute priorité à l’ajustement statistique et à des moyens de réduire la non-réponse, tout en mesurant les effets de ces moyens. Non-réponse, Ajustement, Réduction, Recherches futurs, Cartographie conceptuelle.

N. 79

PROXY NETWORKS – ANALYZING ONE NETWORK TO REVEAL ANOTHER

Valdis Krebs

Réseaux écrans, l’analyse d’un réseau pour en dévoiler un autre: Des données de centres d’achat de livres sur le Web, tel que Amazon, fournissent souvent, pour un livre donné, la liste des autres livres achetés en même temps que le premier. Cette étude utilise cette information du lien entre les achats pour construire des réseaux sociaux de “livres jumelés”. Quoique l’orientation politique des acheteurs ne puisse pas être connue, la structure des réseaux de livres jumelés montre qu’il existe deux groupes clairement divisés: un groupe plus grand et plus diffus d’orientation plutôt de gauche, et un autre plus petit et plus serré orienté plutôt à droite. Des types ou des réseaux de lecteurs liés à un auteur donné sont aussi étudiés. Données sur Internet, Analyse des réseaux sociaux, Lectures communes, Acheteurs de livres.

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